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CHÂTEAU RURAL (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



CHÂTEAU RURAL

J’eus ce rêve. Elle a vingt ans, je n’en ai pas moins;
Nous habiterons ces chers coins
Qu’embaumeront ses soins.

Ce sera là tout près, oui, rien qu’au bas du val;
Nous aurons triple carnaval :
Maison, coq et cheval.

Elle a les yeux de ciel, tout donc y sera bleu :
Pignon, châssis, seuil, porte, heu!
Dedans peut-être un peu.

Elle a les cheveux blonds, nous glanerons épis,
Soleils, printemps, beaux jours, foins, lys
Et l’amour sans dépits.

Sans doute, elle m’aura, m’ayant vu si peu gai
— Ne fût-ce que pour me narguer —
Un ange délégué !

Brusque je m’éveillai. Mon coq au jour qui gagne
Pleurait là-bas dans la campagne
Son poulailler d’Espagne.

(Emile Nelligan)


Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

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Silène (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Silène

Des roses divines embellissent les coeurs
De parfums bleuâtres : diffusion d’asphodèles.
Beau Silène, écoute toutes tes âmes soeurs
Réclamant en priant tes liqueurs éternelles.

Ton lit rouge de lys disperse les odeurs
De ton vin nourricier: ô splendides couleurs.
Ô mon Saint Ivrogne, donne-nous ton ivresse
Afin que ta musique exalte tous nos sens,

Et que de tes danses naissent les beaux encens.
Je suis Dionysos ; l’enfant servant ta messe.
Ô Père Silène, donne-moi tes brebis,

Je les emmènerai vers tes champs de rubis
Où le vin et le miel coulent en abondance
Où ton peuple assoiffé boit, rit, s’amuse et danse.

(David Marino)


Illustration: Antoine Coypel

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MARCHÉ AUX FLEURS (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019



Illustration: Nita Bertaudière

    

MARCHÉ AUX FLEURS

Au jardin des Belles
Pivoine rouge d’être regardée
Lys imbu de sa chasteté
Renoncule envieuse au rire jaune
Et la fleur reine
Que grand-maman délicatement décapite
Pour en faire de la déconfiture de roses
Rose indiscrète, par-dessus le mur du couvent
Rose, frais parfum d’une chemisette de collégienne
Rose pâle, couleur de la chair des rosières
Rose sang que le mari d’un jour effeuillera
Un peu, beaucoup, voire passionnément
Ou pas du tout…

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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MONSIEUR DE MALBROUGH (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



 

Walter Crane - Lilies

MONSIEUR DE MALBROUGH

Aôh! monsieur de Malbrough,
Mettez vos habits brodés du dimanche
Et sur les boucles de vos cheveux roux
Votre chapeau à plumes blanches.

Miss Kate, miss Maud et Miss Lily
Ont emprisonné pour vous leurs pieds mignons
En des souliers de satin gris, jolis,
Vraiment, comme ceux de Cendrillon.

Elles vous attendent fort occupées
A refaire les noeuds de soie de leurs corsages;
Venez vite : vos quatre pages
Porteront à Picadilly votre épée.

Aôh! bonsoir, et choisissez de ces trois lys
De ces fées de rêve de Walter Crane,
Miss Kate, miss Maud et miss Lily
Pour danser la gigue au ballet de la reine.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Walter Crane

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Je naquis au bord d’une mer (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Je naquis au bord d’une mer dont la couleur passe
En douceur le saphir oriental. Des lys
Y poussent dans le sable, ah, n’est-ce ta face
Triste, les pâles lys de la mer natale ;

N’est-ce ton corps délié, la tige allongée
Des lys de la mer natale !

Ô amour, tu n’eusses souffert qu’un désir joyeux
Nous gouvernât; ah, n’est-ce tes yeux,
Le tremblement de la mer natale !

(Jean Moréas)

 

 

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Qu’il neige sur la Ville (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



 

Qu’il neige sur la Ville

Qu’il neige sur la Ville et neige dans le coeur,
qu’il neige, ô lente neige, à travers notre songe,
qu’il neige sur l’oiseau, dans la main du veilleur
où l’ombre et la durée à l’infini s’allongent ;
qu’il neige sur le temps, sur la feuille et l’écorce,
qu’il neige sur la vie aux visages sans nom,
avec le chant du soir, l’oubli des jours à naître,
que sur les morts debout neigent tous les hivers.
Plus pauvre que le pauvre, ô neige pardonneuse,
qu’il neige du silence et neige sur l’esprit ;
ne sommes-nous ce peu qu’un peu de neige efface
et pourquoi tant de bruit pour un peuple qui passe ?
Pour reculer en nous les révélations,
qu’il neige avec le spleen, qu’il neige avec l’angoisse,
neige de l’absolu, qu’il neige sur la race,
qu’il neige sur moi-même ainsi que sur l’ami,
est-il un souvenir qui n’ait sa neige aussi ?
Qu’il neige sur les Rois, qu’il neige sur Marie,
douce neige, qu’il neige, ô bénédiction,
et que l’aurore soit, qu’il neige et qu’on oublie.
La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime,
qu’il neige, neige étrange, au creux de nos chagrins,
sur toute vanité, sur la vigne et la tombe,
je veux rester ici parmi les pèlerins
à contempler la neige avec le ciel qui tombe.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

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La Traversée (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019





La Traversée

Lac noir, barque noire, deux silhouettes de papier découpé, noires.
Jusqu’où s’étendent les arbres noirs qui s’abreuvent ici ?
Leurs ombres doivent couvrir le Canada.

Une petite lumière filtre des fleurs aquatiques.
Leurs feuilles ne souhaitent pas que nous nous dépêchions :
Elles sont rondes et plates et pleines d’obscurs conseils.

Des mondes glacés tremblent sous la rame.
L’esprit de noirceur est en nous, il est dans les poissons.
Une souche lève en signe d’adieu une main blême ;

Des étoiles s’ouvrent parmi les lys.
N’es-tu pas aveuglé par de telles sirènes sans regard ?
C’est le silence des âmes interdites.

(Sylvia Plath)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

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Crépuscule (Vincent Muselli)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Crépuscule

Le jour mourant s’éteint dans les eaux violettes
Des lacs et des bassins,
Et les noirs peupliers dressent leur silhouette
En un sobre dessin.

L’ombre ravit la forme et la couleur des choses,
Et mon œil incertain
Voit se faner les lys et s’éteindre les roses
Au fond de mon jardin.

Et, durant que la nuit qui descend des ardoises
Envahir la maison,
les dernières odeurs des lys et des framboises
Montent vers le balcon.

(Vincent Muselli)

 

 

 

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AU BRUIT DES FEUILLES (Roger Vitrac)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



AU BRUIT DES FEUILLES

Viens voir la nuit. Les princesses mortes revivent.
N’entends-tu pas crier les feuilles sous leurs traînes?
Et ces flambeaux d’or sur le chemin de la reine?
Ils sont portés par les pages bleus qui la suivent.

Tu ne te doutais pas qu’il fut ainsi ce parc,
Et tu faillis jeter au puits la clef rouillée.
Oh! regarde, voici passer les chevaliers
croisés de lune. Ils s’en vont mourir quelque part.

Mais rien ne meurt dans ces murs noirs. Une ombre passe,
La grille est entrebâillée. Elle entre : personne.
Des tombes sous les pas. Cette ombre prend la place
Et le rêve est le même.

Entends. Je le chantonne
Comme l’autre mais il est bien plus douloureux
Car j’ai le souvenir de ceux qui en moururent.
C’est pour cela qu’il faut du noir dans tes parures
Et que parmi les lys j’ai mis des cyprès bleus.

(Roger Vitrac)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Le salon s’est rempli de désert (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Le salon s’est rempli de désert

L’air ne tremble pas
Les bruits s’avachissent
Les gestes restent inachevés

Seule se déploie
L’odeur pressante
Des lys qui pataugent dans le vase
Coeurs ouverts
Jusqu’à l’indécence

Un peu grise
Je chante Mozart

Éclair volé
À l’éternité

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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