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Poésie

Posts Tagged ‘briser’

La lampe (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


lampe

La lampe brûle sans compter.
Elle se nourrit d’aliments panachés.
Accommode-t’en,
ou brise-la.

(René Char)

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Sans retour (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2019



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Sans retour

In memoriam Saint-Exupéry

Icare
tombé du ciel
ailes brisées,
le pilote au regard d’enfant
dort, bercé par des sirènes,
parmi les algues, les gorgones,
sur le sable profond
de la mer tutélaire.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Battant des cils (Hisajo Sugita)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2019




    
Battant des cils,
mon enfant ressasse son rêve brisé.
Aube printanière.

(Hisajo Sugita)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Pensées de femmes
Traduction:
Editions: Seuil

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Milord (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

Régis Bernard _Fille_de_joie_a_Amsterdam_78

Milord

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c’est confortable.
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue
Je ne suis qu’une fille du port,
Qu’une ombre de la rue…

Pourtant je vous ai frôlé
Quand vous passiez hier,
Vous n’étiez pas peu fier,
Dame! Le ciel vous comblait:
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules,
Vous aviez le beau rôle,
On aurait dit le roi…
Vous marchiez en vainqueur
Au bras d’une demoiselle
Mon Dieu!… Qu’elle était belle…
J’en ai froid dans le coeur…

Allez, venez, Milord!
Vous asseoir à ma table;
Il fait si froid, dehors,
Ici c’est confortable.
Laissez-vous faire, Milord,
Et prenez bien vos aises,
Vos peines sur mon coeur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue
Je ne suis qu’une fille du port
Qu’une ombre de la rue…

Dire qu’il suffit parfois
Qu’il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s’en va…
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n’a pas su comprendre
Qu’elle brisait votre vie
L’amour, ça fait pleurer
Comme quoi l’existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après…

Allez, venez, Milord!
Vous avez l’air d’un môme!
Laissez-vous faire, Milord,
Venez dans mon royaume:
Je soigne les remords,
Je chante la romance,
Je chante les milords
Qui n’ont pas eu de chance!
Regardez-moi, Milord,
Vous ne m’avez jamais vue…
…Mais vous pleurez, Milord?
Ça je l’aurais jamais cru!

Eh ben, voyons, Milord!
Souriez-moi, Milord!
…Mieux que ça! Un petit effort…
Voilà, c’est ça!
Allez, riez, Milord!
Allez, chantez, Milord!
La-la-la…

Mais oui, dansez, Milord!
La-la-la…
Bravo Milord!
La-la-la…
Encore Milord!…
La-la-la…

(Georges Moustaki)

Illustration: Régis Bernard


 

 

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Les pas lointains (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Les pas lointains

Mon père dort. Son auguste visage
figure un coeur serein ;
il est maintenant si doux…
s’il est en lui quelque chose d’amer, ce doit être moi.

Il y a de la solitude au foyer; on prie;
et pas de nouvelles des enfants aujourd’hui.
Mon père s’éveille, ausculte
la fuite en Égypte, l’adieu apaisant.
Il est maintenant si proche;
s’il est en lui quelque chose de lointain, ce doit être moi.

Et ma mère se promène là-bas dans les jardins,
savourant une saveur désormais sans saveur.
Elle est maintenant si suave,
si aile, si départ, si amour.

Il y a de la solitude au foyer sans tumulte,
sans nouvelles, sans vert, sans enfance.
Et s’il est quelque chose de brisé ce soir,
et qui descend et qui grince,
ce sont deux vieux chemins blancs, courbés.
Mon coeur les parcourt à pied.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Je suis comme monté par un cavalier sans visage (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Igor Morski 
    
Je suis comme monté par un cavalier
Sans visage
– il me presse contre mes actes –
Il me bat et me retient, il me fouaille d’événements.
Il me brise aux obstacles
Il change de nom, m’arrête à me briser –
II se moque de mes forces,
Il impose le désordre
Il abuse de mon souffle
Il écrase mon coeur dans sa main
Je ne puis rejoindre sa volonté
Il me chevauche comme un fou
Je tremble et je cours
Je ne puis me retourner pour le voir
— Je ne puis achever de le voir.
Il échappe aux mouvements de mon intelligence

Oh ! Change d’homme…

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tordue (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Tordue est la chose dure, douce et chaude, (la fille)
Polie et mouvante, lance l’air qui brûle
Terre entière qui se lève, et me porte
Étendue fraîche, étendue tiède, forme qui devient
nouvelle sous la force –
Voyage immobile, tendre au bas, du sommet aigu
Pierre exquise, pour boire.
Idée d’être proche, désir de briser, soupir pour se fondre
Et ne pas… Soupir, souffle et idée !
Étreinte toute du bien et du mieux, lutte qui se gonfle,
Mélange ; seul, on redevient ; seul, on s’élève
Seul on ne pense plus, seul on veut, seul on est.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Des milliers de souvenirs (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019




    
…Des milliers de souvenirs d’avoir senti la solitude
et souhaité avec rage la fin des mauvais temps ou de la pensée.

Peut-être ne laissera-t-il qu’un amas informe de fragments aperçus,
de douleurs brisées contre le Monde, d’années vécues dans une minute,
de constructions inachevées et glacées,
immenses labeurs pris dans un coup d’oeil et morts.

Mais toutes ces ruines ont une certaine rose.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans mon obscur cerveau rampent des chrysalides (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Michel Escale _Scarabee_et_Libellule_Escale_Michel [800x600]

LES CHRYSALIDES

Dans mon obscur cerveau rampent des chrysalides ;
Des libellules d’or gisent en ces prisons.
Leurs ailes sont de la couleur des horizons
Où le soleil se perd au fond des mers limpides.

Elles voudraient s’enfuir ; leurs murs sont trop solides.
Sur elles planeront les jours et les saisons,
Sans qu’elles aient jamais, en frôlant les gazons,
D’espace et de lumière empli leurs âmes vides.

Alors elles mourront, lentement, peu à peu,
Et je rêve souvent à leur essaim de feu
Qui bientôt fanera comme les fleurs passées.

Mais quel soleil pourrait, ô mes faibles pensées,
Vous donner la vigueur de briser la paroi
De la larve pesante où vous êtes en moi ?

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Michel Escale

 

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Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



Illustration: Marie-Claude Gironde
    
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Dresse-moi comme un rameau d’olivier et sois ma colombe

Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh laisse-moi contempler ta beauté quand les témoins sont partis
Laisse-moi ressentir tes mouvement comme ils le font à Babylone
Montre-moi lentement ce dont je connais seulement les limites
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’au mariage maintenant, fais-moi danser et re-danser
Fais-moi danser tendrement et très longtemps
Nous sommes tout deux sous la coupe de l’amour, et bien au dessus
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’aux enfants qui demandent à naître
Fais-moi danser et passer les barrières que nos baisers ont brisées
Monte-toi un abri de toile désormais, mais sache que chaque fil est brisé
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Fais-moi danser jusqu’à ta beauté sur un violon enflammé
Fais-moi danser sur mes peurs jusqu’à la sérénité
Touche-moi à mains nues ou de ton gant
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

***

DANCE ME TO THE END OF LOVE

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We’re both of us beneath our love, we’re both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I’m gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

(Leonard Cohen)

 

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