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Poésie

Posts Tagged ‘lys’

SI JE DEVAIS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021



    

SI JE DEVAIS

Si je devais
t’offrir un lys,
je planterais
une tige
à l’étoile du soir.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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La belle que voilà (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



La belle que voilà

La belle que voilà se mire dans ses ongles
Et ne parle qu’aux lys, ne sourit qu’aux pervenches.
Son corps est un jardin, son silence une steppe
Et sa voix le muguet, le lilas de la fête.

Sur son épaule nue un baiser se hasarde
Mais ce n’est que le vent de l’été qui l’effleure.
Le parfum de l’attente émigre en ses cheveux.
Il suffit qu’elle soit pour que naisse la danse.

La belle que voilà s’en va d’un monde à l’autre
Pour égayer le jour de ses métamorphoses.
Pour que chante son rire il suffit qu’on la nomme,
Elle qui sait les noms que se donnent les fleurs.

Belle, Pomone ou Flore, elle n’a pour armure
Que ses présents de fruits, ses offrandes de rires.
Elle a pour vêtements la nudité du monde,
Le printemps pour parure et l’hiver pour manteau.

La belle que voilà pour l’homme est invisible
S’il ne sait pas cueillir la clarté des étoiles
Et le sentiment pur d’être dans l’univers
Un instant de musique, un rayon de lumière.

Protégez-la, mes yeux, comme on garde une image
De se dissoudre au jour quand l’amour sera mort.
Et que dansent les fruits, et que chantent les roses !
La belle que voilà naquit de la parole.

(Robert Sabatier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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La Madone aux Lys (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



La Madone aux Lys

J’AI bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés

Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,

Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

(Renée Vivien)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021



Illustration: Fabienne Contat
    

Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent.
Non : elle me sera douce comme l’Automne.
Telle est sa pureté que je désirerais
qu’elle eût sur son chapeau des narcisses-des-prés.
Mais que, si elle doit me donner cette grâce
que la blanche vertu rend calme et efficace,
et veiller aux travaux ainsi que la fourmi,
je la voie au jardin me sourire parmi
les carrés de piments que Septembre rougit.
Ils me feront penser à mes passions passées.
Elle sera le lys qui les a dominées.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un poète disait (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021



Illustration: Louis Pierre Verwee
    
Un poète disait que, lorsqu’il était jeune,
il fleurissait des vers comme un rosier des roses.
Lorsque je pense à elle, il me semble que jase
une fontaine intarissable dans mon cœur.
Comme sur le lys Dieu pose un parfum d’église,
comme il met du corail aux joues de la cerise,
je veux poser sur elle, avec dévotion,
la couleur d’un parfum qui n’aura pas de nom.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



 

Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux.
Comme le soleil fait serein ou pluvieux
L’azur dont il est l’âme et que sa clarté dore,
Tu peux m’emplir de brume ou m’inonder d’aurore.
Du haut de ta splendeur, si pure qu’en ses plis
Tu sembles une femme enfermée en un lys,
Et qu’à d’autres moments l’œil qu’éblouit ton âme
Croit voir, en te voyant, un lys dans une femme,
Si tu m’as souri, Dieu ! tout mon être bondit ;
Si, madame, au milieu de tous, vous m’avez dit,
À haute voix : Bonjour, monsieur, et bas : Je t’aime !
Si tu m’as caressé de ton regard suprême,
Je vis ! je suis léger, je suis fier, je suis grand ;
Ta prunelle m’éclaire en me transfigurant ;
J’ai le reflet charmant des yeux dont tu m’accueilles ;
Comme on sent dans un bois des ailes sous les feuilles,
On sent de la gaîté sous chacun de mes mots ;
Je cours, je vais, je ris ; plus d’ennuis, plus de maux ;
Et je chante, et voilà sur mon front la jeunesse !
Mais que ton cœur injuste un jour me méconnaisse ;
Qu’il me faille porter en moi jusqu’à demain
L’énigme de ta main retirée à ma main :
— Qu’ai-je fait ? qu’avait-elle ? Elle avait quelque chose.
Pourquoi, dans la rumeur du salon où l’on cause,
Personne n’entendant, me disait-elle vous ? —
Si je ne sais quel froid dans ton regard si doux
A passé comme passe au ciel une nuée,
Je sens mon âme en moi toute diminuée ;
Je m’en vais courbé, las, sombre comme un aïeul ;
Il semble que sur moi, secouant son linceul,

Se soit soudain penché le noir vieillard Décembre ;
Comme un loup dans son trou, je rentre dans ma chambre ;
Le chagrin — âge et deuil, hélas ! ont le même air —
Assombrit chaque trait de mon visage amer,
Et m’y creuse une ride avec sa main pesante.
Joyeux, j’ai vingt-cinq ans ; triste, j’en ai soixante.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Le lys pur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020



    

Le lys pur

Le jardin invite au bonheur,
à l’agréable compagnie.
bienvenue, ô saison des fleurs !
Voici le temps des beuveries.
a brise du matin apporte
ses doux effluves à chacun.
Oh oui ! Oh oui ! Comme elle est douce,
l’odeur du souffle protecteur !
La peine est éclose la rose
qu’elle chante un chant du départ :
Gémis donc, pauvre rossignol,
car ton cri nous va droit au cœur.
Voici, oiseau mélodieux,
pour toi une bonne nouvelle :
En amour, il faut bien gémir
toute la nuit, ô triste amant !
Le bonheur ne s’achète pas
au bazar du monde, ici-bas :
Il se trouve dans les façons
des voyous, des mauvais garçons.
Au lys pur j’ai entendu dire
— de ses lèvres à mon oreille
Qu’il ne faut pas être chargé,
dans le monde, ce vieux couvent.

O Hâfez, le renoncement
est le vrai chemin du bonheur.
Il faut bien te garder de croire
que la vie des mondains soit bonne

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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Trait par trait pli sur pli (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020




Trait
Par trait
Pli sur pli
Espace éclos
Vide médian
Souffles primordiaux
Au creux de la main
Alors que se déplie
L’éventail des désirs
Tendre nuit qu’un lys déchire
Jailli de la mousse un cerf !
Ô jet de lait ô flux de sang
Quel aigle au feu diurne arraché
Chute d’une plume à flanc d’abîme…
S’ouvre la vallée d’onde en onde
Défaits refaits les plis du cœur
Du tréfonds monte l’écho
Né de l’ombre d’un cyprès
Aux purs gestes d’amour
Signant l’unique été
Non point pétrifié
Non plus putréfié
Mais périclite
A l’infini
Pli sur pli
Trait par
Trait

(François Cheng)

Poème découvert chez Lara: ici

 

 

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Crépuscule du soir mystique (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

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Crépuscule du soir mystique

Le Souvenir avec le Crépuscule
Rougeoie et tremble à l’ardent horizon
De l’Espérance en flamme qui recule
Et s’agrandit ainsi qu’une cloison
Mystérieuse où mainte floraison —
Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
S’élance autour d’un treillis, et circule
Parmi la maladive exhalaison
De parfums lourds et chauds, dont le poison
–Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
Noyant mes sens, mon âme et ma raison,
Mêle, dans une immense pâmoison,
Le Souvenir avec le Crépuscule.

(Paul Verlaine)

 

 

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La vague (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



La vague a la fragilité du lys
Pourtant sa patte de velours
A parfois un geste bien lourd
Qui submerge plus d’une ville d’Ys.

(Jean-Baptiste Besnard)

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