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Poésie

Posts Tagged ‘sombre’

Dans le moulin de ma solitude (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l’aurore,
vous avanciez comme le feu.
Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue.
Et vos rives inondaient toutes mes terres.
Quand je rentrais en moi, je n’y retrouverais rien :
là où tout était sombre, un grand soleil tournait.
Là où tout était mort, une petite source dansait.
Une femme si menue qui prenait tant de place : je n’en revenais pas.
Il n’y a pas de connaissance en-dehors de l’Amour.
Il n’y a dans l’amour que de l’inconnaissable.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Les livres sont des enfants (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022




    
Les livres sont des enfants
qui consolent les grandes personnes
en leur chantant un air
Comme des enfants l’été
impatients des longues siestes
les mots entrent dans la chambre
et nous tirent par la main
par la main bleue du songe
réclamant suppliant
alors quand est-ce qu’on se baigne

Les livres même les plus sombres
amènent la vie la joie
chassent la tristesse
La tristesse ce n’est pas la pluie
pas la douleur pas l’ennui
pas même le mal d’amour
La tristesse c’est
le manque de Dieu
comme on dit le manque
d’air ou d’argent
Une maladie de l’âme
un grave défaut de fraîcheur

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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La grâce se paie toujours au prix fort (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie.
Il y a, dans le fond de chaque vie,
une chose terriblement lourde, dure et âpre.
Comme un dépôt, un plomb, une tache.

Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tache de tristesse.
À part les saints et quelques chiens errants,
nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse.
Plus ou moins. Même dans nos fêtes elle peut se voir.

La joie est la matière la plus rare dans ce monde.
Elle n’a rien à voir avec l’euphorie, l’optimisme ou l’enthousiasme.
Elle n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables.
La joie ne vient pas du dedans,
elle surgit du dehors — une chose de rien, circulante, aérienne, volante.

On lui accorde beaucoup moins de crédit qu’à la tristesse qui, elle,
fait valoir ses antécédents, son poids, sa profondeur.
La joie n’a aucun antécédent, aucun poids, aucune profondeur.
Elle est toute en commencements, en envols, en vibrations d’alouette.

C’est la chose la plus précieuse et la plus pauvre du monde.
Il n’y a guère que les enfants pour la voir. Les enfants, les saints, les chiens errants.
Et toi. Tu l’attrapes au vol, tu la redonnes aussitôt, il n’y a rien d’autre à en faire.
Et tu ris, tu ne sais que rire devant tant de richesse donnée, reçue.

Tu as pourtant affaire, comme chacun, à cette chose terrible dans ta vie,
à cette ombre terriblement lourde, dure, âpre.
Tu lui fais place comme au reste.
Tu ouvres la porte à la tristesse si aimablement qu’elle en est perdue,
qu’elle en perd ses manières sombres et qu’on ne la reconnaît plus.

La grâce se paie toujours au prix fort.
Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini.
Dans tes rires c’est ton courage que j’entendais:
un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l’assombrir.

(Christian Bobin)

 

 

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Abandonnés aux vautours (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




Abandonnés aux vautours
les cadavres de parsis
restent étendus
sur la Tour de Silence à Bombay
les femmes imposent à leurs ombres
des formes de guitare
entre les dalles l’herbe croit
dans l’angle sombre
quelqu’un attend
à la vaste lumière revoici les pierres blanches
le rayon de miel parfait.

(Jean Follain)

 

 

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SÉRÉNITÉ (Maria Nivea Zagarella)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2022




    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Albanian, Arabic, Bosnian, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, French, German, Greek, Hebrew, Hindi, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Poem of the Week Ithaca 737,”FAIR WEATHER“,
MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilië)

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

SÉRÉNITÉ

Dors, mon tout petit, ta maman va te consoler.
Durant l’orage les éclairs ont illuminé la nuit
et une sombre brume aveugle la pensée,
mais le cœur goûte un dernier enchantement
et l’herbe pousse…
les roses s’enflamment
la douce rosée
festonne les fleurs de l’oranger
et réveille l’âme.
De la mer j’ai fait naître lumière et beauté,
la mer est mon berceau, le vent
mon souffle…

(Maria Nivea Zagarella)

(Sicile)
Traduction Elisabeth Gerlache
***

FAIR WEATHER

Sleep, my little one, your mother is here to comfort you
The storm whitened the night with lightning
and the dark fog blinds the mind
but the heart knows one last magic spell
and the grass grows …
roses bloom,
sweet morning dew embroidering orange blossoms
and stimulates the soul
I raised you from the sea, light and beauty,
the sea is cradle, wind
is my own breath …

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
English translation by Gaetano Cipolla

***

SERENO

Duerme, pequeño, que la madre te consuela.
La noche blanqueada con relámpagos en la tormenta
y la niebla oscura ciega el pensamiento
pero el corazón conoce un último hechizo
y la hierba crece…
las rosas estallan,
el rocío endulzado de la mañana
que borda el azahar
y estimula el alma.
Del mar te elevé, luz y belleza,
el mar es cuna, el viento
es mi aliento…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilië)
Traducción del italiano de Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

ONBEWOLKT

Slaap, kleintje, laat je moeder je troosten.
De nacht werd tijdens de storm door bliksems verlicht
en donkere mist verblindt de gedachte,
maar het hart ervaart een laatste betovering
en het gras groeit …
rozen ontvlammen,
de zoete ochtenddauw
borduurt de sinaasappelbloesems,
en wekt de ziel op.
Uit de zee heb ik licht en schoonheid doen ontstaan,
de zee is mijn wieg, de wind
is mijn adem…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilië)
Vertaling uit het Italiaans: Germain Droogenbroodt

***
NINULLË

Fli, vogëlushe, nënën e ke pranë
nga vetëtima e stuhia nata u zbardh
dhe mjegulla e errët mendimin verbon
por zemra e njeh magjinë gjithmonë
dhe bari rritet…
trëndafilat lulëzojnë,
vesa e ëmbël e mëngjesit lulen e portokallit
qëndis dhe shpirtin ngacmon.
Buzë detit të rrita, bukuri e rrallë,
deti është djep, fryma ime
është fllad…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Siçili)
Translation into Albanian: Irma Kurti

***

هَادِيءٌ

نَمْ يَا صَغِيري نَمْ… فَأَنَا هُنَا من أَجْلِك
لِأُرِيحَكَ
بَرْقُ العَاصِفَةِ يُصَيِّرُ الليلَ اَبْيَضًا
وَالضَّبَابُ الحَالِكُ يُرْبِكُ الفِكْرَ
إِلا أَنَّ قَلْبِي مَا يَزَالُ يَعْرِفُ تَهْوِيدَةً سِحْرِيَّةً أَخيرَةً

العُشْبُ يَنْمُو والزُّهُورُ تَتَفَتَّحُ
يُثُيرُ الرُّوحَ
قَطْرُ النَّدى وَهُو يُطَرِّزُ الصَّبَاح الجَمِيلِ بِزُهُورِ البُرْتُقَال

رَبَّيْتُكَ عَلَى البَحْرِ، النُّور والجَمَال
البَحْرُ كَانَ المَهْدَ والرِّيحُ أَنْفَاسِي

ماريا نيفيا زاغريلا (Maria Nivea Zagarella)، صقلية –إيطاليا.
ترجمة للعربية (من والإيطالية و الإنجليزية): عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

শান্ত আবহাওয়া

ঘুমোও, আমার ছোট্ট প্রিয়জন তোমার মা
এইখানে আছে তোমায় স্বস্তি দিতে
ঝড় রাতকে করেছে ধবলিত
বিদ্যুৎ চমকানির
দিয়ে
কয়েকটি আর গভীর কুয়াশা অন্ধ করে মন
কিন্তু হৃদয় জানে যে একটি শেষ ইন্দ্রজাল
এবং ঘাস জন্মায়…
গোলাপের প্রস্ফুটিত হয়,
মিষ্টি ভোরের শিশির বিন্দু কমলার পুষ্প বিকাশের অলংকার
আর করে উজ্জীবিত আত্মাকে
আমি তোমায় করেছি উত্থাপন সাগর হতে,
আলো আর সৌন্দর্য,
সাগর যে দোলনা, বাতাস
আমার নিজের শ্বাস প্রশ্বাস…

মারিয়া নিভা জাগারেলা (সিসিলি)
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

STRAŠNO VRIJEME

spavaj, mala moja, tvoja majka je tu da te utješi
oluja je munjama zabijelila noć
a tamna magla zasljepljije um
ali srce zna za posljednju magičnu čaroliju
i trava raste…
ruže cvjetaju,
slatka jutarnja rosa koja vez cvjetove narandže
i stimuliše dušu
od mora sam te podigao, svjetlost i ljepota,
more je kolijevka, vjetar
je moj vlastiti dah…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilija)
prijevod na bosanski MAID ČORBIĆ

***

SERENOR

Dorm, petita, perquè la mare et reconforta
La nit es va blanquejar amb llamps en la tempesta
i la boira fosca encega el pensament
però el cor coneix un darrer encanteri
i l’herba creix…
flamen les roses,
dolça rosada matinal
que broda la flor del taronger
i l’ànima es burla
T’he criat vora el mar, llum i bellesa,
el mar és bressol, vent
és el meu alè…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilia)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

安 宁

睡吧,宝贝,妈妈在安慰你
暴风雨夹着闪电白亮了夜晚
而这黑浓的雾蒙瞎了心灵
但心却知道一个最后的魔咒
而草在生长……
玫瑰绽放,
芬芳的晨露在晶亮橘子花
还激励这灵魂
我把你从海、光和美中抚养成人,
大海是摇篮,风
则是我自己的呼吸……

原 作:意大利(西西里) 玛丽亚·尼维亚·扎加雷拉
英 译:盖塔诺·西波拉
汉 译: 中 国 周道模 2022-6-25
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

آسمان صاف

بخواب کوچولوی من، مادرت اینجاست تا آرامت کند.
طوفان شب را با رعد و برق سفید کرد
و مه سیاه ذهن را کور می‌کند
اما قلب آخرین طلسم جاویی را می‌داندو علف‌ها می‌رویند..
رز‌ها می‌شکفند،
شبنم شیرین صبح‌گاهی شکوفه‌های پرتقال را می‌آراید
و روح را تحریک می‌کند
من تو را از دریا، نور و زیبایی آفریدم،
دریا گهواره ست
باد نفس خودم است

ماریا نیویا زاگارلا ,سیسیلی
سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

FRIEDLICH

Schlaf, Kleines, lass deine Mutter dich trösten.
Die Nacht erhellte sich mit Blitzen im Sturm
und dunkler Nebel blendet den Gedanken
aber das Herz kennt einen letzten Zauberspruch
und das Gras wächst
Rosen blühen auf
Der süsse Morgentau
bestickt die Orangenblüten
und erregt die Seele.
Aus dem Meer habe ich dich erhoben, Licht und Schönheit,
das Meer ist meine Wiege, der Wind
ist mein Atem…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sizilien)
Übersetzung– Germain Droogenbroodt –
Wolfgang Klinck

***

ΚΑΛΟΣ ΚΑΙΡΟΣ

Κοιμήσου, παιδάκι μου, η μαμά σου θα σε φροντίσει.
H καταιγίδα φώτισε τη νύχτα μ’ αστραπές
κι η πυκνή ομίχλη στραβώνει το νου
μα η καρδιά γνωρίζει το μυστικό
και το γρασίδι μεγαλώνει
τριαντάφυλλα ανθίζουν

γλυκιά πρωινή δροσιά κεντά πέταλα λουλουδιών
και τονώνει την ψυχή
καθώς σε ύψωσα απ’ τη θάλασσα, φως κι ομορφιά,
η θάλασσα μια κούνια
κι αγέρας η ανάπνοια μου

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

યોગ્ય વાતાવરણ

સૂઈ જા, મારા નાના ભૂલકાં, તારી માતા તને રાહત આપવા અહિં જ છે
વાવાઝોડું વીજળીથી રાતને સફેદ કરી રહ્યું છે
અને આ ગાઢું ધુમ્મસ મગજને આંધળું બનાવી રહ્યું છે
પરંતુ હૃદય જાણે છે કે એક અંતિમ જાદુઈ મંત્ર
અને ઘાસ ઉગશે…
ગુલાબ ખીલશે,
મીઠી સવારની ઝાકળ કેસરી કળીઓને ગૂંથી રહી છે
અને આત્માને ઉત્તેજિત કરી રહી છે
મેં તને દરિયામાંથી ઉછેર્યો છે, પ્રકાશ અને સુંદરતા ,
દરિયો પારણું છે, પવન
મારો પોતાનો શ્વાસ છે.

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Translation in Gujarati byDr Nirali Soni

***

רגוע / מריה ניבאה זגרלה, סיציליה
Maria Nivea Zagarella

נוּמָה, קְטַנְטַנִּי, אִמְּךָ כָּאן לְנַחֲמְךָ
בָּרָק הִלְבִּין אֶת הַלַּיְלָה בַּסְּעָרָה
וְהָעֲרָפֶל הָאָפֵל מְסַמֵּא אֶת הַנֶּפֶשׁ
אַךְ הַלֵּב יוֹדֵעַ לַחַשׁ פִּלְאִי אַחֲרוֹן

וְהַדֶּשֶׁא גָּדֵל…
וְרָדִים מְלַבְלְבִים,
טַל בֹּקֶר מָתוֹק רוֹקֵם פְּרִיחַת תַּפּוּז
וּמַמְרִיץ אֶת הַנְּשָׁמָה

הֵרַמְתִּי אוֹתְךָ מֵהַיָּם, אוֹר וְיֹפִי,

הַיָּם הוּא עֶרֶשׂ, הָרוּחַ
הִיא נְשִׁימָתִי שֶׁלִּי…

תרגום מאיטלקית לאנגלית:
Gaetano Cipolla
תרגום מאנגלית לעברית:
דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

अच्छा मौसम

सो जाओ, मेरी छोटी,
तुम्हारी माँ यहाँ तुम्हें आराम देने के लिए है
तूफान ने रात को बिजली से सफेद कर दिया
और काला कोहरा मन को अंधा कर देता है
लेकिन दिल एक आखिरी जादू जानता है
और घास उग आती है…
गुलाब खिलने लगते हैं,
मीठी सुबह की ओस कशीदाकारी नारंगी फूल
और आत्मा को उत्तेजित करता है
मैंने तुम्हें समुद्र, प्रकाश और सुंदरता से उठाया है,
समुद्र पालना है, हवा
मेरी ही सांस है…

मारिया निविया ज़गारेला (सिसिली)
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद l
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

CUACA CERAH

Tidurlah, nak, ibumu ada di sini untuk menghibur
Badai memutihkan malam dengan kilat dan guntur
Dan kabut gelap membutakan pikir
tapi hati tahu satu mantra dan sihir terakhir
dan rerumputan tumbuh besar…
mawar mekar
embun pagi yang manis bunga citrus tersulam
dan jiwa terangsang
aku mengangkatmu dari laut, cahaya dan keindahan
laut adalah buaian, angin
adalah nafasku sendiri …

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Indonesian Translation by Lily Siti Multatuliana

***

SOINEANN

Codail, a mhuirnín, tá do mháthair led thaobh;
Gealaíonn soilse tintrí an oíche,
Is tá an fharraige faoi bhrat ceo.
Rún diamhair mo chroí thú
Ag fás mar a bheadh síol…
Craobh ag teacht i mbláth,
nó drúcht
ar bharr bhachlóige.
Sciob mé ón bhfarraige thú, a lóchrann áthais,
ó chliabhán na dtonnta, le puth gaoithe
m’anála…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (an tSicil)
Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach

***

SERENO

Dormi, piccola, ché la madre ti conforta
La notte imbiancò di lampi nella tempesta
e nebbia scura acceca il pensiero
ma il cuore conosce un ultimo incantesimo
e l’erba cresce…
divampano le rose,
rugiada zuccherata della mattina
che la zagara ricama
e l’anima stuzzica
Di mare ti ho allevata, luce e bellezza,
è culla il mare, vento
è il fiato mio…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilia)
Traduzione in Italiano di Maria Nivea Zagarella

***

ある晴れの日に

お眠りなさい、わたしの赤ちゃん
お母さんがあやしてあげるよ
嵐の夜は稲妻で空が白み
暗い霧は心をとざす
しかし心は最後の魔法を知っている
草は育ち、バラの花が咲く
甘い朝露はオレンジ色の花に縫い込まれ
魂をかき立てる
わたしはあなたを海と光の美しさで育てた
海はゆりかごで
風はわたしの息づかいだ

マリア・ニヴェラ・ザガレラ(シチリア)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

HALI YA HEWA NZURI

Lala mdogo wangu, mama yako yuko hapa kukufariji
Dhoruba iliangaza usiku kwa umeme
na ukungu wa giza hupofusha akili
lakini moyo unajua uchawi wa mwisho
na nyasi hukua…
maua ya waridi,
urembeshaji wa umande wa asubuhi tamu
maua ya machungwa
na huchangamsha nafsi
nilikulea kutoka baharini, mwanga na uzuri,
bahari ni ngome,
upepo ni pumzi yangu mwenyewe…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Watafsiri ni Gaetano Cipolla na Bob Mwangi Kihara

***

BI AŞTÎ

Xew, zaroyo, bihêle bila dayîka te, te hêdîbike.
Şev bi birûskên bahozê rondibe
û mija tarî mitaleyê kwîrdike
lê dil gotina dawiyê cadûyî zane
û giya diçezire
gul geşdibin
xunava bedew
kulîkên purteqalê dineqşîne
û cên hizandike.
Ji zeryayê min tu hilda, ronahî û ciwanî,
zerya landika min e,
ba henaseya min e…

MARIA NIEVEA ZAGARELLA, Sîqîlye
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

CUACA YANG BAIK

Tidurlah, anakku, ibumu di sini untuk memanjakan kau
Ribut menerangi malam dengan kilat
dan kabus gelap membutakan minda
tetapi hati mengetahui satu mantra ajaib terakhir
dan rumput tumbuh…
mawar-mawar mekar,
kabus pagi yang manis menyulami bebunga oren
dan mengerakkan roh
kuangkat kau dari laut, ringan dan cantik,
laut ialah buaian, bayu
ialah nafasku sendiri…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Translated into Malay by Irwan Abu Bakar

***

BŁOGIE UKOJENIE

Śpij, malutka, niech matka cię utuli
Burza rozjaśniła noc błyskawicami
a ciemna mgła zakłóca myśli
ale serce zna ostateczne zaklęcie
i trawa wzrasta…
rozpłomieniają się róże
słodka rosa poranka
niech cyzeluje kwiat pomarańczy
i porusza duszę
Nad morzem cię wychowałam, wśród światła i piękna
morze kołyską, a wiatr
to oddech mój …

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sycylia)
Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

TRANQUILIDADE

Dorme, menino, que a mãe te conforta.
A noite embranquece com relâmpagos na tempestade
e a névoa obscurece o pensamento
mas o coração conhece um último encantamento
e a erva cresce
as rosas despontam,
o orvalho doce da manhã
borda a flor da laranjeira
e acorda a alma.
Do mar te elevei em luz e beleza,
o mar é berço, o vento
o meu alento…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicília)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

SENIN

Dormi, micuțo, primește a mamei mângâiere.
Noaptea albește sub potop de fulgere în furtună,
iar ceața întunecată orbește gândul,
însă descântul de pe urmă inima îl știe
iarba îl crește…
înfloresc trandafirii
a dimineții dulce rouă
brodată în flori de portocal
sufletul îl alintă.
Te-am ridicat din mare, lumină, frumusețe,
marea mi-e leagăn, pe când vântul
îmi e suflarea…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilia)
Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

БЕЗОБЛАЧНО

Спи, малыш, пусть мама тебя качает.
Молнии ночью светили во время грозы,
черный туман ослеплял твои мысли,
но сердце увидит еще волшебств –
и вырастет трава…
розы распустятся огнем,
свежая утренняя роса
вышьет узор на лепестках цветов апельсинового дерева,
проснется душа.
Из океана я зову сюда свет и красоту,
океан – моя колыбель, ветер –
мое дыхание…

Мария Нивеа Дзагарелла (Сицилия)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***

USPAVANKA

Spavaj čedo, mama te čuva
Noć osvetljena munjama oluje
a mračna magla oslepljuje misao
ali srce zna zadnju čaroliju
i trava raste…
ožive ruže
a cveće narandžino veze
slatku jutarnju rosu
duši za radost
Odgajam te kraj mora, uz svetlost i lepotu,
more ti je kolevka
a vetar moj dah…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilija)
S engleskog prevela S. Piksiades

***

SERENU

Dormi, nica, ca a matri ti cunorta
A notti allampau ni la timpesta
e negghia scura annorba lu pinzeri
ma sapi u cori n’urtima fattura
e l’erba crisci…
svampunu li rosi,
jilata nzuccarata ra matina ca a zagara raccama
e l’arma stuzzinìa
Di mari t’addivaju, luci e biddizza,
è naca u mari, ventu
è u ciatu m…

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicilia)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

அழகான வானிலை

புயல் மின்னலோடு வெளுமை ஆயிற்று
கருமையான மூடுபனி மனத்தை குருடாக்குகிறது
ஆனால் இதயத்திற்குத் தெரியும்
ஒரு இறுதி மந்திரம்
புல் வளர்கிறது
ரோஜாக்கள் மலர்கினறன
இனிமையான காலைப்பனித்துளிகள்
ஆரஞ்சு மலரவதை எம்ப்ராய்டரித்து
ஆன்மாவை கிளரசசியூட்டுகிறது
கடல், ஒளி, அழகு இவற்றிநின்று உன்னை எழுபபுகிறேன்
கடல் தொட்டில், காற்று எனது சொந்த மூசசு
ஆக்கம்

MARIA NIVEA ZAGARELLA (Sicily)
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 737
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT

Tant d’obscure parole dissoute dans la lumière –
Graniteuse présence, si sombre son creusement
Dans les cavernes de l’oeil!

(Lorand Gaspar)

Illustration: Tina Palmer

 

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Le seul moyen de me retrouver un visage (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022


SANTA_CECILIA_IN_TRASTEVERE_03

– Colle-toi de toutes forces
à cette vitre invisible,
à cette peau
dont je tente de t’arracher
ta délivrance.

– Je cogne, cogne,
sur la paroi d’un mutisme
qui me perfore,
et je disparais
dans les intervalles.

– Si c’est toi qui remues
sous le drap,
tu resurgiras plus sombre,
imprimée,
là où je te touche
tu deviens de plus en plus
écriture.

– Est-ce toi qui me suis
ombre dans l’ombre
sueur dans mes plis
éboulis dans mes veines?

– Je cherche à m’échapper
en claquant la porte
de ton image.

– Où est ton île
battue des vents et des voiles?

– J’ai perdu mes rivages
je n’habite plus qu’un contour.

– Je navigue sans port d’attache
sans étape annoncée
la dérive est le seul moyen
de me retrouver un visage.

(Charles Dobzynski)

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A Rosari (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2022




A Rosari

Sur terre la chair est pesante
au ciel elle est lumière.
Pauvre garçon, ne baisse pas les yeux,
si dans ton coeur l’ombre pèse.

Ris, jeune homme léger,
en sentant dans ton corps
la terre chaude et sombre
et le ciel frais et lumineux.

Dans la pauvre église
ton ombre est pleine de péchés,
mais dans ta lumière légère
rit le destin d’un pur.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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LA DELUSOIRE BEAUTE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



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LA DELUSOIRE BEAUTE

En cette nuit de lune et de neige
Tu es bien plus sombre que de coutume
Ainsi l’étang derrière les bouleaux
Disque d’eaux mortes muées en plomb
Plus noir plus pesant sous le ciel pâle.

Tu n’y vois qu’un autre miroir
Où aller solitaire et nue
T’aguerrir devant ton image.

Il fait si froid que les oiseaux
Viennent mourir à ta fenêtre
Et tu les regardes mourir
Sans vouloir leur ouvrir tes lèvres
Qui les attirent hors du bois.

Aussi chaudes qu’un nid
Tes lèvres collées au carreau
Pour un appât de baisers
Trop vite évanoui.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration: Cayetano de Arquer

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Le Rêve du Jaguar (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



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Le Rêve du Jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L’araignée au dos jaune et les singes farouches.
C’est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
II s’affaisse, allongé sur quelque roche plate;
D’un large coup de langue il se lustre la patte;
Il cligne ses yeux d’or hébétés de sommeil;
Et, dans l’illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rave qu’au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d’un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

(Leconte de Lisle)

 

 

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