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Poésie

Posts Tagged ‘lampe’

Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

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Les bois sacerdotaux (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Les bois sacerdotaux chamarraient l’horizon
Où les lampes du soir rallumaient leurs feux rouges;
Au rideau des forêts où mille branches bougent
Peignaient leurs cheveux d’étranges visions.

Une femme parût, de sardoine et d’opale
Décorant son manteau pourpre comme le ciel;
Ses yeux brillaient dans l’or bleui des cheveux pâles.
Sacerdotales fleurs aux feux surnaturels.

Un rebec cajôleur aux doigts des mains divines
Si doucement pleurait que les rois des bois noirs
Appelaient par delà les célestes collines
Les reines accoudées aux balustres du soir.

Un vent plus fort tordit les crinières des bois
Eveillant les orgues des profondeurs sonores
Et la voix se perdit comme efface l’aurore
Dans les voiles du jour les bagues de ses doigts.

(Antonin Artaud)

Illustration: Herb Dickinson

 

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Es-tu si lasse ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Es-tu si lasse ? Je veux te mener doucement
hors de ce tumulte, qui depuis longtemps me pèse aussi.
Notre blessure est à vif sous le joug de ce temps.
Vois, derrière la forêt où nous marchons en tremblant,
comme un château illuminé déjà le soir attend.

Viens avec moi. Le matin ne le saura jamais,
et dans la maison nulle lampe n’épiera ta beauté …
Ton parfum imprègne comme un printemps les oreillers :
le jour a mis tous mes rêves en pièces, –
tresses-en une couronne.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Herb Dickinson

 

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NE VIENS PAS AVEC TOUTE LA VÉRITÉ (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



NE VIENS PAS AVEC TOUTE LA VÉRITÉ

Ne viens pas avec toute la vérité,
ne viens pas avec l’océan pour ma soif,
ne viens pas avec le ciel quand
je demande une lampe,
viens avec une étincelle,
de la rosée,
un flocon,
comme les oiseaux emportent
des gouttelettes après le bain
et le vent un grain de sel.

(Olav H. Hauge)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Lorsque tu voudras bien déposer ce journal (Mona Guérin-Rouzier)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Alexander Gorenstein 9

Soirée près de la lampe

Lorsque tu voudras bien déposer ce journal,
Et glisser ton regard vers le mien qui te guette,
Tu sauras que mon coeur amoureux et loyal
Est demeuré pareil au jour de sa conquête.
Alors tu me feras un récit machinal
De quelque fait nouveau, sans importance au fond,
En t’écoutant j’aurai ce sourire amical
Qui, tu le sais trop bien, cache un amour profond.

(Mona Guérin-Rouzier)

Illustration: Alexander Gorenstein

 

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Y AVAIT UNE LAMPE DE CUIVRE (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017




Y AVAIT UNE LAMPE DE CUIVRE

Y avait une lampe de cuivre
Qui brûlait depuis des années
Y avait un miroir enchanté
Et l’on y voyait le visage
Le visage que l’on aurait
Sur le lit doré de la mort
Y avait un livre de cuir bleu
Où tenaient le ciel et la terre
L’eau, le feu, les treize mystères
Un sablier filait le temps
Sur son aiguille de poussière
Y avait une lourde serrure
Qui crochait sa dure morsure
A la porte de chêne épais
Fermant la tour à tout jamais
Sur la chambre ronde, la table
La voûte de chaux, la fenêtre
Aux verres enchâssés de plomb
Et les rats grimpaient dans le lierre
Tout autour de la tour de pierre
Où le soleil ne venait plus

C’était vraiment horriblement romantique.

(Boris Vian)

Illustration: Paul Delvaux

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Les Poètes allument des Lampes – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Les Poètes allument des Lampes –
Eux-mêmes – s’éteignent –
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale
Perdure comme les Soleils –
Chaque Âge sera un Verre
Qui diffusera leur
Halo de lumière –

***

The Poets light but Lamps –
Themselves – go out –
The Wicks they stimulate
If vital Light
Inhere as do the Suns –
Each Age a Lens
Disseminating their
Circumference –

(Emily Dickinson)

Illustration

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Néanmoins la lampe allumée (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



Monde né d’une déchirure
apparu pour être fumée!

Néanmoins la lampe allumée
sur l’interminable lecture

(Philippe Jaccottet)

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Dans l’air vibre la corde (Natsume Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

Dans l’air vibre la corde
Silence tendu silence rompu
Chute mate d’une fleur de camélia

Quatre murs nus
Seule une lampe
Pour adoucir la chambre glacée

Bruissement soyeux
Manches frôlées robes qui chuchotent
Pruniers en fleur

Le feu des prunelles
Dévore sa silhouette squelettique
Chat amoureux

Remplissez son cercueil
De tous les chrysanthèmes du monde
Autant que la terre en peut fleurir

Sur mes entrailles
Le bouillon de riz
Verse trois gouttes de printemps

(Natsume Sôseki)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

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A Venise (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



A Venise

TOUT s’élargit. Le soir qui tombe est magnifique
Et vaste. Comme un Doge amoureux de la mer,
Parmi l’effeuillement des roses, la musique
Des luths, l’or qui flamboie ainsi qu’un rouge éclair,
Moi, j’irai, dominant le cortège mystique,
Et, somptueusement, j’épouserai la mer.

J’épouserai la mer, la souveraine amante.
Le parfum et le sel de son royal baiser
Irriteront la soif de ma bouche brûlante,
Et, tel un souvenir qui ne peut s’apaiser,
S’élèvera le vent des espaces qui chante
Dans le ciel nuptial l’infini du baiser.

Je verrai tressaillir l’ombre des hippocampes.
Les algues s’ouvriront comme s’ouvrent les fleurs,
Et le phosphore, aux bleus rayonnements de lampes,
Allumera pour moi de vivantes pâleurs :
Afin de couronner mes cheveux et mes tempes,
Les algues flotteront, plus belles que les fleurs.

Ainsi, laissant flotter mon corps à la dérive,
Je mêlerai mon âme à l’âme de la mer,
Je mêlerai mon souffle à la brise furtive.
Se dissolvant, légère et fluide, ma chair
Ne sera plus qu’un peu d’écume fugitive.
Dans la pourpre du soir j’épouserai la mer.

(Renée Vivien)

Illustration: Roger Suraud

 

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