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Poésie

Posts Tagged ‘enfermé’

Ô Dieu ! (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Ô Dieu ! Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix,
et me regarder comme le roi d’un espace infini,
si je n’avais pas de mauvais rêves.

***

O God, I could be bound in a nutshell,
and count myself a king of infinite space
– were it not that I have bad dreams.

(William Shakespeare)

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Mais dis-moi, Blaise (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Mais dis-moi,
Blaise,
réponds,
ne t’en déplaise,
à ma petite question :
ton oiseau magique
au beau plumage,
Monsieur Cendrars,
n’était-il pas,
par hasard,
enfermé dans une cage ?

Elle est si tragique,
la beauté,
quand elle est emprisonnée…

Et le cri dont tu parles,
comme le « sifflement d’un petit jet de vapeur »,
n’était-il pas simplement
chant de désespoir
plutôt que de bonheur?

Prévert, lui,
après que l’oiseau
est entré dans la cage,
en efface les barreaux.

Il faut libérer les oiseaux
et tous les animaux.
Et les humains aussi,
de la prison de leurs préjugés.
« Effacer un à un tous les barreaux ».

Et que Jacques Prévert
prête à Paul Eluard
le pinceau de son poème
pour qu’il puisse calligraphier
sur les murs de la cité
Le doux nom de
« LIBERTĖ » !

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

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LE PRISONNIER (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



LE PRISONNIER

Les idées de Victor étaient comme des briques :
égales, pesantes, aux arêtes vives.
Il se mit à l’ouvrage et bâtit une tour superbe.
Mais la porte fut oubliée.
L’infortuné Victor enfermé par ses briques,
ne trouva plus d’issue
et périt lentement dans sa prison d’idées.

(Norge)

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Et c’était le démon de mon rêve (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Et c’était le démon de mon rêve,
le plus bel ange.
Ses yeux victorieux brillaient comme l’acier,
et les flammes sanglantes
de sa torche éclairèrent
la crypte profonde de mon âme.

— Viendras-tu avec moi? — Non, jamais;
les tombes et les morts me font peur.
Mais la main de fer
emprisonnait la mienne.

— Tu viendras avec moi… Et dans mon rêve j’avançai
aveuglé par le rouge luminaire.
Et dans la crypte j’entendis des chaînes résonner
et un grondement de fauves enfermés.

(Antonio Machado)

Illustration: John Henry Fuseli

 

 

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WATTEAU (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Antoine Watteau

WATTEAU

Devers Paris, un soir, dans la campagne,
J’allais suivant l’ornière d’un chemin,
Seul avec moi, n’ayant d’autre compagne
Que ma douleur qui me donnait la main.

L’aspect des champs était sévère et morne,
En harmonie avec l’aspect des cieux,
Rien n’était vert sur la plaine sans borne,
Hormis un parc planté d’arbres très vieux.

Je regardai bien longtemps par la grille ;
C’était un parc dans le goût de Watteau :
Ormes fluets, ifs noirs, verte charmille,
Sentiers peignés et tirés au cordeau.

Je m’en allai l’âme triste et ravie ;
En regardant, j’avais compris cela :
Que j’étais près du rêve de ma vie,
Que mon bonheur était enfermé là.

(Théophile Gautier)

Illustration: Antoine Watteau

 

 

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LE MAUVAIS CHEMIN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
LE MAUVAIS CHEMIN
Inconnu

J’ai vu un chemin doucement obscurci par les grands arbres, un chemin bordé de buissons en fleurs.
Mes yeux ont pénétré sous l’ombre verte et se sont promenés longuement dans le chemin.
Mais à quoi bon prendre cette route ? Elle ne conduit pas à la demeure de celle que j’aime.
Quand ma bien-aimée est venue au monde, on a enfermé ses petits pieds dans des boîtes de fer ;
et ma bien-aimée ne se promène jamais dans les chemins.
Quand elle est venue au monde, on a enfermé son cœur dans une boîte de fer ;
et celle que j’aime ne m’aimera jamais.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Qui était-il que pensait-il (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration
    
qui était-il que pensait-il

à quoi occupait-il son temps
alors qu’il le passait à ne rien faire

enfermé dans sa cellule
il ne parlait pas

son temps
il le passait à attendre

attendre que les années
d’hiver le labourent

qu’elles le dépouillent le ravinent
le réduisent à son noyau

comment le rejoindre
là-bas
en ce lointain obscur

comment le délivrer
et me délivrer

sans fin il retire
ce bâillon qui lui est
aussitôt réappliqué

de lui ne me parviennent
que des plaintes
à peine audibles

parce qu’il est muselé
sa rage va croissant

j’appelle l’instant
où il pourra
se libérer
et me libérer

je redoute l’instant
où son cri
trop longtemps retenu
va me traverser
me faire voler en éclats

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Sans chaînes (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Sans chaînes
telles les racines de l’arbre
ou tels les filaments de l’araignée,
s’unir
pour que mûrisse un chant d’oiseau
dans la cave où nous sommes enfermés.

(Michel Leiris)


Illustration: Fanny Verne

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INSAISISSABLE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



INSAISISSABLE

Au fond des nuits j’étais
Emmêlée à des rêves.
Je tremble et je me tais,
La veille longue est brève.

Quelles mains sans pitié
Ont cousu mes paupières ?
L’amour et l’amitié
Sont enfermés derrière.

De mon nez jusqu’au creux
De mes lèvres arides
Tu touches de tes yeux
Les durs sillons des rides.

Visage insaisissable
De trop loin je t’attends.
J’ai mesuré le temps
Avec mes pas de sable.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Paris (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018


embouteillage-paris_446

Gens revenus de tout,
exaltation factice,
voitures triomphantes.
Je tiens le coup en songeant à la joie que j’aurai
de retrouver mon soleil et mes livres.

Enfermé dans un taxi puant,
lui-même pris comme un rat
dans un embouteillage monstre,
je pense à mon chat
qui se promène là-bas
parmi le thym et les herbes folles.

(Henri-Frédéric Blanc)

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