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Poésie

Posts Tagged ‘gouttière’

NOCTURNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



NOCTURNE

Personne… La pluie… une chouette pleure dans le vide,
Sur un toit en pierre, ruisselant, plein d’échos dans la nuit,
A l’heure d’autrefois s’entrecoupent des ombres humides,
Et sous un porche je m’assoupis, tout mouillé, tout transi.

Les gouttières sonnent la folie en le vent automnal…
Et soudain, un tourbillon… une alchimie éclot, rapide…
A l’heure d’autrefois s’entrecoupent des traces humides.
Une ville de pierre dort… et toutes choses font mal.
Personne… La pluie… une chouette pleure dans le vide.

(George Bacovia)

 

 

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SOIR AVANT L’HIVER (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Adamov Alexey e72

SOIR AVANT L’HIVER

L’air est limpide comme l’aile
De la libellule,
Le vide sans temps s’est couché sur la sente
Du soir d’automne.

Dans la rue seules l’inscription
Et des affiches rouge-sang,
A travers l’obscur, une silhouette,
A travers le vide, des pas.

L’espace est vide, l’air sec,
Pesant, comme s’il y avait du plomb dans le ciel;
L’esprit de liberté fléchit,
Comme du sang l’eau dans la gouttière tombe.

L’air est translucide : ainsi regarde le mort,
Oh! rencontrer un homme!
Du vide sans voix grandit le Néant.
L’eau dans la gouttière goutte.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Adamov Alexey

 

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LUNE AILE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



LUNE AILE

A force d’y rêver, Thomas reçut une aile,
une aile lui poussa sous l’omoplate gauche.
Thomas, comme un oiseau, courut dans la gouttière,
aspira fortement l’espace bien à lui ;
se lança, l’ouvrant toute, cette aile de miracle.
Et s’écrasa par terre, faute d’en avoir deux.
Qu’importe, il eut une aile et ça, c’est quelque chose.

(Norge)


Illustration: Toni Blay

 

 

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RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE) (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Raymond Peynet  
    
RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE)

C’était notre premier rendez-vous.
J’ai longuement caressé Fabienne, tendrement, pendant dix secondes, puis j’ai déposé une goutelette spermatique sur le sol.
Je l’ai aspirée dans mon bras copulateur, et la semence s’est mise à circuler lentement dans ma gouttière fécondatrice.
Alors, j’ai introduit mon bras copulateur jusqu’au plus profond de la bourse copulatrice de Fabienne, qui gémissait, et j’ai commencé mon lent mouvement de va-et-vient.
Fabienne a voulu se dégager, mais je l’ai menacé de mon funicule raidi, et j’ai continué à la besogner.
Au bout de deux heures, lorsque les spermatozoïdes sont arrivés à destination, je me suis retiré.
Après cette expérience, Fabienne et moi, d’un commun accord, avons décidé de ne plus nous revoir.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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MÉTÉORE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

meteore

MÉTÉORE

La lumière s’éloignant de nous, une fois encore,
dans cette furtive, implacable
naissance
de mémoire-minérale
et foyer, comme si là,
nos noms mêmes, ancrés
à la proue glaciale
des silences, pouvaient creuser la terre
avec ardeur, et disperser, sur la vie entière
qui s’étend entre nous, la poussière
de la plus petite pierre
qui tombe des gouttières
de Babel.

(Paul Auster)

Illustration

 

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LE CHAGRIN DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

LE CHAGRIN DE L’AMOUR

Le piaillement d’un moineau sur le toit,
La lune étincelante par tout le ciel
Et toute cette harmonie fameuse, les feuillages,
Avaient bien effacé l’image de l’homme, et son cri d’angoisse.

Mais une fille surgit, aux lèvres rouges de deuil,
Qui sembla la grandeur du monde en larmes,
Condamnée comme Ulysse et les vaisseaux qui boitent
Au loin, fière comme Priam assassiné.

Surgit, et dans l’instant les gouttières bruyantes,
La lune qui grimpait à un ciel vide
Et toute cette lamentation dans les feuillages
Ne purent qu’être l’image de l’homme, et tout son cri.

***

THE SORROW OF LOVE

The brawling of a sparrow in the eaves,
The brilliant moon and all the milky sky,
And all that famous harmony of leaves,
Had blotted out man’s image and his cry.

A girl arose that had red mournful lips
And seemed the greatness of the world in tears,
Doomed like Odysseus and the labouring ships
And proud as Priam murdered with his peers ;

Arose, and on the instant clamorous eaves,
A climbing moon upon an empty sky,
And all that lamentation of the leaves,
Could but compose man’s image and his cry.

(William Butler Yeats)

Illustration: David Brayne

 

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TOUTES LES ÂMES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

TOUTES LES ÂMES

Anonymat et banquise : novembre
par son seul nom, dansé
à mort
dans la parole brisée
de la houe et du sillon
tracé
des gouttières d’accablement — ces
marteaux adorés
vomissures
projetées
dans les zones du sang.

Une transfusion de ténèbres,
la paix fertile, empiétant
sur la tuerie.

Vie égale à la vie.

(Paul Auster)

Illustration: Volker Birke

 

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Agir et penser comme un chat (5) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’aime dans le chat cette indifférence
avec laquelle il passe des salons
à ses gouttières natales.

(René de Chateaubriant)


A ma connaissance, le chat demeure
le seul animal dont toutes les émotions
se lisent au travers de l’orientation des oreilles,
pupilles et battements de queue.

(Anne Calife)


Quand je joue avec mon chat,
qui sait s’il ne s’amuse pas plus de moi
que je fais de lui ?

(Michel de Montaigne)


Il est des beautés qui excèdent le vocabulaire.
Les chats appartiennent à cet ordre.

(Louis Nucéra)


Le chat se contente d’être,
c’est le verbe qui lui va le mieux.

(Louis Nucéra)


La seule personne qui me comprenne,
sur cette terre,
c’est mon chat.

(Diane Gontier)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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