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Les ovales de deux citrons sur une table (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


 


Vincent Van Gogh   3 [1280x768]

Les ovales de deux citrons sur une table,
notes jaunes soutenues autour de quoi gravitent les gammes bleues des raisins.
D’un vase rouge aminci par le haut, inquiétant et profond montent les bulles sonores des anémones,
accords de mauve et de carmin, avec des soupirs noirs et, çà et là, des dissonances de verts froids.
Une nappe blanche par-dessous reçoit les harmonies
et les propage comme une eau lisse, tandis qu’un livre ouvert, à côté, les raconte.

(Franz Hellens)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Visages (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2021




    
Visages qui apaisent

Visages qui ne sont que refus

Visages au regard éteint

Visages que la timidité verrouille

Visages qui inquiètent

Visages creusés par la faim

Visages qui ouvrent la porte
sur une amitié

Visages vides qui ne laissent
pressentir aucun arrière-pays

Visages dévastés par la maladie

Visages empreints d’une bonté
qui réchauffe

Visages durcis par la haine

*

Visages où demeurent les traces
du combat qui les a pacifiés

Visages qui vous font
vous rétracter

Visages trop lisses
sur lesquels rien ne se lit

Visages dont la dureté
vous glace vous scelle les lèvres

Visages douloureux
où affleure un secret
qu’on aimerait connaître

Visages et regards
de ceux qui sombrent

Visages qu’un excès de souffrance
a figés à jamais
au-delà du désespoir

Visages à l’expression
décidée et hautaine

Visages qui rayonnent
une douce lumière
et dont on garde la nostalgie

*

Visages compassés
façonnés par les conventions

Visages qui consentent
au regard qui les pénètre

Visages las impavides
revenus de tout

Visages d’enfants
d’une grâce infinie

Visages concentrés
à l’écoute
du murmure intérieur

Visages dont la beauté
émerveille

Visages qui vous ouvrent
vous dilatent
vous aimantent

Visages visages visages

Une des grandes et inépuisables
richesses de la vie

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Tu as ce visage lisse (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



tu as ce visage lisse
ces gestes calmes
ce regard assuré
et tu vas d’un pas
tranquille

tu es la geôle
et le geôlier
d’un paria
que tu ne veux pas connaître
que tu refuses de nourrir
dont tu subis la faim la loi
que tu voudrais assassiner

j’entends ses cris
dans tes yeux

(Charles Juliet)

Illustration: René Magritte

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PRINTEMPS DE GUERRE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    

PRINTEMPS DE GUERRE

J’étais boueux et las
Et le soir dans les bois
M’étreignait la poitrine.
Je m’étais étendu
Sur un sombre tapis
D’herbes froides et lisses.
Un papillon d’argent
Errait dans l’air inerte
Avant d’aller mourir.
Des troncs d’arbres gisaient,
Sciés depuis l’hiver ;
Mais il surgissait d’eux
Des pousses condamnées,
De tendres pousses vertes
Qui regardaient le ciel
Et croyaient au bonheur.
Pour le cœur, nul repos ;
Pour l’âme, nul sourire
Que celui de la mort !
Je me suis relevé,
J’ai regardé, stupide,
L’herbe longue brisée par le poids de mon corps.
Je me suis mis en marche.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Hirondelle (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



 

Alphonse Mucha WQ [1280x768]

Hirondelle

Le visage était près du visage
Les mains avaient la joie des mains
Et les lèvres ont pris pour le coeur
Tout le lisse de la jeunesse

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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LE COEUR DU VIEUX VESUVE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
LE COEUR DU VIEUX VESUVE

De moi ne restera peut-être
Rien que l’amour pour mon pays.
Peut-être qu’à nos descendants
Le don semblera trop petit.

D’autres avec beaucoup d’éclat
Surgiront du volcan du temps.
Moi, légère et mince fumée,
Je me dissoudrai lentement.

La gloire ne fut pas mon lot.
Elément plus dur et plus grave,
Je n’ai déversé sur mon siècle
Cendre ou vapeur, mais de la lave.

Catastrophe sur Pompéi,
Je l’étouffai en éclatant,
A ma pâte en feu n’échappèrent
Sbires, pharisiens ni savants.

L’humanité sans empereur
Grandit pendant que je sommeille.
Prenez garde, ne bougez pas,
Car tout au fond le brasier veille.

Mon front lisse est couvert de neige,
M’entourent paix et quiétude,
Mais, au tréfonds de la montagne,
Il bat, le coeur du vieux Vésuve.

(Mihai Beniuc)

 

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Ce Ruisselet parvule et frais (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020


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Ô l’onde qui file et glisse, vive, naïve, lisse!
Parmi les prairies du songe,
des filles se révèlent parfois la chevelure telle.
Ce Ruisselet parvule et frais,
sans doute est un lézard de désirs purs…
épanoui lézard qu’une étincelle d’oeil ferait s’évanouir?
L’azur inclus est, n’est-ce point?
la perceptible remembrance des prunelles nymphales
qui s’y séduisirent.

(Saint-Pol Roux)

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LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue) (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

tableau-joueur-de-trompette [1280x768]

LE JOUEUR DE TROMPETTE (52è rue)

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Porte sous les yeux sa lassitude
En sombres croissants de lune
Là où couve la braise mémorable
Des vaisseaux négriers
Que rallume le claquement des fouets
Autour des cuisses.

Le Noir
Avec la trompette à ses lèvres,
Sa tête frémissante de cheveux
Maintenant matés
Et lisses comme cuir qu’on a tant verni
Qu’ils brillent
Comme jais…
Si le jais pouvait lui faire une couronne.

La musique
De la trompette à ses lèvres
Est miel
Coulé dans le feu.
Le rythme
De la trompette à ses lèvres
Est extase
Exhalé d’antique désir…

Désir
Qui aspire à la lune
Quand sa lumière n’est qu’un projecteur
Au fond de ses yeux,
Désir
Qui aspire à la mer
Quand la mer n’est qu’un verre au comptoir
A la taille du nigaud.

Le Noir
La trompette à ses lèvres,
Dans son veston
Parfaitement boutonné
Ne sait pas
Sur quel motif la musique enfonce
Son aiguille hypodermique
Et le pénètre jusqu’à l’âme…

Mais doucement
Quand le chant monte de sa gorge,
Sa douleur mûrit
Et se change en note d’or.

***

Trumpet Player

The Negro
With the trumpet at his lips
Has dark moons of weariness
Beneath his eyes
where the smoldering memory
of slave ships
Blazed to the crack of whips
about thighs

The negro
with the trumpet at his lips
has a head of vibrant hair
tamed down,
patent-leathered now
until it gleams
like jet-
were jet a crown

the music
from the trumpet at his lips
is honey
mixed with liquid fire
the rhythm
from the trumpet at his lips
is ecstasy
distilled from old desire-

Desire
that is longing for the moon
where the moonlight’s but a spotlight
in his eyes,
desire
that is longing for the sea
where the sea’s a bar-glass
sucker size

The Negro
with the trumpet at his lips
whose jacket
Has a fine one-button roll,
does not know
upon what riff the music slips

It’s hypodermic needle
to his soul
but softly
as the tune comes from his throat
trouble
mellows to a golden note

(Langston Hughes)

 

 

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Voisiner (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020



Illustration: Patrice Murciano

    

Des vides aux anciennes odeurs
restent entre les murs
de maisons condamnées
plus loin des tempes grises
un visage lisse
des yeux gris d’orage
une poitrine offerte
voisinent avec l’eau noire.

(Jean Follain)

 

 

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Le camp (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020


La neige tombe sur la mer
durant que dorment lisses
les vierges nues
le camp à mirador
et d’extermination
a détruit des images naïves
chez les cadavres errants
l’un pourtant revoit
le petit tableau d’un musée
du temps de la jeunesse.

(Jean Follain)

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