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Poésie

Posts Tagged ‘lampe’

Qui je suis, je l’ignore (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020



Illustration: Guy Goffette
    
Qui je suis, je l’ignore. Celui
qui marche dans mes jambes
a le poids d’une feuille interrogeant
la brise, et s’il joue

dans les bras d’une femme
à brûler les vieilles peurs,
c’est une lampe qui ne voit rien
dans le tunnel creusé

entre les flancs de l’insomnie,
rien qui le console d’attendre
le réveil de ce corps
traversé par l’inconnu qui dit je

avec la bouche d’un autre.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que s’est-il passé? (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Que s’est-il passé?
On a allumé la lampe?
Des belles du soir

***

タがほに何のなりそや灯のあかり
yûgao ni / nan no nariso ya / hi no akari

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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La Lecture (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



La Lecture

le silence à l’escale
les doigts bagués de fleurs

la lampe roule à son bord les images
la nuit en dune à la fenêtre

et soudain craque
la braise d’une phrase dans la cendre d’un livre

(Daniel Boulanger)

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Le dimanche ancien (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



Le dimanche ancien

la nuit joue ses dés sur les vitres

à table sous la lampe géométrique
la famille fait un bruit d’os

l’enfant met l’oreille au silence
où pend la clé du monde

(Daniel Boulanger)


Illustration: Louis Le Nain

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Maison haute (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2020



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Maison haute — plus petites, d’autres. La nuit
les garde toutes — lampes pareilles. Dans
certaines le soir
met longtemps á brûler

(Pascal Commère)

Illustration: Hall Groat

 

 

 

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Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

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De la bouche au ventre (Werner Lambersy)5

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Comme l’eau
qui veut tout connaître et court
sans cesse

Comme le vent
qui ne veut rien savoir et se cogne
dans tout

Comme le feu
qui ne peut que danser sur la terre

Et la terre
qui dans le ciel promène le bleu
de sa lampe de poche

Nous qui de la bouche au ventre

Allons nouer comme des crêtes
les grands éclairs noirs
du désir

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Et que s’est-il passé ? (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



 

Déjà
Ce que j’écris
S’efface en l’écrivant

Comme une lampe
Encore chaude
Que la lumière a fui

Un phare
Qui ne sait plus
Où la mer s’est retirée

Un oiseau
Qui se retourne
Et ne voit rien du vent
Qu’il a brassé

Où est l’amour
Et que s’est-il passé ?
Ces derniers dix
Mille ans

(Werner Lambersy)

Illustration

 

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LA VOIX (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

Danny O’Connor 00 [1280x768]

LA VOIX

Qui chante là quand toute voix se tait ? Qui chante
avec cette voix sourde et pure un si beau chant ?
Serait-ce hors de la ville, à Robinson, dans un
jardin couvert de neige ? Ou est-ce là tout près,
quelqu’un qui ne se doutait pas qu’on l’écoutât ?
Ne soyons pas impatients de le savoir
puisque le jour n’est pas autrement précédé
par l’invisible oiseau. Mais faisons seulement
silence. Une voix monte, et comme un vent de mars
aux bois vieillis porte leur force, elle nous vient
sans larmes, souriant plutôt devant la mort.
Qui chantait là quand notre lampe s’est éteinte ?
Nul ne le sait. Mais seul peut entendre le coeur
qui ne cherche la possession ni la victoire.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Danny O’Connor

 

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PASSE TA ROUTE (Herri Gwilherm Kerouredan)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



PASSE TA ROUTE

I
L’égire du matin
stances muettes sur le seuil
lave ton corps déchu

avant qu’un fouet de houx
porteur d’une voix sans écaille
sillonne l’horizon

d’une main rejeté
à ta limite de l’épaule
dans la nuit de l’extase.

II
Lavandières voici minuit
l’eau trouble de la fontaine
attend déserte dans les pierres
recel d’une arche de frai
votre rencontre du blasphème
un siècle l’autre parfois

vierges jusqu’aux primes lueurs
lustrez d’oxyde les glaives
sous l’argile bleue répandus.

III
Salve dans l’oreille
dure fuyant par les ajoncs
certains qui le guettent
se terrent dans l’ajour des volets

jaunes sont les yeux
durant que le chemin se trace
déjà saccagé
par un geste aveugle de l’obscur

visage entre les bibelots
d’argile brûlé.

IV
Etreinte sombre de l’aïeul
des icônes se dérobe
lorsque cerné d’un linceul de plomb
se lève le soleil
lui franc gladiateur déjà ivre
d’un signe assèche les fleuves

bercée loin de l’étoile du gîte
sur les dalles se révulse
une complainte des sources.

V
Soleil de trembler
entre la plaine
la chute des épis
dans l’oreille vespérale
tu soulèves le vent
poitrine nue
à perte d’horizon.

VI
A midi germe de l’obscur
un pas sous le cèdre mesure
terreau d’ancienne douleur
le lieu perfide du repos

par la profusion des épis
l’oeil s’aveugle de désir.

Qui du ciel de l’été
épuise par l’hiver
l’aube des frissons

de ce geste figé
un pas dans les frimas
l’autre sous la lampe

enchante-t-il ce ciel
carmin de l’horizon
sur les routes blanches

où se bercent les corps
près des sources du soir
embaumés de songes.

Le fruit se gâte
quinquet sous la pluie
femme de ta main noire
guide vers le seuil

va quérir l’urne
mais le vent referme
qui de l’aube à la nuit
se trace des fleuves

terroir veux-tu
s’évasent les mains
brodeuses de repos
pour l’arbre du soir.

lX
Ses doigts se joignent sur sa plaie
par le sillon il titube
avant l’arbre de chez nous

le ventre s’ouvre sur la terre
appelant de l’océan
l’ondée du matin sur lui

passe ta route dira l’hôte
une pierre dans les yeux.

X
Mante glaciale du regard
contre la vitre dressé
recouvre de ton charme l’os
d’une blême nudité
hors la pluie se glissant caverne
flammes sur des lèvres de cire

brise la fleur des fournaises
souffle ce maître verrier
teintant de nuit l’âme des sables.

(Herri Gwilherm Kerouredan)

Illustration: Josiane Moïmont

 

 

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