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LA TISSEUSE CÉLESTE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

LA TISSEUSE CÉLESTE
Inconnu

Pourquoi donc l’homme, enflammé d’amour,
est-il si anxieux et si torturé, loin de l’être qu’il aime ?

L’un à l’ouest, l’autre à l’est du ciel,
nous voyons frémir, entre nous, le Fleuve d’Argent .

Le divin Bouvier , mon amant, ne se plaint pas, lui,
de l’arrêt qui nous condamne à ne nous réunir qu’une seule nuit chaque année.

C’est parce qu’il sait bien
que nous avons à nous toute l’éternité.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon
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Le trésor (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Alexander Sigov
    
Le trésor

Tu sers à mes désirs un éternel repas.
Tu peux donner toujours, tu ne t’appauvris pas.

Pour rajeunir la fleur de tes roses caresses,
Il suffit qu’après une absence tu paraisses.

Quand sans voir tes yeux bleus je reste plus d’un jour,
Je trouve un renouveau piquant dans ton amour.

Ta bouche a conservé la fraîcheur d’une aurore.
Comme avant de t’avoir, je veux t’avoir encore.

Tes charmes sont pareils au laurier toujours vert
Qui garde son printemps même au cœur de l’hiver.

Ton corps plein de secrets connaît l’art de renaître.
Je ne verrai jamais le fin fond de ton être.

Ton corps voluptueux ressemble à ce trésor
Où les Nibelungen accumulaient leur or.

On peut le disperser comme on jette du sable,
Il en reste toujours. Il est inépuisable.

(Jean Richepin)

 

 

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On attend un message de l’avenir (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Marc Chagall
    
On attend un message de l’avenir,
quand c’est ton être même
qui est le Message.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Inexistence passagère (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration
    
Inexistence passagère, je suis.
Entre deux gouffres de néant,
tu seras le passeur et le pont.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Heureux je reflète son ciel (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



D’autour de mon être il ôte par son souffle l’enveloppe grise
et me fait vivre
tel une source sombre.
Heureux je reflète son ciel
et les clairs nuages de son front.

En ma source sombre
se reflètent les profondeurs de sa lumière

***
Från mitt väsens yta blåser han bort den gråa hinnan
och gör mig levande
som en mörk källa.
Lycklig speglar jag hans himmel
och de ljusa molnen kring hans panna.

I min mörka källa
speglar han sitt djup av ljus.

(Pär Lagerkvist)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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INSCRIPTION (Saint-Georges de Bouhélier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



INSCRIPTION
SUR CE QUI CAUSE LE MALHEUR

Tu te plains de la vie, elle u pourtant ses charmes
Qu’il est beau de connaître.
Il te semble, il est vrai, qu’ils ont un goût de larmes
Mais il naît de ton être !

L’eau de pluie en tombant dans un puits plein de sable
Prend son odeur ainsi.
Toute chose qui passe en ton cœur misérable
Se charge de soucis.

Tu crois les jours sans grâce, ils te paraissent sombres,
Sans qu’aucun d’eux ne brille :
C’est en toi qu’empruntant ces couleurs pleines d’ombres
Ils deviennent stériles.

La peine qui t’emplit fait de chaque délice
Un chagrin éternel,
Comme un objet plongé dans la vague qui glisse
Se recouvre de sel !

Rejette loin de toi cette langueur tragique
Qui toujours te dévore :

Tu verras quel bonheur l’univers communique
A l’âme qui l’adore !

(Saint-Georges de Bouhélier)

Illustration

 

 

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Je voudrais être quelqu’un d’autre (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Je voudrais être quelqu’un d’autre
mais je ne sais qui.
Un étranger se tient dos tourné, le front
levé vers la demeure embrasée des étoiles.
Je ne verrai jamais ses yeux
ni jamais les traits de son visage.
Je voudrais être quelqu’un d’autre,
un étranger, un autre que moi.

***

Jag ville vara en annan,
men jag vet inte vem.
En främling stär bortvänd, med pannan
mot stjärnornas lägande hem.
Jag skall aldrig se hans ögon
och aldrig hans anletsdrag.
Jag ville vara en annan,
en främling, en annan än jag.

(Pär Lagerkvist)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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LA BOITE NOIRE (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




LA BOITE NOIRE

Voûtée lisse et
Travaille la boîte
Interdite aux yeux.

A partir du creux
Et dans l’humide
Les lucioles extrêmes
Echardent les os les plus durs.

J’y suis.

Dedans.

C’est moi qui.

C’est quand
Mes cellules remuent
(Sans moi) que

J’y suis.

Etanche, impénétrable sauf
Qu’elle s’ouvre sur un caillou
(Coule et s’abîme dans les yeux)

Remue un peu mou
(Sans doute)
Un peu gluant de tant d’images
De partout venues.

Se concentrent
Là-dedans à l’étroit
Rosâtres dans les canaux.

Dedans
Cela circule
Par battements même la nuit

Et quand on ne sait pas

Si ça circule.

La ligne est d’ombre entre celui
Qui regarde et cela
Qui se fait regarder

S’ouvre et se ferme appel
Et distance l’écartement

De l’ombre différente qui
Bougea pour signifier
L’infranchissable.

Le noir et le blanc ce n’est
Pas le jour et la nuit
Ni qu’on regarde.

Plutôt le ciel inconcevable
Ou bien le rectangle vide avec
Le tracé.

(Jean Tortel)

 

 

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Le premier sens (Pentti Holappa)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Le premier sens

Tu es incroyablement proche encore un instant,
tu es une illusion, une voix, un parfum presque.
Il manque seulement le toucher, le plus primitif de tous les sens,
mais celui précisément dont usa Dieu pour façonner l’argile,
par qui le ver sait qu’il existe, celui qui porte la douleur
quand on torture ou quand on aime, par qui tu me manques
fuyant loin de mon être, la ligne tendre de ton aine,
et ta main rugueuse.

(Pentti Holappa)

Illustration: Christine Delfosse

 

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Penser une chose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Corrie White (extraordinaires images de gouttes)
    
Penser une chose
c’est commencer une prière
fonder un reflet de tout
dans une goutte d’existence.

Penser une chose
c’est aussi y croire
et confirmer son être,
s’associer à la foi
qu’elle existe en elle-même
et s’accomplit dans son ombre.

Penser une chose
c’est célébrer un rite dans l’abîme
qui nous restitue au rêve inavouable :
face à quelque chose il y a toujours quelque chose.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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