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Poésie

Posts Tagged ‘dormir’

TOUT TIENT (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
TOUT TIENT

C’est comme les noeuds du bois
dans les chambres mansardées
— autrefois le grenier —
quand nous dormons là-haut.

Dans la frisette je les regarde
toutes ces taches ces petits ronds
qui font des marques sombres
je les connais.

Parfois un trou près de la poutre
un espace fait d’un vide
impossible à boucher
on le sait.

C’est comme les noeuds du bois
sous le ciel bas qui craque
ces traces nos années.

Et tout tient.
Tout tient.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral
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À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: François Boucher    
    
À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
AU BRUIT DES SOURCES, SOUS LE CIEL,
RÊVANT AU RYTHME PLANÉTAIRE,
ON PLONGE, GISANT, DANS LA TERRE
ET SI JAMAIS RÊVE AU RÉEL
RÉVÉLA SECRET OU MYSTÈRE
C’EST EN DORMANT AU BRUIT DES EAUX
ET DU VENT FERMANT SES CISEAUX.

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
SUR LA TERRE, DANS QUEL FOUILLIS,
TERRIENS, SOMBREZ-VOUS ? LA FOUGÈRE
S’ÉCROULE EN PANIERS DE LINGÈRE
DANS UNE ARMOIRE DE TAILLIS
BRODÉS DE SOIE OÙ S’EXAGÈRE
LA LUMIÈRE, HORS DU MANTEAU,
DE TA CHAIR, NYMPHE CALIXTO.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les jours en habit de rue (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: Edward Hopper
    
les jours en habit de rue parfois vite
passent les jours parfois vite
passent les jours parfois les
jours et les jours parfois ne
passent plus les jours dorment
dorment les jours à travers la rue

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Complainte de Panurge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
Complainte de Panurge

1
Il n’est vraiment pas surprenant
Qu’une fille aux yeux caressants
Se fatigue de travailler
Et, mal payée,
Rêve d’être riche
Sa vie n’est-elle pas chiche?
A d’autres les adorateurs
A d’autres les toilettes
D’autres qui parfois sont plus bêtes
Parfois moins jolies et sans coeur
Au lieu des dîners à cent sous,
Des sommeils trop courts
Manger tout son saoul
Dormir tout le jour
Pourquoi n’est-ce pas elle
Que l’on admire et trouve belle
Et son coeur
Attend le séducteur.

2
Elles ont trimé tout le jour
Au fond des boutiques trop sombres
Elles rentrent comme des ombres
Quand meurt le jour
Elles vont très loin
Hélas pour manger sans faim
Se déshabiller dans un coin
Seules jusqu’à demain
Pourquoi n’est-ce pas elles… etc.

3
Et quand a surgi leur vainqueur
Il est naturel qu’un beau soir
Elles donnent lèvres et coeur
Le temps de boire
Le vin dans le verre
Ceux qui leur jettent la pierre
Ont l’âme sèche et le coeur dur
Peut-on leur faire honte
Puisque la mort vient en fin d’ compte
De courir sans peur l’aventure
De se vêtir avec la soie
Au lieu de la vendre
De chercher la joie
Et pour ça se vendre
C’est à leur tour à elles…

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Funambules (Kévin Broda)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Ilustration: Rafal Olbinski
    
Funambules

Autant de funambules
Qu’il y a d’êtres humains
Amour en équilibre
Au-dessus du gouffre
Tous sur le fil du rasoir
Pris dans des histoires
A dormir debout
Et pourtant on rit quand même
Et pourtant on tient à la vie
Comme un chien
Tient à son maître

(Kévin Broda)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: numéro 77
Traduction:
Editions: revue Traction-Brabant

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L’Enfant démon (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Guillaume Seignac
    
L’Enfant démon

1
La forêt s’endort au flanc des monts
Tu t’endors comme un enfant démon
Tu t’endors comme une pierre
Un petit caillou
Prends bien garde enfant démon le soir
Un fantôme à ce banc vient s’asseoir
Sans yeux sans paupières
Mon enfant démon

Refrain
Caressante
Enfant démon
Quand tu chantes
Enfant démon
Dans tes yeux je vois des roses
Au rosier de tes paupières closes
Sur tes lèvres
Je vois du sang
Et ma fièvre
Va montant
Mon enfant démon
Mon enfant démon
Endors-toi démon bel enfant
Mon bel enfant.

2
Ne t’endors pas là enfant démon
Sous le ciel à travers champs et monts
Ne t’endors pas sur les pierres
Et sur les cailloux
Dans mon lit viens t’endormir ce soir
Viens dormir dans mes bras pleins d’espoir
Ouvre tes paupières
Mon enfant démon.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Je ne suis pas de celles… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Jose Sabogal    
    
Je ne suis pas de celles…
Tango

1
Je ne suis pas de celles
Qu’on rencontre la nuit à la lueur des flambeaux
Avec de lourds colliers pour les rendre plus belles
Leurs yeux noirs de corbeaux
Éclairés d’étincelles
Sur les doigts des diamants qui brillent dans le noir
Je dors toute la nuit je ne suis pas comme elles
Qui se lèvent le soir.

2
Moi je me lève à l’aube et je cours par les champs
À travers les pampas baignées par la lumière
J’appelle avec mes chants
Charmée par le soleil et les fleurs printanières
Le grand meneur de boeufs qui m’aime sans rivale
Et qui siffle en guettant mon rire et mon passage
Dressé sur son cheval
Tandis que son troupeau emplit les pâturages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Grand-Père Michu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018



Illustration: Dianne Dengel
    
Grand-Père Michu

1
Dans ma maison je fais un somme
Je dors content comme un brave homme.

Refrain
Dans ta maison, que fais-tu ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu
Que fais-tu, que fais-tu?
Dans ta maison, auprès du pont ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu.

2
Dans ma maison quand midi sonne
On y mange un bifteck aux pommes.

3
Dans ma maison quand le soir tombe
On y rôtit une colombe.

4
Dans ma maison qu’il fait bon vivre
Entre mon feu et mes beaux livres.

5
Dans ma maison on y travaille
Le coeur joyeux loin des batailles.

6
Dans ma maison les chansons naissent
Pour que l’enfant dorme et s’apaise.

7
Dans ma maison le chat ronronne
Le chien aboie et l’heure sonne.

8
Dans ma maison moi et ma femme
L’amour nous chauffe avec sa flamme.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Appelle la sirène et l’étoile (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Victor Nizovtsev 
    

Appelle la sirène et l’étoile à grands cris
Si tu ne peux dormir bouche close et mains jointes
Ainsi qu’un chevalier de pierre qui sourit
A voir le ciel sans dieux et les enfers sans plainte.

O Révolte!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La fleur d’eau (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Paul Chabas Painting 25

La fleur d’eau

Fleur naine et bleue, et triste, où se cache un emblème,
Où l’absence a souvent respiré le mot : J’aime !
Où l’aile d’une fée a laissé ses couleurs,
Toi, qu’on devrait nommer le colibri des fleurs,
Traduis-moi : porte au loin ce que je n’ose écrire ;
Console un malheureux comme eût fait mon sourire :
Enlevée au ruisseau qui délasse mes pas,
Dis à mon cher absent qu’on ne l’oubliera pas !

Dis qu’à son coeur fermé je vois ce qui se passe ;
Dis qu’entre nos douleurs je ne sens pour espace
Que ton voile charmant d’amitié, que toujours
Je puise dans ma foi les voeux que tu lui portes,
Que je les lui dédie avec tes feuilles mortes,
Frêles et seuls parfums répandus sur mes jours ;
Dis qu’à veiller pour lui mon âme se consume,
Qu’elle a froid, qu’elle attend qu’un regard la rallume !

Dis que je veux ainsi me pencher sous mes pleurs,
Ne trouver nulle joie au monde, au jour, aux fleurs ;
Que la source d’amour est scellée en mon âme,
Que je sais bien quelle âme y répondrait encor,
Dont je serais la vie, et qui serait ma flamme ;
Il le sait bien aussi : mais cette âme, elle dort ;
Elle dort dans l’absence où s’effeuille ma vie,
Où tu me dis pourtant que j’en serai suivie,
Et ranimée un jour. Mais qu’il nous faut encor,
Lui, brûler ; moi, languir pour contenter le sort.

Va donc comme un oeil d’ange éveiller son courage ;
Dis que je t’ai cueillie à la fin d’un orage ;
Que je t’envoie à lui comme un baiser d’espoir
Et que se joindre ainsi c’est presque se revoir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Paul Chabas

 

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