Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘coeur’

Je suis en larmes (Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



    
Je suis en larmes.
Où sont mes pleurs
quand, de mes yeux,
le fleuve roule ?

Pourront-ils semer dans ton cœur
que l’amour emporte leurs graines ?

(Hafiz)

 

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Larme du Christ (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    

Larme du Christ, enfermée en une pierre précieuse dans la cathédrale de Vendôme :

Cette bizarrerie ne fera rire que ceux qui n’ont jamais pleuré de beauté,
de reconnaissance et de ferveur.

Les mystiques qui ont connu la grâce des larmes,
les amants qui s’étreignent en pleurant
et tous ceux qui ont le cœur endeuillé
savent bien que ces gouttes d’eau apparemment banales
recèlent le plus précieux d’une existence humaine
parce que c’est une eau d’amour.

Si « tout coule » comme l’assurait le philosophe d’Ephèse,
rien ne demeure stable,
mais seul survit ce qui se joint au flot,
ce qui se baigne dans le fleuve jusqu’à s’y fondre.

Il reste à se faire larme pour devenir océan.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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Douces jeunes filles (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
Douces jeunes filles et jolies fées
qui en pleurant laissent couler sur leurs joues
des perles ou des diamants.

Ces larmes révèlent leur richesse intérieure,
la pureté de leur cœur.
De ce trésor nul ne peut s’emparer.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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MARINE (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



MARINE

Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientôt couvrir notre journée
Éveille-toi cœur et couleur en tête
Pour dissiper les malheurs de la nuit

Je te regarde tout est nu
Dehors les barques ont peu d’eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour

C’est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil à toi

Éveille-toi que je suive tes traces
J’ai un corps pour t’attendre, pour te suivre
Des portes de l’aube aux portes de l’ombre
Un corps pour passer ma vie à t’aimer

Un cœur pour rêver hors de ton sommeil.

(Paul Eluard)

Illustration

 

 

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L’ESPÈCE HUMAINE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    

L’ESPÈCE HUMAINE

L’espèce humaine m’a donné
le droit d’être mortel
le devoir d’être civilisé
la conscience humaine
deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien
le nez au milieu du visage
deux pieds deux mains
le langage
l’espèce humaine m’a donné
mon père et ma mère
peut-être des frères on ne sait
des cousins à pelletées
et des arrière-grands-pères
l’espèce humaine m’a donné
ses trois facultés
le sentiment l’intelligence et la volonté
chaque chose de façon modérée
l’espèce humaine m’a donné
trente-deux dents un coeur un foie
d’autres viscères et dix doigts
l’espèce humaine m’a donné
de quoi se dire satisfait

(Raymond Queneau)

 

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Le soleil (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration: Joseph Galante
    
L’herbe : sur l’herbe je n’ai rien à dire
mais encore quels sont ces bruits
ces bruits du jour et de la nuit
Le vent : sur le vent je n’ai rien à dire

Le chêne : sur le chêne je n’ai rien à dire
mais qui donc chantonne à minuit
qui donc grignote un pied du lit
Le rat : sur le rat je n’ai rien à dire

Le sable : sur le sable je n’ai rien à dire
mais qu’est-ce qui grince ? c’est l’huis
qui donc halète ? sinon lui
Le roc : sur le roc je n’ai rien à dire

L’étoile : sur l’étoile je n’ai rien à dire
c’est un son aigre comme un fruit
c’est un murmure qu’on poursuit
La lune : sur la lune je n’ai rien à dire

Le chien : sur le chien je n’ai rien à dire
c’est un soupir et c’est un cri
c’est un spasme un charivari
La ville : sur la ville je n’ai rien à dire

Le coeur : sur le coeur je n’ai rien à dire
du silence à jamais détruit
le sourd balaye les débris
Le soleil : ô monstre, ô Gorgone, ô Méduse
ô soleil.

(Raymond Queneau)

 

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Je vais plus loin que la route (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Tel un vagabond
Je pars pour les montagnes désertes.
(Milarépa)

Je vais plus loin que la route,
plus haut que les alpages
près des rochers ou rien ne pousse.
La lionne suit la ligne des neiges,
l’aigle tourne dans l’azur,
j’entends les cris des petits singes.
Le vent s’est fait mon équipage,
la nuit la compagne de mon coeur
et le soleil m’offre à boire.
Si tout me manque rien ne manque,
prenez les braises de mon foyer,
je vis d’un souffle de feu.
(Le vagabond se joue des apparences,
le vagabond met l’infini dans son jeu,
il chante follement sa folle liberté.)
Je vais plus loin que mon refuge,
plus haut que l’écho des vallées
près de la seule lumière.

(André Velter)

 

 

 

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LE SANG DU CIEL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

LE SANG DU CIEL

Bracelets du ciel et de la nuit
jours lointains
regards bleus
et les feuilles multicolores
refuges des reflets et des feux
Un seul mot
coeur ou sang
au loin plus près
et tout s’éteint
pour une nuit
sans rêve et sans chagrin
comme l’on dirait
à demain
avec un geste de la main
jours lointains
nuit ciel coeur et sang

(Philippe Soupault)

Illustration

 

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La couronne effeuillée (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

Caroline Elkington  (5)

La couronne effeuillée

J’irai, j’irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J’y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J’irai, j’irai lui dire au moins avec mes larmes :
 » Regardez, j’ai souffert…  » Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu’il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira:  » C’est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez !  »

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l’avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j’ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n’est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d’avoir rien vendu, mais d’avoir tout donné.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Caroline Elkington

 

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MERE, PRENDS-MOI SUR TES GENOUX… (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




MERE, PRENDS-MOI SUR TES GENOUX…

Mère, prends-moi sur tes genoux.
Mon coeur est las ! Mon âme est lasse !
Comme autrefois, à voix très basse,
Berce-les d’un air de chez nous !

Redis-moi de ta voix faiblie
Nos ciels, nos fleuves, nos prés verts ;
Et que les maux que j’ai soufferts,
Ma mémoire tôt les oublie !

J’ai vu qu’il n’est de vrais bonheurs
Qu’aux lieux bénis de nos enfances
Et que c’est courir à souffrances
Que de porter son rêve ailleurs.

J’ai su que pour fuir les détresses
Et se guérir des trahisons,
I1 n’est qu’aux natals horizons
De refuges et de tendresses.

J’ai sondé le néant des rois,
Compris la vanité des gloires.
Je sais qu’il n’est d’autres victoires
Que celles qu’on obtient sur soi.

Et me voici, ma mère ! Penche
Sur mes yeux ton beau front cendré.
Comme autrefois, je baiserai
Les rubans de ta coiffe blanche.

Et comme alors, sur tes genoux,
— Mon coeur est las ! Mon âme est lasse ! —
Tu m’endormiras à voix basse
De quelque vieil air de chez nous.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Louis Toffoli

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