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Poésie

Posts Tagged ‘être’

SUB MARE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022




SUB MARE

Cela est et cela n’est pas,
Je suis assez sage pour le savoir,
Depuis ta venue, ce lieu me hante,
Bâti avec des roses d’automne,
Aux couleurs dorées, changeantes.

Et il faut aller à tâtons parmi ces choses
Que des algues délicates submergent
Sous les pâles houles vertes des abysses,
Parmi ces choses plus anciennes que leurs noms,
Ces choses familières aux dieux.

(Ezra Pound)

Illustration: Josephine Wall

 

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Matin vert (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Matin vert

Qui vive parmi les écureuils de l’automne?
Vif-argent du corps, oriflamme ou feuillage,
Le souvenir de l’amour à l’avenir se confond.
Qui cherchez-vous? Quel être ou quel espace apaisé
De paysage en pays, de regards en étreintes?
Est-ce le fleuve ou les années à l’horizon?
Le monde est vieux mais sa lumière vient de naître
Comme naît dans la chair, dans le souffle et l’image
Un désir où l’aimée ressemble au matin vert.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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Je n’ai jamais bien su (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



    

Je n’ai jamais bien su

Je n’ai jamais bien su le langage des vivants
Et j’essaie en vain d’accorder mon âme
À ceux qui parlent savamment.
Vienne une autre vie avec sa corbeille d’espoir
J’y mettrai mes actions perdues
Mes phrases dérisoires
Et cette étendue sans chaleur
Qui me sépare des humains.
Nommez-moi les choses
Afin que j’apprenne à les tenir dans ma main
Donnez-moi le nom secret des êtres
Afin qu’en eux mon coeur pénètre
Comme une eau douce au mois de Juin.
J’écoute un chant qui ne peut plus s’éteindre
Qui porte en lui tous les bonheurs et tous les cris
Est-ce une flûte? Est-ce une lampe
Que tu me tends ô poésie?
Je marche à la rencontre du jour
Et je vois la beauté invisible du monde
Telle une haute flamme
Dans les regards amis.

(Hélène Cadou)

Cantate des nuits intérieures, Si958.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Parfois (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2022


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Parfois elle se résume
à sa racine adoptive
à ses enjambées
de songe et d’angoisse
ses emportements la disséminent
proie capillaire
D’une identité dans la soif
insatiable
d’être pour ne pas être.

(Charles Dobzynski)

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L’être calciné (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022


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L’être calciné cède à la croyance
de quelque chirurgie spirituelle.

(Charles Dobzynski)

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Ce que je peux être (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



Si je n’écris pas ce matin,
Je n’en saurai pas davantage,

Je ne saurai rien
De ce que je peux être.

(Guillevic)

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Je ne possède plus rien (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022



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– Je ne possède plus rien
qu’une moitié de moi-même.
Qui recollera
l’autre moitié de mon parcours
encore dans le noir?

– Le noir, travaille-le
à l’empêtre à la pâte,
tisonne-le dans l’être,
chauffe-le à blanc,
qu’il te dénude,
asséché peut-être,
il te rendra la vue.

– Parfois je m’esquive
par les failles du feu qui me brûle
et j’emporte mes cendres.

(Charles Dobzynski)

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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Le feu la flamme (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


 

l’homme et la femme
l’os et la chair

Tout âtre est théâtre
Y jouent les deux acteurs
unis par un seul destin
brûler disparaître renaître
tout âtre est un être

(Max-Pol Fouchet)

 

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LA FEMME INTÉRIEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



Chen Yan Ning  (27) [1280x768] 

LA FEMME INTÉRIEURE

belle
comme la foudre s’arrêtant à mi-ciel
pour choisir son arbre

inconnue
proche à faire peur
rassurante pourtant
comme une halte en pays tempéré

feu de position
qui détient en sa pupille
la direction de la nuit

friable
comme une poignée de main
entre deux êtres sans avenir

dure
comme le commencement du monde

visage clos
visible une fois par vie
en appuyant sur la gâchette.

(Georges Henein)

Illustration: Chen Yan Ning

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Aux prises avec les êtres et les choses (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2022



Aux prises avec
les êtres et les choses
ainsi passent les heures
en brusques tendresses
ou éloignements
Un voisin laisse sous la pluie
tout l’hiver ses chaises de jardin
Des morts et des vivants
brûlent dans un journal
enflammé sous des brindilles
Un insecte surgi de terre
se mêle un instant bref
à notre temps

(Georges Bonnet)

 

 

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