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Poésie

Posts Tagged ‘midi’

De toutes petites peines quotidiennes (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



champ69

De toutes petites peines
Quotidiennes
Posées sur le pré à midi

Larmes d’enfants
Mises à sécher sur l’herbe verte

Fondent au soleil
Montent au ciel
Si légères et transparentes

Se mêlent aux nuages
Ne laissent dans l’air pur
Nulle trace ni plainte visible.

(Anne Hébert)

 

 

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La lumière de midi fait éclater les fronts (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



La lumière de midi fait éclater les fronts.
Elle peint de résine les masques insensés
Que les puissants ont pris pour traverser la ville
Où les bûchers croulants grillent le ciel géant.

Elle bouge avec l’ombre décapitée des murs
Et recouvre de chaux les cris des premiers morts.
Ses doigts d’encre ont tracé les couloirs de la peur,

Ne me demande pas ce que font ces fantômes.
Ils arrachent le coeur des colombes blessées
Et vendent des colliers d’amulettes sonores
Pour conjurer la foudre et sauver les damnés,
Mais l’enfer n’entend pas ce doux bruit d’ossements.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Julien Girard

 

 

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Soleil à tue-tête (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



George Owen Wynne Apperley 79-andromede

Soleil à tue-tête
Sur la mer à midi
Flèches d’or
Ardente déraison
Je file sous l’eau verte
À la recherche de l’âme du feu
Qui brille parmi les algues

(Anne Hébert)

Illustration: George Owen 

 

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CEPENDANT … (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

CEPENDANT …

Une même eau ne reste pas longtemps
Dans un faible creux de la terre
Qui est face à face avec le ciel :
Vienne midi, vienne le vent,
Il faut que s’évade un peu d’elle,
Flocon de nuage ou perles dans l’herbe.

Vienne du soleil plein le mur d’en face,
A ton plus haut carreau vienne du bleu,
Et tes pieds seront nus et chauds parmi les sables
Et des oiseaux voyageront avec tes yeux…

(Charles Vildrac)

Illustration

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LES PROIES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

LES PROIES

Les villages de schiste sombre et froid
laissent courir aussi des filles aux lèvres peintes
et souvent le poing des vieux laboureurs s’écrase
sur la table de l’unique bistrot
élargissant d’un coup l’espace de l’attente
où la lumière se rassemble, frileuse
et comme prise au piège d’une lampe
mais il est midi à peine et dans la rue
un chat guette une proie que personne ne voit

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le gouffre du jour (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



    

Le gouffre du jour

A chaque aube étonnant de son cri de colombe
un silence où dormaient les fougères du givre,
le même somnambule ouvre ses grands yeux ivres
et droit dans l’inconnu glisse comme une bombe,

sa clameur en tombant dissipe les forêts,
déchire les filets où s’agitent nos rêves
et dans un grand remous mille maisons se lèvent
et la neuve clarté se tache d’un sang frais ;

villas, palais marins qui buvez la lumière
par toutes vos blancheurs dès l’aurore ravies,
sentez-vous le soleil ourdissant dans la pierre
un réseau frémissant qui capture la vie ?

Les dormeurs de midi verront ces fables sourdes
déchirer leur sommeil en un fiévreux sillage,
à peine s’arrêter pour jeter leur message
et couler dans le sang comme barques trop lourdes.

(Henri Thomas)

 

Recueil:
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’éclairée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration
    
L’éclairée

Éclairée
Et regardant l’éclair qui te touche
Je te savais plus grande que tes mains
Plus heureuse que ta vie
Ô vibrante éternelle parmi les souches
Et noire d’être conviée aux frondaisons des morts.

Immense frondaison qu’on dit verte à midi
Mais qui sombre bientôt dans les lames du soir
Je t’aperçois grondant comme un grand soleil d’âge
Te pénétrant
Dans la verdeur de ton nom
Et maintenant
Je te perçois parmi les branches
Et je t’avais cherchée
Mais tu n’es pas dans le pays d’où ta voix me fait signe

Un grand vent t’abandonne aux frontières d’ici.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Les portes du garage (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Poussant sur le cadenas,
les portes du garage
A midi

***

Straining at the padlock,
the garage doors
At noon

(Jack Kerouac)

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REMEMBRANCES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
REMEMBRANCES

Nous avions perdu le monde,
Nous avions perdu le goût.
Des salamandres d’étoiles
Tournaient au-dessus de nous.

Crois-moi. Je ne rêve guère
Si je m’endors vers midi.
Voici le dur pain des guerres,
Son goût de pierre à fusil,

Tant de nuits avec deux larmes
Qui m’éclairaient jusqu’au jour.
J’aurais bien posé les armes
Pour la rose de l’amour;

J’ai couché dans maintes crèches
Entre l’âne et le boeuf roux,
Puis bu dans des vallées fraîches
Où la nuit creusait des trous.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Baigneuse (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Baigneuse

Soleil en pluie sur la mer
Soleil roux soleil jaune
Blanc soleil de midi
Bleu soleil sur la mer
Mélange des eaux et du feu
A midi.

Onde profonde où je descends
Mer verte mer bleue
Rutilante
Verte bleue
Profonde où je descends

Du bout de l’eau ramenée
Remonte à la surface
Comme une bulle de jour
Poisson d’argent
Sur le dos sur le ventre
Criblée de flèches d’or

Invente à loisir
Des pièges fins
Des écluses tranquilles
Des nasses liquides
Pour saisir le soleil
Entre mes doigts mouillés.

(Anne Hébert)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

 

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