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Poésie

Posts Tagged ‘profond’

Toute femme qui pleure (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Frederic Leighton
    
Toute femme qui pleure invite l’homme
à entendre le grand chant enfoui,
le grand chant perdu de l’amour.

Les femmes qui pleurent comme psalmodient les sirènes
entraînent l’homme vers le profond, vers l’invisible :

doit-on plaindre ces noyés qui ont rejoint l’origine ?
ou faut-il continuer à avancer à petits coups de rames,
de larmes, sur la mer périlleuse de la vie ?

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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S’émerveiller (Lhasang Tsering)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration
    
S’émerveiller

S’émerveiller – s’émerveiller autour –
S’émerveiller autour des merveilles,
Des merveilles tout autour de moi ;
M’émerveiller simplement en marchant ,
En marchant – en marchant seul
En marchant tout seul –
Seul parmi les collines,
Les vertes collines et les vallées boisées.
Emu par la beauté –
La fascinante beauté –
Les splendeurs et la beauté de la nature ;
Beauté dans chaque aspect de la nature.
Enchanté – enchanté par
Enchanté et fasciné par –
L’immense diversité,
Diversité dans chaque aspect de la nature.
D’un simple brin d’herbe,
L’exquise beauté des fleurs,
Aux forêts d’arbres gigantesques ;
D’une multitude d’insectes minuscules
Et d’une foule d’autres créatures,
Aux troupeaux d’éléphants puissants.
Des oiseaux capables de voler –
Au-dessus des plus hautes montagnes,
Aux baleines géantes capables de nager –
A travers les mers les plus vastes ;
Des insectes et animaux qui vivent –
Dans les déserts les plus chauds et les plus froids ;
Aux créatures qui vivent et prospèrent –
Prospèrent au plus profond de l’océan.
Et puis réfléchir et comprendre –
Que la beauté et la variété –
Les splendeurs de la nature et sa diversité,
N’est pas limitée seulement aux vivants
A l’incroyable beauté et la diversité
De la vie de plantes et des animaux.
Oui, que les merveilles de Mère Nature –
Sa diversité et sa beauté infinies –
Est reflétée dans un unique grain de sable ;
Et que de minuscules cristaux qui étincèlent –
De teintes de toutes les couleurs,
Et des flocons de neige doux et complexes –
A la grandeur des montagnes puissantes,
Et à la vaste étendue des océans ;
Oui vraiment, aux planètes et aux étoiles innombrables,
Oui, à l’univers illimité au-delà.
Et puis je continue –
Continue ma promenade quotidienne,
Me promène dans les vertes collines,
Dans les calmes collines vertes et –
Le long des ruisseaux frais et clairs,
Dans les vallées profondes et boisées –
Je continue de m’émerveiller
De m’émerveiller des merveilles –
des merveilles illimitées de la nature.
De la diversité dans limite des beautés de la nature,
Et
De la fascinante beauté de la diversité de la nature.

***

Wondering

Wondering – wondering about –
Wondering about the wonders –
The wonders all around me ;
Wondering while just wandering.
Wandering – wandering alone –
Wandering ail alone –
Alone among the hills ;
The green hiils and wooded valleys.
Moved by the beauty –
The amazing beauty –
Nature’s splendour and beauty ;
Beauty in every aspect of nature.
Enchanted – enchanted by –
Enchanted and fascinated by –
The immense diversity ;
Diversity in every aspect of nature.
From a single blade of grass ;
The exquisite beauty of flowers ;
To the forests of giant trees ;
From die multitude of tiny insects ;
And die host of other creatures ;
To the herds of mighty elephants.
From the birds that can fly –
Over the highest mountains ;
To giant whales that can swim –
Across the widest sea ;
From insects and animais that dwell –
In the hottest and coldest desserts ;
To creatures that live and thrive –
Thrive at the ocean’s depth !
And then to reflect and to realize –
That the beautv and variety –
Nature’s splendour and diversity ;
Is not limited just to the living ;
To the incredible beauty and diversity –
In plant and animal life.
Yes ; that Mother Natures wonders –
her infinite diversity and beauty –
Is reflected in a single grain of sand ;
And minute crystals that sparkle –
With the hues of every colour ;
And soft, intricate snowflakes –
To the grandeur of the mighty mountains ;
And the vast expanse of the oceans ;
Indeed ; to the planets and numberless stars ;
Yes ; to the limitless universe beyond.
And then as I continue –
Continue with my daily wandering ;
To wander in the green hills ;
The tranquil, green hills and –
Besides cool, clear brooks ;
In the deep, wooded valleys ;
I also continue to wonder –
Wonder at the wonders –
The boundless wonders of nature.
The limitless diversity in natures beauty ;
And –
The amazing beauty in nature’s diversity.

(Lhasang Tsering)

 

Recueil: Wondering
Traduction: Michèle Duclos
Editions:

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Le jour était gris tendre (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Claude Monet
    
Le jour était gris tendre, gris comme l’angoisse.
Et le soir était pâle comme une main de femme.

Dans les chambres, le soir, les coeurs se cachaient,
Lassés d’une tendre angoisse infinie.

On se pressait les mains, on fuyait les rencontres,
Les rires s’étouffaient dans les épaules blanches.

La robe échancrée bas, la robe comme un serpent,
L’écaille de la robe plus blanche au crépuscule.

Penchées sur les nappes de la salle à manger,
Les coiffures frôlaient les visages enflammés.

Le coeur bat plus vite, le regard est intense.
Dans les pensées — un jardin, doux, profond, étouffant.

Comme sur un signe, ils s’ébranlent, descendent.
Les robes blanches bruissent en effleurant les marches.

Sans un mot, ils s’abîment à jamais dans le jardin.
La honte doucement éclabousse le ciel.

Peut-être, une étoile rouge a-t-elle roulé bas.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Elle avait quinze ans (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Richard S. Johnson
    

Elle avait quinze ans. Mais son coeur ne battait
Pas encore comme celui d’une fiancée.
Quand en riant je lui offris ma main,
Elle rit à son tour et partit.

C’était il y a longtemps. Depuis sont passés
Des années et des temps de tous ignorés.
Nos rencontres étaient rares, et si peu disertes,
Mais profonds étaient nos silences.

Par une nuit d’hiver, à mon songe fidèle,
Je quittai les salles peuplées et lumineuses,
Où des masques étouffants souriaient aux chansons,
Où mon regard avide allait l’accompagnant.

Alors, obéissante, elle me suivit,
Ignorant elle-même ce qui allait arriver,
Et seule la nuit noire de la ville
Vit passer les époux, passer et s’éclipser.

En un jour de givre, de soleil, de carmin —
Nous nous rencontrâmes dans le silence du temple :
De ces années muettes nous vîmes l’évidence,
Et ce qui s’accomplit — s’accomplit dans le ciel.

L’histoire de cette longue et bienheureuse quête
Déborde ma poitrine, et roule dans ce chant.
J’ai puisé dans ce chant pour bâtir l’édifice,
Quant aux autres chansons — c’est pour un autre jour.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Promesse de mort (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Promesse de mort

Il n’y aura plus de fêtes
il n’y aura plus de vie
plus de visages de sourire calme
ce sera la mort et son attente

la mort, ce dernier jour, ce bout de l’horizon
cette vieille incroyable dont jamais le bâton
ne s’entend à trois pas et qui bat notre front
cachée dans l’aubépine que peint l’avril.

Avril, toutes tes jeunes ronces sont à mes lèvres
m’abreuvant de mon sang
j’attendais, j’attendais de ton aube en rosée
la vision d’un jour encore et d’une année…

et c’est la mort
bonsoir ma vie, sois calme et sage et patiente
regarde le beau ciel où l’on dit que tu vas
et cette terre de boue profonde

et c’est l’attente de la mort
sans montre et l’ombre va sonner ton heure
regarde le clocher dont la flèche en ton coeur
va fixer l’éternel.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Oh! pardonne-moi ! (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration
    
Oh! pardonne-moi ! Tu fleuris, solitaire,
Et je ne puis ramener
Tous ces songes dorés, cette foi si profonde…
Ma route est sans issue.

Au comble du bonheur, l’idée somnole en toi,
Tu es forte d’azur.
Mais ma vie est tout autre — tout autre mon chemin,
Et l’âme doit veiller.

Il n’y a pas, crois-moi, de prosterné plus triste
En ce vaste pays,
Où respirait, aimait ton mystérieux génie,
De moi insoucieux.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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VERS DE LA BELLE DAME (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
VERS DE LA BELLE DAME

Le vent a apporté de loin
L’écho d’un chant de printemps,
Là-haut, dans le ciel profond,
Un lambeau lumineux s’est creusé.

Dans ces abîmes d’azur,
Dans l’imminence du printemps,
Pleuraient les tempêtes d’hiver,
Fusaient les songes étoilés.

Une plainte sombre et profonde
A résonné sur mes cordes,
Le vent a apporté de loin
L’écho de tes chants éclatants.

***

Ce qui t’anime, je l’ai compris —
Et je te barre le chemin.
La flamme des désirs d’ailleurs
Frémit dans ton sein virginal.
Mes faibles mots, contre ce feu,

N’ont pas la force de lutter,
Lorsque tu vas à la rencontre,
De l’origine, proche et lointaine !
J’ai tout compris, je me retire.
Le jour qui vient est jour béni.

Joyeuse dans l’ombre vermeille,
Tu t’es échappée de la nuit.
Mais je vois ta robe de Vierge,
J’ai vécu ce jour avec toi…
Que l’âme reste inguérissable —
Le songe passé est béni.

***

Tu pars dans l’ombre vermeille,
Dans les cercles infinis.
J’ai entendu l’écho léger,
J’ai entendu des pas lointains.

Es-tu proche ou bien lointaine,
T’es-tu égarée dans les nues?
Me faut-il guetter la rencontre
Dans ce silence si sonore?

Dans le silence on entend mieux
Les pas lointains qui résonnent,
Est-ce toi qui, flamboyante,
Refermes les cercles infinis ?

***

Ma prophétie s’est accomplie :
Avant la tombe, encore une fois,
Ton Sanctuaire s’est embrasé
Du feu d’une force secrète.

Et, tout empli de ce triomphe,
Et enivré du grand secret
Je sais — ce n’est pas un hasard
Si s’accomplit la prédiction.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Le lever du soleil au couvent du mont Po-chan (Chang Jian)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Le lever du soleil au couvent du mont Po-chan

La lumière pure d’une belle matinée pénètre déjà dans le vieux couvent ;
Déjà la cime éclairée des grands arbres annonce le retour du soleil.
C’est par de mystérieux sentiers qu’on arrive à ce lieu solitaire,
Où s’abrite la cellule du bonze, au milieu de la verdure et des fleurs.

Dès que la montagne s’illumine, les oiseaux, tout à la nature, se réveillent joyeux ;
L’œil contemple des eaux limpides et profondes, comme les pensées de l’homme dont le cœur s’est épuré.
Les dix mille bruits du monde ne troublent jamais cette calme retraite ;
La voix harmonieuse des pierres sonores est la seule qui s’élève ici.

(Chang Jian)

 

 

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NOS MAINS DANS L’EAU (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
NOS MAINS DANS L’EAU

Nous remuons cette eau. Nos mains s’y cherchent,
S’y effleurent parfois, formes brisées.
Plus bas, c’est un courant, c’est de l’invisible,
D’autres arbres, d’autres lumières, d’autres rêves.

Et vois, même ce sont d’autres couleurs.
La réfraction transfigure le rouge.
Était-ce un jour d’été, non, c’est l’orage
Qui va « changer le ciel », et jusqu’au soir.

Nous plongions nos mains dans le langage,
Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes
Que faire, n’étant rien que nos désirs.

Nous vieillîmes. Cette eau, notre espérance.
D’autres sauront chercher à plus profond
Un nouveau ciel, une nouvelle terre.

(Yves Bonnefoy)

 

Recueil: L’heure présente
Editions: Mercure de France

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