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Poésie

Posts Tagged ‘profond’

Cuisses (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
Cuisses

leur unique syllabe fait vibrer les lèvres
cuisses ! Je sens jaillir lorsqu’elles se révèlent
du profond de mon corps une impatiente fièvre
pour la calmer éloignons d’abord ces dentelles

ces voiles complices artifices qui sèvrent
l’ardeur de mes désirs attisée par leur zèle
pour que glissent mes mains libres des tissus mièvres
aux pentes du plaisir secret qu’elles recèlent

cuisses qui vous ouvrez comme portes d’un temple
pour initier mes sens à de nouveaux mystères
je laisse ma mémoire au seuil de votre chair

vous qui me saisissez lorsque je vous contemple
ou que je vous saisis, comme je vous vénère !
cuisses, bien plus que celle du grand Jupiter

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle
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Un rêve (Paul Le Jéloux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Jacek Yerka -   (34)

Un rêve

Tu entreras dans la maison désolée
lentement, au plus près de toi,
tu ne toucheras pas au heurtoir,
des pas reculeront pour toi dans l’ombre,
tu gagneras leur nuit
sans que ta main ne bouge
Ce ne seront pas les murs qui trembleront
mais l’ovale de ton visage
que tu pourras
tremper dans un lait de jasmin

Des nuages cotonneux de tes jours, de ta vie,
tu seras descendu,
et sur des marches très fidèles tu sentiras l’amour
te quitter comme une belle dame
Tu avanceras dans un long couloir bien que l’obscurité soit forte,
tu frôleras les livres de ta vie, les bibles de tes sanglots.
Les murs scintilleront d’une impossible lumière,
cadrés et droits dans ta neuve cécité.
tu respireras le parfum sec de fleurs flétries,
d’ombres apeurées,
de tissus pourpres et profonds

Tu verras tout à la devinette,
tu creuseras le chemin sans sable ni cailloux.
Les heures passées seront ton baume,
des passades tragiques entêteront tes repères et tes identités
Tu chercheras la clef n’y trouvant pas de sens,
Tu danseras de cœur et d’âme,
Une lampe muette indiquera la salle
parmi mille convois sans nom et des camisoles.
Tu te coucheras en tenant la main inconnue
et enfin la maison de ta nuit prendra feu

(Paul Le Jéloux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Jacek Yerka

 

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MAISON DE RETRAITE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
MAISON DE RETRAITE

La fin du monde a déjà commencé
pour les pensionnaires entourés de roses.
Les jours passent plus vite,
deviennent un seul jour aux couleurs mêlées,
coupé de bandes noires.
La vie oublie de leur répondre,
parfois s’arrête en face d’eux :
voici qu’on leur présente
un nouveau-né dont la petite main,
si douce à baiser,
dépasse à peine de la manche.
Il n’a pas encore appris à sourire
et ses yeux gris-bleu posent
les questions les plus profondes.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ARBRE PEU (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018


 

L’ARBRE PEU

Si la canicule brûle les sillons et les chaumes
si l’air à plein feu dessèche la gorge
si la coupole-ciel est fournaise immobile
n’hésite pas appelle un arbre même s’il existe peu

Demande à ses racines de descendre profond
là où elles trouveront le silence du frais
Caresse doucement l’écorce de son tronc
même si ta main ne rencontre que vide

Il suffira de peu Du mot tilleul prononcé à voix basse
du mot chêne du mot tremble qui bouge légèrement
et tu pourras trouver l’abri et le repos du frais

à l’ombre de cet arbre qui existe si peu

(Claude Roy)

Illustration: Eliette Graf

 

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Je me souviens très bien (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Illustration: Béatrice Douvre
    
Je me souviens très bien
de ces soirs très tard
où pensant toucher l’éternité,
on se dit qu’on va fleurir enfin
et puis tout à coup
on se sent pleuvoir
et on a le regard
imbécilement profond.

(Yves Artufel)

 

 

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Quand je mange un melon (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



melon

 

Quand je mange un melon
Je pense à mes enfants.
Quand je mange des châtaignes
C’est plus encore que j’y songe.
D’où vient
Que leur image ne quitte pas mon esprit ?
Devant mes yeux
Elle voltige,
Bannissant tout profond sommeil.

(Yamanoue no Okura)

Illustration

 

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La pensée profonde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration: Greg Spalenka
    
la pensée profonde
passe par le sens ancien de l’intelligence :
lire à l’intérieur des choses

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Retouche à la canicule (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Retouche à la canicule

la sève au plus profond
devient le fleuve de l’attente

l’âme y jette un pont
pour que l’ombre de l’arche au passant soit l’auberge
où s’arrête
la joie nocturne et lente

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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Douce dame (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Douce dame, ne chante pas
Les tristes chants de la fin des amours ;
Laisse de côté la tristesse et chante
Qu’il en est assez de l’amour qui passe.

Chante le long et profond sommeil
Des amants qui sont morts, et comment
Dans la tombe tout amour dormira:
Amour est las maintenant.

***

Gentle lady, do not sing
Sad songs about the end of love;
Lay aside sadness and sing
How love that passes is enough.

Sing about the long deep sleep
Of lovers that are dead, and how
In the grave all love shall sleep:
Love is awеary now.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Tout le jour (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

Tout le jour j’entends le bruit de l’eau
Gémissant,
Triste comme l’oiseau de mer, comme il va
Seul désormais,
Il entend les vents répondre aux eaux
Monotones.

Les vents gris, les vents froids soufflent
Où je vais,
J’entends le bruit des eaux nombreuses
Si profondes.
Tout le jour, toute la nuit, j’entends leurs flux
Qui vont et qui viennent.

***

All day I hear the noise of waters
Making moan,
Sad as the sea-bird is, when going
Forth alone,
He hears the winds cry to the waters’
Monotone.

The grey winds, the cold winds are blowing
Where Igo.
I hear the noise of many waters
Far below.
All day, all night, I hear them flowing
To and fro.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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