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Poésie

Posts Tagged ‘sec’

Des étoiles vides (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

Des étoiles vides
L’horizon à portée de main

Une brume d’argent s’interpose

Sous mon drap léger
Comme un papier à cigarette
J’écoute

Les battements du coeur sec
D’une pendule

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE

Errant dans mon sommeil par cette galerie
Où de nuit et de jour sourit Mona Lisa,
Sur la bouche, soudain, de l’image chérie
D’un spontané transport ma bouche se posa.

Sa joue à mon toucher se fit tiède et fleurie;
A son front vint un feu, son regard s’attisa;
Un fin pleur remouilla sa paupière tarie;
Sa lèvre reprit musc, soufflant : « Dolce cosa!

« Ah! depuis cinq cents ans que, muette figure,
Je restais là figée en ma sèche peinture,
Sans que nul pour ma chair fit plus qu’un froid passant!

« Mais, en retour, prends-moi, toi qui crus à ma vie! »
Elle m’ouvrait les bras, à son cadre ravie.
L’étoffe s’abaissait sur son sein frémissant.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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A la Rochecourbière (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


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A la Rochecourbière

L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.

Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.

La distance fait
Trembler les champs.

Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons

Ou croyons percevoir

La voix des pierres:
Silence des oiseaux.

***

At La Rochecourbière

An alertness of air
No sound impedes.

A whitened sun
On the naked sky.

Distance disturbs
Trembling fields.

We step on the dry
Earth an hear

Or strain to hear
The voice of stone,

The silence of birds.

(Michael Edwards)

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Tu m’accables (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Tu m’accables, femme au grand dos
contre moi dans ce lit,
je me demande, les yeux clos,
pourquoi je suis ici.

J’aimais bien les vagabondages,
la poudre des chemins,
la pauvreté, les paysages,
le goût du lendemain.

Même une chambre dans Paris
fut parfois la nacelle
où j’embarquais dans le jour gris
ou dans la nuit si belle.

Ô mes chambres, j’ai descendu
tant d’escaliers béants
vers le désert des jours confus,
les recommencements!

Et maintenant je dors avec
la femme, unique chair,
vaincu peut-être, ou bien cœur sec
où va briller l’éclair?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Secousse (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019


 


 

Jaya Suberg o1_400

Secousse

La terre a soulevé mon coeur
d’un mouvement sec et violent
elle l’a déchiré
éparpillant mille morceaux
comme larmes d’oiseaux errants
aux quatre vents de mon île
et depuis
chaque nuit
j’entends les battements
hésiter à mi-chemin
entre décombres
et étoiles

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Jaya Suberg

 

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MA LYRE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



MA LYRE

S’il est trop tard, désormais
Si mes yeux sont secs, de cendre,
C’est bien assez pour comprendre…
Tu es partie, à jamais !

Si je ne dois plus, je sais,
Dans l’ombre froide qu’attendre,
C’est bien assez pour comprendre…
Tu es partie, à jamais !

(George Bacovia)

 

 

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Sec est le croûton des journées (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Brendan Monroe 111

Sec est le croûton des journées
pour celui qui n’a pas rêvé.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Mort (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Danilo Ricciardi - (12)

Mort, si notre enterrement
ne signifiait pas abîme dur et sec,
mais douce profondeur,
profonde immensité !

Si tu étais, ô mort,
comme un noir été souterrain ;
s’il n’importait, sur toi, que le soleil tombât,
pour que la nuit fût belle et claire !

***

Muerte, isi tu enterrarnos
no fuese abismo duro y seco,
sino suave hondura,
profundidad inmensa!

¡Si fueras, muerte,
como un negro verano subterráneo;
si no importara, en ti, que el sol cayera,
porque la noche fuese bella y clara!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Danilo Ricciardi

 

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Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

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