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Poésie

Posts Tagged ‘sombre’

CRÉPUSCULE D’HIVER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



CRÉPUSCULE D’HIVER

Crépuscule d’hiver, sombre, dolent,
Et la plaine si blanche — un rond immense
Ramant lentement un corbeau avance,
Coupant l’horizon, diamétralement.

Les arbres neigeux, cristal scintillant…
Des voix m’invitent à l’évanescence,
Le même corbeau revient en silence,
Coupant l’horizon, diamétralement.

(George Bacovia)

Illustration

 

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TABLEAU D’HIVER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



TABLEAU D’HIVER

Une charogne, un corbeau, moi, un champ…
C’est l’hiver, et la neige tout inonde…
Au loin, la neige et le ciel se confondent
Personne… Neige… il neige tout le temps.

— O corbeau !
A quoi bon une âme près du tombeau…
Isolée en le désert, tristement,
Quand les ans passent je ne sais comment.
O corbeau !
A quoi bon une âme près du tombeau…
— Tu dis vrai !

— O corbeau !
A quoi bon une âme près du tombeau…
Sombre caveau, retards, mensonges,
Est-ce là vie ou est-ce songe ?
O corbeau !
A quoi bon une âme près du tombeau…
— Tu dis vrai !

Il est tard, il neige et tombe la nuit…
Je suis seul, j’écoute…
La ville est là, personne sur la route
Silence, rien, chez moi me revoici !…

(George Bacovia)

Illustration: Jean François Millet

 

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LE LYS (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

LE LYS

Dans le recoin le plus sombre
du jardin, près de la pompe
et du figuier, l’humide Rite naît
dans les ténèbres.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Cause de détresse (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 

Cause de détresse

Ton corps est aussi tendu que celui d’un chat
Qui traque sa proie.
Tes pensées tourbillonnent comme des branches de saule,
Prisonnières des vents d’automne.
Ton âme est aussi lourde que la tourbe
Nouvellement extraite de la tourbière.
Ton coeur est aussi sombre que la terre
Détrempée par les pluies d’hiver.

Comprends d’abord la cause de ta détresse.
Ensuite seulement pourras-tu guérir.

(Pensées celtiques)

Illustration

 

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Le long du bord de la mer (Dylan Marlais Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



Le long du bord de la mer,
écoute les voyelles sombres des oiseaux.

(Dylan Marlais Thomas)


Illustration: Claude Monet

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Les joies (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Volant autour de la source,
La changeante libellule
M’éjouit depuis longtemps :
Tantôt sombre et tantôt claire,
Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,
Tantôt bleue et tantôt verte.
Oh! Si je pouvais, du moins,
Voir de tout près ses couleurs!

Elle bourdonne et plane et point ne cesse!
Mais, chut! Au tronc du saule elle se pose.
Ah! Je la tiens! Ah! Je la tiens! Sur l’heure,
Je l’examine avec précision,
Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’analyste de tes Joies!

***

Die Freuden

Es flattert um die Quelle
Die wechselnde Libelle,
Mich freut sie lange schon;
Bald dunkel und bald helle,
Wie dern Chamäleon;

Bald rot, bald blau.
Bald blau, bald grün.
O dass ich in der Nähe
Doch ihre Farben sähe!

Sie schwirrt und schwebet, rastet nie!
Doch still, sie setzt sich an die Weiden.
Da hab ich sie! Da hab ich sie!
Und nun betracht ich ihn genau,
Und seh ein traurig dunkles Blau.

So geht es dir, Zergliedrer deiner Freuden!

(Goethe)

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EAU MORTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
EAU MORTE

Eau morte, sommeil des marais
où de larges feuilles de venin macèrent,
tantôt blanche tantôt verte dans les éclairs,
tu es semblable à mon coeur.

Alentour le peuplier grisonne et le chêne vert;
feuilles et glands s’apaisent du dedans
et chacune a ses cercles issus d’un centre originaire
déformés par le sombre bourdon du vent.

Ainsi comme sur l’eau le souvenir dessine
des cercles de plus en plus grands, ainsi mon coeur
part d’un centre et quand il meurt,
eau morte il te ressemble comme une soeur.

***

ACQUAMORTA

Acqua chiusa, sonno delle paludi
che in larghe lamine maceri veleni,
ora bianca ora verde nei baleni,
sei simile al mie cuore.

Il pioppo ingrigia d’interno ed il leccio;
le foglie e le ghiande si quietano dentro,
e ognuna ha i suoi cerchi d’un unico centro
sfrangiati dal cupo ronzar del libeccio.

Cosi, come su acqua allarga
il ricordo i suoi anelli, mio cuore;
si muove da un punto e poi muore :
cosi t è sorella acquamorta.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Chien aux écoliers (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018


chien

 

Les écoliers par jeu brisent la glace
dans un sentier
près du chemin de fer
on les a lourdement habillés
d’anciens lainages sombres
et ceinturés de cuirs fourbus
le chien qui les suit
n’a plus d’écuelle où manger tard
il est vieux
car il a leur âge.

(Jean Follain)

 

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Les astres (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Les astres pâles dirent :
 » Nos distances de nuit,
Ces déserts de l’espace,
D’un bond l’oeil les franchit.

Mais qui s’en est allé
Du sombre vol de l’âme
Voyage par delà
L’éclat de notre feu.  »

J’ai dit :  » D’où il chemine
Qu’aucun de mes chagrins
N’appelle une pensée
Jusqu’à nos ciels obscurs,

Nulles larmes humaines
Sur ces ailes qui passent,
Libres du poids de terre
Et de la roue des astres.  »

***

The faint stars said,
 » Our distances of night,
These wastes of space,
Sight can in an instant cross,

But who has passed
On soul’s dark flight
Journeys beyond
The flash of our light.  »

I said,  » Whence he is travelling
Let no heart’s grief of mine
Draw back a thought
To these dim skies,

Nor human tears
Drench those wings that pass,
Freed from earth’s weight
And the wheel of stars.  »

(Kathleen Raine)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Le coeur se tourne vers sa nuit (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Le coeur se tourne vers sa nuit,
Scrutant le coin le plus sombre à l’affût de l’aube
D’un soleil enseveli :
Il n’en est pas d’autre.

***

Heart turns into its night
Scanning the darkest quarter for the dawn
Of a sun that set:
Else there is none.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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