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Poésie

Posts Tagged ‘dormir’

Psyché (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Psyché

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor…Personne
N’est plus heureux ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche,à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

Illustration: François Gérard

 

 

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UN FEU DISTINCT… (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

Brad Kunkle Seer_lrg-780x530

UN FEU DISTINCT…

Un feu distinct m’habite, et je vois froidement
La violente vie illuminée entière…
Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant
Ses actes gracieux mélangés de lumière.

Mes jours viennent la nuit me rendre des regards,
Après le premier temps de sommeil malheureux;
Quand le malheur lui-même est dans le noir épars
Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.

Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille
N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair,
Et mon rire étranger suspend à mon oreille,

Comme à la vide conque un murmure de mer,
Le doute, — sur le bord d’une extrême merveille,
Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille?

(Paul Valéry)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Mon corps et mon esprit sont malades du besoin de Toi (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

 

Mon corps et mon esprit sont malades du besoin de Toi.
O bien aimé ! Entre dans ma maison.
Si le peuple dit que je suis ton épousée, j’ai honte;
car encore je n’ai point touché ton coeur avec mon coeur.

Alors qu’est en moi cet amour ?
Je n’ai plus goût pour me nourrir et je ne puis dormir;
mon coeur ne goûte aucun repos, non plus dans ma maison que dehors.
Comme l’eau pour l’altéré, ainsi est l’amant pour l’épouse.
Ah ! qui portera mon message à celui que j’aime ?

Kabîr ne connaît plus le repos,
et il meurt s’il ne le contemple.

***

My body and my mind are grieved for the want of Thee;
O my Beloved! come to my house.
When people say I am Thy bride, I am ashamed;
for I have not touched Thy heart with my heart.

Then what is this love of mine? I have no taste for food,
I have no sleep; my heart is ever restless within doors and without.
As water is to the thirsty, so is the lover to the bride.
Who is there that will carry my news to my Beloved ?

Kabîr is restless :
he is dying for sight of Him.

(Kabîr)

 

 

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Je rêve que je rêve (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Je rêve que je rêve

dans mon rêve je me réveille

je cesse de dormir à présent

je ne sais plus où prendre l’affût
de cet animal blotti dans tellement de niveaux de brume.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Sur cet arbre est un oiseau (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration
    
Sur cet arbre est un oiseau;
il danse dans la joie de la vie.

Nul ne sait où il est.
Et qui peut dire quel est le refrain de sa chanson ?
Où l’ombre la plus épaisse tombe des branches, c’est là qu’il a son nid.
Il y vient au soir et s’en vole au matin; je ne le comprends pas.
Nul ne peut me dire quel est cet oiseau qui chante en mon âme.
Ses plumes ne sont ni colorées ni incolores.

— Il n’a ni forme ni contour.
Il se tient dans l’ombre de l’amour.
Il dort au sein de l’Inaccessible, de l’Infini et de l’Éternel
et nul ne sait quand il s’envole et nul ne sait quand il revient.

Kabîr dit : « Ô frère Saint ! profond est ce mystère.
Laisse les sages chercher où habite cet oiseau. »

(Kabîr)

 

 

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Jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Jour et nuit une angoisse cruelle m’accable
et je ne peux dormir.

Je soupire après le rendez-vous que me fixera mon Bien-Aimé
et je n’ai plus aucun plaisir à demeurer dans la maison de mon père.

Les portes du ciel sont ouvertes; j’entre dans le temple;
je rencontre mon époux et je dépose à ses pieds
l’offrande de mon corps et de mon esprit.

(Kabîr)

 

 

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Canzone de l’endormie sur un doute (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Canzone de l’endormie sur un doute

Dormez, ne croyez plus, la joue à mon épaule,
qu’il n’est pas de tendresse au monde hors la nôtre,
que l’amour se disperse et meurt de l’un pour l’autre,
mais croyez aux zéphyrs s’aimant de pôle en pôle
et que les papillons sont les âmes des saules.
Dormez, voyez ce soir l’amour universel,
dormez en regardant par tous les yeux du ciel.

(Paul Fort)

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Ô amie, réveille-toi (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 
    
Ô amie, réveille-toi; ne dors plus!
La nuit est finie; veux-tu aussi perdre ta journée ?
D’autres qui se sont réveillées à temps ont reçu des bijoux,
Ô femme folle ! tu as tout perdu pendant ton sommeil.
Ton Amoureux est sage et toi tu es insensée, ô femme !
Jamais tu n’as préparé le lit de ton époux.
Ô folie — tu as passé tes jours en jeux inutiles.
Ta jeunesse s’est flétrie en vain car tu n’as pas connu ton Seigneur.
Éveille-toi, Éveille-toi !
Vois, ton lit est vide.
Dans la nuit Il t’a quittée.

Kabîr dit : « Celle-là seule s’éveille
dont le coeur est percé par les flèches de sa parole…»

(Kabîr)

 

 

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Ô ami doux à mon coeur (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration
    
Ô ami doux à mon coeur,
réfléchis bien !
Si tu aimes vraiment
pourquoi dors-tu ?

Si tu L’as trouvé,
donne-toi à Lui entièrement
et unis-toi à Lui.

Pourquoi Le perds-tu
après L’avoir trouvé ?

Si le profond besoin du sommeil ferme tes yeux,
pourquoi perdre ton temps à faire ton lit
et à arranger tes oreillers ?

Kabîr dit : « Je t’ai enseigné les voies de l’amour.
Même si tu devais donner ta tête, pourquoi pleurer ?

(Kabîr)

 

 

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Je suis l’animal (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




    
je suis l’animal le plus pur sur terre
je dors avec la nuit comme avec mon corps
et la nuit grandit dans mon coeur

dans le sombre métier à tisser de tes doigts
je brode une nuit de solitude
multicolore exigeante changeante

je connais toutes les larmes de la solitude
frappe-moi ouvre-moi
je suis une rose de gaieté

viens ici fais-moi confiance
je jette des étoiles au vent

comme un bateau d’abondance dans
la rareté de la mer

mais tu n’es pas venu
et lentement je me referme.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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