Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘briser’

Ne pleure pas (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2019



    
Illustration: Yun Bing

(Kobayashi Issa)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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VERS DE HAUTES PORTES (Marc Chagall)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Marc Chagall 
    
VERS DE HAUTES PORTES

Seul est mien ce pays
Qui se trouve en mon âme;
Comme un familier, sans papiers,
Je m’y rends.
Il voit ma tristesse et ma solitude,
Il me couche pour m’endormir,
Me recouvrant d’une pierre d’odeurs.

Un vert jardin fleurit en moi, des fleurs imaginées,
En moi mes propres rues s’étendent.
Les maisons manquent
Depuis le temps de mon enfance elles sont en ruines,
Leurs habitants s’égarent dans les airs,
Ils cherchent un logis, ils vivent dans mon âme.

Voici pourquoi quelquefois je souris
Quand le soleil scintille à peine,
Ou bien je pleure
Comme une pluie légère dans la nuit.

Je me souviens d’un temps
Où je portais deux têtes…
C’était un temps
Où les deux têtes
Se couvraient d’un voile d’amour,
Se dissipaient comme le parfum d’une rose.

Il me semble à présent
Que même en revenant sur mes pas
J’avance
En direction de hautes portes
Qui cachent un chaos de murs
Où les tonnerres abattus passent leurs nuits
Et les éclairs brisés.

(Marc Chagall)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur ses genoux (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2019



Illustration
    
Sur ses genoux l’homme a brisé la miche d’orge.
Le plus pauvre des hommes qui fut jamais sur la terre.
Comme un bouleau sous le vent, j’ai frissonné sous son regard.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Comment m’appeler ? (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: pierres qui roulent

    

Comment m’appeler ?

Arbre je fus un jour et attaché,
puis oiseau m’échappai, libre comme l’air,
dans un fossé trouvé enchaîné,
un œuf souillé en se brisant brisa mes fers.

Comment me garder? J’ai oublié
d’où je viens et où je vais,
de tant de corps suis possédé,
un piquant résistant et un chevreuil en fuite.

Ami aujourd’hui des branches d’érable,
demain sur le tronc je porte la main…
Quand la faute commença-t-elle sa ronde infernale
me menant de semence en semence sans fin ?

Mais en moi chante encore un commencement
– ou bien une fin – et combat ma fuite,
je veux échapper à cette faute, à sa flèche
qui en grain de sable ou canard sauvage me cherche.

Peut-être puis-je un jour me reconnaître
une colombe une pierre qui roule… Manque
un mot seulement ! Comment m’appeler
sans être dans une autre langue ?

***

Wie soll ich mich nennen?

Einmal war ich ein Baum und gebunden,
dann entschlüpft ich als Vogel und war frei,
in einen Graben gefesselt gefunden,
entließ mich berstend ein schmutziges Ei.

Wie hait ich mich? Ich habe vergessen,
woher ich komme und wohin ich geh,
ich bin von vielen Leibern besessen,
ein harter Dom und ein flüchtendes Reh.

Freund bin ich heute den Ahornzweigen,
morgen vergehe ich mich an dem Stamm…
Wann begann die Schuld ihren Reigen,
mit dem ich von Samen zu Samen schwamm?

Aber in mir singt noch ein Beginnen
— oder ein Enden — und wehrt meiner Flucht,
ich will dem Pfeil dieser Schuld entrinnen,
der mich in Sandkorn und Wildente sucht.

Vielleicht kann ich mich einmal erkennen,
eine Taube einen rollenden Stein…
Ein Wort nur fehlt! Wie soll ich mich nennen,
ohne in anderer Sprache zu sein.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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MOUVEMENT DU CŒUR (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Ingeborg Bachmann

    
MOUVEMENT DU CŒUR

Après des jours gris

Être libre une heure seulement !
Libre, loin !
Comme des chants nocturnes dans les sphères célestes.
Et voler très haut au-dessus des jours,
voilà ce que je voudrais
et chercher l’oubli […]
au-dessus des eaux sombres
glaner des roses blanches,
donner à mon âme des ailes
et, oh Dieu, ne plus rien savoir
de l’amertume des longues nuits
où les yeux s’ouvrent grand d’étonnement
devant la détresse sans nom.
Des larmes sur mes joues
témoignent des nuits de démence,
du bel espoir délirant,
du souhait de briser les chaînes
et de m’abreuver de lumière […]
Voir la lumière une heure seulement !
Être libre une heure seulement !

***

BEWEGUNG DES HERZENS

Nach grauen Tagen

Eine einzige Stunde frei sein!
Frei, fern!
Wie Nachtlieder in den Sphdren.
Und hoch fliegen über den Tagen
m6chte ich
und das Vergessen suchen […]
über das dunkle Wasser gehen
nach weißen Rosen,
meiner Seele Flügel geben
und, oh Gott, nichts wissen mehr
von der Bitterkeit langer Nächte,
in denen die Augen groß werden
vor namenloser Not.
Tränen liegen auf meinen Wangen
aus den Nächten des Irrsinns,
des Wahnes schöner Hoffnung,
dem Wunsch, Ketten zu brechen
und Licht zu trinken […]
Eine einzige Stunde Licht schauen!
Eine einzige Stunde frei sein!

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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LES DEUX CORTEGES (Joséphin Soulary)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

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LES DEUX CORTEGES

Deux cortèges se sont rencontrés à l’église.
L’un est morne : il conduit le cercueil d’un enfant ;
Une femme le suit, presque folle, étouffant
Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L’autre, c’est un baptême ! au bras qui le défend
Un nourrisson gazouille une note indécise :
Sa mère lui tendant le doux sein qu’il épuise,
L’embrasse tout entier d’un regard triomphant !

On baptise, on absout, et le temple se vide.
Les deux femmes, alors, se croisant sous l’abside,
Echangent un coup d’œil aussitôt détourné ;

Et – merveilleux retour qu’inspire la prière –
La jeune mère pleure en regardant la bière,
La femme qui pleurait sourit au nouveau-né !

(Joséphin Soulary)

Illustration: Corinna Wagner

 

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L’arbre qui chante (Jean-Pierre Voidiès)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


 

Ivan Alifan c43 [1280x768]

L’arbre qui chante

Ecoute, écoute : un arbre chante
Car un nid s’est caché dedans

Qui trouvera, qui trouvera
Dans tout ce vert de sophora

Dans cette boule caressante
Le bateau chaud que la tourmente
Jamais, jamais ne brisera ?

Qui trouvera, qui trouvera ?

Mais laisse donc, enfant, tais-toi

Pour une fois qu’un arbre chante…!

(Jean-Pierre Voidiès)

Illustration: Ivan Alifan

 

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La lampe (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


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La lampe brûle sans compter.
Elle se nourrit d’aliments panachés.
Accommode-t’en,
ou brise-la.

(René Char)

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Sans retour (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2019



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Sans retour

In memoriam Saint-Exupéry

Icare
tombé du ciel
ailes brisées,
le pilote au regard d’enfant
dort, bercé par des sirènes,
parmi les algues, les gorgones,
sur le sable profond
de la mer tutélaire.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Battant des cils (Hisajo Sugita)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2019




    
Battant des cils,
mon enfant ressasse son rêve brisé.
Aube printanière.

(Hisajo Sugita)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Pensées de femmes
Traduction:
Editions: Seuil

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