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Poésie

Posts Tagged ‘être’

L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard
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PROMESSE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




    
PROMESSE

Quand tu me donnes ta main, c’est ton être entier.
Nous voilà dépossédés, copropriétaires taires de deux corps.
Un coq flambe entre nos souffles
et nous nous évanouirons une seule présence réelle.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’oiseau en vol (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Illustration
    
l’oiseau en vol :
tentative d’être nulle part.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Lorsque reviendra le printemps (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Lorsque reviendra le printemps
peut-être ne me trouvera-t-il plus en ce monde.
J’aimerais maintenant pouvoir croire que le printemps est un être humain
afin de pouvoir supposer qu’il pleurerait
en voyant qu’il a perdu son unique ami.
Mais le printemps n’est même pas une chose : c’est une façon de parler.
Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes.
Il y a de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles vertes.
Il y a d’autres jours suaves.
Rien ne revient, rien ne se répète, parce que tout est réel.

***

Quando tornar a vir a Primavera
Talvez já não me encontre no mundo.
Gostava agora de poder julgar que a Primavera é gente
Para poder supor que ela choraria,
Vendo que perdera o seu único amigo.
Mas a Primavera nem sequer é uma coisa:
É uma maneira de dizer.
Nem mesmo as flores tornam, ou as folhas verdes.
Há novas flores, novas folhas verdes.
Há outros dias suaves.
Nada torna, nada se repete, porque tudo é real.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Gardeur de troupeaux
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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Fruits, saveurs (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
fruits, saveurs, et si claires dissonances
lavez, lavez encore nos images –

visage tiré du sommeil
par un lent assemblage de sons
de bruits de verre et de syllabes
que heurtent un à un les rayons –

jaillis de la Musique ils tissent
ensemble tous les traits concevables
des figures passées, présentes, à venir –
tous les visages contenus dans l’indessinable
pure jouillance d’être

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Routine de l’être (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



Rituels
sans magie
Routine de l’être

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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A force d’être à l’intérieur de ses rêves (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
A force d’être à l’intérieur de ses rêves,
on perd son regard.

(Jean-Louis Giovannoni)

 

Recueil: Les mots sont des vêtements endormis
Traduction:
Editions: Unes

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Cette envie continuelle (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Laurent Folco 
    
Cette envie continuelle de passer dans
l’autre, de ne plus jamais être dans soi.

(Jean-Louis Giovannoni)

 

Recueil: Les mots sont des vêtements endormis
Traduction:
Editions: Unes

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Qui suis-je ? Que suis-je ? (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Qui suis-je ? Que suis-je ? Tout juste un songe-creux
Qui a perdu la clarté de ses yeux
Dans les ténèbres. J’ai vécu cette vie comme il faut
Sur cette terre, de concert avec les autres.

Nous nous embrassons par habitude,
Et puis j’ai tant embrassé.
Ainsi je dis des mots d’amour
Comme on gratte des allumettes.

Bien-aimée, ma chérie, pour toujours,
Mais dans l’âme ça ne bouge pas.
Éveille le désir chez l’homme :
Sa vérité tu ne la trouves pas.

C’est pour cela qu’il ne m’est pas cruel
De ne pas désirer, d’exiger de flamme,
Et toi, mon vivant bouleau, toi,
Tu es créé pour beaucoup et pour moi.

Toujours à la recherche de ce que j’aime,
Et dans une peu amène captivité,
Je ne suis pas jaloux,
Je ne te maudis pas.

Qui suis-je? Que suis-je? Tout juste un songe-creux
Qui a perdu la clarté de ses yeux
Dans les ténèbres, et je t’aimais comme on doit
Sur cette terre, de concert avec les autres.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Agir et penser comme un chat (2) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats, les femmes et les grands criminels
ont ceci de commun,
ils représentent un idéal inaccessible
et une capacité à s’aimer soi-même
qui nous les rend attirants.

(Sigmund Freud)

Il n’y a pas de chat ordinaire.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

A fréquenter les chats,
on ne risque que de s’enrichir.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

Comme quiconque les a un tant soit peu fréquentés le sait bien,
les chats font preuve d’une patience infinie
envers les limites de l’esprit humain.

(Cleveland Amory)

Les chats savent très bien qui les aime
et qui ne les aime pas, mais s’en soucient trop peu
pour y remédier.

(Winifred Carrière)

Conquérir l’amitié d’un chat est chose difficile.
C’est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes,
amie de l’ordre et de la propreté,
et qui ne place pas ses affections à l’étourdie:
il veut bien être votre ami,
si vous en êtes digne,
mais non pas votre esclave

(Théophile Gautier)

La différence entre un chien et un chat.

Le chien pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
ils doivent être des dieux.

Le chat pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
je dois être dieu.

(Ira Lewis)

Les chats sont malins
et conscients de l’être.

(Tomi Ungerer)

Les chiens ont des maîtres,
les chats ont des serviteurs.

(Dave Barry)

De tous les animaux,
seul le chat atteint
une vie contemplative.

(Andrew Lang)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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