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Poésie

Posts Tagged ‘heure’

Si d’aventure le souffle Un jour vient à manquer (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si d’aventure le souffle
Un jour vient à manquer,
Choisis une rivière.
Peuple-la de grands arbres
Épris de vent, de lumière.

Arpente ses sentiers,
Ses sous-bois, ses halages !
Compose avec ses infinis,
Ses méandres, ses silences.
Déchiffre ses inconnus,
Cherche son nom secret,
Ne te retiens pas d’avancer.

Trouve-toi des compagnons de route,
Des passants du soleil
Qui savent s’arrêter,
Prendre leur temps,
Puis te laisser aller.

Ne compte pas tes pas,
N’arrête pas les heures,
Fais confiance aux courants,
Laisse-toi respirer.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres
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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu vois tes pensées (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



 Illustration
    
Tu vois tes pensées comme
la béance des tournesols
au-dessus des herbes.
Fraîcheur presque visible, le vent

est plein d’ombre. Tu es tout entier
dans cette vague sans profondeur.
Un ciel d’ennui se pose
sur la cime des chênes,

les siècles noueux y font
un bruissement monotone
Comme d’une mer éternelle.

Les heures s’usent
et tombent
d’un monde à l’autre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme ils étaient extravagants (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Comme ils étaient extravagants,
ces arbres d’encre, ces bouffées de fête
tu regardais de loin vivre les gens.

L’heure qui passe ne passe pas
et les pas sont tout en moi-même.

Tout s’éloigne les amis les saisons
La lampe de l’oeil, qu’a-t-elle donc éclairé ?
Même l’hypothèse d’un nuage
était impossible à dire.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chaque chose est irréfutable (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019




    
Chaque chose est irréfutable
et s’abîme dans la réalité de son nom :
cette colline bleue, la table où tu écris.

L’heure elle-même est devenue transparence,
éternité d’un instant.

Tu vis dans la dissipation
d’une présence sans ombre
avec un regard éclairé.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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AUBÉPINE (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



AUBÉPINE

Le jardin transpire de toutes ses
fleurs au-dessus de la mer
l’heure n’évoque rien
et l’aubépine saigne dans un temps
secrètement blanc
plage vue à l’envers.

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration

 

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REFUGE D’OISEAUX NOCTURNES (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
REFUGE D’OISEAUX NOCTURNES

Là-haut il est un pin tordu;
aux aguets écoutant l’abîme
le tronc tendu comme un ressort.

Refuge d’oiseaux nocturnes
aux petites heures il retentit
d’un battement d’ailes rapides.

Il a aussi son nid, mon coeur,
suspendu dans le noir, une voix;
lui aussi est à l’écoute, la nuit.

***

RIFUGIO D’UCELLI NOTTURNI

In alto c’è un pino distorto;
sta intente ed ascolta l’abisso
col fusto piegato a balestra.

Rifugio a ucelli notturni,
nell’ora più alta risuona
d’un battere d’ali veloce.

Ha pure un suo nido il mie cuore
sospeso nel buio, una voce;
sta pure in ascolto , la netto.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Voix de l’intérieur du bleu. (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    
Voix de l’intérieur du bleu.
nous y habitons
comme en un refuge respirable.
Et nous buvons à la table des heures

un vin lumineux, un vin
qui ne s’épuise pas.
Nous te comprenons, silence.
comme l’eau des sources

qui compte et recompte, bouche ouverte,
les nuits et les jours.
Et nous t’interrogeons, désir

qui es au coeur du monde, sous
Ies paupières, et dans le souffle retenu
du dieu absent.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce qui frémit (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018




    
Ce qui frémit : comme un cri
chuchoté, une palpitation de voyelles
ou ce parfum de fleurs invisibles.
Et toi, hors de toi-même,

Cherchant à discerner par froide nuit,
dans le chaos silencieux des étoiles,
des ombres, solitaires sentinelles
ajustées à l’envol.

Ici commence tout vertige,
tu respires le vent et ses lointains,
l’heure vide, l’instant sans poids.

Alors la nuit grave et sans contour,
comme une source de mémoire et d’encre,
descend dans le feu et le sang.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu serais un arbre calme (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



    

Tu serais un arbre calme
modulant feuille à feuille des syllabes
éparses, étranger aux heures,
par un clair après-midi de juillet.

Tu serais l’étreinte de l’eau
et du vent si proche du chant,
à l’embouchure de quelque fleuve secret,
si frêle aussi à l’horizon d’une voix

Qui cherche le chemin pressenti.
Tu serais ce que tu n’as jamais dit,
jamais vu ni rêvé ni pensé.

Tantôt fouet tantôt silence,
souriant miroir où quelquefois passent,
sur fond d’enfance, des images légères.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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