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Poésie

Posts Tagged ‘se jouer’

Un homme voulait se faire ascète (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021




    
Un homme voulait se faire ascète. Une belle nuit, il déclara :
« Le moment est venu pour moi d’abandonner ma demeure et de chercher Dieu.
Ah! qui donc m’a retenu si longtemps ici dans les trompeuses illusions? »

Dieu murmura : « Moi »; mais l’homme ne comprit pas.
Il dit : « Où es-tu, Toi qui t’es joué si longtemps de moi? »
A ses côtés sa femme était paisiblement étendue sur le lit, un bébé endormi sur son sein.

La voix reprit : «Dieu, il est là », mais l’homme n’entendit pas.
Le bébé pleura en rêve, se pelotonnant plus près de sa mère.

Dieu ordonna : « Arrête, insensé, ne quitte pas ta maison »
— mais il n’entendit pas encore.

Dieu soupira et dit avec tristesse :
« Pourquoi mon serviteur croit-il me chercher quand il s’éloigne de moi? »

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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Qu’attend-on d’une nuit sans étoiles ? (Frédérique Archimbaud)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration: Christian Schloe 
    
Qu’attend-on
d’une nuit sans étoiles ?

Peut-être qu’y bruissent
nos firmaments
à fleur d’âme ?

Que se jouent de nous
nos farandoles
effrayées
nectar du songe

qu’à petits pas
à frôlements feutrés
sanglotent
nos joies
nos chagrins

et qu’à petit matin
nous délivre
un essaim
de lumière

(Frédérique Archimbaud)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Friches 131
Traduction:
Editions: Revue de poésie Friches

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J’ai encore douté (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



Illustration: Natori Shunsen
    
J’ai encore douté :
Avec le visage aimé
Tant de ressemblance !
Comme vous vous jouez de moi,
Dieux espiègles de l’amour !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Tout le drame d’ici (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018



    

Tout le drame d’ici se joue
au sein d’une autre réalité;
L’autre, invisible et sans limites,
suspend l’ici en son Ouvert.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous (André Mage de Fiefmelin)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,
Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire,
La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre
Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous nous jouons tous
Sous habits déguisés à malfaire et médire.
L’un commande en tyran, l’autre, humble, au joug soupire ;
L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.

Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine,
Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gêne
Voyant le riche soûl et le pauvre jeûnant.

Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie
Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant,
Change la catastrophe en triste tragédie.

(André Mage de Fiefmelin)

 

 

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Je sais les labyrinthes (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Je sais les labyrinthes. Je sais.
On suit des routes à l’intérieur de soi pour retrouver le centre.
On pense qu’il ressemble au point ultime, sublime dit le poète,
où la vie rejoint la mort,
où se joue lumineux le fonctionnement de l’âme, au-delà.

Et l’on se retrouve à la croisée des chemins, une pierre, un instant,
le fil court de soi à soi.
Parfois l’Autre est là.
Puis il nous quitte.

Usés d’attente et de désert, nous renaissons en d’autres eaux,
nous nageons dans une autre écriture. Sans aucun oubli.
Nous traçons notre route au large
en sachant cette lumière qui fut, où nous baignâmes jadis.

Car l’amour est dans la perte et la ronce, dans l’obscur du torrent,
dans les fausses luisances et le vent des folies
mais l’on avance parés vers sa demeure
et les mots nous précèdent et l’éclairent.

L’impossible harmonie nous habite,
elle a le visage de l’innocence.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Pure fantaisie (Marc Dugardin)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Illustration: Tomas Januska
    
pure fantaisie
(avec Rimbaud)

dans le grand vide
lâcher prise
être le danseur
mot à mot

à chaque pas se jouer
se déjouer
pour la première
et la dernière fois

danser

littéralement

(Marc Dugardin)

 

Recueil: Quelqu’un a déjà creusé le puits
Traduction:
Editions: Rougerie

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Toute ma vie (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017




    
Toute ma vie est marquée par l’image de ces fleuves,
cachés ou perdus au pied des montagnes.

Comme eux, l’aspect des choses plonge
et se joue entre la présence et l’absente.

Tout ce que je touche
a sa moitié de pierre
et sa moitié d’écume.

(Jean Tardieu)

 

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Sur le damier de l’existence (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



Illustration

    Sur le damier de l’existence
le Ciel se joue avec les êtres :
et, la partie finie,il les replace
dans la sombre boîte du néant.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Les souvenirs qui dansent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



visage-blanc-et-noir

Les souvenirs qui dansent
La Solitude de l’oubli

La rature d’un remord
Ce qui sourit seulement

L’obscur et le clair se jouent
aux lucarnes du hasard

(Georges Bonnet)

 

 

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