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Poésie

Posts Tagged ‘bête’

QUAND TOMBE (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



QUAND TOMBE

Quand tombe la nuit
Caresse une plante
Et cherche les yeux
fragiles des pierres
Et puis très lentement
Epuise le silence
Pour après tendrement
Parler aux bêtes.

(Jean-Louis Depierris)

Illustration

 

 

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LE CHANSONNIER (extrait) (Lorenzo De Medici)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021



Illustration: Anders Zorn
    
LE CHANSONNIER (extrait)

Cherche qui veut les grands honneurs, les pompes,
Les hauts monuments, les places, les temples,
Les plaisirs, les trésors, accompagnés
De cent dures pensées, de cent douleurs.

Un petit pré vert, plein de belles fleurs,
Un ruisselet, qui arrose l’herbette,
Un oiselet, que fait Amour se plaindre,
Peuvent bien mieux apaiser mes ardeurs,

Et les bois ombreux, les rocs, les hauts monts,
Les antres noirs, les bêtes fugitives,
Avec quelque jolie nymphe craintive.

Là-bas je vois en mes pensées errantes
Les beaux yeux tels que s’ils étaient vivants;
Ici m’en prive une chose ou une autre.

***

CANZONIERE

Cerchi chi vuol le pompe e gli alti onori,
Le piazze, i templi e gli edifizi magni,
Le delizie e il tesor, quale accompagni
Mille duri pensier, mille dolori.

Un verde praticel piem di be’ fiori,
Un rivo che l’erbetta intorno bagni,
Un augelletto che d’amor si lagni,
Acqueta molto meglio i nostri ardori;

L’ombrose selve, i sassi e gli alti monti,
Gli antri oscuri e le fère fuggitive,
Qualche leggiadra ninfa paurosa:

Quivi vegg’io con pensier vaghi e pronti
Le belle luci corne fussin vive,
Qui me le toglie or una or altra cosa.

(Lorenzo De Medici)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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L’Homme cosmique (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

L’Homme cosmique

Mes yeux parcourent le monde et nul horizon ne barre ma vue ;
je vois Tokyo et Paris et New-York,
je vois les bombes exploser sur Barcelone et dans les rues de Canton.
Les méfaits sans nombre de l’homme et ses rares bienfaits se déroulent en moi.
Je suis la bête qu’il tue, l’oiseau qu’il nourrit et sauve;
Les pensées d’esprits inconnus vibrent en moi et m’exaltent ;
je porte la douleur de millions d’êtres dans ma poitrine solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le torrent (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Le torrent

Ayant suivi le cours du torrent subjectif,
Te voici renversé par le front de la Bête,
Et tu perdras ta face,
Et les poissons tranchants vont t’entrer dans la tête
Pour voir ce qui s’y passe.

Que ne suis-je resté dans l’état poétique,
Personne n’y comprenait rien,
Mais le monde était là, si profond, si magique,
Et moi le seul magicien.

(Henri Thomas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Joueur surpris
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



Illustration: Charles de Groux
    
NOËL DE LA FEMME QUI VA AVOIR UN PETIOT ET QUI A FAIT UNE MAUVAISE ANNEE

Les cloches essèment au vent
La joi’ de leur carillonnée,
Qui vient me surprendre, rêvant,
Dans le coin de ma cheminée ;
Noël ! Noël ! c’est aujourd’hui
Que Jésus vint sur sa litière,
Noël ! mon ventre a tressailli
Sous les plis de ma devantière.

O toi qui vas, dans mon sabot,
Me descendre, avec un petiot,
De la misère et de la peine,
Noël ! Noël ! si ça se peut
Attends encore ! Attends un peu ! …
Attends jusqu’à l’année prochaine !

Noël ! Noël !cette anné’-ci
Le froid tua les blés en germe,
Tous nos ceps ont été roussis ;
Le « jeteux d’sorts », sur notre ferme,
A lancé son regard mauvais
Qui fait que sont « péri’s » mes bêtes,
Que mes pigeons se sont sauvés
Et que mon homme perd la tête.

Tous mes gros sous, à ce train-là,
Ont filé de mon bas de laine,
Quand reviendront ? Je ne sais pas !
Mais, à la récolte prochaine,
J’espère voir les blés meilleurs
Et meilleure aussi la vendange,
Pour mon bonheur et le bonheur
De l’enfant dont j’ourle les langes.

(Gaston Couté)

 

 

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Ils ont tout de l’homme (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



Illustration
    
Ils ont tout de l’homme
et ce ne sont pas des hommes
Regardez-les faire
ce qu’aucune bête
n’a jamais pu faire
Ils sont là
tapis en nous
qui nous prétendons hommes

(Abdellatif Laâbi)
Extraits de « Poèmes périssables »
Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2012
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le vacher et le garde-chasse (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le vacher et le garde-chasse

Colin gardait un jour les vaches de son père ;
Colin n’avait pas de bergère,
Et s’ennuyait tout seul. Le garde sort du bois :
Depuis l’aube, dit-il, je cours dans cette plaine
Après un vieux chevreuil que j’ai manqué deux fois
Et qui m’a mis tout hors d’haleine.
Il vient de passer par là bas,
Lui répondit Colin : mais, si vous êtes las,
Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place,
Et j’irai faire votre chasse ;
Je réponds du chevreuil. – ma foi, je le veux bien.
Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien,
Va le tuer. Colin s’apprête,
S’arme, appelle Sultan. Sultan, quoiqu’à regret,
Court avec lui vers la forêt.
Le chien bat les buissons ; il va, vient, sent, arrête,
Et voilà le chevreuil… Colin impatient
Tire aussitôt, manque la bête,
Et blesse le pauvre Sultan.
À la suite du chien qui crie,
Colin revient à la prairie.
Il trouve le garde ronflant ;
De vaches, point ; elles étaient volées.
Le malheureux Colin, s’arrachant les cheveux,
Parcourt en gémissant les monts et les vallées ;
Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux,
Colin retourne chez son père,
Et lui conte en tremblant l’affaire.
Celui-ci, saisissant un bâton de cormier,
Corrige son cher fils de ses folles idées,
Puis lui dit : chacun son métier,
Les vaches seront bien gardées.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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CHEMISE DE NUIT (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



CHEMISE DE NUIT

En chemise de nuit,
Robe d’étranges rires
Ah! messieurs je m’ennuie,
Je m’ennuie à mourir.

Une heure m’interroge
En son nid de soupirs,
La bête au coeur d’horloge
Tinte mes devenirs.

Sur la vague où mon âme
Attend l’aube à minuit
Toutes les belles dames
Encombrent mon ennui.

Elles rient ou s’étonnent
Sans savoir où je suis
— « Partez, je vous l’ordonne.
Ah! messieurs je m’ennuie. »

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Louis Treserras 

 

 

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AVEC L’HERBE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
AVEC L’HERBE
À Berthold Mahn

Ah ! que je vous regarde avec des yeux fervents,
Arbres grandis ici et là sans contrainte,
Mes frères qu’on n’a pas comptés et mis en rangs
Et qui mêlez doucement vos bras et vos têtes !
Que je ne te force pas à tomber avant l’heure,
Petite feuille d’or qui rêves en te berçant ;
Tu naquis pour danser dans l’air et la lumière,
Reste jusqu’à la fin de ta danse et de ton sang !
Ah ! et toi, gazon vif, herbe populeuse, heureux peuple
Que font jouer les vents et l’ombre des nuages ;
Clémence de la terre ! Espérance invincible
Qui renaît de la cendre et qui perce la neige !
Qu’en toi je m’agenouille et que je cache en toi,
Herbe, ma face d’homme qui fait fuir les bêtes !
Que je sois confondu à ta taille ; et ta loi,
Que je la réapprenne et qu’elle me relève !
Brins verts contre ma bouche et que mon souffle fait trembler,
Je vous confie la détresse de l’homme
Et la honte où il est d’avoir encore abandonné
Le soin de son royaume au rebut des âmes.
Herbe que rajeunit et lave chaque aurore,
Je convie en ton cœur les cœurs toujours aimants ;
Je convie en ton cœur ces peuples vieux qui pleurent,
Repliés sous un joug sanglant !

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉLÉGIE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
ÉLÉGIE

Dans une bête coupure
Que je m’étais faite au pouce
Mon cœur battait lourdement.
La pluie violente noyait
L’herbe trop longue et malade
Que mes pas enfouissaient.
J’allais, soldat grelottant,
Plutôt gibier que chasseur,
À travers une oseraie
Où je me tordais les pieds.
Mais, laissant mon corps à la peine.
Oubliant mon triste harnais,
Je m’étais enfoncé bien loin
Dans le plus riche de mes rêves
Et je me prenais à sourire.
Je n’étais pas si malheureux
Que ce soir où, devant ma table,
Je me complais à retrouver
L’eau qui débordait mes souliers,
L’osier qui cinglait mon visage
Et ces battements dans mon pouce.

(Charles Vildrac)

https://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/charles-vildrac-soldat-poete-le-chant-du-desespere-24

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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