Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘incertain’

Transhumance (Colette Nys-Mazure)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Avoir marché longtemps
longuement erré
incertains dévorés de soifs ravagés

la faim au ventre
les yeux brûlés l’ombre à l’âme

Avoir divagué trébuché
face contre la terre brute
privés de souffle et d’allant
ignobles défigurés

Avoir perdu corps et biens

Et déboucher dans cette clairière
Son silence de source

(Colette Nys-Mazure)

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LE SEUIL (Marc Baron)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Silvia Leveroni Calvi   
    
LE SEUIL

Tu ne sais pas où tu vas

et dans le trouble de l’incertain qui t’attend
tu es à deux doigts de rebrousser chemin

mais ta force peut venir de là
de ce retournement qui va t’ouvrir les yeux
sur la certitude que tout est devant

et c’est le seuil à franchir
avant de refermer ta vie à double tour

(nuit du 1er au 2 novembre 2017)

(Marc Baron)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’exil de la beauté (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



L’exil de la beauté

Va, cherche dans la vieille forêt humaine
L’abri que je destine à ta vie incertaine.
Ne tremble pas trop quand le soir resserrera tes veines ;
Songe que les chairs fanées ne peuvent refleurir
Et garde aux coins de ta bouche pâle l’ombre d’un sourire.
Prends un bâton, si tu veux, et aussi une besace,
Marche, en suivant, le long des champs, la trace
Que font les bœufs qui s’en vont au labour
Et les enfants en quête des fleurs nouvelles de l’amour.
Tu trouveras peut-être l’amour sur ton chemin
Ou la mort, ou des pauvres qui tendront la main
Vers ton cœur ou bien vers ta gorge ;
Tu leur donneras ce que tu as, un morceau de pain d’orge,
Mais ils diront des injures
Et des larmes te viendront aux yeux d’entendre des paroles impures.
Ne pleure pas, lève la tête, les dieux,
Quand ils sont en exil, marchent encore dans les cieux.
Dérobe aux hypocrites ta noble nudité,
Sois pour eux la laideur, toi qui es la beauté.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Nuit (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
nuit jamais tant aimée qu’à présent
où je la perds
dans l’incertain du jour
qui brise ce qui m’unit à ma vie

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Unis (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration
    
Unis
par la voyance
en nous
d’un chemin
l’un vers l’autre

Séparés
par le regard
sur nous
des autres

Toi de moi
si loin
dans le plus sûr instant
si près
dans l’incertain des ans

Si loin
dans le temps
riverain
si près
dans le temps
des devins

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TROUPEAU (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

LE TROUPEAU

Troupeau, toi qui à travers le faubourg poussiéreux
t’en vas au soir et dont me plaît l’odeur

que tu laisses sur ton passage, toi qui as tant de chemin à faire
parmi la fureur des voitures et le tintement

des trams, où la vie se hâte le plus,
que tu vas lentement, serré contre toi-même !

Troupeau, toi que j’aimai dès l’enfance égarée,
par toi la douleur se fait au coeur plus aiguë ;

et il me vient comme un désir de me mettre à genoux,
comme si je voyais dans ta masse laineuse

quelque chose de saint que nul autre ne voit,
et d’antique et de très vénérable.

Un vieux te mène, sur des pieds incertains,
un Dieu pour toi, peuple dans le désert.

(Umberto Saba)

 

 

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Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Mahira Ates (13)

Sache que je ne t’aime pas et que je t’aime
puisque est double la façon d’être de la vie,
puisque la parole est une aile du silence,
et qu’il est dans le feu une moitié de froid.
Moi je t’aime afin de commencer à t’aimer,
afin de pouvoir recommencer l’infini
et pour que jamais je ne cesse de t’aimer :
c’est pour cela que je ne t’aime pas encore.
Je t’aime et je ne t’aime pas, c’est comme si
j’avais entre mes deux mains les clés du bonheur
et un infortuné, un incertain destin.
Mon amour a deux existences pour t’aimer.
Pour cela je t’aime quand je ne t’aime pas
et c’est pour cela que je t’aime quand je t’aime.

***

Sabrás que no te amo y que te amo
puesto que de dos modos es la vida,
la palabra es un ala del silencio,
el fuego tiene una mitad de frío.
Yo te amo para comenzar a amarte,
para recomenzar el infinito
y para no dejar de amarte nunca
por eso no te amo todavía.
7e amo y no te amo como si tuviera
en mis manos las llaves de la dicha
y un incierto destino desdichado.
Mi amor tiene dos vidas para amarte.
Por eso te amo cuando no te amo
y por eso te amo cuando te amo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Mahira Ates

 

 

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DÉNUÉ (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
DÉNUÉ

Dès le départ, nous savions bien
qu’un astre incertain nous guidait.
Mais eût-on dit qu’en se volatilisant
une aussi frêle statue créerait un pareil vide
où mon univers est maintenant tout près de se perdre en poussière?

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elle dit… (Raphaël Monticelli)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Elle dit…

Elle dit « l’ombre est veuve de ma vie le soleil pousse »

Elle dit: « A semer du rire que récolte-t-on? »

Elle dit « Il y a dans ma mémoire, très au fond, de très petits livres,
très beaux et très fragiles, doux à mes doigts, rêches sous ma langue,
entourés d’odeurs inhabituelles comme d’une traîne ou d’un envol de lucioles »

Elle dit « en bout de plume ou de pinceau quoi
le monde incertain des lèvres »

(Raphaël Monticelli)


Illustration: Alexander Sulimov

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