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Poésie

Posts Tagged ‘profond’

La nudité, l’appel, le corps qui cherche (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
La nudité, l’appel,
le corps qui cherche son unité à travers d’autres corps,
sa présence.

Le désir dans le crâne percé,
le sang qui cherche furieusement
à se brancher sur le nerf magique d’un destin
qui lui donnerait l’immortalité d’un sens.

Un baiser referme le monde dans sa nuit.
Un baiser plus profond que la tombe,
et le corps aimé n’est plus corps,
mais oubli, éternité.

Les corps s’aiment
parce qu’ils sont perdus,
pour se retrouver.

Nous avons tous un coeur
proche de se déchirer et prendre feu.
Un corps désiré ranime le goût blessé du vide…

Tomber dans un cri inconnu à travers le corps
qu’on sent à tel point qu’on ne le sent plus.

Le désir cherche à toucher,
mais le contact attendu
est celui de l’essence de la présence.

Aimer voudrait n’avoir pas de corps
pour aller au plus près.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Il me faudrait un repos plus profond que le sommeil (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Illustration: Hélène Hugon
    
Il me faudrait un repos plus profond que le sommeil.
J’ai beau y puiser jusqu’au fond, les nuits ne me suffisent plus.
Même la mort ne me suffirait pas.
Il est trop tard…
Je serai fatigue, fatigue, jusqu’à la nuit des temps.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Le palais (Wang Po)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Le palais n’est plus visité que le matin par les vapeurs du rivage
et le soir par la pluie qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement
en se mirant dans les eaux limpides.
Combien d’automnes ont déjà passé sur ce palais ?…
Le jeune roi qui l’habitait a contemplé comme nous ce grand fleuve
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Po)

 

 

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Comme elle chante (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Carry_Akroyd_Suffolk

Comme elle chante
Dans ma voix,
L’âme longtemps murmurante
Des fontaines et des bois !

Air limpide du paradis,
Avec tes grappes de rubis,
Avec tes gerbes de lumière,
Avec tes roses et tes fruits ;

Quelle merveille en nous à cette heure !
Des paroles depuis des âges endormies
En des sons, en des fleurs,
Sur mes lèvres enfin prennent vie.

Depuis que mon souffle a dit leur chanson,
Depuis que ma voix les a créées
Quel silence heureux et profond
Naît de leurs âmes allégées !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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L’espérée (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Andrew Murray
    
L’espérée

Je pense à toi
au plus profond des îles du sommeil
comme à une clarté
dans le gris de ma détresse

(Paul Louis Rossi)

 

Recueil: Quand Anna murmurait
Traduction:
Editions: Flammarion

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Pataugé, épié, pépié (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



 

abysses

Pataugé, épié, pépié
appris à écrire sur l’ardoise
avec la craie d’une mer ancienne
Si je pouvais lancer mes tentacules
au plus profond…
et que palpite une invisible lueur

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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Il est une solitude (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Il est une solitude de l’espace
Une solitude de la mer
Une solitude de la Mort, mais elles
Sont société
Comparées à ce site plus profond
Cette polaire intimité
D’une âme qui se visite —

***

There is a solitude of space
A solitude of sea
A solitude of Death, but these
Society shall be
Compared with that profounder site
That polar privacy
A soul admitted to itself —

(Emily Dickinson)


Illustration: Gilbert Garcin

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Amour – tu es profond – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


amour

Amour – tu es profond –
Je ne puis te franchir –
Mais, en étant Deux
Au lieu d’un Seul –
Yacht, et Rameur – par un royal Eté –
Qui sait – si nous n’atteindrions pas le Soleil?

Amour – tu es Voilé –
Peu – te contemplent –
Sourient – et changent – et jasent – et meurent –
Le Bonheur – serait Bizarrerie – sans toi –
Surnommé par Dieu –
Eternité –

(Emily Dickinson)

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AZRAEL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Illustration: Gustave Doré 
    
AZRAËL

Ailes mortes, ailes mortes en moi,
Tomber, c’est renaître
Hors de la solitude, dans la mer —
La mère des âmes égarées, des voyageurs perdus
Et des exilés du ciel.

Le souvenir de la terre est comme un poids
De vagues et d’îles; dans mon sang et mes os
La pesanteur de mon incarnation,
Plus forte que ma volonté d’être singulier,
Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu.

Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,
Des cellules de la vie transparentes mais murées,
Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joie
Dans la tombe ouverte de la terre, de la mer et de l’air,
Docile comme une pierre, un ange, ou une étoile.

Tomber, c’est renaître,
Attiré au sommet profond d’un baiser;
La mort et la naissance
Ne sont qu’un même sommeil, une grâce unique
Qui infléchit tous les trajets à la courbe de la terre.
Mon désir superbe est inféodé à la paix de l’amour
Qui régit les orages, les guerres, l’essor des ailes.

***

AZRAEL

Dead wings, dead wings in me,
To fall deep is to rise
Out of the solitude, into the sea
Mother of all lost souls, lost travellers
And aliens of the skies.

The memory of earth is like a burden
Of waves and Islands, in my blood and bone
The heavy substance of my incarnation
Stronger than my will to be atone
Breaks me and destroys me, calls me home.

Frisotter of my guilt, my beau*, and my will
The cells of life with windows but no door,
Freed now by harmless death, I gladly fall
Info the open grave of earth and sea and air
Obedient as a stone, an angel, or a star.

To fall deep is to rise
Drawn to the deep summit of a kirs,
And death and birth
Are but the same sleep and the single grace
That bends all courses to the round of earth.

My grandiose Just is subject to love’s peace
That rules all storms, and soaring wings, and vars.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Tenez bon (Virgile)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Illustration: Angelica Kauffmann
    
Tenez bon, gardez-vous pour les jours favorables.
Ainsi dit-il, et lourd d’un soin immense il feint
L’espoir sur son visage et enfouit dans son coeur
Sa profonde souffrance.

***

Durate, et vosmet rebus servate secundis.
Talia voce refert curisque ingentibus aeger
Spem voltu simulat, premit altum corde dolorem.

(Virgile)

 

Recueil: Enéide
Traduction:
Editions:

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