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Si j’embaumais en moi l’amour (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Si j’embaumais en moi l’amour que je te voue,
Si je te couchais, morte, avec les autres morts,
La terre frémirait toujours de jeunes corps,
La lueur de ton sang rougirait d’autres joues.

Si je crevais mes yeux, tous les yeux inconnus
Du monde flamberaient dans ma nuit éternelle,
Et mon esprit rapace irait brûler ses ailes
Aux grands phares vivants que je ne verrais plus.

(François Mauriac)

 

 

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La guerre est en nous (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

La guerre est en nous
avec ce feu qui nous hante
ces lueurs qui mordent
ces cris ces mots
à travers nos dents serrées
et toute cette colère qui flamboie
la guerre est en nous
puisque la mort
comme un trésor caché
repose attend se tait et pourrit…

(Philippe Soupault)

 

 

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POUR DANSER SEULEMENT (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

POUR DANSER SEULEMENT

Misère misère en lambeaux
crimes en dentelles
pour les coeurs et les cerveaux
au rendez-vous des demoiselles

Sommes-nous nus
ou démontables
à la lueur des chalumeaux
quand la lune se met à table

Heure des aveux pour les aveugles
minuit tapant
aux portes des grandes villes
et le sang coule dans les ruisseaux
Sauvez la face sauvez le feu

volez au secours des oiseaux
nous retrouverons les hirondelles
les libellules les demoiselles

(Philippe Soupault)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Crépuscule d’automne (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019


 


 

Agata Modzelewska 500

Crépuscule d’automne

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs
J’entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :
Car voici venir l’heure où dans des lueurs brèves
Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,
L’automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d’une nef qui vient de s’assombrir
L’on ouït des frissons de frêles banderolles,
Et le long des buissons qui perdent leurs corolles
La maladive odeur des fleurs qui vont mourir
S’évapore en remous de subtiles paroles.

Sous la lune allumée au nocturne horizon
L’âme de l’angelus en la brume chantonne :
L’écho tinte au lointain comme un glas monotone
Et l’air rêve aux frimas de la froide saison
A l’heure où meurt l’amour, à l’heure où meurt l’automne !

(Stuart Merrill)

Illustration: Agata Modzelewska

 

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Au fond je ne demande pas l’impossible (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
Au fond je ne demande pas l’impossible:
juste que le noir, de temps à autre,
soit lavé de rose et de quelques flammes orange,
qu’une salve de lueurs bleutées
le crible par intermittence.
Que j’en puisse retenir l’éclat
avant d’arriver en bas
où le noir n’a pas son pareil
pour que tout rentre enfin dans l’ordre.
Je sais de quoi je parle :
chaque fois que j’arrive en bas,
je suis frappé de cécité,
je dois rêver pour voir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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L’espoir est une veilleuse fragile (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

L’espoir est une veilleuse fragile

Sur cette terre vouée au désastre
Nous tenons nous résistons
Nous nous arc-boutons
Contre vents et marées
Défiant le soleil des armes
Son éclat meurtrier.

Car il faut persister persister sans fin
Dans l’âpreté des jours
Comme si l’on ne devait jamais mourir…

Dans ce poème ce n’est pas moi qui vous parle
Dans ce poème ce n’est pas ma voix que vous entendez
Mais ce qui me traverse et me maintient :
L’ombre désespérée de la beauté
Cet espoir infini au cœur des hommes

Car dans nos mains qui tremblent
Cette petite lueur de l’espoir
Est une veilleuse fragile
Au cœur de la nuit carnassière…

(Bernard Mazo)

 

 

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Orion a changé de place dans le ciel (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Orion a changé de place dans le ciel,
Dans l’immense déroute nocturne
Je glisse à contre-courant des étoiles,
Je me brûle à leur lueur,
Je pourrais les saisir si j’étais immobile.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Qu’il est dur d’aller parmi les hommes (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



Qu’il est dur d’aller parmi les hommes
Et de faire semblant de ne pas être mort,
Et le jeu tragique des passions
Le raconter à ceux qui sont jeunes,

Et, scrutant son cauchemar nocturne,
Trouver une harmonie au tourbillon désordonné des sentiments,
Pour que d’après les pâles lueurs de l’art
On apprenne de ta vie le fatal incendie !

(Alexandre Blok)

Illustration: Hans Bellmer

 

 

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Contempler le lever du jour! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Contempler le lever du jour!
La petite lueur fait s’évanouir les ombres immenses et diaphanes,
Le goût de l’air est bon à mon palais.

Poussées du monde en marche, ébats ingénus,
lever en silence, fraîcheur exhalée,
Effleurements obliques en haut et en bas.

Quelque chose que je ne puis voir dresse en l’air d’impudiques pointes,
Des mers éclatantes de suc inondent le ciel.

(Walt Whitman)

Illustration

 

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Lorsque éloigné du bruit (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019



 

Charles Guilloux  5oo1_500

Lorsque éloigné du bruit, dans ma douce tristesse,
Je marche à la lueur du nocturne flambeau,
J’aime à me rappeler les jours de ma jeunesse,
Mes parents endormis dans la nuit du tombeau,
L’ami de mon enfance, une aimable maîtresse ;
Tout ce qui fut jadis l’objet de ma tendresse
Repasse devant moi comme un léger tableau.

… Errant sur les débris de ceux que j’ai perdus,
Délaissé maintenant et plein de leur image,
Je traverse le monde où je ne les vois plus,
Et je confie aux bois mes regrets superflus…

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Charles Guilloux

 

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