Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘temple’

TEMPLE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



TEMPLE

Le vent est de pierre.

Les grands rochers
circulent
entre les arbres.

Les feuilles fusent
en éclats blessés.

Le ciel d’or vert.

Tout est serré fermé
le dedans dehors.

Ouvert.

(Jean Mambrino)


Illustration: David Lazar

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Durga Stotra (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Durga Stotra

Mère Durga ! Chevalière au lion, donneuse de tous les pouvoirs, Mère,
bien-aimée de Shiva! Nous, la jeunesse du Bengale, nés de ta Puissance,
sommes réunis dans ton temple pour t’adresser notre prière.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! D’âge en âge, naissance après naissance, nous venons ici-bas
dans un corps humain, accomplissons ton oeuvre et regagnons le foyer de Ta Félicité.
Cette fois encore, en cette naissance, nous voici, consacrés à ton oeuvre.
Écoute, ô Mère ! Descends sur notre terre du Bengale ! Sois avec nous, notre Sauveuse !

Mère Durga! Chevalière au lion, trident en main, ton corps de beauté
couvert d’une armure, Mère, donneuse de victoire ! L’Inde attend ta venue,
impatiente de te voir sous ta forme de Grâce et de Bonté. Écoute, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Donneuse de force, d’amour, de connaissance !
Toi qui dans l’essence de ta nature es la Shakti-de-Puissance ! Ô Redoutable,
au double visage de Douceur et de Violence ! Dans la bataille de la vie,
dans la bataille de l’Inde, c’est toi qui nous as envoyés comme tes guerriers.

Ô Mère, accorde à nos coeurs et nos esprits l’énergie du Titan,
l’audace et la hardiesse du Titan dans toutes nos actions. Accorde, ô Mère,
à notre coeur et notre intelligence la force de caractère et la connaissance d’un dieu !

Mère Durga ! Le peuple de l’Inde, noble entre tous, était englouti dans d’épaisses
ténèbres. Mais voici que peu à peu, ô Mère, tu te lèves à l’extrême horizon
et l’Aurore resplendit dans le rougeoiement de ton corps-de-ciel qui dissipe l’obscurité.
Que l’immense lumière se répande, ô Mère, et disperse les ténèbres !

Mère Durga ! Parée de profonde verdure, ornée de la Toute-Beauté, toi qui maintiens,
toi en qui reposent la connaissance, l’amour et la force, c’est sur la terre du Bengale
que tu t’incarnes aujourd’hui; cachée jusqu’ à présent, repliée sur elle-même,
elle concentrait ses énergies. Mais l’âge est venu, le jour est venu et déjà
elle se redresse, notre Mère du Bengale, portant l’Inde entière sur ses épaules.
Viens, ô Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga! Nous, tes enfants, que par ta grâce, sous ton empire,
nous puissions accomplir la grande oeuvre, le grand idéal. Anéantis en nous
la petitesse, anéantis l’égoïsme, anéantis la peur !

Mère Durga! Toi qui revêts le visage de Kâlî, portant à ton cou une guirlande de crânes,
vêtue d’espace, brandissant l’épée, ô Déesse, triomphatrice de l’Asura!
De ton rugissement féroce et impitoyable, fais périr les passions-ennemies de l’âme,
qu’il n’en reste plus une seule vivante au fond de nous.

Que nous devenions purs et sans souillure. Telle est notre prière, ô Mère !
Manifeste-toi!

Mère Durga! L’Inde moribonde est abîmée dans l’égoïsme, la peur, la petitesse.
Rends-nous grands et dignes des plus hautes tentatives, rends-nous magnanimes
et sincères dans notre volonté inflexible d’atteindre la Vérité.
Chasse tout misérable désir, toute impuissance, toute paresse,
que plus jamais nous ne soyons paralysés par la peur !

Mère Durga! Shakti-du-Yoga! Que ton pouvoir immense s’étende partout !
Nous sommes tes enfants bien-aimés. Fais largement briller parmi nous
l’enseignement perdu, la fermeté, la puissance de la pensée,
la dévotion et la foi, l’austérité et la chasteté, la connaissance de la Vérité,
et à travers nous répands-les sur le monde. Pour aider et secourir l’humanité,
toi, Durga, annihilatrice de toute adversité,
ô Mère-du-monde ! Manifeste-toi !

Durga Mère ! Extermine en nous les vices-ennemis, puis extirpe au-dehors
tous les dangers, tous les obstacles ! Que plein de force, valeureux et noble,
le peuple de l’Inde vive à jamais dans ses forêts sacrées et dans ses champs fertiles,
au pied de ses montagnes amies du ciel, le long des rives de ses fleuves
aux eaux saintes et purifiantes. Peuple suprême par son amour et son unité,
sa vigueur et sa droiture, son art et sa littérature, son héroïsme et sa connaissance !
Telle est notre prière aux pieds de la Mère ! Manifeste-toi !

Mère Durga ! Que ta Force, la Force du Yoga, inonde et emplisse notre corps !
Nous deviendrons tes instruments, ton épée qui abat le mal, ta lampe qui dissipe
l’ignorance. Exauce cette aspiration de la jeunesse du Bengale. Toi, notre Souveraine,
guide-nous ; toi qui détruis le mal et brandis ferme l’épée ;
toi, lumière resplendissante de la connaissance, tiens haut la lampe !
Manifeste-toi !

Mère Durga! Quand nous te posséderons, nous ne déferons plus tes liens :
nous t’attacherons à nous avec la triple corde de la foi, de la dévotion et de l’amour.
Viens, Mère ! Manifeste-toi dans notre esprit, notre vie, notre corps !
Viens, révélatrice de la Voie des Héros ! Plus jamais nous ne te rejetterons !
Que notre vie entière devienne une adoration sans fin de Durga!
Que toutes nos actions soient pour toujours sacrées, pleines d’amour et d’énergie,
vouées au service de la Mère ! Telle est notre prière, ô Mère !
Descends sur notre terre du Bengale ! Manifeste-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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La Pluie (Jun zaburô Nishiwaki)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020


thumb_gouttes_pluie

Dans le vent du Sud la tendre déesse est arrivée
Elle a mouillé le bronze mouillé la fontaine
Mouillé le ventre de l’hirondelle et le poil de l’or
Elle a pris la marée dans ses bras, léché le sable, gobé les poissons
Elle a secrètement mouillé les temples, les établissements de bain,
les salles de théâtre,
Harpe à cordes de platine
La langue de la déesse dévergondée secrètement
A mouillé ma langue

(Jun zaburô Nishiwaki)

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LE PAS QUI RÉSONNE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



 

Zdzislaw Beksinski 001993

LE PAS QUI RÉSONNE

Le pas qui résonne dans cette nuit morne,
Même heureux ne sonne pas;
Dans l’âme sont le silence et l’angoisse
— Où ces yeux effrayés, fixes, regardent-ils ?

Ont-ils peur de voir plus avant,
Le pas craint-il de résonner dans l’ombre ?
Et ce coeur n’est-il plus Prométhée
Rebelle à Dieu, démolisseur ?

Etranges, étranges sont les temples du coeur,
Que j’aimerais fermer au monde
Et mourir au tremblement,
Créer une nouvelle forme
— Mais l’aile malade se met à tressaillir,
Tu ploies et tombes à genoux sur le chemin.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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LA FENÊTRE (Forough Farrokhzad)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020



Illustration: Barbaras BilderKunst
    
LA FENÊTRE

Quand ma foi
s’accrochait au faible fil de la justice
et que partout en ville
les cœurs de mes lampes
se brisaient et volaient en éclats,
quand le foulard noir de la loi
bandait les yeux d’enfant de mon amour
et que des fontaines de sang
giclaient des pauvres temples de mon désir,
quand la vie n’était rien de plus,
rien d’autre que le tic – tac d’une horloge,
j’ai découvert que je dois,
de manière absolue et sans mesure
dois aimer.

***

***

THE WINDOW

When my faith was hanging
by the weak thread of justice
and in the whole city
the hearts of my lamps were
being torn to pieces,
when the childlike eyes of my love
were being blindfolded by law’s black kerchief,
and fountains of blood were gushing forth
from the distressed temples of desire,
when my life was no longer anything,
nothing but the tick-tock of a wall clock,
I discovered that I must,
that I absolutely had to
love madly.

***

***

A JANELA

Quando a minha fé ainda dependia
do fio fraco da justiça
e em toda a cidade
os corações das minhas lâmpadas ficaram
feitos em pedaços;
quando os olhos infantis do meu amor
foram vendados com o pano escuro da lei,
e fontes de sangue escorriam aos borbotões
dos templos angustiados do meu desejo;
quando a minha vida já não era nada,
nada mais do que o tique-taque de um relógio de parede,
descobri então que devia,
que tinha obrigatoriamente
que amar com loucura.

***

LA VENTANA

Cuando mi fe aun pendía
del hilo débil de la justicia
y en toda la ciudad
los corazones de mis lámparas quedaron
hechos pedazos;
cuando los ojos infantiles de mi amor
fueron vendados con el pañuelo negro de la ley,
y fuentes de sangre manaban a borbotones
de los templos angustiados de mi deseo;
cuando mi vida ya no era nada,
nada más que el tic-tac de un reloj de pared,
descubrí entonces que debía,
que tenía absolutamente
que amar con locura.

****

DAS FENSTER

Als mein Glaube
am seidenen Faden der Gerechtigkeit hing
und in der ganzen Stadt
die Herzen der Lichter
in Stücke gerissen waren,
als die kindlichen Augen meiner Liebe
mit dem schwarzen Kopftuch des Gesetzes verbunden wurden,
und Fontänen von Blut
aus den verzweifelten Tempeln meines Verlangens strömten,
als mein Leben nichts mehr war,
nichts anderes als das Ticken einer Wanduhr,
entdeckte ich dass ich lieben muss,
dass ich unbedingt,
wahnsinnig lieben muss.

***

FEREASTRA

Când mi-a rămas credința suspendată
de firul gingaș al dreptății atârnând
iar prin oraș, răpusă la pământ,
inima razei mele a zăcut
călcată în picioare,
când din nevinovații ochi ai dragostei
sub vălul negru și reglementar ascunși
prinse-a țâșni izvorul sângelui
ce-a inundat locașul cel mai sfânt,
viața-mi pierdu orice valoare,
și numai sunetul pendulei
a mai bătut secundele
în care-am înțeles că negreșit
va trebui himeric să iubesc.

***

HET VENSTER

Toen mijn geloof
aan de zwakke draad van de gerechtigheid hing
en overal in de stad
de harten van mijn lampen
gebroken en versplinterd waren,
toen de kinderlijke ogen van mijn liefde
geblinddoekt werden door het zwarte hoofddoek van de wet,
en fonteinen van bloed
uit armoedige tempels van mijn verlangen gutsten,
toen mijn leven niets meer was,
niets anders, dan de tik tak van een wandklok,
ontdekte ik dat ik moet,
dat ik absoluut en mateloos
moet beminnen.

***

***

私の信念が正義という 名の細い糸でぶらさがり
街中で心臓の灯りが粉々に砕け散る時、
また、恋人の子どものような眼が
法律の黒いスカーフで覆われていて、
血の泉が打ちひしがれた欲望の寺院から湧き出る時
もう私の命は何ものでもなく
壁時計のチクタク鳴る音でしかない
その時に私は気づくのだ
狂ったように人を愛さなければいけないことを

***

GLUGGINN

Þegar trú min hékk
í veikum þræði réttlætis
og hjörtu lampa minna
voru tætt í sundur
út um alla borg,
þegar svartur klútur laganna
var bundinn fyrir barnsleg augu elskunnar minnar
og blóðið gaus fram úr
illa förnum hofum ástarinnar,
þegar líf mitt var ekki lengur neitt,
ekkert nema tifið í klukkunni á veggnum,
fann ég að ég yrði,
að ég gæti ekki annað
en elskað hömlulaust.

***

ΠΑΡΑΘΥΡΟ

Καθώς η πίστη μου κρέμονταν
απ’ τη λεπτή κλωστή της δικαιοσύνης
και σ’ όλη την πόλη του φωτός μου η καρδιά
είχε θρυμματιστεί
καθώς τα παιδικά της αγάπης μου μάτια
είχαν δεθεί με του νόμου το μαντήλι
και συντριβάνια αίμα χύνονταν
απ’ το απελπισμένο τέμπλο της επιθυμίας
καθώς η ζωή μου δεν είχε πια καμμιάν αξία
τίποτα παρά ένα χτύπημα του ρολογιού στον τοίχο,
αποφάσισα ότι έπρεπε
αναμφισβήτητα
να ξαναγαπήσω.

***

OKNO

Kiedy moja wiara wisiała
na wątłej nici sprawiedliwości
i w całym mieście
serca moich lamp
wciąż rozrywano na kawałki,
kiedy dziecinne oczy mojej miłości
zawiązane były czarną chustą prawa,
i tryskały fontanny krwi
z nieszczęsnych świątyń pożądania,
kiedy moje życie nie było już czymkolwiek,
niczym tylko tykaniem ściennego zegara,
odkryłam, że muszę,
że absolutnie muszę
kochać szaleńczo.

***

***

窗 户
当我的信仰被
正义的丝线悬挂
在整个城市
我的灯心正
被撕成碎片,
当我的童贞爱眼
被法律的黑手帕蒙住,
血液之泉正从痛苦的
欲望神殿喷涌而出,
当我的生命不再昂扬,
只剩挂钟的滴答声,
我发现: 我必须,
我只得命定地
疯狂地爱。

(Forough Farrokhzad)

 

Recueil: ITHACA 617
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Persan / Anglais : Sudeep Sen / Arabe : Amal Bouchareb / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Allemand Wolfgang Klinck / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Hébreu Dorit Wiseman / Japonais : Japonais: Manabu Kitawaki / Grec Manolis Aligizakis / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou /
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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LE COUTEAU CARNIVORE (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Juan Gris
    
LE COUTEAU CARNIVORE

Un couteau carnivore,
aile douce et homicide,
soutient son vol et son éclat
autour de ma vie

Rayon métallique crispé
Affaissé totalement,
me picote le flanc
pour y construit un triste nid.

Mon temple, balcon fleuri
dès mon plus jeune âge
est noir et mon cœur,
sur mon cœur des cheveux gris.

Telle est la mauvaise vertu
du rayon qui m’entoure,
que je vais à ma jeunesse
comme la lune à mon village.

Je collecte avec mes cils
le sel de l’âme et le sel de l’œil
et des fleurs de toiles d’araignées
de ma tristesse je collecte.

Où irai-je sans aller
à rechercher ma perte ?
Ton destin c’est la plage
ma vocation c’est la mer.

Se reposer de ce travail
d’ouragan, d’amour ou d’enfer
n’est pas possible, et la douleur
sera mon éternelle peine.

Mais enfin je peux vaincre,
oiseau et rayon séculaire,
cœur, de la mort
personne ne doit me faire douter.

Suis ensuite le couteau, suis-le
volant, me blessant. Un jour
le temps jauni se retrouvera
sur ma photographie.

***

Un carnívoro cuchillo

Un carnívoro cuchillo
de ala dulce y homicida
sostiene un vuelo y un brillo
alrededor de mi vida.

Rayo de metal crispado
fulgentemente caído,
picotea mi costado
y hace en él un triste nido.

Mi sien, florido balcón
de mis edades tempranas,
negra está, y mi corazón,
y mi corazón con canas.

Tal es la mala virtud
del rayo que me rodea,
que voy a mi juventud
como la luna a mi aldea.

Recojo con las pestañas
sal del alma y sal del ojo
y flores de telarañas
de mis tristezas recojo.

¿A dónde iré que no vaya
mi perdición a buscar?
Tu destino es de la playa
y mi vocación del mar.

Descansar de esta labor
de huracán, amor o infierno
no es posible, y el dolor
me hará a mi pesar eterno.

Pero al fin podré vencerte,
ave y rayo secular,
corazón, que de la muerte
nadie ha de hacerme dudar.

Sigue, pues, sigue cuchillo,
volando, hiriendo. Algún día
se pondrá el tiempo amarillo
sobre mi fotografía.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

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LIBRE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



LIBRE

Il n’y a pas de portes
ni de gardiens dans la forêt
bien qu’elle soit le Temple.
Rien à ouvrir ou à fermer.
Chacun trouve en elle son chemin.
Sa lumière dans les bouleaux.
Puis les feuillages retombent
et gardent le secret.

(Jean Mambrino)

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Initium (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Anne-Marie Zilberman (20)

Initium

Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
Et le bal tournoyait quand je la vis passer
Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
De son oreille où mon Désir comme un baiser
S’élançait et voulait lui parler sans oser.

Cependant elle allait, et la mazurque lente
La portait dans son rythme indolent comme un vers,
– Rime mélodieuse, image étincelante, –
Et son âme d’enfant rayonnait à travers
La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

Et depuis, ma Pensée – immobile – contemple
Sa splendeur évoquée, en adoration,
Et dans mon Souvenir, ainsi que dans un temple,
Mon Amour entre, plein de superstition.

Et je crois que voici venir la Passion.

(Paul Verlaine)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Beauté (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



Beauté

Sur les lacs sulfureux,
Narcisse se contemple.
Et l’eau devient un temple
De la laideur des Dieux.
Mais les lyres des Vieux
Enivrent les mystiques
D’Amour et de musiques.
Je veux aimer le Beau
Sous le frou-frou de l’eau
Où le Laid s’illumine
Et la Beauté divine
Parfume le Sacré.

(David Marino)


Illustration: John William Waterhouse

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RÉINCARNATION (Aron Zeitlin)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
RÉINCARNATION

Je fus, je fus et j’ai été
Depuis longtemps ici planté,
Plus d’une fois j’ai dû ramper
Et j’ai plané plus d’une fois.
Parmi les poissons j’ai nagé
Dans les nuits des gouffres obscurs,
Parmi les astres voyagé
Sur l’hippodrome de l’azur.
Dans les télescopes poudreux
Je m’agitais, je me mirais,
Pleuvant en rayons lumineux
Sur la tête d’un orphelin.
Mes larmes en rosée tombaient
Au coeur d’une rose. Je fus
Le songe du séminariste
Sur le banc d’un temple endormi.
Je fus une pure prière
Qu’emplissait l’effroi de Satan.
Je fus cette larme qui perle
Aux cils d’un tel, en même temps
Le réconfort qui chez un autre
Calme l’étreinte du tourment.
J’ai vécu, mué en tortue
De longues, de noires années,
Mâchant et pétrissant la terre,
Je n’ai rien vu, je me suis tu.
Je restais à l’état larvaire
Et j’étais bien le plus bizarre
Parmi tant de bizarreries,
Un chat dans l’ombre d’une cave,
De tous le plus abandonné.
J’ai franchi, plus vif que l’éclair,
Générations et pays
Jusque dans l’esprit d’un penseur.
Ici, durement j’ai souffert,
Et là, profondément aimé,
Tous les pays dans mes tréfonds
Leurs tempêtes, leur mois de mai,
Le Mississippi là-bas gronde,
Rêvent le Danube et le Nil,
Ma petite sœur l’infusoire,
Le Hottentot mon frère noir,
Ils me conduisent tous ensemble
Me pressent vers la délivrance
De ma réincarnation : Dieu.

(Aron Zeitlin)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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