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Une lointaine lueur d’étoile (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu

le voyage est cheval d’illusion
les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème cherche
il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina Saïd)

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Tous les chemins ramènent au même lieu (Amina saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



tous les chemins
ramènent au même lieu
le voyage est cheval d’illusion

les braises du monde
noircissent son pas démesuré

elles brûlent
nos langues inquiètes

en lui-même
le poème se cherche

il est cette eau noire
qui nous éblouit

lorsque nous lui restituons
une lointaine lueur d’étoile

(Amina saïd)

Illustration: Erich Heckel

 

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Timide (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Timide, la timide
Jeune fille de mon coeur,
Dans la lueur du feu
Se déplace l’air songeur.

Elle apporte les plats,
Et les met sur l’étagère.
J’irais bien, elle et moi,
Dans une île de la mer.

Elle apporte les bougies,
Et les rideaux éclaire,
Timide à contre-jour
Et timide dans le noir;

Et timide comme un lièvre,
Serviable et timide.
Je volerais, elle et moi,
Dans une île de la mer.

(William Butler Yeats)


Illustration: Edouard Manet

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Pataugé, épié, pépié (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



 

abysses

Pataugé, épié, pépié
appris à écrire sur l’ardoise
avec la craie d’une mer ancienne
Si je pouvais lancer mes tentacules
au plus profond…
et que palpite une invisible lueur

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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Expulsé (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018




    
Expulsé
d’un rêve
d’un ventre

C’était pourtant
densité tendre
moiteur de membranes
lianes et spasmes
ensommeillés

C’était flotter
entre limbes
indécises
et lueurs grises
à ras de n’être pas

Impulsions de passage
et lent voyage
à travers marécages
où s’enliser
en confiance

C’était mouvement
en tous sens
et non sens

C’était

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Quelque chose dans l’envol (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


extinction

Nous voyons plus intensément
Par une lumière qui disparaît
Que par une mèche qui demeure.
Quelque chose dans l’envol
Clarifie la vue
Et magnifie les lueurs.

***

By a departing light
We see acuter, quite,
Than by a wick that stays.
There’s something in the flight
That clarifies the sight
And decks the rays.

(Emily Dickinson)

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A l’approche des nuits (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




A l’approche des nuits
et dans les ports de guerre
on voit des chevelures
apparaître étagées
et longuement lavées
de femmes qui tiennent
dans leurs bras des enfants
ou qui chantent ou qui tremblent
ou finement répondent
pas une lueur ne bouge
sur les architectures.

(Jean Follain)

Illustration

 

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DIAMANT ENFUMÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Anne-Marie Zilberman (4)

DIAMANT ENFUMÉ

Il est des diamants aux si rares lueurs
Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue,
Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs.
Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.

Mais quelquefois, brisée, à des marchands divers
La pierre est revendue, à moins qu’un aspect rare
Ne la défende. En leurs couleurs, en leurs éclairs,
Ses débris trahiraient le destructeur barbare.

Aussi, je n’ai plus peur, diamant vaguement
Enfumé, mais unique en ta splendeur voilée,
De te perdre. Toujours vers moi, ton seul amant,
Chère, tu reviendras des mains qui t’ont volé.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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NOMMER (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

Bao-Pham Thienbao 7804

NOMMER

Nommer
Foudres et limon
Ciel et terre
Confondus

Se nommer
Dans le bref

Entre la lueur
D’un chant
Et les serres
De la nuit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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Hymne à la beauté (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Hymne à la beauté

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l’on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l’aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l’enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?
Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;
Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,
Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l’Horreur n’est pas le moins charmant,
Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu’importe ? Ange ou Sirène,
Qu’importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! –
L’univers moins hideux et les instants moins lourds ?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Katarina Smuraga

 

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