Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ouvert’

Corps posé dans le champ aigu (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Jeanie Tomanek b6846t [1280x768]

corps posé dans le champ
aigu. yeux
d’alarme.

fermés dans le feu. blanchissant
à l’envers. ouverts: inondés de blancheur

(Martine Broda)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



LA

Fenêtre pleine
de couleurs de parfums
d’espace en fleurs.

S’ouvre aussi l’espace
dans ton coeur
tissé d’odeurs et d’oiseaux.

La lumière se retire
dans l’ouvert
par les feuillages.

Tu ne vois que le jardin.

(Jean Mambrino)

Illustration: Claude Monet

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROUE (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



LA ROUE

I
Chante, étranger sur le trottoir
Ta voix n’écarte aucun volet

Au soleil blanc reste en arrêt
Chante plus fort chante plus noir

Dos au mur aveuglant
Face au fronton des façades

La note frappera la seule vitre en flammes
Aux mille éclairs vois le sourire du temps

Comme
un grand visage
qui se nomme

II
O doux éclatement
Le livre s’est ouvert
et j’ai vu du coeur qui ne ment
déborder les souvenirs de mon enfance

Comment
dis-moi comment
ce passé s’est ouvert
que tu gardais si pieusement
pour habiter ce coeur d’abondance

La bouche de blessure
avait-elle mis son secret
dans la grenade mûre
Si longtemps
si longtemps après

C’est bien ma solitude
comme une ancienne fleur
qui plus tard a germé dans ce feu
Où donc
jadis perdue

III
La parole est morte
Et le monde est venu
Et les rues sont pleines de monde

Personne ne passe la porte
Tout se nomme refus
Et les ruines s’enivrent de monde

Au fond de la chaussée
une grande fleur d’encre
qui rature la joie

L’attente folle
couleur de fuite
un souvenir géant
qui efface tout

IV
Coeur dévasté pour rire
beauté usée par les sales regards

Le triste et le gai
comme des éventails
et la blessure comme un loup

L’histoire finit
lorsqu’il n’est plus temps

V
La rue suit sa pente
Les hommes leur chemin
ou suivent les passantes
Moi seul je me souviens
Le soleil las poursuit sa route
Les fenêtres s’entrouvrent
au silence à la fraîcheur

Une grande roue tourne
et tourne grande roue
où les hommes s’usent

La terre mâche la terre

(Robert Guiette)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Âme soumise aux mystères du mouvement (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Âme soumise aux mystères du mouvement,
passe emportée par ton dernier regard ouvert,
passe, âme passagère dont aucune nuit n’arrêta
ni la passion, ni l’ascension, ni le sourire.

Passe : il y a la place entre les terres et les bois,
certains feux sont de ceux que nulle ombre ne peut réduire.
Où le regard s’enfonce et vibre comme un fer de lance,
l’âme pénètre et trouve obscurément sa récompense.

Prends le chemin que t’indiquera le suspens de ton coeur,
tourne avec la lumière, persévère avec les eaux,
passe avec le passage irrésistible des oiseaux,
éloigne-toi : il n’est de fin qu’en l’immobile peur.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ouvert (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



 

Quatre ailes qui éventent l’air.
Chambre à fleurs de vent et de rosée.
Murs d’un blanc fluide qui s’ouvre sur l’Idée.
Coeur à la méditation, ouvert.

(Bertrand Delporte)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SÉCHERESSE (Jacob-Zvi Sharguel)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



    

SÉCHERESSE

Deux bonzes japonais font tinter leurs clochettes
Et de la canicule égrènent la chanson.
Chacun porte un lotus à sa robe accroché
Afin de conjurer la mauvaise moisson.

Deux curés en soutane noire prient en choeur,
Agenouillés devant de pieuses images :
Jésus que tout le sang qui coule de ton coeur
Au-dessus du pays se transforme en nuage.

Deux rabbins sont blottis au profond de leur être
Et pleurent en priant la résurrection :
Ô Toi qu’ils ont trouvé, que nos lointains ancêtres
Plaident pour nous Ta grâce et Ta compassion.

Tandis que tout là-haut le visage solaire
Scintille – ardent buisson dans l’azur embrasé,
Et que deux arbrisseaux, la bouche grande ouverte
Semblent, à l’agonie, attendre la rosée.

(Jacob-Zvi Sharguel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POÈMES DE LA SEINE (Elhonen Vogler)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Leonod Afremov
    
POÈMES DE LA SEINE
(extrait)

Qui ne mesure nuit et jour
Que par Vénus aux bras ouverts
Voit dans le giron de Lutèce
Le songe devenir un ver.

À travers les prés verdissants
La terre sent, par lui foulée,
Dans la fumée des jours naissants
Les villes, ruines, s’écrouler.

Qui ne possède point de femme
Muet vers la Seine descend
Pour voir se mirer dans sa larme
Sa tête aux cheveux déjà blancs.

À qui n’a rien, pas même un toit,
Elle apprend, au bruit de sa vague,
Le langage du désarroi
Sur le boulevard Saint-Michel.

Pour tous les vagabonds elle est
Véritablement une mère
Qui sait apaiser toute plaie
Brûlant aux pieds de ceux qui errent.

(Elhonen Vogler)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON INQUIÉTUDE (Moshe-Leib Halpern)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



    

MON INQUIÉTUDE

J’ai l’inquiétude des loups, la quiétude des ours sages,
L’ennui écoute retentir en moi les cris d’un coeur sauvage,
Je ne suis point ce que je pense et ne suis pas tel que je veux,
Je suis l’enchanteur et je suis le sortilège de son jeu.

Je suis l’énigme qui se tue à résoudre enfin son mystère
Moi, plus agile que le vent qui se noue autour d’une pierre,
Je suis le soleil de l’été, l’hiver, le vent glacé du Nord
Et je suis le riche dandy que l’on voit gaspiller son or,

Hardi je suis le gars qui porte un peu de biais sa casquette
Et qui dévalise son temps en sifflotant un air de fête,
Je suis le violon mais aussi le tambourin, la contrebasse,
De ces trois vieux musiciens, orchestre vagabond qui passe,

Je suis la danse de l’enfant et sous la clarté de la lune
Je suis cet innocent qui rêve au pays bleu de la fortune.
Lorsqu’en passant je vois d’une maison détruite les décombres
Je suis le vide qui m’observe avec ses regards troués d’ombre.

Je suis la peur en ce moment qui m’épie peut-être au-dehors,
La fosse ouverte dans un champ à la mesure de mon corps,
Maintenant je suis la lueur qui brûle pour le souvenir
Et l’inutile image au mur suintant qui reste à jaunir,

Maintenant, le temps d’un éclair, je suis cette immense tristesse
Qui depuis un siècle me guette et qui me débusque sans cesse,
Et maintenant je suis la nuit, la lassitude est sa rançon,

Le pesant brouillard de la nuit, le soir et sa calme chanson,
L’étoile blanche que l’on voit très haut dans le ciel allumée
Et la rumeur sourde d’un arbre, un son de cloche, une fumée…

(Moshe-Leib Halpern)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui suis-je dans l’émerveillement du néant (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Qui suis-je dans l’émerveillement du néant
Si rien n’est plus déchirant que l’être ouvert,
au fond rien n’est plus unifiant que le néant

Et si le néant de l’homme était plus infini
que l’infinie poussière des étoiles

(Michel Camus)

Illustration

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Autrement dit (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Autrement dit

Mes yeux
sont des mains
qui ont
la bouche ouverte

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :