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Poésie

Posts Tagged ‘coeur’

BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT

Beaucoup de soldats passèrent.
— De quel pays venaient-ils ?
Beaucoup de soldats passèrent.
— Quelle langue parlaient-ils ?
Je n’en sais plus rien, mon frère,
Car c’était au temps des guerres.
— Lesquels ont été vainqueurs ?
— Les soldats sont morts, mon frère,
Maudis les mauvais bergers.
Les soldats sont morts, mon frère,
Et les morts, me dit mon coeur,
Ne sont plus des étrangers…

(Armand Bernier)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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NEIGE (Marie-Claire d’Orbaix)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



 

NEIGE

Il neige, d’une légère et rêveuse,
Et folâtre et flâneuse,
Et neuve neige.
Depuis le matin,
A pas dansants, elle vient
Du fond paisible
Des horizons aériens.
Depuis le matin,
Vers le coeur des petites filles
Descend un rêve battant,
Car n’est pour elles que s’éparpille
Le vol de ces blancs mouvements.

Neigez, ma pure et belle lumière,
Sur les visages et les chaumières,
O silence en fleur qui tombe,
Sur la nuit et les pleurs du monde…

(Marie-Claire d’Orbaix)

 

 

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Que t’importe, mon coeur (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019


 


 

Marcel Roux        Lazare ressuscité  3588

Que t’importe, mon coeur

Que t’importe, mon coeur, ces naissances des rois,
Ces victoires, qui font éclater à la fois
Cloches et canons en volées,
Et louer le Seigneur en pompeux appareil,
Et la nuit, dans le ciel des villes en éveil,
Monter des gerbes étoilées ?

Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté !
Rien ici-bas qui n’ait en soi sa vanité.
La gloire fuit à tire-d’aile ;
Couronnes, mitres d’or, brillent, mais durent peu.
Elles ne valent pas le brin d’herbe que Dieu
Fait pour le nid de l’hirondelle !

Hélas ! plus de grandeur contient plus de néant !
La bombe atteint plutôt l’obélisque géant
Que la tourelle des colombes.
C’est toujours par la mort que Dieu s’unit aux rois.
Leur couronne dorée a pour faite sa croix,
Son temple est pavé de leurs tombes.

Quoi ! hauteur de nos tours, splendeur de nos palais,
Napoléon, César, Mahomet, Périclès,
Rien qui ne tombe et ne s’efface !
Mystérieux abîme où l’esprit se confond !
A quelques pieds sous terre un silence profond,
Et tant de bruit à la surface !

(Victor Hugo)

Illustration: Marcel Roux

 

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Oiseau jamais intercepté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



 

Charley Harper _westernTanager

Oiseau jamais intercepté
Ton étoile m’est douce au coeur
Ma route tire sur sa raie
L’air s’en détourne et l’homme y meurt.

(René Char)

Illustration: Charley Harper

 

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Bleuet et Coquelicot (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Bleuet et Coquelicot

—Encore une journée de bonheur qui vient de s’écouler
ma chère Bleuette.
—Et qui recommencera demain, ma chère Coquelicot.
—Regrettes-tu ton ancienne forme?
—Non.
—Ni moi, non plus.
—Nous avons bien fait de choisir ce modeste village
pour y vivre tranquillement.
Le bonheur n’est qu’aux champs.
—Avec Lucas qui est si bon.
—Et avec Blaise, qui joue si bien de la musette.
—Rien n’est doux au monde comme d’être femme.
—Pour être heureuse, il faut avoir un coeur.
Puis les deux jeunes filles se mettaient devant leur miroir.
—Ne suis-je pas plus jolie que lorsque j’étais simple bleuet?
demandait l’une.
—Qui ne me préférerait à tous les coquelicots de la terre?
répondait l’autre.

Voilà ce que la bergère Brune et la bergère Blonde
se disaient chaque soir, après quoi elles s’embrassaient,
et s’endormaient jusqu’aux premiers roucoulements de leurs tourterelles.

(J.J. Grandville)

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Si tu veux que je meure… (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (1)

Si tu veux que je meure…

Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémy Belleau)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Il le savait (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Javier Clavo

Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
Comme une goutte ailée de miel
Pour se poser sur la bouche épouse.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Javier Clavo

 

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Artiste de l’Être (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2019



 Illustration: Josephine Wall
    
Artiste de l’Être, fais de moi une musique.
Sans ton esprit qui touche mon esprit
sans ton regard qui voit à travers mes yeux,
je suis un tronçon d’arbre, sans ressenti ni conscience,
et mon existence ne souhaite que remède.
Viens peindre mon monde
à présent laisse-moi l’aimer sans peur,
croire en mon coeur que ce n’est pas en vain
que j’ai envoyé mes mots pour le toucher.

(Amir Or)

 

Recueil: Entre ici et là
Traduction: Michel Eckhard Elial
Editions: ÉRÈS

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Seul le coeur (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
seul le coeur estompe la limite
entre ce qui est et ce qui n’est pas

(Amir Or)

 

Recueil: Entre ici et là
Traduction: Michel Eckhard Elial
Editions: ÉRÈS

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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