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Poésie

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C’est bon, je vais me taire (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



C’est bon, je vais me taire
Assez chanté pour vous, pour moi
J’adresse mon poème au Roi
— Même pas —
Je n’adresse rien à personne
Je ne sais plus, je m’abandonne
Je m’abandonne à qui ? Je m’abandonne à quoi ?
Je ne sais plus, je crois
Que la mort suffit à soi-même
Elle est venue avec le vent
Le vent la sème
Au long du temps

Il eût été peut-être
Trop simple et trop parfait
De n’être pas, de ne pas naître

Pourquoi tant de discours, pourquoi toutes ces heures
Comme des oiseaux blancs, comme, voyez ici
Ces mouettes dans la pluie
Dans le vent, dans la vie
Dans le vent de ma vie.

Inventons-nous, inventez-vous, moi je m’invente
En ciré sous la pluie
Par des envols, dans des novembres
Je me tais mais je chante.

Au convoi de Jopic Le Louz
Chacun pour soi et Dieu pour tous

(Antony Lhéritier)

Illustration: Jean-Michel Follon

 

 

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Chaque heure, chaque instant possède son Esprit gardien spécifique (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Hommage aux anges
[24]

Chaque heure, chaque instant
possède son Esprit gardien spécifique ;

l’aiguille du réveil, minute après minute,
clique autour de son orbite prescrite ;

mais cette étrange perfection mécanique
ne devrait pas séparer, plutôt relier,

notre vie, cette éclipse temporaire
à cette autre…

***

Every hour, every moment
has its specific attendant Spirit;

the clock-hand, minute by minute,
ticks round its prescribed orbit;

but this curious mechanical perfection
should not separate but relate rather,

our life, this temporary eclipse
to that other …

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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Le meilleur moment des amours (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Le meilleur moment des amours
N’est pas quand on a dit : « Je t’aime. »
Il est dans le silence même
À demi rompu tous les jours ;

Il est dans les intelligences
Promptes et furtives des cœurs ;
Il est dans les feintes rigueurs
Et les secrètes indulgences ;

Il est dans le frisson du bras
Où se pose la main qui tremble,
Dans la page qu’on tourne ensemble
Et que pourtant on ne lit pas.

Heure unique où la bouche close
Par sa pudeur seule en dit tant ;
Où le cœur s’ouvre en éclatant
Tout bas, comme un bouton de rose ;

Où le parfum seul des cheveux
Parait une faveur conquise !
Heure de la tendresse exquise
Où les respects sont des aveux.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Raymond Peynet

 

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Pourquoi mon coeur bat-il si vite ? (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Pourquoi mon coeur bat-il si vite ?
Qu’ai-je donc en moi qui s’agite
Dont je me sens épouvanté ?
Ne frappe-t-on pas à ma porte ?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M’éblouit-elle de clarté ?
Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.
Qui vient ? qui m’appelle ? – Personne.
Je suis seul ; c’est l’heure qui sonne ;
Ô solitude ! ô pauvreté !

(Alfred de Musset)

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Et Séléné pâlit (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Et Séléné pâlit, et les Heures divines
Font descendre l’Aurore aux lointaines collines.
Le Dieu s’écrie ! Il part, et dans l’ampleur du ciel
Il pousse, étincelant, le quadrige immortel.
L’air sonore s’emplit de flamme et d’harmonie;
L’Océan qui palpite, en sa plainte infinie,
Pour saluer le Dieu, murmure un chant plus doux ;
Et, semblable à la vierge en face de l’époux,
La Terre, au bord brumeux des ondes apaisées,
S’éveille en rougissant sur son lit de rosées.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

 

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Automnal (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Automnal

En cet éternel automne
dont ne mouraient pas les fleurs
nos travaux n’avaient pas d’heure
ni nos siestes de limites.

Les lueurs du soleil traînaient
longtemps le soir sur les seuils
en attendant que les feuilles
veuillent descendre des arbres.

Nous dînions au clair de lune
en échangeant nos sourires
quand nous frôlaient les zéphyrs
de leur souffle impondérable.

Quand les brumes du matin
venaient humecter nos cils
nous allions d’un pas tranquille
visiter la paix des tombes.

Nous aimer sans nous le dire
ne pouvait que plaire au ciel
en cet automne éternel
dont les fleurs ne mouraient pas.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le cri (Evelyne Boix-Moles)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Le cri

j’ai vu passer une à une
les heures de la nuit:
plus légères qu’un rêve,
elles allaient en lunes claires…
Le silence ne cachait pas
qu’il avait au ventre un cri

(Evelyne Boix-Moles)

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Recueillement (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Nikiforos Vrettakos
    
Recueillement

Mes biens, c’est le monde entier.
Je les rassemble dans ce livre comme
le berger ses moutons quand le crépuscule tombe
sur le pré. Non pas qu’il fasse nuit, mais
nos jours sont divins, ainsi que les heures, divines
les minutes, leurs secondes. Quant à moi,
je ne me souviens pas bien, j’ai pourtant
je ne sais pas,
toujours l’impression
que quelqu’un m’a demandé
d’embellir le monde.

***

Περισυλλογή

Τα υπάρχοντά μου, είναι όλος ο κόσμος.
Τα μαζεύω σ’ αυτό το βιβλίο καθώς
ο τσοπάνος τ’ αρνιά του καθώς πέφτει το σούρουπο
στο λιβάδι. Όχι πως βράδιασε, αλλά
είναι θείες οι μέρες μας, οι ώρες τους, θεία
τα λεπτά, οι στιγμές τους. Κ’ εγώ
δε θυμάμαι καλά, όμως έχω,
δεν ξέρω
την εντύπωση πάντοτε
πως κάποιος μου ζήτησε
να ομορφύνω τον κόσμο

(Nikiforos Vrettakos)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Mon soleil
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Où se trouve l’eau claire de ses yeux (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Illustration

    
Où se trouve l’eau claire de ses yeux —
Mes mains sont si chaudes et si sèches —
et l’eau claire de sa voix —
ma gorge dans un étau.
Ça ne peut pas durer toujours
ces heures brûlantes —
ma voix est rauque,
mes yeux éteints.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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A défaut (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
A défaut

Tu m’as promis de passer
pour que je parte avec toi.
J’habite encore un grenier
dans ton hameau d’autrefois.

Je vois dans les fleurs ta gloire,
je t’entends dans tes silences
je contemple au bord des soirs
l’heure où ton ombre s’avance.

A défaut d’être chez toi
j’attends tes pas sur la route
mais si tu ne passais pas
je mettrais mon être en doute.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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