Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘veine’

Je dis aime (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019



Je dis aime

J’ai les méninges nomades
J’ai le miroir maussade
Tantôt mobile
Tantôt tranquille
Je moissonne sans bousculade

Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète
Je dis M
Comme un emblème
La haine je la jette

Je dis AIME, AIME, AIME

Du Sphinx dans mon rimeur
Paris au fil du coeur
Du Nil dans mes veines
Dans mes artères coule la Seine

Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète
Je dis M
Comme un emblème
La haine je la jette

Je dis AIME, AIME, AIME

(Andrée Chedid)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

JOURNAL PAGE 80 (Reiner Kunze)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019


<


Illustration: Tineke Storteboom
    
JOURNAL PAGE 80

Les rosiers grimpants fleurissent,
comme si le paysage se vidait de son sang
comme s’il s’était ouvert les veines
comme s’il savait ce qui vient
Ils prétendront que le paysage ne peut pas
rester ainsi plus longtemps, que lui aussi
doit être pour ou contre.

***

TAGEBUCHBLATT 80

Die kletterrosen blühn, als verblute die
landschaft
Als habe sie sich die adern geöffnet
Als wisse sie, was kommt
Auch die landschaft, werden sie behaupten,
dürfe
nicht mehr nur sein, auch sie
müsse dafür sein oder dagegen.

***

DIARY PAGE 80

The climbing roses bloom,
as if the landscape bleeding to death.
As if it has opened its veins.
As if it knows what is to come.
Also, the landscape, they will claim,
may not anymore just be—
it, too, must be for or against.

***

DAGBOEKBLAD 80

De klimrozen bloeien, als bloedt het landschap leeg
Alsof het zijn aders geopend heeft
Alsof het weet, wat komt
Ook het landschap, zullen ze beweren, mag
niet langer zomaar zijn, ook het landschap
moet vóór of tegen zijn.

***

DIARIO PÁGINA 80

Florecen las rosas trepadoras,
como si se desangrase el paisaje.
Como si se hubiera abierto sus
Como si supiese lo que ha de venir.
También al paisaje,
exigirán que se le permita
no únicamente llegar a ser
sino, además, también
tener que estar a favor o en contra.

***

DIÁRIO PÁGINA 80

Florescem as rosas trepadeiras
como se a paisagem se dessangrasse.
Como se tivesse aberto dela
como se soubesse o que iria acontecer.
Também à paisagem
exigirão que se permita
não unicamente chegar a ser
mas, além disso, também
ter que estar favorável ou do contra.

***

JURNAL, PAGINA 80

Năpraznic trandafirii înfloresc, însângerând tot
câmpul
de parcă-ntreaga fire venele și le-ar tăia
presimțind ce-o să vină.
Desigur, veți spune, e-ndreptățit peisajul
să-și spună cuvântul și el, și poate să fie
pentru sau împotrivă.

***

PAGINA 80 DEL DIARIO

Le rose rampicanti fioriscono,
come se il paesaggio sanguinasse a morte.
Come avesse le vene aperte.
Come sapesse cosa deve accadere.
Anche il paesaggio, affermano,
potrebbe non essere più
anch’esso dovrebbe essere a favore o contro.

***

ΣΕΛ. ΗΜΕΡΟΛΟΓΙΟΥ `80

Τ’ αναρριχώμενα ρόδα ανθίζουν
καθώς το τοπίο αιμορραγεί
σαν να `χουν κοπεί οι φλέβες του
σαν να γνωρίζει τί επέρχεται
θα ονομάσουν το τοπίο δικό τους
δεν μπορεί πια απλά να υπάρχει
πρέπει να πάρει το μέρος του ενός
ή του άλλου.

***

***

DZIENNIK, STRONA 80

Pnące róże kwitną,
jakby krajobraz wykrwawiał się na śmierć.
Jakby otworzył sobie żyły.
Jakby wiedział, co nadciąga.
Również krajobraz, jak będą twierdzili,
nie powinien już tylko być —
on też musi być za albo przeciw.

***

日记第 80 页
攀援的玫瑰盛开,
仿佛这风景流血至死。
好像它打开了自己的血管。
好像它知道要发生什么。
而且, 这风景,它们会说,
不可能再只是生存——
它, 还,必须为了或反对什么

(Reiner Kunze)

 

Recueil: ITHACA 605
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Allemand / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Grec Manolis Aligizakis / Indi Jyotirmaya Thakur / Polonais Mirosław Grudzień Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou /
Editions: POINT

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À fleur de peau (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




Illustration: Egon Schiele

    
À fleur de peau

Les pétales mouillés s’agitent sur les tempes
dans les rameaux secrets des coquilles intimes
du clignement de l’oeil aux chemins de halage
les courbes discourent dans les épis de la neige

La rosée

Le calice tendre frémit
délicieusement entre le cuivre et l’orangé
dans l’écrin des paupières vertes
baisers de seins clairs
germent avec les ongles sombres
sur les nuques saupoudrées de pollen

L’étamine
le parfum brille
je t’aime

La corolle striée grandit chante
les roues marbrées des veines caressantes
le duvet des lueurs les liqueurs d’émoi
rouillent dans les ruines où tremblent nos brumes

Le pistil
rosée de fièvre
la neige de soie tombe
respire

Tout autour de nous
tout proche
le scintillement des découvertes

Respire encore

Le sang vif perle
autour du fard dans les coquilles
caressantes entre le bronze et les rameaux
charmeurs de soies passagères
valsent en lèvres
niellées dans la lueur des pétales

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉSIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



 

Illustration
    
DÉSIR

Cloches, puissances de la nuit,
Cloches comme des chemises
Je suis déjà vieux, je suis
Un aïeul à tête grise.

Boucles comme des oiseaux,
Ô flot des dorures blondes,
Vous êtes venues trop tard
Vous présenter dans la ronde !

Seins pareils à des soleils
Qui sont le souffle des roses –
Mon poème maintenant
Je ne le pense qu’en prose.

Et ni Vénus ni Sapho,
Ni Aphrodite elle-même
Ne peuvent plus enflammer
Le sang qui coule en mes veines.

Mon désir des blondeurs paille,
Du bleu dont l’oeil se colore –
Voilà qu’il s’est transformé
En tentation de mort.

Une souffrance assoiffée,
Un feu plus fort que la faim –
Vers la calme, vers la douce,
Vers la fin de toutes fins.

Plus que le mâle désir
Je ressens en moi, puissant,
Le voeu de ne plus sentir
Mon propre corps à présent.

Tout nu, de me dévêtir
De cette plaie qu’est la vie,
Ne plus rien donner au songe
Et ne plus rien lui ravir.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui dira la richesse du merveilleux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Qui dira la richesse du merveilleux
le suc infini qui coule dans ses veines
Qui dira le sang
le saint sang
du silence

(Michel Camus)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES VEINES DU TEMPS (Maria Mistrioti)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2019



Illustration: Georgis Mistriotis
    
LES VEINES DU TEMPS

Parfois je pense
que les trains de nuit ne sont jamais passés
ces trains qui négligeaient les petites villes
les signaux désespérés
des veilleurs de nuit aux dos courbés.
Je pense
que jamais nous n’avons voyagé ensemble
de l’Ionie vers Croton, vers Tarente.
De l’autre côté de la destruction de paysages de rêve,
de l’autre côté des couleurs plastique
de l’autre côté des sentiers brisés
je t’attends.

(Maria Mistrioti)

 

Recueil: Ithaca 593
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions: POINTS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À l’intérieur de soi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



Illustration: Frédéric Didillon
    
À l’intérieur de soi
Sans cesse un autre et d’autres formes
Confusément naissantes, remplacées

(Se remplaçant, veines et fibres,
Sucres gouttant roses, laits
Engorgés des corolles,
Tumulte souterrain des graines),

Perdues pour le regard.

(Jean Tortel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’lNTIME ABSOLU (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



    
L’lNTIME ABSOLU
Antaratama

L’objet de mon désir que je poursuivais
divaguant
n’était que peu de chose.
J’arpentais le désert —
ce qu’y cherchait mon coeur altéré
n’était ni or ni diamant,
rien qu’un peu d’eau au creux des mains
rien qu’une ombre sous les palmes d’une source
pour un instant.
Ce rien réconcilie la mort et la vie,
ce rien délasse la fatigue du chemin.

Au marché où l’air n’est que bruit
et poussière
entendre quelques notes d’un chant
est entre tout rarissime et pourtant
ce n’est que peu de chose.

C’est comme une averse éphémère
au passage imprévu d’un nuage
qu’attend la terre aride
en fin de baishakha brûlant,
comme une douce main qui réveille
d’un cauchemar suffocant.

C’est si peu de chose et pourtant
que son manque m’accable
et mon coeur inconsolable
le recherche éperdument.

Il était d’impossibles rêves
que je poursuivis et fis miens
mais que je désertai
en passant.

Le trésor qu’on ne sent que sourdre
dans ses veines,
qui fait la trame des songes,
qui siège au coeur du mouvement,
qui ne laisse d’épigraphe
ni de gloire ni de mémoire
sur écriteau de pierre ;

dans l’étoile du soir de phâlguna
s’inscrit son histoire,
son langage seule ma flûte le connaît —
ce don au tréfonds de ma vie fusionné
qui fut au-delà de mon espérance,
pour qui je ne bâtis aucune maison,
qui hors pesanteur reste dérobé à la vision,

c’est sa douleur qui emplit
mon être tout entier
c’est sa nostalgie
qui fait mon univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme en septembre à Sceaux (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration
    
Comme en septembre à Sceaux

Aujourd’hui je descends et j’atteins la douceur
c’est d’un sceau qu’il s’agit
plaqué sur fond de veines
aujourd’hui je m’atteins où je passe parfois
et dis-moi
n’est-ce pas de septembre et de brume
que s’emperle ce parc

je –

Marche marche
dès la grille rouillée reculent les allées
dès l’orgueil humilié s’en revient l’oublié
le secret oublié
la douceur oubliée
marche marche
on te fait grâce des années.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :