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Poésie

Posts Tagged ‘frais’

Tout mon corps est poreux (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



Tout mon corps
est poreux
au vent frais
du printemps.

(Paul Fort)

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LAMENTO POUR LES PAPILLONS DE NUIT (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

LAMENTO POUR LES PAPILLONS DE NUIT

Une plaie a frappé les papillons de nuit, ils agonisent,
leurs corps tels des flocons de bronze gisant sur les tapis.
Les ennemis du délicat partout
Ont soufflé dans l’air une brume pestilentielle.

Lamento pour les papillons veloutés, car ils étaient charmants.
Leurs tendres pensées souvent, car ils pensaient à moi,
apaisaient les névroses qui hantent le jour.
Un mal invisible les a emportés à présent.

Je tourne dans les pièces sombres, ne peux rester calme,
je dois trouver où le traître assassin se cache.
Fébrilement je cherche et toujours ils tombent
aussi fragiles que cendres se brisant contre un mur.

À présent que cette plaie a emporté les papillons de nuit,
qui sera plus frais que des rideaux contre le jour,
qui viendra assez tôt apaiser doucement mon sort
quand je tourne dans les pièces sombres le coeur tourmenté ?

Donne-leur, ô mère des papillons de nuit et des hommes,
la force de revenir dans ce monde trop lourd,
car délicats étaient les papillons de nuit et très recherchés
ici dans un monde hanté par des bataillons d’ennui mammouth !

***

LAMENT FOR THE MOTHS

A plague has stricken the moths, the moths are dying,
their bodies are flakes of bronze on the carpets lying.
Énemies of the delicate everywhere
have breathed a pestilent mist into the air.

Lament for the velvety moths, for the moths were lovely.
Often their tender thoughts, for they thought of me,
eased the neurotic ills that haunt the day.
Now an invisible evil takes them away.

I move through the shadowy rooms, I cannot be still,
I must find where the treacherous killer is concealed.
Feverishly I search and still they fall
as fragile as ashes broken against a wall.

Now that the plague h as taken the moths away,
who will be cooler than curtains against the day,
who will come early and softly to ease my lot
as I move through the shadowy rooms with a troubled heart?

Give them, O mother of moths and mother of men,
strength to enter the heavy world again,
for delicate were the moths and badly wanted
here in a world by mammoth figures haunted!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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FRÊLE COMME L’OMBRE D’UNE FEUILLE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



;
Illustration: ArbreaPhotos
   

FRÊLE COMME L’OMBRE D’UNE FEUILLE

Frêle comme l’ombre d’une feuille il s’estompe
et tu t’estompes quand tu le touches.
Et comme tu t’estompes, l’après-midi
s’estompe avec toi, fraîche et trouble.

Un mur se dresse entre aucun espace,
division aussi mince que l’ombre,
ses paupières se ferment sur tes yeux
d’un vif-argent qui le décontenance.

Puis doucement tu dis son nom
comme si son nom sur ta langue
pouvait dresser un mur contre l’ombre
s’amoncelant où il s’estompe.

Parfois ces frontières entre les deux
peuvent sembler ne plus exister,
mais pourquoi, alors, le souffle court
et le corps d’argent de se tortiller,

pourquoi un nom qu’on murmure
comme pour demander : Est-ce vrai ?
reste sans réponse tant que le sommeil
ne te libère de sa prise cruelle.

***

FAINT AS LEAF SHADOW

Faint as leaf shadow does he fade
and do you fade in touching him.
And as you fade, the afternoon
fades with you and is cool and dim.

A wall that rises through no space,
division which is shadow-thin,
his eyelids close upon your eyes’
quicksilver which bewilders him.

And then you softly say his name
as though his name upon your tongue
a wall could lift against the drift
of shadow that he fades among.

Sometimes those frontiers of the twain
may seem no longer to exist,
but why, then, is the breath disturbed,
and does the silver body twist,

and why the whisper of a name
as though enquiring, Is it true?
which goes unanswered until sleep
has loosened his fierce hold of you.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Comme boutons frais (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

    
Comme boutons frais
votre présence,
comme boutons de rose
le rouge délicat de vos joues, votre gaîté,
comme d’éclatantes gouttes
d’argent, de provocation,
vos yeux quand vous les écartez de moi,
que le délicieux corps mince se courbe
en arrière, de côté, comme un roseau,
afin de m’attirer vers vous,
votre tendre sourire veut me dire:
tu ne viens pas

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Agapê (Christine Bonduelle)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Agapê

Ce frais silence
regard d’eau
tenue secrète
en sous-bois
ronceux
toucheur d’âme
qui vive
lointaine
est-ce toi
ou rien
n’y a-t-il
rien que cris
sans voix ?

(Christine Bonduelle)

Illustration: Constantin Razoumov

 

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UN IMMENSE DÉSESPOIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



 

Edvard Munch - Melancholía,   00

UN IMMENSE DÉSESPOIR

Un immense désespoir
Noir
M’atteint
Désormais, je ne pourrais
M’égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j’ai fait d’efforts
Dans l’Idéal m’a mis hors
La Loi ?

Satan, lorsque tu tombas
Bas,
Au moins
Tu payais tes voeux cruels,
Ton crime avait d’immortels
Témoins.

Moi, je n’ai jamais troublé,
Blé,
L’espoir
Que tu donnes aux semeurs
Cependant, puni, je meurs
Ce soir.

J’ai fait à quelque animal
Mal
Avec
Une badine en chemin,
Il se vengera demain
Du bec.

Il me crèvera les yeux
Mieux
Que vous
Avec l’épingle à chapeau
Femmes, au contact de peau
Si doux.

(Charles Cros)

Illustration: Edvard Munch

 

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Le soir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Le soir

Dans le jardin résonnait la musique
D’une tristesse inexprimable.
Un frais et fort parfum de mer
Montait du plat, des huîtres dans la glace.

Il m’a dit : « Je suis un ami sûr ! » —
Et il a touché ma robe.
Qu’il ressemble peu à une étreinte
L’effleurement de ces mains.

C’est ainsi que l’on caresse les chats et les oiseaux,
Que l’on regarde les sveltes cavalières…
Juste ce rire dans ses yeux calmes,
À l’abri des légers cils dorés.

Mais les voix tristes des violons
Chantent derrière la fumée qui s’étire :
« Bénis le ciel — pour la première fois
Te voici seule avec ton bien-aimé ».

(Anna Akhmatova)

 

 

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CRI DU VENDEUR SOUS-MARIN (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



CRI DU VENDEUR SOUS-MARIN

Qu’il serait doux de demeurer
en un jardin au fond des mers,
auprès de toi, ma jardinière!

Dans une carriole tirée
par un saumon, ô quelle joie
de vendre sous la mer salée
tes marchandises, mon amour !

— Algues fraîches, algues de mer,
qui veut des algues de la mer?

(Rafael Alberti)

 

 

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Le vrai (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



 

Le vrai est le frais.
Tout le reste est vieilleries.

(Laurent Albarracin)

Illustration

 

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Pour la poésie (Varlam Chalamov)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Pour la poésie

Si je ne perds pas mes forces,
Si je puis dire quelque chose,
C’est que tu es ma volonté et ma force.

Là est le sens de mon chant,
Là est l’accusation de mes mots
Et le simple secret de mon être.

Tu conduis mon âme
Par la mer et la terre,
Les plantes et les bêtes.

Tu me protèges des balles,
Juillet tu me le ramènes,
À la place des décembres éternels.

Tu cherches le bon passage,
Tu portes l’eau fraîche
À ma bouche toute sèche.

À toi je suis lié
Par toi irradié,
Je vais sans peur dans les ténèbres.

(Varlam Chalamov)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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