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Poésie

Posts Tagged ‘lampe’

Comme l’huile qui dort dans la lampe (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Comme l’huile qui dort dans la lampe
et bientôt tout entière
se change en lueur
et respire sous la lune
emportée par le vol des oiseaux,
Tu murmures et tu brûles.
(Mais comment dire cette chose
qui est trop pure pour la voix?)
Tu es le feu naissant sur les froides rivières,
l’alouette jaillie du champ…
Je vois en toi
s’ouvrir et s’entêter
la beauté de la Terre.

(Philippe Jaccottet)

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Nul ne comprend ce que je tais (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Parfois tout un jour debout dans mon jardin
parfois jusqu’à l’aube assis devant ma lampe:
Nul ne comprend ce que je tais.
Par instants longuement je soupire.

(Bai Juyi)

Illustration: Le visiteur familier (Xu Gu)

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L’AMOUR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Marc Chagall
    
L’AMOUR

Autrefois
j’écoutais le bruit de ma voix
Les volets clos espionnaient la maison
Une mouche se débattait dans les rideaux
Le soleil rampait sur le sol
j’étais loin de moi

maintenant
j’ai regardé la vie de ton côté
et j’ai tout détruit pour t’aimer
je t’aime
j’aime pour la première fois
je t’aime

ta jupe te serre la taille, abat-jour d’une lampe
les passants
veulent savoir qui tu es

qui es-tu ?

ivre de danse tu lançais tes bras aussi haut que tes
jambes
poisson de feu

silencieuse
tes yeux se ferment doucement sur les objets
avant de leur donner un nom

mon corps est l’asile du tien
il s’élève inconnu jusqu’à toi

mais tu es aussi grande que mon amour
et ton sourire se déchire au niveau de mes lèvres

je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

je t’aime
parce que tu as eu vingt ans à minuit dans mes bras.

(Jean Breton)

 

Recueil: L’amour et l’amitié en poésie
Traduction:
Editions: Folio Junior

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CÉRÉMONIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



CÉRÉMONIE

La cérémonie
commença avec une lenteur composée
mais le vin provoqua des colères inhumaines
un bouquet tomba d’un corsage
l’entame d’une brioche
le soir vira au sombre
des corps s’étreignirent sous les lampes
un souffle pur monta de la terre
des portraits impassibles
aux murs souriaient.
Prisonniers de leur matière exploitée
des objets d’autrefois
se brisèrent au grand jour
du lendemain sur la terre fertile.

(Jean Follain)

Illustration

 

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RETOUCHE A L’AMOUR (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

Dan Thompson 46

RETOUCHE A L’AMOUR

Cette lampe que l’on déplace
pour trouver une ombre nouvelle.

(Daniel Boulanger)

Illustration: Dan Thompson

 

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Un fleuve nous habite (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



Andrius Kovelinas  21

Un fleuve nous habite

Terré sous notre peau
Un fleuve nous habite

Se meut parmi nos membres
Monte jusqu’à nos lèvres

Plus vif parfois
Que nos corps qui l’abritent

Combien d’heures éteintes
Faudra-t-il traverser?

De plaines mises à feu
De puits insondables?

Dissoudre combien d’ombres
Desserrer becs et griffes?

Pour pénétrer cette eau
Dans la quiétude sans lampe

Et s’immerger
Longuement.

(Andrée Chedid)

Illustration: Andrius Kovelinas

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Écoute bien, ma sœur d’ici (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Écoute bien, ma sœur d’ici.
C’était la vieille chambre bleue
De la maison de mon enfance.
J’étais né là.
C’est là aussi
Que m’apparut jadis, dans le recueillement de la vigile,
Mon premier arbre de Noël, cet arbre mort devenu ange
Qui sort de la profonde et amère forêt,
Qui sort tout allumé des vieilles profondeurs
De la forêt glacée et chemine tout seul,
Roi des marais neigeux, avec ses feux follets
Repentis et sanctifiés, dans la belle campagne silencieuse et blanche :
Et voici les fenêtres d’or de la maison de l’enfant sage.

Vieux, très vieux jours ! si beaux, si purs ! c’était la même chambre
Mais froide pour toujours, mais muette, mais grise.
Elle semblait avoir à jamais oublié
Le feu et le grillon des anciennes veillées.

Il n’y avait plus de parents, plus d’amis, plus de serviteurs !
Il n’y avait que la vieillesse, le silence et la lampe.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

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CHEVAL BLEU (Dora Teitelboïm)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
CHEVAL BLEU

Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Plus loin et plus loin,
File encore, file
Au galop,
Franchis
Les jours tels des fleuves profonds,
Les nuits, ces abîmes, sans
Pourtant m’y précipiter.
Il est triste, il est décharné
Ton cavalier.
Traces perdues,
Les vents – rênes dénouées,
Les lampes au loin – éteintes,
Les épis de la vie, – battus,
Mon rêve – une étoile
Déjà brillée sur mes épaules,
Et la bouche aux paroles blanches –
Des dents brisées.
Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Frappe de tes sabots les pierres,
Vole par la flamme et l’épée,
Dans la nuit, que tes étincelles
Allument les étoiles sur la terre.

(Dora Teitelboïm)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vieux quais (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Pascale Aguettaz Bellanger 72

Vieux quais

Il est une heure exquise à l’approche des soirs,
Quand le ciel est empli de processions roses
Qui s’en vont effeuillant des âmes et des roses
Et balançant dans l’air des parfums d’encensoirs.

Alors tout s’avivant sous les lueurs décrues
Du couchant dont s’éteint peu à peu la rougeur,
Un charme se révèle aux yeux las du songeur :
Le charme des vieux murs au fond des vieilles rues.

Façades en relief, vitraux coloriés,
Bandes d’Amours captifs dans le deuil des cartouches,
Femmes dont la poussière a défleuri les bouches,
Fleurs de pierre égayant les murs historiés.

Le gothique noirci des pignons se décalque
En escaliers de crêpe au fil dormant de l’eau,
Et la lune se lève au milieu d’un halo
Comme une lampe d’or sur un grand catafalque.

Oh ! les vieux quais dormants dans le soir solennel,
Sentant passer soudain sur leurs faces de pierre
Les baisers et l’adieu glacé de la rivière
Qui s’en va tout là-bas sous les ponts en tunnel.

Oh ! les canaux bleuis à l’heure où l’on allume
Les lanternes, canaux regardés des amants
Qui devant l’eau qui passe échangent des serments
En entendant gémir des cloches dans la brume.

Tout agonise et tout se tait : on n’entend plus
Qu’un très mélancolique air de flûte qui pleure,
Seul, dans quelque invisible et noirâtre demeure
Où le joueur s’accoude aux châssis vermoulus !

Et l’on devine au loin le musicien sombre,
Pauvre, morne, qui joue au bord croulant des toits ;
La tristesse du soir a passé dans ses doigts,
Et dans sa flûte à trous il fait chanter de l’ombre.

(Georges Rodenbach)

 Illustration: Pascale Aguettaz Bellanger

 

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J’allume la lampe sur la table de l’auberge (Takahashi Mutsuo)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



J’allume la lampe sur la table de l’auberge.
Arbres et herbes sont déjà dans la saison des pluies.

(Takahashi Mutsuo)

 

 

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