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Poésie

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Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

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C’était Midi (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


Girodet - Effet de Lune, Endymion (1793)

A mon modeste Foyer vint Son feu –
Et toute ma Maison embrasée
Flamba et frémit, d’une brusque clarté –
C’était l’Aurore – c’était le Ciel –

Illuminé non par un bref Eté –
Avec limite de Déclin –
C’était Midi – sans Nouvelle de Nuit –
Non, Nature, c’était le Jour –

(Emily Dickinson)

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Elle est comme la Lumière (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017


lumiere

« Elle est comme la Lumière – Délice
Sans artifice –
Mélodie sans âge – à l’oreille –
Comme l’Abeille –

Elle est comme les Forêts – secrète –
Sans phrases – comme la Brise –
Mais elle agite
Les Arbres les plus fiers –

Elle est comme le Matin – parfaite –
Une fois accomplie –
Et que l’Horloge Eternelle –
Carillonne – Midi! »

(Emily Dickinson)

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It’s like the Light (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017


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Comme la Lumière –

Délice sans forme –
Comme l’Abeille –
Mélodie – sans âge –
Comme les Bois –
Secrets – Comme la Brise –
Pas un mot – mais elle agite
Les Arbres les plus fiers –
Comme le matin
Meilleur – une fois fini –
Et quand les Horloges Eternelles –
Sonnent – Midi!

(Emily Dickinson)

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Retouche beauceronne (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



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retouche beauceronne

croque au ciel

du four de midi champ de blé
ta galette m’a rassasié
jusqu’au déclin du jour

(Daniel Boulanger)

 Illustration

Désolé je n’ai pas trouvé « croque au ciel » de la Beauce quelqu’un connaît et peut me donner un lien photo ?

 

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LA ROSE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



LA ROSE,
ce matin, a osé desserrer
le bouton de ses lèvres :
« Je t’aime », murmure-t-elle,
et d’heure en heure
elle se fait plus belle.
A midi elle chante,
et le soir elle crie :
« Je t’aime ! Et toi,
m’aimes-tu aussi ?

Mais lui, bien sûr, en aime une autre.
Cela souvent se passe ainsi :
passent l’amour, la fleur de l’âge,
puis vient le vent du large
sur son cheval d’oubli…

Mais elle, aux mains de courage,
arrache ses pétales
le long du rivage endormi,
plonge parmi les étoiles
et se noie, toute nue,
dans la nuit.

(Christiane Barrillon)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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Précédé de son odeur (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



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Précédé de son odeur
à nouveau le vent du sud

Sa lumière chantée
Ses midis de plénitude

Sous la lune l’étrange
silence des clairières

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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A midi durant l’été (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



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A midi durant l’été
l’ombre du marronnier
atteignait près du seuil de la maison
un géranium aux pâles couleurs
un hortensia protégeant son espace
une poupée abandonnée
aux fastes d’une poussière ancienne

(Georges Bonnet)

 

 

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C’était le plein été (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



C’était le plein été
ses midis foudroyés
les choses au grand jour
ensoleillées par leur nom
complices du regard
les premières trahisons
sans que ce soit encore l’automne

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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LA VOIX DES CHOSES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



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LA VOIX DES CHOSES

Connais-tu la chanson des fils du télégraphe?
Avec neuf clés, ainsi qu’une lyre, il s’agrafe
Dans les blancs clochetons des sonores godets
Qui sous la porcelaine ainsi que sous un dais

Couvent la gamme errante aux fibres de la corde.
Cet étrange instrument, c’est le vent qui l’accorde ;
C’est le bruit du midi, de l’aube et du couchant,
Qui lui donne son vague, et bizarre, et doux chant.

L’homme, en dressant le bois des poteaux par la plaine,
Ne s’est pas souvenu que la nature est pleine
De soupirs, de sanglots, de notes, de frissons,
Et que toute la terre est un nid de chansons.

Où son travail posait l’appareil de physique,
La nature a su mettre un peu de sa musique.
Applique ton oreille, enfant, contre le bois.
Et ton cœur entendra la voix, la grande voix,

Murmurer comme un flot sans fin, lointaine et douce.
Écoute! C’est le grain qui poind, la fleur qui pousse;
Tous les germes obscurs qui vont sourdre du sol
Et tous ceux que la brise emporte dans son vol;

Tout ce qui veut jaillir près de tout ce qui tombe,
Car la terre est berceau comme la terre est tombe;
C’est la chose qui naît et la chose qui meurt;
C’est la mystérieuse et confuse clameur

De vie universelle éparse par l’espace.
Et tout cela tient dans ces fils où le vent passe
maîtresse, emplis bien de ce chant tout ton cœur.
Il dit qu’il faut aimer, et que l’amour vainqueur,

Dans les ruines, dans les morts, dans les désastres,
Anime les brins d’herbe aussi bien que les astres,
Et toujours plus vivace, en efforts plus ardents,
Palpite, et vibre, et souffle, et s’allume dedans

Les coins les plus perdus de l’immense matière.
Il dit qu’à moi tu dois te donner toute entière.
Viens, je ferai chanter mes baisers sur ton corps,
Et, tel qu’un violon dominant les accords,

Le cri de notre amour, comme un fou qui s’esclaffe.
Couvrira la chanson des fils du télégraphe.

(Jean Richepin)

 Illustration: Abel-Dominique Boyé

 

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