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Poésie

Posts Tagged ‘dormir’

La neige descend doucement (Issa)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2019



la neige descend doucement
demain
je dormirai chez moi

(Issa)

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La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans l’île.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)


Illustration: Alexandre Cabanel

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La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans File.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)

Illustration: Joseph Matar

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Pourquoi suis-je né sans mystère ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Pourquoi suis-je né sans mystère ?
Pourquoi tout seul ai-je grandi ?

Qui m’a demandé d’ébranler
les portes de mon propre orgueil ?

Qui est sorti vivre à ma place
quand je dormais ou m’alitais ?

Quel drapeau s’est déployé
là où on ne m’a pas oublié ?

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

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M’entendez-vous (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



    
M’entendez-vous, est-ce moi qui frappe au coeur
comme un vent frappe à la porte, et passe,
m’entendez-vous quand vous dormez ?

Je crie dans vos cris, je marche dans vos flammes
et vous dites que vous n’entendez pas.

Tant de distance à parcourir ! tant de silence
à traverser ! et tant de temps
pour échapper au Temps !

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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DOULEUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    
DOULEUR

D’où vient la mystérieuse la folle
douleur d’amour ?
je me réveille ce matin
tout entourée de la douleur de toi

— de toi : comme une irritation
dans la peau du monde où tu es
et si je me demande :
comment la faire cesser

je sais :
il faut que s’éteigne ce point
qu’il cesse de battre comme une dent
quand le reste se tait

Tissu du monde en un point transparent
tout souffre ici
tout regarde ce point
que la douleur éclaire

je rêve l’oubli complet
paroi sourde mur blanc
mais tout est écrit par ici dessiné
tout parsemé de signes

de toi — par moi —
faits pour te voir partout
et maintenant j’étouffe
j’ai mal je voudrais dormir

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Je ferai un poème de rien pur (Guillaume de Poitiers)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration: John Collier
    
Je ferai un poème de rien pur;
il ne sera ni sur moi ni sur d’autres,
il ne sera d’amour ni de jeunesse,
ni de rien d’autre,
sinon qu’il fut inventé en dormant
sur un cheval…

(Guillaume de Poitiers)

 

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Les mots dorment (Colline Poirée)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Les mots dorment,
Les poings fermés,
Dans le grenier de la rivière.

(Colline Poirée)


Illustration

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Protège-moi (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Protège-moi, mon talisman,
Protège-moi quand on m’opprime
Et quand le repentir m’anime,
Cadeau d’un jour triste d’antan.

Quand des vagues de l’Océan
Monte autour de moi le tapage,
Quand le ciel tonne dans l’orage,
Protège-moi, mon talisman.

Quand je m’angoisse en combattant,
Quand je m’ennuie à ne rien faire.
Quand je suis seul, loin de ma terre,
Protège-moi, mon talisman.

De l’âme clair enchantement,
Suave et sainte duperie…
Dissimulé, il se renie…
Protège-moi, mon talisman.

D’un coeur blessé dans son élan
N’avive jamais la souffrance.
Dors, mon désir; plus d’espérance;
Protège-moi, mon talisman.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Céline Pilon

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DANS LA FRAÎCHEUR DES FLEUVES OUI DORMENT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration
    
DANS LA FRAÎCHEUR DES FLEUVES OUI DORMENT

Je te rencontre aux heureux pontons
de la nuit épouse
maintenant exhumée
presque tiède d’une joie nouvelle,
grâce amère d’une vie sans estuaire.

Oscillent des routes vierges
dans la fraîcheur des fleuves qui dorment:

Et je suis encore l’enfant prodigue qui écoute
son nom dans le silence
quand les morts appellent.

La mort
est un espace dans le coeur.

***

FRESCHE DI FIUMI.IN SONNO

Ti trovo nei felici approdi,
della notte consorte,
ara dissepolta
quasi tepore d’una nuovo gioia,
grazia amara del viver senza foce.

Vergini strade oscillano
fresche di fiumi in sonne:

E ancora sono il prodigo the ascolta
dal silenzio il sue nome
quando chiamano i morti.

Ed è morte
une spazio nel cuore.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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