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Poésie

Posts Tagged ‘gel’

À la touffeur du jour (Michel Voiturier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

À la touffeur du jour succède le frisquet de la nuit.
Brusque coupure que le corps gère en ayant la chair de poule.
Quand l’âme est soumise au gel, se figent les serments murmurés à l’oreille aimée.

(Michel Voiturier)

 

Recueil: Dits en plain désert
Editions: Clarisse

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Gelée blanche (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Gelée blanche

Neiges de deux hivers ne se reconnaîtraient
Ni vous ne figerez les plis de mon eau froide,
Gel du poème, Ou son fouillis ne ferez roide.
— Plus que de l’épervier les demeures m’effraient,

Quand l’aurore me donne à sa serre féline,
Plus l’indiscret oiseau dont je suis la volière :
Mésange — cœur de fraise — aux tortures encline
Qui me met en morceaux comme on casse les œufs.

(Olivier Larronde)

Illustration

 

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Les vitres éteintes (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration
    
Les vitres éteintes.

Quand le gel attise les étoiles,
Si légères dans la nuit d’hiver,
Volettent les cendres des poètes.

Ils furent des morts discrets :
Un paquet-poste pour cercueil,
Une lettre pour épitaphe.

Maintenant ils ont fait leur nid,
Cherchez-les dans la devinette,
Chasseurs dans l’arbre blottis.

Ne riez pas, perdez-vous dans les branches,
C’est ainsi que Pétrarque rejoignait
Celle par qui le laurier le ceignit.

Ne riez pas, les chasseurs sans fusil,
Tête en bas, nous écoutent et déboulent
Comme des lièvres d’entre les mots.

Ils sont l’oubli, le vent,
S’il pleut ils sont la pluie
Qui ne supplie personne.

Rose de neige, vigne effeuillée,
Nul ne vient sangloter
Sur les vitres éteintes.

J’écris vos noms, amis, soyez heureux,
Tout est sans nom, tout est poussière
Dans l’invisible où rien ne meurt.

(Gaston Puel)

 

Recueil: L’Âme errante et ses attaches

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Chuchotements (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Chuchotements

Au bord d’un lac glacé, un vestige miroir
S’est dévêtu d’un gel qui ornait sa guêpière
D’un soupir noir, Vénus était beauté d’un soir,
Un secret décoiffé par un fil de lumière.

Un sombre désespoir au regard de satin,
Un esprit engorgé d’acide ! Des étoiles
Aux paupières de sang se sont émerveillées
En s’aveuglant d’un ciel bleu au petit matin.
Chaussés de sable fin les rides sont les voiles
D’un secret s’accrochant à des Lunes fardées.

L’éclat s’est assoiffé de plaisirs élégants,
Les racines de l’âge ont sucré mes entrailles,
Un gout de miel poivré de souvenirs fondants,
Chuchote ainsi l’amour aux douces funérailles.

(James Denis)

 

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la vie est un sas clair (Louis Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017


Van-Gogh

la vie est un sas clair
aux cloisons mal étanches
que des courants obscurs
pénètrent insidieux
et l’osmose du temps
tache la page bleue
jusqu’à la nuit
régnant où le poème penche
ténèbres battantes
cavernes de survie
la terreur
unique structure
pour l’attente
et ce rythme fragile
d’aile
de cil
de gel

(Louis Aldebert)

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La mort (Philippe Granier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


>André Mantegna - Le Christ Mort, 1480-1490 La mort
absurde
(la mort)
comme un gel
comme une agate
éclatée
dans tes yeux la mort
changée en larme de sel
une vie s’est arrêtée
net
et au travers
je t’aime
plus de mots à trouver
que les sanglots
la nuit glacée
le silence
de nos bras
nos coeurs gros
la présence
ouvert et sans arme
je reste là
contre toi
comme un gaz
comme une braise
comme étonné dans l’air
les mots ne boivent pas les larmes

(Philippe Granier)

Illustration: Andrea Mantegna

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Le jour ne coupe plus (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Le jour ne coupe plus les carreaux noirs
d’où il est chassé sans le moindre éclair.
Le ciel est plus cassant, moins abrité
sur les terres amarrées par le gel.

Les murs sont pensifs comme des visages.
Les mains couvent des caresses démesurées
et la campagne n’approche des routes
que par quelques pas dans la neige.

Elle reste des jours sans une voix d’homme.
Parfois se casse le doigt sec d’une herbe
et le bruit s’en propage jusqu’à la ferme.
Le vent renifle la senteur du charbon

sort à la même heure nocturne
de sa chambre sans plafond
et l’on voit mieux les bords de la solitude
cerner la tache d’un front.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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GEL (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



    

GEL

elle s’est raidie
lorsque la gelée la nuit
est venue la saisir
si triste à en mourir

reste belle la rose
isolée sur sa tige
prisonnière du givre
morte d’une overdose

on sait déjà
que jamais plus elle ne vivra
un jour en rose
ici bas

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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AMOUR DE PROFIL (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



 

Richard MacDonald - Tutt'Art@ (1)

AMOUR DE PROFIL

1
Dans le sommeil des feuilles mortes
qui craquent de gel la nuit
sans que personne pose le pied

dans le sang qui bat à la tempe
du dormeur qui ferme les portes
et ne sait plus si lui c’est lui

dans le froissement de la furtive
allant retrouver son amant
au creux des menthes la rivière

dans les paroles de la pluie
dans le feu quand la maison dort
dans la chevêche de minuit

j’entends respirer la secrète
qui n’est jamais là où elle est

2
Songeuse Retirée Rieuse Tempérée
Flexible Détournée Distraite Méditée
Le beau front bombé et sa pâleur d’opale
Les yeux de grand hiver de brasero lent

Toi la pensive et l’incertaine Toi l’innocence
et la malice Toi l’eau qui dort en robe d’eau
Absente Dérobée Naïve Gaie Moqueuse
Furtive Souveraine Altière Intimidée

Indécise Etonnée Limpide Couronnée
Profil nu hésitant dans un miroir brouillé
par les longues pluies de la mélancolie
toi la Reine et la Fée l’enfantine et la grave

je t’écoute écouter J’écoute ton silence
J’écoute les échos les voiles de ta voix
ta voix de feuilles mortes et de vent sur la tempe
qui peut en murmurant faire éclore l’automne

3
Nous deux
Quelquefois un
Les deux doigts de la flamme
Deux c’est ton ombre et moi
ou toi ma silencieuse
nue comme à marée basse
une voix qu’on devine

Nous deux
quelquefois un
Les deux pieds nus du vent
Deux d’eau Le bruit de l’eau
Rêver se taire ensemble

Le ciel mangé de jour
qui n’a qu’un seul regard

Quelquefois un Nous deux

(Claude Roy)

Illustration: Richard MacDonald

 

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Oie bleue, oie blanche (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Converging shadows on fresh snow

La floraison du bâton

[4]
Oie bleue, oie blanche, tu peux bien dire,
oui, je connais cette dualité, cette double nostalgie ;

je connais cet insatiable désir
en hiver, pour l’ombre du palmier

et le sable et le bois flotté calciné ;
mais en été, quand j’observe

la vague lorsque le bord de l’écume
touche le sable chaud et d’un seul coup

disparaît comme la neige à l’équateur,
je voudrais crier, reste, reste ;

alors je me rappelle le gel délicat et tenace
et son dessin à l’aube au coeur de l’hiver ;

à la chaleur du soleil de midi, je pense à l’aube
grise opalescente de l’hiver ; quand la vague

brûle sur les galets, je pense,
tu es moins belle que le gel ;

mais il est vrai aussi que je prie,
ô, donne-moi le bleu brûlant

et les algues fragiles calcinées
sur la laisse de haute mer,

quand je me tiens, toujours insatisfaite,
sous la longue ombre-sur-la-neige du pin.

***

Blue-geese, white-geese, you may say,
yes, I know this duality, this double nostalgia;

I know the insatiable longing
in winter, for palm-shadow

and sand and burnt sea-drift;
but in the summer, as I watch

the wave till its edge of foam
touches the hot sand and instantly

vanishes like snow on the equator,
I would cry out, stay, stay;

then I remember delicate enduring frost
and its mid-winter dawn-pattern;

in the hot noon-sun, I think of the grey
opalescent winter-dawn; as the wave

burns on the shingle, I think,
you are less beautiful than frost;

but it is also true that I pray,
O, give me burning blue

and brittle burnt sea-weed
above the tide-line,

as I stand, still unsatisfied,
under the long shadow-on-snow of the pine.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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