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Poésie

Posts Tagged ‘être’

Depuis que vous êtes parti (Zhang Jiu-ling)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Goyō Hashiguchi
    
Depuis que vous êtes parti

Depuis que vous êtes parti seigneur
A l’ouvrage je n’ai plus le coeur
Mon être à la pleine lune est pareil
Dont nuit après nuit décroît l’éclat

(Zhang Jiu-ling)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Être (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Être
Où et quoi ?

N’importe où,
Mais pas rien qu’en soi.

Être dans le monde
Fragment, élément du monde.

Supérieur à rien,
Pas à quiconque, pas à la pluie qui tombe,

Se sentir égal
Et pareil au pissenlit, à la limace,

Inférieur à rien,
Ni au baobab, ni à l’horizon,

Vivre avec tout
Ce qui est en dehors et en dedans,

Tout ce qui est au monde,
Dans le monde,

Fétu de paille, non!
Cathédrale, non!

Un souffle
Qui essaie de durer.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai rêvé (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022



    

Illustration: Gabriel Lefebvre  

J’ai rêvé

J’ai rêvé d’un train
Suis devenu le train

J’ai rêvé d’un jardin
Suis devenu le jardin

J’ai rêvé d’un magicien
Suis devenu le magicien

Or, sitôt que magicien
J’ai voulu être quelqu’un

Tout soudain
Je ne fus plus rien

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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L’habitant des montagnes (Hanshan Deqing)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2022




    
L’habitant des montagnes

La blancheur des cheveux ne vaut celle du coeur;
Ma forme déjà ressemble à un vieil arbre mort.
Les causes dans le calme se sont toutes dissoutes;
J’ai pour seule pensée de voir venir l’unique.
Le ciel a pardonné ma bêtise insouciante,
Le chan force à quitter l’être et son opposé.
De vie ce qui me reste est un soleil couchant,
Voici que je regagne pas à pas la demeure.

(Hanshan Deqing)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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APRÈS NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2022



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
APRÈS NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE (4 janvier 1893)

Petits yeux, clairs et bleus
dents si fines et menues,
lèvres roses, belles boucles,
menottes si petites ;
rire de clochette
prompt conquérant !
Si je te loue encore
ce sera encore trop peu.
Être si merveilleux,
ai-je le choix,
comment te nommerai-je ? —
Idéal !

(Rainer-Maria Rilke)

Recueil:
Traduction:
Editions:

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CHAQUE ATOME SUR TERRE… (Omar Khayyam)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Josephine Wall
    
CHAQUE ATOME SUR TERRE…

Chaque atome sur terre
Fut une joue de soleil, un front de Vénus.
La poussière qui se pose sur ce front délicat, essuie-la doucement :
Elle fut, elle aussi, visage et chevelure d’un être fragile.

(Omar Khayyam)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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UNE PIERRE (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    
UNE PIERRE

Le jour au fond du jour sauvera-t-il
Le peu de mots que nous fûmes ensemble ?
pour moi, j’ai tant aimé ces jours confiants, je veille
Sur quelques mots éteints dans l’âtre de nos coeurs.

(Yves Bonnefoy)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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DEPUIS QUE JE VOUS AI QUITTÉ… (William Shakespeare)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
DEPUIS QUE JE VOUS AI QUITTÉ…
(sonnet CXIII)

Depuis que je vous ai quitté, mon oeil sans cesse
Est dedans mon esprit et guide mal mes pas.
Il semble regarder les choses d’ici-bas
Mais, aveugle à demi, les ignore et délaisse.

Au coeur, aucun aspect n’est transmis par ses soins
De ce qu’il peut saisir : l’oiseau, la fleur, l’image.
De ce vif, à l’esprit rien n’échoit en partage
Lui-même ne retient rien de ce qu’il étreint.

Le rude et le charmant, la mer et le sommet,
L’être comblé de dons, ou bien déshérité,
Le corbeau, la colombe, et le jour et la nuit,

S’il les perçoit, ce n’est que de vos traits formés.
Incapable de plus, et de vous tout empli,
Trop vrai, mon esprit fait mon oeil sans vérité.

***

Since I left you, mine eye is in my mind,
And that which governs me to go about
Doth part his function, and is partly blind,
Seems seeing, but effectively is out;

For it no form delivers to the heart
Of bird, of flow’r, or shape which it doth latch.
Of his quick objects hath the mind no part,
Nor his own vision holds what it doth catch;

For if it see the rud’st or gentlest sight,
The most sweet favour or deformed’st creature,
The mountain, or the sea, the day, or night,

The crow, or dove, it shapes them to your feature.
Incapable of more, replete with you,
My most true mind thus makes mine untrue.

(William Shakespeare)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Jean Rousselot
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI… (Nâzim Hikme)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI…

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine.

Que c’est beau de penser à toi :
ta main, oubliée sur une étoffe bleue,
et dans tes cheveux,
la fière tendresse de ma terre d’Istanbul.
C’est comme un second être en moi
le bonheur de t’aimer.
Au bout de tes doigts demeure
le parfum de la feuille de géranium.
Une paix ensoleillée,
Et l’appel de la chair :
une obscurité dense,
chaude,
striée de rouge.

Que c’est beau de penser à toi,
d’écrire des choses sur toi,
de penser à toi, couché sur le dos en prison.
Un mot que tu as dit tel jour à tel endroit,
pas le mot lui-même,
mais le ton sur lequel il fut dit,
et l’univers qu’il contenait…

Que c’est beau de penser à toi.
Je vais encore te sculpter quelque chose en bois,
un coffret,
une bague,
te tisser trois mètres de soie très fine.
Et tout à coup,
me levant d’un bond,
me collant aux barreaux de ma fenêtre,
vers le bleu clair de la liberté,
je dois te crier de toute ma voix
ce que j’ai écrit pour toi.

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine…

(Nâzim Hikme)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Munevver Anday
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Devant la flamme (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2022


feu

être paille
devant la flamme

beau feu
en nourrir le feu

(Mohammed Dib)

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