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Poésie

Posts Tagged ‘défaire’

Reviendras-tu (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



    
Reviendras-tu si je disais la terre est au bout de tes doigts
comme une branche calcinée et déjà refroidie?
les oiseaux sont morts plusieurs fois à pic contre tes cheveux blonds
ils avaient adopté la mer pour vice
à cause des algues sonores
et des pistes qui se défont
lentement
trop tard pour naître chaque instant
à genoux devant des visages où toute couleur est hostie

comme une gorge prise au bétail qui dévore un rayon de soleil

reviendras-tu si je disais la mer est au bout de tes doigts?

(Nadia Tueni)

 

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Mon mari m’a battue avec une ceinture ouvragée (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



Mon mari m’a battue avec une ceinture
Ouvragée, qu’il tenait par le milieu.
Pour toi tout contre la fenêtre
Je passe la nuit, avec une lampe.

Voici l’aube. Au-dessus de la forge
Monte une légère fumée.
Hélas, je suis une triste captive.
Encore une fois, tu n’as pas pu venir.

C’est pour toi que j’accepte cette vie,
Cette vie grise, cette vie-torture.
Est-ce que tu aimes une blonde ?
Est-ce une rousse qui t’attire ?

Comment vous cacher, mes plaintes?
Mon coeur est ivre, sombre, lourd.
D’étroits rayons viennent s’étendre
Sur le lit qu’on n’a pas défait.

(Anna Akhmatova)

 

 

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FACE A L’ENJEU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

FACE A L’ENJEU

J’ai défait la solitude.
Il n’y a pas de chevet où je ne puisse m’asseoir,
Reconnaître en chacun le gisant superbe
Qui outrepasse les tombes et confond nos mémoires.

Les ténèbres de l’autre sont nos propres ténèbres,
C’est notre oeil qui rompt la durée.

Nous créons des sentences,
Nous nous livrons aux pièges,
Quand l’épreuve est d’entendre :
Car tout nous est dicté.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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File, file (Echizen)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

File, file en été
comme aux doigts des filandières
la chaîne des ans,
jamais ne pourrai défaire
l’amour qui me tient nouée.

(Echizen)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Gustave Courbet

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A Cécile (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017




    
A Cécile

Cette ville, oú j’ai défait tes bandelettes,
A jamais retiendra mon coeur orageux.
Garde bien les roses mortes de nos jeux
Et ces violettes.

Mercredi.

(Renée Vivien)

 

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Petit vieillard (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



   Illustration: Arthur Nary
    
Petit vieillard
ami de la disette
qui penserait ce corps ?
L’innocence le défait
dans le secret
L’érosion délite la falaise
et voue à la charpie
ton corps impensable
corps la honte
corps d’oubli

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Je suis l’homme-loup (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

Au matin je coupe le frêne
où la lune s’était posée.

À midi je brûle les pâturages
où court le cerf.

Au crépuscule je vais sur la grève
dépecer les tortues.

Je monte dans la montagne
pour chasser l’aigle.

Ce que Dieu fit en six jours,
je le défais en un.

Je suis l’homme-loup,
je me dévore moi-même.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Personne (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



Illustration
    
Personne à l’entrée de novembre.
Elle vient comme si de rien n’était.
La porte était ouverte,
elle est entrée presque sans toucher le sol.

Elle n’a pas regardé le pain, ni goûté le vin.
Elle n’a pas défait le noeud aveugle du froid.
Elle ne s’est attardée que dans la lumière des violettes
en souriant à l’enfant de la maison.

Cette bouche, ce regard. Cette main
de personne. Elle s’en va,
elle a sa musique, sa rigueur, son secret.
Avant cependant, elle caresse la terre.

Comme si c’était sa mère.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Regarde (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



    

Regarde, je ne connais même plus mes doigts
rongé de désir, j’effleurais ta chemise,
défaisais un bouton,
devinais ta poitrine couleur des blés,
des pigeons sauvages, disais je,
l’été presqu’à la fin,
le vent à travers les pins, la pluie
pressentie sur les flancs,
la nuit, elle ne tarderait plus la nuit,
j’aimais l’amour, cette lèpre.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Tu as beau regarder (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017


Bretagne_Cote-Granit-Rose

Tu as beau regarder,
Tu ne vois jamais

Un rocher de granit
Se défaire
D’une partie de ses grains.

(Guillevic)

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