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Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021




    
Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble,
Où l’on aime en silence et comme en souvenir,
Tant l’amour se fait âme et la chair se fait ombre,
mais ombre palpitante, ivre de soutenir
L’infini d’un instant délicieux et sombre
moment de diamant qui vaut des jours sans nombre
Et nous fait pressentir l’immensité de nous,
Alors, serrant nos mains jointes sur tes genoux
Nous savons dans nos coeurs leurs forces se répondre
Et nous laissons gravir nos degrés les plus doux
Par la nécessité suprême de nous fondre…

(Paul Valéry)

 

 

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Ce n’est plus cette lourdeur (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ce n’est plus
cette
lourdeur enfoncée
avec toi parfois dans
l’heure. C’est une lourdeur
autre.
C’est le poids qui retient le vide
qui avec
toi s’en irait.
Ça n’a, comme toi, pas de nom. Peut-être
êtes-vous la même chose. Un jour peut-être
toi aussi, tu m’appelleras
ainsi.
RESTER LÀ, TENIR, dans l’ombre de la cicatrice en l’air.
Rester là, tenir pour-personne-et-pour-rien . Non-connu de quiconque,
pour toi
seul.
Avec tout ce qui en cela possède de l’espace, et même sans la
parole.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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SOMMEIL ET REPAS (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021



Illustration: Eugène Carrière
    
SOMMEIL ET REPAS

Le souffle de la nuit est ton drap, la ténèbre se couche contre toi.
Elle t’effleure la cheville et la tempe, te réveille à vie et sommeil,
elle te traque et déniche dans un mot, un désir, une pensée,
elle couche avec chacun d’eux, elle t’appâte et débusque.
Elle te peigne le sel des cils et te le donne à manger, à l’écoute de tes heures,
elle en recueille le sable et te le sert à table.
Et ce que, rose, elle fut, ombre et eau, elle te le verse.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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SOMETHING’S COMING – WEST SIDE STORY (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    

SOMETHING’S COMING – WEST SIDE STORY

C’est possible !
Qui sait ?
Quelque chose va se passer d’un jour à l’autre
Je le saurai tout de suite,

Dès que ça arrivera.
Cela pourrait arriver comme un boulet de canon tombé du ciel,
Une lueur dans l’œil,
Éclatant comme une rose !

Qui sait ?
C’est peut-être tout près,
Dans le quartier, sur la plage,
Sous un arbre.
J’ai le sentiment qu’un miracle,
Va arriver
Se révéler !

Serait-ce possible ? Oui c’est possible.
Quelque chose va se passer, quelque chose de bien,
Si je ne suis pas impatient !

Quelque chose va se passer, je ne sais pas quoi,
Mais ce
Sera splendide !

En un clic, en un choc,
Un téléphone sonnera, on tapera à la porte,
Laisse le verrou ouvert !
Quelque chose va se passer, je ne sais pas quand, mais ce sera bientôt ;
Décrocher la lune,
Avec une seule main !

Au coin de la rue,

Cela arrivera-t-il ? Oui, cela va arriver.
Peut-être même sans rien faire,

C’est bientôt l’heure !
Viens, petit quelque chose, viens, ne sois pas timide,
Va voir un mec,
Tire une chaise !
Il y a une mélodie dans l’air,
Et quelque chose de grand arrive !
Qui sait ?
C’est peut-être tout près,
Dans le quartier, sur la plage,
C’est peut-être pour ce soir…

***

WEST SIDE STORY – SOMETHING’S COMING

Could be!
Who knows?
There’s something due any day;
I will know right away,
Soon as it shows.

It may come cannonballing down through the sky,
Gleam in its eye,
Bright as a rose!

Who knows?
It’s only just out of reach,
Down the block, on a beach,
Under a tree.
I got a feeling there’s a miracle due,
Gonna come true,
Coming to me!

Could it be? Yes, it could.
Something’s coming, something good,
If I can wait!
Something’s coming, I don’t know what it is,
But it is
Gonna be great!

With a click, with a shock,
Phone’ll jingle, door’ll knock,
Open the latch!
Something’s coming, don’t know when, but it’s soon;
Catch the moon,
One-handed catch!

Around the corner,
Or whistling down the river,
Come on, deliver
To me!
Will it be? Yes, it will.
Maybe just by holding still,
It’ll be there!

Come on, something, come on in, don’t be shy,

Meet a guy,
Pull up a chair!
The air is humming,
And something great is coming!
Who knows?
It’s only just out of reach,
Down the block, on a beach,
Maybe tonight . . .

(West Side Story)

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COOL – WEST SIDE STORY (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    

COOL – WEST SIDE STORY

Mec, mec, tu es dingue,
Reprends-toi, mec !
Tu as une fusée dans la poche,
Reste coolly cool, mec
Ne t’excite pas,

Car, mon pote,
Des moments sublimes t’attendent.
Tout doux, beau gosse,
Tu peux vivre ce moment et mourir au lit !

Mec, mec, tu es dingue,
Reste souple, mec !
Calme et sang-froid, c’est l’heure de vérité.
Vas-y mollo, mec !
Vas, mon gars, vas-y,
Mais surtout ne t’emballe pas.
Joue-la décontracté, mec,
Bien détendu !

(West Side Story)

***

WEST SIDE STORY – COOL

Boy, boy, crazy boy,
Get cool, boy!
Got a rocket in your pocket,
Keep coolly cool, boy!
Don’t get hot,

‘Cause man, you got
Some high times ahead.
Take it slow and Daddy-O,
You can live it up and die in bed!

Boy, boy, crazy boy!
Stay loose, boy!
Breeze it, buzz it, easy does it.
Turn off the juice, boy!
Go man, go,
But not like a yo-yo schoolboy.
Just play it cool, boy,
Real cool!

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TONIGHT QUINTET (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    
WEST SIDE STORY – TONIGHT QUINTET

Les Jets vont vivre leur heure de gloire
Cette nuit.

Les Sharks vont avoir leur revanche
Cette nuit.

Les Portoricains ne cessent de geindre : « Combat loyal ».
Mais si ils cherchent la bagarre,
On va se battre sans ménagement.

On leur réserve une surprise
Cette nuit.

On va les écraser
Cette nuit.

On s’est mis d’accord :« Ok, pas de bazar,
Pas de pièges. »
Mais juste au cas où ils nous tomberaient sur le râble,
On est prêts à mettre le feu
Cette nuit.

On va tout déchirer cette nuit,
On va s’éclater, ça va swinguer !
Ils vont comprendre, cette nuit ;
Plus ils nous chaufferont, plus on leur fera mal !

Ce sont eux qui ont commencé !

Ce sont eux qui ont commencé !

Et nous allons les bouter une bonne fois pour toutes,
Cette nuit !

Anita va bien prendre son pied
Cette nuit.
Nous allons nous retrouver, seuls tous les deux

Cette nuit.
Il va rentrer tout suant et harassé,
Eh bien ?
Qu’importe la fatigue,
Du moment qu’il sent la sueur
Cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Ce ne sera pas n’importe quelle nuit,
Cette nuit il n’y aura pas d’étoile du matin.
Cette nuit, ce soir, je verrai mon amour ce soir.
Et pour nous les étoiles se figeront dans le ciel
Aujourd’hui
Les minutes semblent des heures,
Les heures s’écoulent lentement,
Et le soleil brille encore…

Ô lune, réveille-toi,
Et change ce jour interminable en une nuit sans fin !

J’espère que tu ne nous feras pas faux bond
Cette nuit.
Lorsque Diesel gagnera à la loyale
Cette nuit.
Ces minables de Portoricain
Vont perdre.
Et quand il braillera « Mon oncle ! »
Nous brûlerons leur quartier !

Alors, je peux compter sur toi, mon gars ?

D’accord.

On va vraiment s’en payer une tranche.

D’accord.

Du ventre à la tombe !

Du sperme aux vers !

Je te verrai là-bas vers 8h.

Cette nuit…

Cette nuit, ce soir
Ce ne sera pas n’importe quelle nuit,
Cette nuit il n’y aura pas d’étoile du matin.

On va tout déchirer cette nuit !
Ils vont comprendre, cette nuit,

Ils ont commencé,
Ils ont commencé,
Ils ont commencé.
Et nous allons les bouter une bonne fois pour toutes,
Les Sharks vont avoir leur revanche,
Les Sharks vont connaître leur heure de gloire,
On va tout déchirer cette nuit.
Cette nuit !

Cette nuit, ça va swinguer !
Cette nuit !
Ils ont commencé,
Et c’est nous qui allons les arrêter une bonne fois pour toutes !
Les Jets vont avoir leur revanche,
Les Jets vont connaître leur heure de gloire.
On va tout déchirer cette nuit.

Cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Tard dans la nuit,
Nous allons nous retrouver cette nuit.
Anita va se régaler,
Anita va se régaler,
Bernardo va bien profiter
Cette nuit, ce soir,
Cette nuit, c’est cette nuit,
Nous allons nous éclater cette nuit !

Cette nuit, ce soir,
Je retrouverai mon amour ce soir.
Et pour nous les étoiles se figeront dans le ciel.

Aujourd’hui les minutes semblent des heures.

Les heures s’écoulent lentement,
Et le soleil brille encore.
Ô lune, réveille-toi,
Et change ce jour interminable en une nuit sans fin,

Cette nuit !

***

Tonight.

The Sharks are gonna have their way
Tonight.

The Puerto Ricans grumble: « Fair fight. »
But if they start a rumble,
We’ll rumble ’em right.

We’re gonna hand ’em a surprise
Tonight.

We’re gonna cut ’em down to size
Tonight.

We said, « O.K., no rumpus,
No tricks. »
But just in case they jump us,
We’re ready to mix
Tonight.

We’re gonna rock it tonight,

We’re gonna jazz it up and have us a ball!
They’re gonna get it tonight;
The more they turn it on the harder they’ll fall!

Well, they began it!

Well, they began it!

And we’re the ones to stop ’em once and for all,
Tonight!

Anita’s gonna get her kicks
Tonight.
We’ll have our private little mix
Tonight.
He’ll walk in hot and tired,
So what?

Don’t matter if he’s tired,
As long as he’s hot
Tonight!

Tonight, tonight,
Won’t be just any night,
Tonight there will be no morning star.
Tonight, tonight, I’ll see my love tonight.
And for us, stars will stop where they are.
Today
The minutes seem like hours,
The hours go so slowly,
And still the sky is light . . .
Oh moon, grow bright,
And make this endless day endless night!

I’m counting on you to be there
Tonight.

When Diesel wins it fair and square
Tonight.
That Puerto Rican punk’ll
Go down.
And when he’s hollered « Uncle »
We’ll tear up the town!

So I can count on you, boy?

All right.

We’re gonna have us a ball.

All right.

Womb to tomb!

Sperm to worm!

I’ll see you there about eight.

Tonight . . .

Tonight, tonight
Won’t be just any night,
Tonight there will be no morning star,

We’re gonna rock it tonight!
They’re gonna get it tonight,
They began it,
They began it,
The began it.
We’ll stop ’em once and for all.
The Sharks are gonna have their way,
The Sharks are gonna have their day,
We’re gonna rock it tonight.

Tonight!

We’re gonna jazz it tonight!
Tonight!
They began it,
And we’re the ones to stop ’em once and for all!
The Jets are gonna have their way,
The Jets are gonna have their day.
We’re gonna rock it tonight.
Tonight!

Tonight, tonight,
Late tonight,
We’re gonna mix it tonight.
Anita’s gonna have her day,
Anita’s gonna have her day,
Bernardo’s gonna have his way
Tonight, tonight,

Tonight, this very night,
We’re gonna rock it tonight!

Tonight, tonight,
I’ll see my love tonight.
And for us, stars will stop where they are.

Today the minutes seem like hours.
The hours go so slowly,
And still the skiy is light.
Oh moon, grow bright,
And make this endless day endless night,

Tonight!

(West Side Story)

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La vie est un cactus (Jacques Dutronc)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021



La vie est un cactus

Le monde entier est un cactus
Il est impossible de s’asseoir
Dans la vie, il y a que des cactus
Moi je me pique de le savoir

Aïe! Aïe! Aïe! Ouille! Aïe! Aïe! Aïe!

Dans leur cœur, il y a des cactus
Dans leur portefeuille il y a des cactus
Sous leurs pieds, il y a des cactus
Dans l’heure qu’il est y a des cactus

Aïe! Aïe! Aïe! Ouille! Ouille! Ouille! Aïe!

Pour me défendre de leur cactus
A mon tour j’ai pris des cactus
Dans mon lit, j’ai mis des cactus
Dans mon slip, j’ai mis des cactus

Aïe! Aïe! Aïe! Ouille! Aïe! Aïe! Aïe!

Dans leur sourire il y a des cactus
Dans leur ventre il y a des cactus
Dans leur bonjour, il y a des cactus
Dans leurs cactus, il y a des cactus

Aïe! Aïe! Aïe! Ouille! Aïe!

Le monde entier est un cactus
Il est impossible de s’asseoir
Dans la vie, il y a que des cactus
Moi je me pique de le savoir

Aïe! Aïe! Aïe! Ouille! Aïe! Aïe! Aïe!
Aïe! Aïe! Ouille! …

(Jacques Dutronc)

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Il n’y avait plus d’envers (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



il n’y avait plus d’envers
où terrer une idée
ni d’ombre pour la mousse

le sable avait bu le désir
qui prolongeait ce songe
et l’air ne portait plus

qui fut la proue du temps
quand l’heure revenue
montra le seuil dissous
et l’aile refermée

le chemin
le chemin n’était plus
que la voie du chemin sans chemin

(Bernard Noël)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Caroline Duvivier

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LE MÊME ARC (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2021



Illustration
    
LE MÊME ARC

Je dirais que je ne vois rien et que je ne sais pas.
Quelque chose est en suspens. L’heure en repos.
Je veux être vivant comme une blessure, comme un signe,
pas davantage que la rumeur d’une chose nue.
En ce moment rien n’est confus ni opaque.
Les labyrinthes sont tremblants, transparents.
On dirait que je traverse un jardin et que la vie entière
repose parmi les forces de la cendre
et l’éclat des flammes. Et je m’endors
en sentant la beauté et le temps, le même arc de lumière.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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SOLITUDE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Nicholas Roerich   kiss-the-earth-1912-2

SOLITUDE

LORSQUE la peine au coeur mord trop cruellement,
S’en aller et mendier un peu de solitude
A l’ombre qui prend en pitié,
Même s’il est faible, est un soulagement.
Mais l’être le plus doux sera prompt à la haine
Pour peu qu’une présence intruse
Vienne fêler sa quête solitaire :
Celui qui est la bête en sang qui se tapit
Ne supporte pas son semblable.

Mais alors, ô mirage unique de salut,
Nirvana entrevu!
Autour des lents siècles des troncs,
Comme sur un fond de bonheur
Ignorant les bornes des dates,
Les heures oscillaient, légères, dans les lianes,
En dansant leurs jeux élastiques
De jouvencelles excitées par les épices.
Des calices étranges proposaient des philtres,
Promesses de béatitudes.

Et déjà l’humain se dissolvait, et l’angoisse
Cédait à cette nature clémente
Où nulle empreinte
Ne venait déflorer l’humus intact et vierge.
Le silence m’était la flûte qui subjugue
Les serpents de la peine, ils ne mordaient plus.

Là, enfin, vaste et absolue
Comme la nuit qui cache et qui console,
Enfin pure ainsi que le vide
Qui attire et donne l’oubli,
Je découvrais la face de la solitude.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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