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Poésie

Posts Tagged ‘fêter’

Je suis mignonne (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Andrzej Malinowski

    

Je suis mignonne j’ai des seins
que je regarde tous les soirs
ils sont petits ils sont malins
ils sont les bols de mes espoirs

Qui les touchera le premier
qui les baisera fêtera
qui les caressera allez
il en aura il en aura

de ce lait de tendresse humaine
dont on parlait dans l’ancien temps
Je me les garde cependant
tout vient à sein qui sait le prendre

Avant pendant après allez
nous sommes voués à téter.

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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Ce qui est doux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




Ce qui est doux

Je ne dis que ce qui est doux,
Je ne dis que ce qui est bon.

Dieu ne me fit pas d’autres don
Que celui d’un simple biniou.

Et j’ai dit la pomme au verger,
Les moutons fêtant leur berger,

Le pain aussi blanc que la nappe
Pour les grands dimanches d’agapes.

Et j’ai dit Dieu, oui, Dieu lui-même,
Car j’ai joué pour lui aussi

De petits airs, des airs qu’il aime
Lui, Dieu, parce qu’ils sont petits

Et qu’ils chantent ce qui est bon,
Et qu’ils chantent ce qui est doux,

Et que j’ai toujours obéi
Comme un enfant quand il m’a dit:

« Pose tes doigts, là sur les trous;
Tu joueras de ton mieux pour tous. »

(Maurice Carême)

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Le jardin de la vallée d’or (Tou Mou)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018




    
Le jardin de la vallée d’or

La floraison de luxe s’est dissipée comme la poussière parfumée.
Impassible est le cours d’eau. Seule, l’herbe fête le printemps.
Le jour baisse, le vent de l’Est fait écho aux oiseaux plaintifs.
La chute des fleurs évoque le souvenir de la belle tombée du pavillon.

(Tou Mou)

 

 

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Toi ! (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Yoshiro Tachibana -  (9)

Toi !

De Thomas Moore.

Du frais matin la brillante lumière,
L’ardent midi, l’adieu touchant du jour,
La nuit qui vient plus douce à ma paupière
Pâle et sans bruit rêver avec l’amour,
Le temps jaloux qui trompe et qui dévore,
L’oiseau captif qui languit près de moi,
Tout ce qui passe, et qu’à peine je vois,
Me trouve seul… seul ! Mais vivant encore
De toi !

Des arts aimés quand l’essaim m’environne,
L’ennui secret les corrompt et m’atteint.
En vain pour moi la fête se couronne :
La fête pleure et le rire s’éteint.
L’unique asile où tu me sois restée,
Le sanctuaire où partout je te vois,
Ah ! C’est mon âme en secret visitée
Par toi !

La gloire un jour a distrait mon jeune âge ;
En te cherchant j’ai perdu son chemin.
Comme à l’aimant je vais à ton image ;
L’ombre est si belle où m’attire ta main !
Ainsi qu’aux flots les barques se balancent,
Mes ans légers ont glissé loin de moi ;
Mais à présent dans tout ce que je vois,
Mes yeux, mon coeur, mes voeux, mes pas s’élancent
Vers toi !

Je dis ton nom dans ma gaîté rendue,
Je dis ton nom quand je rapprends les pleurs ;
Dans le désert la colombe perdue
Ne sait qu’un chant pour bercer ses douleurs.
Égide chère à ma vie embrasée,
Le monde en vain jette ses maux sur moi ;
Mon âme un jour sera calme ou brisée
Par toi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Yoshiro Tachibana

 

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Je me fête et me hais moi-même (Leopoldo María Panero)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Je me fête et me hais moi-même
je palpe le mur où il faudra graver mon absence
tandis que le poème s’écrit contre moi,
contre mon nom
contre une malédiction du temps.

Je crache ces vers dans le refuge de Dieu
où rien n’existe
sinon le poème contre moi.

***

Me celebro y me odio a mí mismo
palpo el muro en que habrà de grabarse mi ausencia
mientras el poema se escribe contra mí,
contra mi nombre
como una maldición del tiempo.

Escupo estos versos en la guarida de Dios
donde nada existe
sino el poema contra mí.

(Leopoldo María Panero)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Anniversaire (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Anniversaire

Douze mois qu’elle m’aime et que moi je l’adore !
Douze mois qu’elle verse en mon cœur de l’aurore,
Que je mis dans le creux de sa petite main
Ce que Dieu me donna de bon, de plus humain.
Du soir où je la vis, à chaque retour d’heure
Je l’aimai davantage et la trouvai meilleure.
J’ai vu ce que l’amour prête d’extase aux yeux,
D’éloquence aux instants les plus silencieux,
D’indicibles espoirs et de promesses franches
À la pression tiède et lente des mains blanches…
Et je veux, pour fêter ces jours de longs émois,
Prendre autant de baisers que sont passés de mois.

(Albert Lozeau)

 

 

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LA CHANDELEUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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LA CHANDELEUR

L’hiver est long, les temps sont durs
Et la vie n’est pas gaie.
J’avons pus d’farin’ qu’eun’ mesur’
Dans un racoin d’la maie.
J’avons qu’un bout d’salé pas cuit
Dont l’dessus est tout blême ;
Mais coumm’ c’est la Chand’leur an’hui,
Faisons des crêpes tout d’même !

C’est la Chand’leur, mes pauvr’ers gens,
Faisons des crêp’s dans la ch’minée
A seul’fin d’avouèr de l’argent
Toute l’année !

Pour dev’ni’ rich’ faut travailler.
Que tout le mond’se hâte !
Mari’, dans le grand saladier
Tu vas battre la pâte.
V’là d’l’ajonc qui brûle en lançant
Des tas d’petit’s étouéles.
Allons ! pé Mathieu, cré bon sang !
T’nez bon la queu’ d’la poêle !

Disez les fill’s, disez les gas !
Qui qu’en fait sauter eune?
Ah ! la bell’crêpe que voilà !
Alle est rond’comme eune leune,
Eune’ Deuss’! Mari’ je n’t’aim’rai p’us
Si tu veux pas la prendre…
– Sacré couillon tu l’as foutu’
Au beau mitan des cendres !

Depis que je fêtons cheu nous
Quand la Chand’leur s’amène
Je soumm’s core à trouver un sou
Dans l’talon d’nout’ bas d’laine ;
Mais pisqu’an’hui nous v’là chantant
Devant les crêp’s qui dansent,
C’est toujou’s eun’ miett’ de bon temps
D’gagné su’ l’existence !

Pendant c’temps-là j’ruminons pas
Nos mille et mill’misères :
Les vign’s qu’ont le phylloxera,
Et la vache qu’est en terre.
Et moué que je vas être vendu !
Bah ! si l’huissier arrive
Je lui coll’rons la poêle au cul
Pour y montrer à vivre !

(Gaston Couté)

 Illustration: Pieter Aertsen

 

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Maintenant que tu es venue (Camillo Sbarbaro)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



 

Maintenant que tu es venue,
Que sur un pas de danse
Tu es entrée dans ma vie
Comme un coup de vent dans une chambre close –
Pour te fêter, bonheur si longtemps attendu,
Les mots me manquent, la voix,
Et le silence auprès de toi me suffit.

(Camillo Sbarbaro)

Illustration: Antonio Maria Nardi

 

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Nanti d’un seul oeil (Jim Harrison)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Nanti d’un seul oeil j’ai appris
à fêter la vision, cet oeil un peintre,
cet oeil une monstrueuse caméra charnue
incapable de s’arrêter de tourner dans l’obscurité
où il voit son imagination privée.
L’oeil minuscule voit le cosmos supérieur.

***

With only one eye I’ve learned
to celebrate vision, the eye a painter,
the eye a monstrous fleshy camera
which can’t stop itself in the dark
where it sees its private imagination.
The tiny eye that sees the cosmos overhead.

(Jim Harrison)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Les derniers jours de l’automne (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




Les derniers jours de l’automne

Après les moissons, après la grappe de septembre, après la pomme et les prunelles des haies,
voici venir des cieux plus lents : l’automne est là où pourrit l’herbe morte.
Les feuilles meurent à l’arbre qui leur a donné forme.
L’automne hésite au déclin de son âge.
Dans la nudité du ciel, le soleil revenu fête la terre en son sommeil premier.
L’ombre d’un arbre proche atteint la blancheur d’un mur.
Et tout se répond et s’exalte dans ce jour de cristal : l’oiseau, le ciel, l’arbre et la pierre.

(Luc Dietrich)

Illustration: Eric Bruni

 

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