Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘se fendre’

Quand nous nous rencontrerons (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



J’écoute.
Quelque chose se fend
dans le bois, dans la vitre,
dans le miroir.
Quand nous nous rencontrerons
serons-nous bien les mêmes?

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

UNE COMPLAINTE JUIVE (David Einhorn)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



Illustration: Rafal Olbinski
    
UNE COMPLAINTE JUIVE

Comme à leur arc rivées
Les cordes sont tendues,
Tirées à se briser
Par des mains inconnues,
Mais sans frémir, muettes,
Comme avant la tempête
Dans les yeux la tristesse
Se calcine, embrasée.

Terrifiant silence
Qu’on ne peut endurer,
Douleur à ne pas dire
Plaie à ne pas montrer,
Comme harpes qui pendent
Muettes sur les branches
Quand dans les doigts se fendent
Les sanglots étranglés.

Pourtant les heures restent
Quand l’océan s’endort,
Que du bleu sourd le presque
Imperceptible accord,
Vers nous, de chaque corde,
Un écho monte alors,
Comme prière il flotte
Comme une voix implore.

Tout s’allège et la peine
Peut alors déposer
Au coeur comme au désert
Un semblant de rosée.
Le réconfort nous berce
Comme longue langueur,
Une complainte juive
Se trempe dans les pleurs.

(David Einhorn)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUE PENSENT LES ÉTOILES (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




Illustration: Vincent Van Gogh

    
QUE PENSENT LES ÉTOILES

Que méditent, à quoi pensent
Les étoiles dans leur transe
Lorsque les larmes qui luisent
Au fond des yeux s’y calcinent ?
Que pense donc, à quoi rêve
La triste source flétrie ?
Fulgure-t-elle, sa brève
Lueur parfois dans la vie,
L’éclair qui nous irradie?
Nous qui recherchons sans trêve
Dans les jours d’obscurité
Pour la pauvre humanité
Le chemin qu’elle perdit?

Que méditent donc, que pensent
Ceux-là sans cesse qui poussent
La brouette des souffrances ?
Est-ce qu’au moins sur leurs lèvres
Que pèlent et que calcinent
Les perpétuels soucis
Brille parfois un sourire ?
Un reflet de l’avenir,
D’un lendemain plus heureux
Qui nous ferait reconnaître
Dans les ténèbres des cieux
Toute dorée, une rive ?

À quoi pense la famine
Dans les caves faméliques ?
Le sommeil ne veut venir
Et la nuit n’est que silence,
Est-ce qu’au moins elle entend
Dans la paix l’écho de fer –

C’est le pas pesant des temps,
Générations en marche,
Est-ce que le ciel se fend
Parfois dans la main de Dieu ?
Est-ce qu’il voit le tonnerre,
Est-ce qu’il sait que c’est vrai?

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les grandes blessures de la joie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mathieu Levis

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Une étendue de sable (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Une étendue de sable
La mer au loin. Du vent.

L’image se brouille

Tu te penches pour ramasser
un galet, puis deux

Tu récoltes avec soin
ces vieux témoins du monde

Comme s’ils pouvaient se fendre
et comme si ta chaleur
assurait leur survie

Tu me dis:
«C’est important, les galets»

Tu es belle.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis rêveuse et fragile … (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
Je suis rêveuse et fragile …

1
En effeuillant au soleil couchant
Une fleur des champs
La blanche marguerite
J’imagine un pompier pas méchant
Ou d’un soldat dans sa guérite
Nous irions dans un beau jardin
Comme un prince avec sa princesse
Et de minuit jusqu’au matin
Nous serions tout miel et caresse.

Refrain

Je suis rêveuse et fragile
La brutalité
Me blesse et me tourne la bile
La douceur c’est ma qualité
J’aime les fleurs et les mots tendres
Et les songes bleus
Parfois je sens mon cœur se fendre
En guettant un amoureux.

2
Je suis pareille aux sveltes iris
Pareille au grand lys
Pareille aux fraises mûres
Mon coeur est doux d’esprit délicat
Je suis une faible nature
L’amour trouble mon estomac
Mais quand je rêve aux aventures
Ma chair frémit, j’en suis gaga
Faut prendre ma température.

3
Hélas hélas j’ai ce soir cent ans
Un rêve épatant
Me semble aujourd’hui fade
Je veux quelqu’un vivant pour coucher
Je voudrais le marquis de Sade
Ou bien un gros garçon boucher
Et qu’il me mette en marmelade
Qui m’étreigne et fasse loucher
Et que je ne sois plus en rade.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration: Claude Hardenne
    
L’homme est un pendentif au cou de la reine,
mais quand le désir fait craquer les coutures,
le corset s’ouvre et l’armure se fend:
le sexe de l’homme s’épanouit alors en queue de paon.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À une ténèbre (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Natacha Mondon
    
À une ténèbre

Au commencement, regarde mon amour
J’entends dans moins déjà de la lumière
Hurler un navire, hors des vagues
Ô mon amour

En vain se taire, et se fendre les phares :

Un qui change, éclaire doucement les naufrages
Un qui offre à la nuit, sur un tourment de mer
Les berceaux d’une rade aux brumes d’émeraude.

Au commencement regard, mon amour j’aimais
La clarté, tiède éclose un matin à tes yeux
Ma barque ivre de nuit malgré l’appel du port;

Regarde, la saison même absente respire
Ce vin de vérité d’une ténèbre au coeur
Et le jour, invisible aux tristesses ressemble.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parle pour toi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Parle pour toi
Tu es seul à comprendre ce qui nous sépare
Dans l’angle de tes bras sont scellés les départs
Tête haute
Entends ton odeur qui rue très fort contre tes côtes
Les pierres se fendre sous la chaleur de tes pas
Le déclic de la main qui regagne la tempe
La cire neuve de l’oreille retiendra tout cela
Et les bourdons de la mémoire.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cela me frappait – chaque Jour – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Cela me frappait – chaque Jour –
Foudre aussi neuve
Que si la Nue à l’instant se fendait
Pour vomir le Feu –

Cela Me brûlait – dans la Nuit –
Et Calcinait Mon Rêve –
Et se ravivait à mes yeux –
A chaque retour du Matin –

Je croyais l’Orage – chose brève –
La plus Folle – la plus vite –
Mais de Ceci la Nature a perdu la Date –
Elle l’a laissé dans le Ciel –

***

It struck me — every Day –
The Lightning was as new
As if the Cloud that instant slit
And let the Fire through —

It burned Me — in the Night —
It Blistered to My Dream —
It sickened fresh opon my sight —
With every Morn that came —

I thought that Storm — was brief—
The Maddest — quickest by –
But Nature lost the Date of This –
And left it in the Sky —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :