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Poésie

Posts Tagged ‘dormir’

Nuit de lune lumineuse (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2021




Illustration: Ohara Koson

    

nuit de lune lumineuse
sur une barque
je vais dormir

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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CELUI QUI ÉCRIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021




    
CELUI QUI ÉCRIT

Celui qui écrit veut mourir, veut renaître
dans un bateau ivre au calme abandon.
Celui qui écrit veut dormir dans des bras matinaux
et dans la bouche des choses être une larme animale
ou le sourire de l’arbre. Celui qui écrit
veut être terre sur la terre, solitude
adorée, resplendissante, odeur de mort
et rumeur du soleil, la soif du serpent,
le souffle sur le mur, les pierres sans chemin,
le midi obscur tombant sur les yeux.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Eaux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Eaux

L’eau est nue
Eau des solitudes
Eau assoiffée d’elle-même
Qui décompose ses couleurs
Et se dépouille de ses reflets
Eau patiente à se frayer un chemin
Eau couverte de frissons
Eau adolescente mais criblée de rides
Eau veloutée
Eau folle à forcer les barrages
Pour noyer les campagnes

La source jaillit
Et le ruisseau sautille comme une truite
La rivière se prélasse
Et rit entre ses rives
Où des peupliers défilent
Elle se cabre au pied de la colline
Le soir elle dort dans son lit
En rêvant de mers lointaines

Elle appose son paraphe
Au bas du paysage.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Passage du Temps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Passage du Temps

Dans les bras du silence
Les toits bleuissent
Une aube indécise
Verse un air liquide
Sur la forêt assoiffée
A l’horizon le ciel épouse la terre
Dans un jour fait d’insectes et de fleurs

L’arbre dort encore
Les oiseaux le secouent
Pour le réveiller
Et en faire tomber
Des cerises à peine mûres

Le vent rampe à ras du sol
Tout mon être tressaille
Quand le matin étire
Ses bras nus caressés de soleil

Il circule des prémisses d’azur
Au flanc d’un nuage
Des couleurs tourbillonnent
Dans le flou au bout de la route
Où la colline déploie des clairs et des sombres

La mousse tourne autour des troncs
Et les brumes s’effilochent
A la pointe des branches

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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A FORCE CE N’EST PLUS MAMAN (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



A FORCE CE N’EST PLUS MAMAN

Maman est actrice de cinéma.
Elle est belle comme les images de chocolat
Et l’on voit souvent
Des hommes qui se tuent pour l’embrasser sur les dents!
Mais à force, ce n’est plus maman.
A force de la voir
Avec un tas de gens qui ont un tas d’histoires
Avec un tas de gens que je ne connais pas
Et qui ont toujours l’air de l’aimer plus que moi
A force, ce n’est plus maman.
Et les soirs qu’elle vient me border
Encore toute peinturlurée
Dans une robe avec des voiles comme un grand navire,
Vite je lui souris et fais semblant de dormir.

Alors elle s’envole sur la pointe des pieds
Et je puis tranquillement pleurer
Sous les draps
Pour que le monde entier ne m’entende pas.

(René de Obaldia)

Illustration

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Midi (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



L’oeuf du clocher, l’horloge,
est doucement épris de l’immobile été,
le temps le couve et dort.

(André Frénaud)


Illustration

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LE ROI DES AULNES (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Carl Gottlieb Peschel
    
LE ROI DES AULNES

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
C’est le père, le père avec son enfant.
Il tient le garçon dans ses bras serré
Pour le protéger, pour le réchauffer.

Mon fils, pourquoi donc cacher ton visage ?
– Père, vois-tu pas venir le Roi des Aulnes?
Avec ses cheveux, avec sa couronne ?
Mon fils, ce n’est rien qu’un léger nuage.

Petit enfant, viens, viens donc avec moi !
Que de jolis jeux jouer avec toi !
Et combien de fleurs brillent sur nos bords!
Ma mère, chez elle, a des habits d’or!

— Mon père, mon père, n’entends-tu pas
Ce que me promet, ce que dit le Roi?
Calme-toi mon fils, mon fils sois tranquille
Dans les feuilles mortes c’est le vent qui file.

Ne veux-tu donc pas venir avec moi ?
Mes filles sauront si bien t’accueillir
Elles qui conduisent la ronde des bois
Te feront danser, chanter et dormir.

Mon père, mon père, vois-tu là-bas
Les filles du Roi dans ce lieu sans fleurs?
Mon fils, mon garçon je vois bien cela :
Les saules sont vieux, grise est leur couleur.

Je t’aime, je t’aime, enfant, tu me plais !
Si tu ne veux pas, je te forcerai.
Mon père, mon père, il va m’emporter
Le Roi m’a fait mal, le Roi m’a blessé !

Le père a grand’peur, il chevauche vite
Il tient dans ses bras l’enfant qui gémit.
Il atteint la cour, un dernier effort :
Déjà dans ses bras l’enfant était mort.

***

ERLKÖNIG

Wer reitet so spat durci, Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn Bicher, er halt ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ?-
Siehst, Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif ?-
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif.-

»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ici, mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gulden Gewand.

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht ?-
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind.-

»Willst, Feiner Knabe, du mit mir gehn ?
Meine Richter sollen dich warten schön ;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Und wiegen und tanzen und singen dich

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Richter am düstern Ort ?-
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau :
Es scheinen die alten Weiden so grau.-

»Ich Liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt. «
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan

Dem Vater grausets, er reitet geschwind,
Er halt in Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Müh und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

    

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Mes chers amis, quand je mourrai, plantez un saule au cimetière (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré ;
La pâleur m’en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.

(Alfred de Musset)


Illustration

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Moi j’irai dans la lune (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



Moi, j’irai dans la lune
Avec des petits pois,
Quelques mots de fortune
Et Blanquette, mon oie.

Nous dormirons là-haut
Un p’tit peu de guingois
Au grand pays du froid
Où l’on voit des bateaux
Retenus par le dos.

Bateaux de brise-bise
Dont les ailes sont prises
Dans de vastes banquises
Et des messieurs sans os
Remontent des phonos.

Blanquette sur mon coeur
m’avertira de l’heure :
Elle mange des pois
Tous les premiers du mois.

Elle claque du bec
Tous les minuits moins sept.
Oui, j’irai dans la lune !
J’y suis déjà allé
Une main dans la brume
M’a donné la fessée,

C’est la main de grand-mère
Morte l’année dernière.
(La main de mon Papa
Aime bien trop les draps !)

Oui, j’irai dans la lune,
Je vais recommencer.
Cette fois en cachette
En tenant mes souliers.

Pas besoin de fusée
Ni de toute une armée,
Je monte sur Blanquette
Hop ! on est arrivé.

(René de Obaldia)

Illustration: Corinne Delhaye

 

 

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MON BIEN-AIMÉ NE TARDERA PLUS À VENIR… (Chansons Populaires) (Six Dynasties, 221-558)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2021




    
MON BIEN-AIMÉ NE TARDERA PLUS À VENIR…

Mon bien-aimé
ne tardera plus à venir, je l’attends ici,
à la petite porte.
Mais ma mère
ne dort pas encore…
Je sens les battements de mon coeur
comme une épée
frappant un bouclier.

(Chansons Populaires) (Six Dynasties, 221-558)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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