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Posts Tagged ‘tendresse’

LE DERNIER AMOUR (Fédor Ivanovitch Tioutchev)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



 

Illustration: Félix Vallotton
    
LE DERNIER AMOUR

O comme, au déclin de notre âge, plus
tendre est l’amour, plus superstitieux…
Brille, ô brille, ultime lumière De
l’ultime amour, aurore du soir !

L’ombre a conquis le ciel immense, Seule
au couchant, là-bas, ta clarté brûle,
Attends un peu, attends, jour vespéral, Et
dure, ô dure encore, enchantement !

Le sang peut bien s’affaiblir dans les veines,
Mais la tendresse, au coeur, ne faiblit pas… O
toi, notre dernier amour,
Tu es bénédiction et désespoir.

(Fédor Ivanovitch Tioutchev)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Jacques David
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI… (Nâzim Hikme)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI…

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine.

Que c’est beau de penser à toi :
ta main, oubliée sur une étoffe bleue,
et dans tes cheveux,
la fière tendresse de ma terre d’Istanbul.
C’est comme un second être en moi
le bonheur de t’aimer.
Au bout de tes doigts demeure
le parfum de la feuille de géranium.
Une paix ensoleillée,
Et l’appel de la chair :
une obscurité dense,
chaude,
striée de rouge.

Que c’est beau de penser à toi,
d’écrire des choses sur toi,
de penser à toi, couché sur le dos en prison.
Un mot que tu as dit tel jour à tel endroit,
pas le mot lui-même,
mais le ton sur lequel il fut dit,
et l’univers qu’il contenait…

Que c’est beau de penser à toi.
Je vais encore te sculpter quelque chose en bois,
un coffret,
une bague,
te tisser trois mètres de soie très fine.
Et tout à coup,
me levant d’un bond,
me collant aux barreaux de ma fenêtre,
vers le bleu clair de la liberté,
je dois te crier de toute ma voix
ce que j’ai écrit pour toi.

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine…

(Nâzim Hikme)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Munevver Anday
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Corps du savoir (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022


couple

alléger la paix et dire
la tendresse d’une hanche
ou sa connivence nue

abandonner le regard
sous le couvert de l’ombre
et retarder le moment

en remonter la marée
moins forte que les bras
plus claire que le feu

avec des avertissements
la voix aura peut-être parlé
mais l’aurait-il fallu

(Mohammed Dib)

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TROP DE MORTS ET DE MAL (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TROP DE MORTS ET DE MAL

C’est un parc aux pigeons
Et vous le croyez doux
Pensez donc!

C’est la grille d’enfer
Pour votre serviteur
songez-y!

Le parc ne lui fait peur
Mais quelques souvenirs
A haïr

Ainsi sommes-nous
Des deux côtés de cette grille
De belle herbe fraîche
Et d’arbres aérés

Vous dites que c’est doux
Que n’y suis-je!
Tandis que j’y frémis
Ah ! Dieu oui !
Car moi je ne m’en tire
Que rompu et roussi

Trop de morts et de mal
Et une nuit trop longue
Pour trop de cruauté
Et nos coeurs trop longtemps serrés
Et presque sans souffler
Trop de notre vie passé dans la terreur et dans la guerre

Jusqu’à nous avoir changés de nature
Et accablés de notre péché la fatigue
Comment décharger nos mémoires
Et les laver des fours et des gibets et de l’outrage ?

Comment revivre ?
Comment des graines dans la cendre
Dans notre âme mortelle nourrie de sable
Trop longtemps bue par le désert ?
Comment revivre ?
Comment des branches vertes
Dans le charbon des arbres calcinés ?
Il faudrait un printemps plus fort
Pour nous reprendre tout à fait
I1 faudrait nous refaire
Au lieu de ces ravines de ces fentes
Dont nous sommes en nous
Tout blanchis et ouverts

Désarmée
Attardée
En tendresse
En détresse
O ma soeur profonde
Que je te reconnais
Nous portons même cendre
Dans un pauvre sachet
Nous avons même soif
Humble et très en peine
De rejaillir et de trembler
De toutes ces fleurs du soleil
Où nos yeux ont recommencé

Vent de la vie au crin puissant
Viens attaquer
Pour en tirer
Les accents et les cris d’une pleine musique
Ces deux violons penchés
Bons pêcheurs ces filets
Allez les replonger
Dans les eaux ruisselantes

(Pierre Morhange)

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POUR TOI (Touria Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2022




    
POUR TOI

Pour un frisson d’eau
et un palmier qui s’étiole
Pour un souffle palpitant
aux brises d’automne
Pour la pluie dans mes tresses
de petite fille
Je prépare mon calame

Pour les orchidées de ces plaines
Pour l’instant où cesse l’orage
Pour cet invisible qui se donne à
la contemplation
Pour le bonheur de soulager
quelques souffrances
j’ouvre mon parchemin

Pour le désir et la connaissance
Pour l’accueil et la tendresse
Pour le trouble délicieux
qui s’empare de moi
et qui ressurgit sans cesse plus fort
à la méditation de tes tons
J’écris un poème

(Touria Iqbal)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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Boire à la bouteille (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



 Illustration: Joan Miro  
    
Boire à la bouteille
je sais plus où dans
le haut d’un champ
fait chaud les
jambes çа tient bon
ça fait du bien par
où qu’ça passe.

Bouteille qu’on sort de
quel souvenir buisson
braguette ou quoi d’autre
poème pour on voudrait
rien désir ou tendresse
donner boire
t’en veux ?

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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La vie qui va (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Charles-Trenet 8 [1280x768]

La vie qui va

{Refrain:}
C´est la vie qui va toujours
Vive la vie
Vive l´amour
La vie qui nous appelle
Comme l´amour elle a des ailes
Oui c´est elle qui fait chanter la joie
Quand tout vit c´est que tout va
Quand tout va la vie est belle
Pour vous et pour moi
Je sais bien que demain tout peut changer
Je sais bien que le bonheur est passager
Mais après les nuages
Mais après l´orage
On voit se lever joyeux
L´arc-en-ciel dans vos yeux
Tout est beau comme un mirage
Quand la vie va mieux.

Vous qui rêvez d´un désir fou
Vous qui chantez la jeunesse
Vous qui pleurez d´un air très doux
Le cœur empli de tendresse
Stop! Arrêtez-vous un instant
Écoutez la marche du temps…
Voici la vie

{au Refrain}

La vie va mieux
La vie va mieux
Pour vous et pour moi
C´est la vie qui va!

(Charles Trenet)

 

 

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Dernier amour (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2021




    
Dernier amour

Oh, que l’amour, au déclin de la vie,
Se fait plus tendre et sensible aux présages…
Brille, brille, lumière à l’agonie
Du dernier amour, du couchant de notre âge !

Le ciel est à demi recouvert par la nuit,
Seule erre une lueur là-bas vers l’occident,
Ralentis, ralentis, ô soir de notre vie,
Demeure, demeure encore, enchantement.

Le sang peut bien couler dans nos veines plus froid,
Dans nos coeurs brûle encore la tendresse…
Toi, le dernier amour, tu es à la fois
Suprême bonheur et suprême tristesse.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR

Lorsque j’entends le soir
le concerto pour clarinette de Mozart,
le temps de la souffrance et de l’ennui s’achève,
soudain je nage dans la lumière dorée de mes quinze ans,
l’ombre de la vieillesse un instant se déchire,
nos deux corps flexibles se joignent
dans le torrent de nos cheveux emportés par le vent:
c’est le ciel de la tendresse que leur plaisir éclaire,
l’angoisse de vivre est devenue légère comme l’air

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

    

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