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Poésie

Posts Tagged ‘foulard’

Le vent (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Le vent dérobe
Le foulard d’une écolière
D’une corde à linge
Un samedi matin

(Abbas Kiarostami)

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LE PRESTIDIGITATEUR (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LE PRESTIDIGITATEUR

Je ne crois à rien à personne
sinon au petit magicien des bals d’enfants d’autrefois
le prestidigitateur miteux et blême
au visage ridé sous le fard.
Son haut-de-forme posé à l’envers sur un guéridon
il le recouvre d’un foulard rouge
et soudain
il le retire et voyez ce qu’il sort du chapeau :
un oeuf un lapin un drapeau
un oiseau ma vie et la vôtre et les
morts il les cache dans la coulisse
pour un piètre
SALAIRE.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne suis pas le portier (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Mihai Criste   (27)

Je ne suis pas le portier,
je ne suis que le destin
et partout je vais, je viens
sans jamais me retrouver.
Quand je viens je tends la main ;
je pars ? J’agite un foulard.
Je ne suis pas le portier.
je suis l’homme du hasard.
Désert est le boulevard,
il est tard, il faut rentrer.
Tout ce qu’on dit est rêvé :
je ne suis pas le portier.
On est toujours d’un exil,
le plus grand est de soi-même,
porte ouverte sur le vif
voilà le mort qui s’amène,
et retrouve sa moitié.
Je ne suis pas le portier.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Mihai Criste

 

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LE PRINTEMPS, PEUT-ÊTRE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

Valerie Chevrier Lecharperougeauvent10x10220

LE PRINTEMPS, PEUT-ÊTRE

Matin d’avril

jeune fille
blue-jeans

foulard rose
volant au vent

hey, baby, hey!
(Sur les quais, à Paimpol)

*

COULD BE SPRING

April morning

young girl
blue denims

pink scarf
blowing in the wind

hey, baby, hey!
(The docks at Paimpol)

(Kenneth White)

Illustration

 

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C’était un homme d’une grande bonté (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Gaspard

La floraison du bâton

[39]
C’était un homme d’une grande bonté
et il avait d’innombrables enfants,

mais il n’était pas Abraham revenu ;
il était Kaspar le Magian ;

il dit je suis Kaspar,
car il lui fallait se tenir à quelque chose ;

je suis Kaspar, dit-il quand une mince jeune fille
qui portait une jarre, lui demanda avec déférence

si elle pouvait la faire descendre dans son puits ;
je suis Kaspar ; si sa tête était voilée

et voilée elle l’était presque toujours,
il se souviendrait, bien que jamais

un instant il n’eût vraiment oublié
la torsion d’un poignet qui nouait un foulard,

la forme safran de la sandale,
les plis de la robe, le drapé du vêtement

quand Marie souleva le loquet et la porte s’entrouvrit,
et la porte se ferma, et il y avait la porte plate

qu’il fixait encore et encore,
comme si la ligne du bois, le bord rugueux

de la surface polie ou brute,
avaient chacun un sens, comme si chaque trace et marque

était un hiéroglyphe, un parchemin d’incroyable valeur
ou une carte de marin.

***

Fie was a very kind man
and he had numberless children,

but he was not Abraham come again;
he was the Magian Kaspar;

he said I am Kaspar,
for he had to hold on to something;

I am Kaspar, he said when a slender girl
holding a jar, asked deferentially

if she might lower it into his well;
I am Kaspar; if her head were veiled

and veiled it almost always would be,
he would remember, though never

for a moment did he quite forget
the turn of a wrist as it fastened a scarf,

the saffron-shape of the sandal,
the pleat of the robe, the fold of the garment

as Mary lifted the latch and the door half-parted,
and the door shut, and there was the flat door

at which he stared and stared,
asif the line of wood, the rough edge

or the polished surface or plain,
were each significant, as if each scratch and mark

were hieroglyph, a parchment of incredible worth
or a mariner’s map.

(Hilda Doolittle)

 

 

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LE VOLCAN (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE VOLCAN

Adorables, les maisonnettes de vignerons sur les coteaux aux belles grappes.
Une chèvre étonnée regarde celui qui regarde le tableau.
Et les foulards multicolores d’un petit peuple heureux s’activent dans la vigne.
Voici le cratère qui laisse errer au ciel sa fine écriture de fumée.
Tout beau, tout beau, mais la principale présence est invisible :
c’est la terrible lave qui va déborder d’un instant et l’autre
et dévaster tout ce bonheur napolitain.

(Norge)


Illustration

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LE FOULARD BLEU (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




    
LE FOULARD BLEU

Le foulard bleu que tu
tressais dans tes
cheveux que tu

serrais contre ta bouche
contre tes seins
que tu laissais

voler dans l’air le
feu le foulard bleu
longtemps complice

dans la dérive
rôde et
flotte

fine fumée
d’amour absent
brume d’exil

Que dans la mort
au moins demeure
un nom la forme

d’un visage ou bien la
flamme basse et
bleue d’un foulard.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Sur le rivage de Nagato (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Pierre Puvis de Chavannes 1824 - 1898 , la pêcheuse, Louvre

Sur le rivage de Nagato
(Qui évoque un écheveau suspendu
A la corbeille
D’une fille)

Dans le calme du matin
Monte la marée,
Dans le calme du soir
Accourent les vagues.
Comme le flot
Qui ne cesse de monter
Comme les vagues
Qui gagnent, gagnent,
Rempli d’amour pour ma mie
je m’approche.
Sur la plage rocheuse
De la mer d’Ago
Ramassant des algues,
Les pêcheuses
Ont à leur cou
Des foulards qui brillent au soleil.
Des bracelets enroulés à leurs bras
On entend le cliquetis.
On les voit agiter leurs manches
De blanche étoffe.
Ne dirait-on pas qu’elles aiment ?

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration : Pierre Puvis de Chavannes

 

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BERGERE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



BERGERE
1

Tu as ce rire de fille
D’un cristal si pur
Que j’y vois vibrer
Le reflet de ta joie

Ta vache paisible paît
L’herbe verte de la prairie
Enclose de haies épaisses
Et n’a pas besoin de surveillance

Nous pouvons poursuivre
Les papillons de couleur
Cueillir des bouquets de fleurs
Et des trèfles à quatre feuilles

Tu poses ta chevelure rousse
Sur la couche de mousse
Au pied du pommier
Et je peux caresser
Ta joue si douce
Et baiser ta bouche.
2
A califourchon sur l’échalier
Je te regarde garder ta vache
Dans le pré de luzerne
Un foulard sur la tête

Je te rejoins
Et tu abandonnes ton tricot
Ou ton « Nous Deux »
Et nous sommes toi et moi

Tu calmes
Ton gros chien noir
Qui grogne de jalousie
Et dont je me méfie

J’aime ton rire clair
Comme un ruisseau
Sur un lit de cailloux
Et je baise tes lèvres
Dont j’apaise
L’amoureuse fièvre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Holman Hunt

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C’était l’été ou alors sa fin (Yehuda Amichaï)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



    

C’était l’été ou alors sa fin et c’est là que j’ai entendu
tes pas lorsque pour la dernière fois
tu es allée de l’est à l’ouest. Et dans le monde foulards, livres
et êtres humains avaient été oubliés.

C’était l’été ou alors sa fin.
Il y avait les heures l’après-midi
tu étais là
et pour la première fois
tu portais tes vêtements mortuaires
tu ne le savais pas
car des fleurs sur eux étaient brodées.

(Yehuda Amichaï)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Orner
Editions: Gallimard

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