Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sombre’

Sombres clarines dans l’ubac (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Le vide,

Est-ce
Qu’il parle, crie, déclame,
Chante, se tait?

Une espèce de rire.

Sombres clarines
Dans l’ubac.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sans clés et dans le noir (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Sans clés et dans le noir

C’était un de ces jours où tout se passe bien.
J’avais fais le ménage et écrit
deux-trois poèmes qui me plaisaient.
Je ne demandais pas plus.
Alors je suis sorti dans le couloir pour jeter la poubelle
et derrière moi, à cause d’un courant d’air,
la porte s’est fermée.
Je suis resté sans clés et dans le noir
à entendre les voix de mes voisins
à travers les portes.
C’est passager, je me suis dit ;
mais la mort aussi pourrait être comme ça :
un couloir sombre,
une porte fermée avec les clés dans la serrure
la poubelle dans les mains.

***

Sin llaves y a oscuras

Era uno de esos días en que todo sale bien.
Había limpiado la casa y escrito
dos o tres poemas que me gustaban.
No pedía más.
Entonces salí al pasillo para tirar la basura
y detrás de mí, por una correntada
la puerta se cerró.
Quedé sin llaves y a oscuras
sintiendo las voces de mis vecinos
a través de sus puertas.
Es transitorio, me dije;
pero así también podría ser la muerte:
un pasillo oscuro,
una puerta cerrada con la llave adentro
la basura en la mano.

(Fabián Casas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: El salmón (1996) – Le Voyage du saumon –
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Julia Azaretto
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme est en mer (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le sommeil du condor (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



 

Le sommeil du condor

Par-delà l’escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L’envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence,
Regarde l’Amérique et l’espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l’est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ;
Du continent muet elle s’est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.

Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d’une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l’assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l’abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,

Il s’enlève en fouettant l’âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n’atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l’astre vivant,
Il dort dans l’air glacé, les ailes toutes grandes.

(Leconte de Lisle)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FÉE ÉLECTRICITÉ (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
FÉE ÉLECTRICITÉ

Tu m’es tombée sur le coin du coeur.

Il était coupant, couvert de mines et de volcans
mais tu es entrée quand même.

À l’intérieur, tu as découvert un champ de bataille,
une décharge privée d’électricité.

Tout un village d’ombres et de fantômes abandonnés.

Il faisait sombre, il faisait froid.

Mais tu es restée quand même.

Tu as branché ton électricité.

Tu as allumé une flamme qui n’existait plus.

Âme illuminée façon ciel étoilé,
je t’explore de jour en nuit.

Fée électricité, tu as rallumé ma vie.

(Mathias Malzieu)

 

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SIEGE (Luca Benassi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: John Hacking 
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 671 « SIEGE », Luca Benassi, Italy
from “I fasti del grigio”, Edizioni Lepisma
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SIEGE

Qu’est-ce donc pour un siège
ce sombre anéantissement de soldats en armes
sous les murs de Troie ?
On parle de vaisseaux en feu
et de ciel aussi noir
que la rivière saturée de sang
après la bataille.
Mais la guerre commence à présent
avec les faces noires
de créatures, vos créatures
qui braquent leurs épées vers notre maison.
Et toi, femme
mesure le bruit
le bruit de la pierre
qui aiguise les lames.

(Luca Benassi)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

BELEGERING

Wat is dit voor belegering,
deze sombere ommanteling van gewapenden
onder de muren van Troje?
Men spreekt over schepen die in brand staan
en de lucht zo zwart
als de met bloed bedekte rivier
na de strijd.
Maar de oorlog begint nu
met de zwarte hoofden
van mensen, jouw mensen
die hun zwaarden naar ons huis richten
En jij, vrouw,
tel het geluid
het geluid van de steen
die de messen scherpt.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

ASEDIO

¿Qué es este asedio,
este lúgubre cinturón de ejércitos
bajo los muros de Troya?
Hablan de los barcos en llamas
y del cielo negro
como el río cubierto de sangre
después de la batalla.
Pero la guerra comienza ahora
con las cabezas negras
de los hombres, los tuyos,
que extienden sus espadas hacia nuestra casa
y tú, mujer
capta el sonido,
el sonido de la piedra
afilando las hojas.

Traducción Rafael Carcelén

***

SIEGE

What is this siege,
this gloomy enclosure of armed men
beneath the walls of Troy?
It tells of ships in flames
and of the black sky
like the river covered in blood
after the battle.
But the war begins now
with the black heads
of the men—yours
who point swords at our house,
and you, woman,
who count the sound,
the sound of the stone
which sharpens the blades.

Translation: Luca Benassi – Stanley Barkan

***

ASSEDIO

Cos’è questo assedio,
questa cinta lugubre d’armati
sotto le mura di Troia?
dicono di navi in fiamme
e del cielo nero
come il fiume coperto di sangue
dopo la battaglia.
Ma la guerra inizia adesso
con le teste nere
degli uomini, i tuoi
che tendono le spade alla nostra casa
e tu, donna
conti il suono
il suono della pietra
che affila le lame.

LUCA BENASSI, Italia

***

BELAGERUNG

Was ist diese Belagerung,
diese düstere Einfriedigung von Gewaffneten
unter den Mauern von Troja?
Man spricht von brennenden Schiffen
und vom Himmel schwarz
wie der von Blut überdeckten Fluss
nach der Schlacht.
Aber der Krieg beginnt jetzt
mit den schwarzen Köpfen
der Menschen, deine,
die ihre Schwerter nach unserem Haus strecken
und du, Frau
zählst den Klang
den Klang des Steins
der die Klingen schärft.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ASSÉDIO

Que coisa é este assédio
este círculo lúgubre de armados
sob o muro de Troia?
dizem de navios em chama
e do céu escuro
como o rio coberto de sangue
depois da batalha.
Mas a guerra inicia agora
com as cabeças negras dos homens, teus
que apontam espadas afrontando a casa
e tu, mulher
relata o som,
o som da pedra
que afia as lâminas.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

ASSEDIU

Chi è st’assediu,
sta cinta scurusa d’armati
sutta li mura di Troia?
Parranu di navi ca brucianu
E di celu niuru
Comu lu ciumi allurdatu di sangu
Doppu la battagghia.
Ma la guerra cumincia ora
Cu li testi niuri
Di l’omini, ca sunnu i to,
ca puntanu li spati contru la nostra casa
e tu, donna, cunti lu scrusciu
lu scrusciu di la petra
chi ammula li lami.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ASEDIU

Ce este acest asediu,
această încercuire lugubră de oștiri
sub zidurile Troiei?
E vorba despre nave în flăcări,
despre cerul înnegurat
carâulacoperit de sânge
în urma bătăliei.
Însă războiul începe acum
cu creștetele negre debărbați,ai tăi,
care își întind spre casa noastră spada
și tu, femeie,
numeri sunetul,
sunetul pietrei
ce ascute tăișurile.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OBLĘŻENIE

Coto za oblężenie,
Ten ponury pierścień uzbrojonych mężczyzn
wokół murów Troi?
Opowiadają o płonących okrętach
i oniebie czarnym
jak rzeka pokryta krwią
po bitwie.
Ale wojna zaczyna się od zaraz,
czarnymi głowami
mężczyzn —tychtwoich,
którzy wyciągają mieczew naszym domu,
a ty, kobieto,
zliczaszteodgłosy,
brzmieniekamienia
który ostrzy brzeszczoty mieczy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΠΟΛΙΟΡΚΙΑ

Προς τί αυτή η πολιορκία
σκυθρωπών ανθρώπων
κάτω απ’ τα τείχη της Τροίας;
Μαρτυρεί τα φλογισμένα καράβια
και το μαύρο ουρανό
σαν το γεμάτο αίμα ποτάμι
μετά τη μάχη.
Μα ο πόλεμος τώρα ξεκινά
με τα μαύρα κεφάλια ανθρώπων
σαν το δικό σου
που σκοπεύεις το σπίτι με το σπαθί σου
κι εσύ γυναίκα
που μελετάς τον ήχο
της πέτρας που ακονίζει
τις λεπίδες

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

围 攻

这包围,
特洛伊城墙下武士的
这无望的围场是什么?
它讲述战船着火
以及战役后
黑色天空像满身鲜血的
河流的故事。
但是战争现在开始了
带着男人的
黑脑筋——你的
他们用剑指着我们的房子,
和你,女人,
你数着声音,
使刀刃锋利的
石头的声音。

原作:意大利 卢卡·贝纳西
英译:卢卡·贝纳西—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

حِصار

يا لِهَذا الحِصار.
ذلكَ الطَّوقُ الكَئيبُ للجُنود
تحتَ أسوارِ طَرَوادة؟
يَحكي عن سُفنٍ أُضْرِمتْ فيهَا النِّيران
وسَماءٌ تَلبَّدتْ بالدُّخان
كنهرٍ غطَّتْهُ الدِّمَاء
بعدَ معاركٍ وقتال.
لكن طُبولَ الحربِ تقرعُ الآن
ورجالٌ برؤوسٍ سود
شاهِرينَ سُيوفَهم على منازِلنا
وأنتُنَّ، أيَّتُها النسوة،
ستسمعن أصواتا،
أصواتُ الحِجارة
التِّي تشحذُ نصلَ السُّيوف.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

घेराबंदी

यह क्या है घेराबंदी,
सशस्त्र पुरुषों के इस उदास बाड़े
ट्रॉय की दीवारों के नीचे?
यह लपटों में जहाजों के बारे में बताता है
और काले आकाश की
जैसे नदी खून में समा गई
लड़ाई के बाद l
लेकिन युद्ध अब शुरू होता है
ब्लैक हेड्स के साथ
पुरुषों की – तुम्हारा
जो हमारे घर पर तलवारें चलाते हैं,
और तुम, महिला,
कौन ध्वनि की गिनती कर रही हैं ,
पत्थर की आवाज
जो ब्लेड को तेज करता है।

लुका बेनासी, इटालिया l

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

包囲網

この包囲網は何だ
トロイの壁の下で
武装した男たちが暗く取り囲んで
それは炎に包まれた船
そして黒い空を語っている
戦いの後に
地で覆われた河のように

ところが戦争はいま始まる
男たちの黒い頭の群れ
それは剣を私たちの家に向ける
あなたの頭でもある
そして刃を磨く石の音を数える
お前たち女もそうなのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

محاصره

این محاصره چیست،
این حصار غمانگیز از مردان مسلح
زیر دیوارهای تروا؟
برایمان از کشتیهای شعلهوردر آتش میگوید
و از آسمان سیاه
مانند رودخانهیی پوشیده از خون
بعد از نبرد.
اما جنگ حالا شروع شده
با مردانی کله سیاه
و شمشرهایی که نوکشان به سمت خانههای ماست،
و تو، زن،
که صدا را میشماری
صدای سنگ

که تیغه شمشیرها را تیز میکند.
لوسیا بناسی، ایتالیا

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОБСАДА

Каква е тази обсада,
това застрашително струпване на армия
под стените на Троя?
Тя предвещава за кораби в пламъци
и за червено небе
като реката покрита с кръв
след битката.
Но войната започва сега
с черните глави
на войниците – твоите,
които издигат мечове срещу нашата къща
и ти, жено,
която броиш звуците,
звуците на камъка,
който точи остриетата.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

UMSÁTUR

Um hvað sitja þeir,
vopnuðu mennirnir sem umkringja
múra Tróju?
Sagt er frá logandi skipum
og svörtum himni
og blóðugri ánni
eftir orrustuna.
En stríðið byrjar núna
með svörtum höfðum
mannanna — ykkar
sem beinið sverðum að húsinu okkar,
og þér, kona,
sem telur hljóðið,
hljóð steinsins
sem brýnir sverðin.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Luca Benassi og Stanleys Barkan
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Осада

Чтоэто за осада,
темные плащисолдат
под стенами Трои?
Все говорят о сожженных кораблях,
ивоздухчёрен,
словнорека, полная крови,
после битвы.
Но вот сейчас начнут войну
черныеголовы
людей, твоих людей,
поднявших меч на нас.
Иты, госпожа,
считайзвуки,
звукикамня,
о который точат нож.

Translation into Russian by Daria Mishueva

***

PAGKUBKOB

Ano itong pagkubkob na ito,
ang malungkot na pagkabihag sa mga de armas na mga tao
sa likod ng dingding ng Troy?
Tinutukoy nito ang nasusunog na mga barko
at ang madilim na kalangitan
tulad ng ilog na nabalot ng dugo
pagkatapos ng digmaan.
Subalit ang digmaan ay nagpasimula na ngayon
sa mga itim na ulo ng tao- kayo
na nagsipagtutok ng mga espada sa aming bahay,
at ikaw, babae,
na nagbilang ng tunog,
tunog ng mga bato
na nagpatalas ng mga talim.

Translation in Filipino-Eden Soriano Trinidad

***

מצור / Luca Benassi, איטליה

מַהוּהַמָּצוֹרהַזֶּה,
הַכִּתּוּר הַקּוֹדֵר שֶׁל אֲנָשִׁים חֲמוּשִׁים
מִתַּחַתלְחוֹמוֹתטְרוֹיָה?
פֵּרוּשׁ הַדָּבָרשֶׁיֵּשׁסְפִינוֹתבְּלֶהָבוֹת
וְשָׁמַיִםשְׁחוֹרִים
כְּמוֹהַנָּהָרהַמְּכֻסָּהבְּדָם
לְאַחַרהַקְּרָב.
אֲבָלהַמִּלְחָמָהמַתְחִילָהעַכְשָׁו
עִםהָרָאשִׁיםהַשְּׁחוֹרִים
שֶׁלהַגְּבָרִים–שֶׁלָּכֶם,
שֶׁמַּפְנִיםחֲנִיתוֹתאֶלבָּתֵּינוּ,
וְאַתְּ,אִשָּׁה,
שֶׁמּוֹנָהאֶתהַצְּלִיל,
צְלִילהָאֶבֶן
שֶׁמַּשְׁחִיזָהאֶתהַלֶּהָבִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

முற்றுகை
இது என்ன முற்றுகை
ட்ராயின் சுவர்களுக்குக் கீழே
ஆயுதம் ஏந்திய மனிதனின் இருள் படிந்த அடைப்பிற்குள்?
எரியும் கப்பல்கள்
கருத்த மேகங்கள்
போருக்குப்பின்
இரத்தம் நிறம்பிய ஆறாக.
இப்பொழுதுதான் போர் துவங்குகிறது
உங்களைப்போன்ற
கருப்புத்தலை மனிதர்களோடு
எங்கள் வீடுகளை நோக்கி வாளைக் காட்டுகிறீர்கள்
நீங்களும் , பெண்களும்
ஒலிகளை எண்ணிக்கொண்டிருக்கிறீர்கள
வ்ாளினைத் தீட்டிக் கூறாக்கும்
கற்களின் ஒலியை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by nvsubbaraman

***

DORPÊÇ

Çî ye ev dorpêça,
ev çepera tarî ji çekdaran
li ber dîwarê Troya?
Li ser keşitya sotîndar tê axaftin
û esmanê reş
çawa rubar bi xwînê hatibû têwerdan
piştî şergehê.
Lê ceng niha bi
seriyên reş destpêdike
yên mirovan, yên te
ewên şwîrên xwe berv mala me dirêjdikin
û tu, jinê
dengê cengê dijmêrî
awaza hesanê
twîjkirina peykanan.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবরোধ

কি এইঅবরোধ,
এইঅন্ধকারাচ্ছন্নসশস্ত্রযোদ্ধাদেরএইলড়াই
ট্রয়েরদেয়ালএরনিচে?
এযেবলশিখাময়নৌবহরেরকথা
আরতমসাচ্ছন্নআকাশেরকথা
ঠিকযেমননদীটিরক্তেপরিপূর্ণ
যুদ্ধেরপরে ।
কিন্তুএখনযেযুদ্ধেরসময়
সঙ্গেনিয়েকৃষ্ণময়মস্তকগুলো
আপনাদেরই – পুরুষদের
যারাকরেতলোয়ারতাআমাদেরগৃহে,
এবংআপনাদের, মহিলাদের,
যারাআওয়াজগণনাকরে,
পাথরেরশব্দ
যেপাথরশাণ দেয়অস্ত্রেরফলকগুলিকে ।
লুকাবেনাসি, ইতালি

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

LÉIGEAR

Cad chuige an léigearseo,
An campa míleatagrána
faoibhallaínaTraí?
Eachtraíonnséloingdhóite
An spéirdubh le toit
An abhainndearg le fuil
i ndiaidh an chatha.
Ach tosaíonn an fíorchoimhlintanois
idircloigeannachacantalacha
nabhfear—do chuidse
a dhíoraíonn a gclaimhtearárdtithe,
agustusa, a bhean,
a chloiseann an fhuaim,
fuaimnacloichefaobhair
a géaraíonn an lann.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

Опсада

Каква је ово опсада,
суморна ограда наоружаних људи
испод зидина Троје?
Проповеда о бродовима у пламену,
црном небу,
реци којом плива крв
после боја.
Али рат почињу сада
црне главе
мушкараца-твојих
са мачевима упереним на нашу кућу,
а ти, жено
бројиш звуке,
звуке камена
који оштре сабље.

Са енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S Piksiades

***

ОПСАДА

Каква ли е оваа опсада,
ова мрачно опколување на вооружени мажи
под ѕидовите на Троја?
Тоа зборува за бродови во пламен
и за црно небо
како реката во крв
по битка.
Но војната започнува сега
со црните глави
на мажите—твоите
кои со мечеви посочуваат на твојата куќа,
и со тебе, жено,
која го броиш звукот,
звукот на каменот
што ги остри сечилата.

Translation from English in Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Պաշարում

Ի՞նչ է այս պաշարումը՝
զինվածմարդկանցմռայլպարիսպը
Տրոյայիպատերիտակ:
Այն պատմում է այրվող նավերի
և սև երկնքի մասին,
ինչպես մարտից հետո
գետն է ներկվում արյունով:
Բայց պատերազմը
նոր է սկսվում միայն՝
տղամարդկանց սև գլուխներով,
որ ուղղում են թրերը դեպի տունը մեր
և դու՝ կի՛ն,
հաշվում ես ձայնը՝
ձայնը քարի,
որ սրում է շեղբըթրերի:

Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Luca Benassi)

 

Recueil: Ithaca 671
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021



    

Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve,
et s’il faut que j’ajoute, dans ma vie,
une fois encore, la désillusion aux désillusions;
et, si je dois encore, par ma sombre folie,
chercher dans la douceur du vent et de la pluie
les seules vaines voix qui m’aient en passion :
je ne sais si je guérirai, ô mon amie…

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Melancholia (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    
Melancholia
(extrait)

… Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : – Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Veni, vidi, vixi (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



Illustration: Désiré François Laugée
    
Veni, vidi, vixi

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;

Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j’ai bien assez vécu.

Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur, ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :