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Poésie

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Corps posé dans le champ aigu (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

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corps posé dans le champ
aigu. yeux
d’alarme.

fermés dans le feu. blanchissant
à l’envers. ouverts: inondés de blancheur

(Martine Broda)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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Bien au chaud (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Bien au chaud, le chat derrière la vitre
guette un pigeon qui dehors fait le beau
Le danger viendra de l’espace libre
où ne brillera ni regard ni croc

Que dans nos dos soient fermées les fenêtres
si nous risquons l’amour sur les façades
oiseaux roucouleurs et poètes
gibier de ciel et d’embuscade…

(Robert Mallet)

Illustration

 

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RÉCONFORTEZ (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
RÉCONFORTEZ

Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort,
Ne soyez pas le vent qui éteint la flammèche,
Attisez-la plutôt, car la nuit est poison!
Versez de l’huile encore, époussetez la mèche,
Car la nuit est venin et le sommeil est mort !
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort.

Faites son coeur plus ferme et plus fort son esprit!
L’on a vu s’embraser déjà plus d’une nuit
Être victorieux déjà plus d’un combat
Où le drapeau jamais de nos mains ne tomba!
Il se dresse – aussi fort que muraille de fer
Dans le chaos de mer dont bouillonnent les lames,
Ô faites fort mon peuple et soufflez sur sa flamme !

Ô faites fort mon peuple et qu’il ne s’affaiblisse !
Que les forces de vie radieuses jaillissent
En colonne de feu dans la nuit qui surgit!
La nuit chante, veillant le jour comme vigie !
Décochez, flèche d’or, son rayon lumineux
Pour saluer là-haut la colonne de feu!
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort,
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES DEUX ROSES (Joséphin Soulary)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Casey Baugh 1984 - Georgian Figurative painter - Tutt'Art@ (2)

LES DEUX ROSES

Hier, sous la verte tonnelle
J’aperçus Rose qui pleurait,
Et, pleurant, de larmes couvrait
Une rose, moins rose qu’elle.

« Qui peut te causer un tel regret?
Dis-je à la blonde colombelle.
– Ah! Monsieur, répondit la belle,
Entre nous, c’est un grand secret!

« Je passais là, lorsqu’une rose,
Celle-là que de pleurs j’arrose,
M’a dit de sa plus douce voix:

« Rose ouverte plus ne se ferme! »
Et mon coeur qui s’ouvre, je crois,
Au petit pâtre de la ferme! »

(Joséphin Soulary)

Illustration: Casey Baugh

 

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Que de jours passés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Que de jours passés
A guetter le battement des paupières
Sur une joie qu’on a humiliée

Le soleil en restera assombri
Malgré le chant des oiseaux
Et le chœur des vagues

J’aurais beau te prendre la main
Dans la boue du chemin
Et te serrer dans mes bras

J’aurais beau plonger ma main
Dans ton corsage du dimanche
Pour apaiser ton cœur
Qui bat fiévreusement
Sous un sein ferme.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Francine Van Hove

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L’esprit vole de sottise en sottise (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



L’esprit vole de sottise en sottise
comme l’oiseau de branche en branche.
Il ne peut faire autre chose.
L’essentiel est de ne point se sentir ferme sur aucune

(Paul Valéry)

Illustration: Chantal Dufour

 

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Hors de moi (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2019



Je tourne autour de moi
moi
maison fermée depuis plusieurs hivers

Qui a muré la porte
et les fenêtres?
J’entends quelqu’un dedans
j’aboie furieusement
je gratte la terre au pied du mur
je m’écorche
un soldat bouge sur les carreaux de la cuisine
un soldat
qui fait la soupe dans son casque
se rase en se regardant dans une vitre aveugle
monte la garde dans un grenier
attend que j’essaie d’entrer pour m’abattre
j’aboie
j’aboie

je mourrai hors de moi.

(Henri Gougaud)

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Quand je marche dans la lumière (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Quand je marche dans la lumière
je marche dans du très bien
de tous les côtés
quand la lumière devient noire
je marche dans du je ne veux pas
je remue dans du non très non
j’entre dans du fermé
et je ne peux pas dire non
au grand NON

c’est ainsi
clair et noir
sont sourds

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gilbert Garcin

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Tête baissée (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019



 

Carl Larsson plowing(1)

Tête baissée

Une ferme un moulin une ferme
un moulin
La terre tourne dans le silence
et quelqu’un vit
et marche
et pense
Une ferme et la fumée bleue d’une cigarette
Un moulin et des yeux qui se ferment
Toutes les routes du monde
et les fleuves qui chantent
et ce ciel bleu de ciel
bleu bleu bleu
Il n’y a qu’à tourner la tête
Un moulin la terre tourne
les grands arbres tracent des ombres
Il pleut
le soir tombe
tous les jours de la terre
et la nuit qui étrangle
la nuit noire comme l’encre
et comme le sommeil

(Philippe Soupault)

Illustration: Carl Larsson

 

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