Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘froide’

Voir la lumière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019


Aller jusqu’à la porte maintenant
Par le couloir de dalles froides.
Voir la lumière et l’accepter.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Marines

1

Sirène énigmatique
Et égérie des marins
Tu tiens tout un port dans ta main
Avec tous les navires
Voiles et cheminées
En instance de départ
Amarres bientôt larguées.
Tu refermes la main sur la rade
Et la mer s’éloigne
En agitant le ciel
Tandis que les oiseaux donnent des coups de bec
A la brise du large.
Une ombre de paix se déploie sur la muraille.
Sirène énigmatique
Et égérie des marins
La vague déjà froide te flatte le bas du corps
Tu la chevauches et elle t’enlace
Tu redeviens la fille de l’écume.

2

Beauté délicate
Sous la lumière de la lampe
Et près d’un feu généreux
Tu écoutes l’ombre s’avancer
Et tu finis par la toucher.

Dans le luxe du printemps
Où le jour limpide
Eclaire un horizon de moissons.
Un sang juvénile coule en toi
Et ton regard s’imprègne
Tantôt du vert du feuillage
Tantôt du bleu de la mer
Quand tu foules le sable ravi
Où sautillent de joyeuses vagues
Ou que tu traverses une forêt

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Herbert James Draper

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Tu

Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.

Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.

Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.

Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fabienne Contat

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un épouvantail sans manteau (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Un épouvantail sans manteau
Dans une nuit froide d’hiver

(Abbas Kiarostami)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 1 Comment »

Cette main vivante (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Cette main vivante, chaude maintenant et capable
D’ardente étreinte, viendrait, si elle était froide
Dans le silence glacial du tombeau
Tellement hanter tes jours et transir les rêves de tes nuits,
Que tu voudrais épuiser tout le sang de ton coeur
Pour qu’en mes veines la vie rouge puisse à nouveau couler,
Pour être en paix, alors, avec ta conscience. Regarde !
la voici !
Je la tends vers toi !

(John Keats)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A la fin du jour j’ai trouvé (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




A la fin du jour j’ai trouvé

Le crépuscule enroulé autour d’une pierre.

J’ai pris la pierre froide dans ma main,
Dévidé les surfaces ombreuses de la vie,
Et dedans j’ai trouvé
Un os ténu d’oiseau.

J’ai réchauffé la relique dans ma main
Jusqu’à ce qu’un coeur vive
Et batte, et que passent les marées
Dessus, dessous, dedans.

Vint une barque voguant dans l’orage du sang
Et dans la barque un enfant,

Dans la barque un enfant
Voguant sur les vagues du chant,
Voguant sur les vagues de la souffrance.

***

At the day’s end I found

Nightfall wrapped about a stone.

I took the cold stone in my hand,
The shadowy surfaces of life unwound,
And within I found
A bird’s fine bone.

I warmed the relic in my hand
Until a living heart
Beat, and the tides flowed
Above, below, within.

There came a boat riding the storm
And in the boat a child,

In the boat a child
Riding the waves of song,
Riding the waves of pain.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Connaissance (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Pour le coeur froide consolation :
Je lis les livres, j’acquiesce,
Plotin et la descente de l’âme,
Iamblique et les Mystères,
Les sages, Indiens, Allemands et Grecs :
Connaissance, froid miroir où les formes passent
Qui semblent seulement se mouvoir et parler.

***

Cold comfort for the heart:
I read the books, I acquiesce,
Plotinus on the soul’s descent,
Iamblichus on the Mysteries,
The Indian, German, and the Greek:
Knowledge a cold mirror where forms pass
That only seem to move and speak.

(Kathleen Raine)

Illustration: Rembrandt

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Désir de peindre (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite,
comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit.
Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante.

En elle le noir abonde: et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond.
Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère,
et son regard illumine comme l’éclair:
c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir,
si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.
Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence;
non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée,
mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent;
non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs,
mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée,
que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie.
Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse,
qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

(Charles Baudelaire)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le thé (Kikaku)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Le thé qu’ils ont oublié
en eau froide s’est mué.

(Kikaku)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

En entendant grincer (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018




En entendant grincer au fond de la mémoire
les portes des salles froides
lorsque bruissaient les peupliers des rives
on sent s’émerveiller son sang.

(Jean Follain)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :