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Poésie

Posts Tagged ‘heure’

COUPLETS DE LA FILEUSE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020



Illustration: William Bouguereau
    
COUPLETS DE LA FILEUSE

Je file les rayons de lune
le vent qui souffle et la fumée
je file des lambeaux de brume
les cheveux d’ange et les reflets
Je choisis les parfums très doux
les lueurs de l’aube et les soucis
pour ma quenouille de cristal
et mes rêves les plus secrets

Quand le soir tombe je file encore
pour que passent le temps et la vie
Je prépare mon crépuscule
mon agonie et mon décès
Tous les fils de ma vie s’emmêlent
et je me perds dans mes regrets
dans l’écheveau de mes remords
en attendant l’heure de la mort

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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ON VOUS DEMANDE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020




    
ON VOUS DEMANDE

Depuis que je suis né
et ce n’est pas d’hier
mes jours sont comptés

par qui
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

Vivons puisqu’il faut vivre
et vivre pour mourir
un jour ou l’autre

quel jour
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

C’est l’heure de dormir
et c’est une façon de parler
c’est peut-être celle de mourir

qui le sait
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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A qui vais-je demander l’heure ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Si je suis mort sans l’avoir su,
à qui vais-je demander l’heure ?

Où donc, en France, le printemps
puise-t-il tant et tant de feuilles ?

Où un aveugle peut-il vivre,
harcelé par un vol d’abeilles ?

Si le jaune un jour disparaît,
avec quoi ferons-nous le pain ?

(Pablo Neruda)

Illustration

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VOUS OU MOI (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Marie Coisnon

    
VOUS OU MOI

L’homme qui regarde passer les trains
l’homme du bord de l’eau
l’homme qui ne peut rassembler un troupeau
l’homme de l’heure
l’homme qui ne sait pas qu’il est un homme
l’homme qui oublie
l’homme qui vit au jour le jour
l’homme du destin
l’homme qui n’a jamais le temps
l’homme qui rit et qui pleure
l’homme de la situation
l’homme qui n’ose pas dire son nom
l’homme aimé des femmes
l’homme qui crie dans le désert
l’homme qui se croit plus fort que les autres
l’homme qui n’en finit pas
l’homme canon
l’homme sans coeur ni tête

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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OUTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
OUTRE

Seul le long de ce chemin
qui n’a ni commencement ni fin
ce n’est plus la peine de sourire
et surtout de rire aux éclats

comme ce tigre qui n’ose ni mordre ni caresser
Seul tout seul
comme un grand comme un petit
à la poursuite des nuages

et de cette nuit qui n’a ni commencement ni fin
Tout seul pour l’abandon quotidien
et la lutte contre les rêves
et les cauchemars du jour et de la nuit
qu’on invente pour mieux souffrir
alors qu’il faudrait pouvoir oublier
tout oublier tout sauf la joie

Seul contre l’injustice
l’ennui et tout le reste
la vérité l’heure du réveil
alors qu’il est temps enfin
de savoir et de connaître
le jour qui déjà se lève

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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La chanson des heures (Xavier Privas)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



    

La chanson des heures

A qui sait aimer, les heures sont roses
Car c’est le bonheur qu’elles font germer
En l’Eden secret des amours écloses,
Les heures sont roses,
A qui sait aimer

A qui sait souffrir, les heures sont noires
Car c’est la douleur qu’elles font germer
En l’âme blessée, au choc des histoires,
Les heures sont noires,
A qui sait souffrir

A qui sait aimer, les heures sont grises
Car c’est le souci qu’elles font lever,
Par les cœurs troublés, par d’amères crises,
Les heures sont grises,
A qui sait aimer

A qui sait mourir, les heures sont blanches
Car c’est le repos qu’elles font fleurir,
Aux cœurs détachés de vitales branches,
Les heures sont blanches,
A qui sait mourir.

(Xavier Privas)

 

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Epines en ailerons (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Epines en ailerons
au ras des sables
le fond rose absorbe les pas
ruines de la route incertaine
restes des heures indécises
hiers engloutis

(Robert Guiette)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Une heure (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



 

Une heure

Une heure en dehors
d’un dedans d’une seconde

(Bertrand Delporte)

Illustration: Salvador Dali

 

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Offrande (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

Catherine Besnard__Connivence-Femme-coquillage

Offrande

Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.

Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.

Et te les offrirai.

(Esther Granek)

Illustration: Catherine Besnard

 

 

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Ceux qui rêvent Pomme (Claire Pommet)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
Ceux qui rêvent
Pomme
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine claires
Semées d’étoiles
Petits trous dans la toile étanche
Tristes strass sur le voile
Et moi, envoûtée de ténèbres
Je passe des heures infinies
À compter les moutons funèbres
Qui tapissent mes insomnies

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas

Et moins je dors et plus je pense
Et plus je pense et moins j’oublie
L’immense impasse, l’espace immense
Qui s’étendent au fond de mon lit
C’est inouï tous ces silences
Qu’il est cosmique cet ennui
Dois-je recourir à la science?
Anesthésier l’insomnie?

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas

Et puis passé minuit je danse
Au rythme des tachycardies
Et tout s’emballe et tout balance
Et tout m’étale et tout me fuit
La lune est un fruit un peu rance
La vie est une maladie
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Et les autres ont des insomnies
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Et les autres ont des insomnies
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Quant à moi j’ai des insomnies

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas
Ah minuit est là
Ah je ne dors pas
Je ne dors pas
Je ne dors pas
Je ne dors pas

(Claire Pommet)

 

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