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Poésie

Posts Tagged ‘écrire’

Écrire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration: Xavier Maitre
    
Écrire c’est convertir le trop en peu, l’excès en manque.
Aucun livre ne devrait être plus pesant qu’une lumière.
Aucune écriture ne devrait faire plus de bruit qu’un sourire.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La vie passante
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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J’ai une nouvelle lettre pour vous (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022




    
J’ai une nouvelle lettre pour vous.
Ce n’est pas moi qui l’ai écrite,
mais un bouquet de lobélies
— vous savez, ces fleurs bleu clair
de la famille des campanules.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Vers le milieu l’après-midi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022




    
Vers le milieu l’après-midi, un silence s’est fait partout dans le pré.
Le ciel soudain a pâli comme quelqu’un qui on vient d’annoncer une mort.
Il n’y avait plus rien. Et puis tout s’est rallumé.

C’est quelque chose qui arrive très souvent,
vers le milieu de l’après-midi.
On ne le remarque guère.

Il faut être prisonnier ou malade,
ou assis devant une table, en train d’écrire, pour s’en apercevoir :
l’étoffe du jour est trouée.

Par les trous on voit le diable
— ou, si vous préférez ce mot plus
calme : le néant.

Il y a un instant où le monde est laissé seul.
Abandonné.

C’est comme si Dieu retenait son souffle.
Un intervalle de néant entre deux domaines de la lumière

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Quand on aime quelqu’un (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Quand on aime quelqu’un,
on a toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire,
jusqu’à la fin des temps.

(Christian Bobin)

 

 

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Écrire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Mary Poppins

Écrire,
c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable,
et puis l’ouvrir.

(Christian Bobin)

 

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C’est un peu comme ça (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Illustration
    
C’est un peu comme ça que j’écris que je vis
un peu comme ça beaucoup comme ça
D’abord un long sommeil une grande absence
avec de loin en loin un éclair
le sursaut d’un éveil

La poésie Nella
ce n’est rien que la vie
et la vie n’est que du sommeil
tourmenté par l’éveil déchiré par l’éveil

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Boubat (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Boubat ne « prend » pas ses photographies, il les reçoit.
Il les accueille.

Quant à connaître précisément ce qui est ainsi accueilli,
c’est impossible.

Le savoir que nous avons d’une chose enferme cette chose sur nous-mêmes.
Dans l’accueil, c’est le mouvement inverse :

nous sommes ouverts à l’autre et,
pour tout dire, nous sommes un peu perdus.

Boubat ne connaît pas tout ce qu’il voit,
pas plus que je ne comprends tout ce que j’écris.

Le meilleur de nous arrive toujours à notre insu.

(Christian Bobin)

 Illustration: Edouard Boubat

 

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A qui parle-t-on lorsqu’on écrit (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022




    
A qui parle-t-on lorsqu’on écrit.
Je ne sais pas.
Je crois qu’il est impossible de savoir.

Celle à qui on écrit est au bout de nos mots
comme le jour est aux confins de la nuit,
comme la fièvre est à l’extrême du silence.

Les mots vont vers elle
pour qu’elle les prenne entre ses mains calmes,
et les remette à bien plus qu’elle
— à on ne sait qui.

«Je vous écris» veut dire :
j’écris à bien plus que vous,
mais «bien plus»
c’est par vous que ça passe.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Je n’ai jamais écrit qu’ainsi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Illustration: Nupur Choudhary
    
Je n’ai jamais écrit qu’ainsi : porté par plus léger que moi, dans les bras
— non pas de l’ange — mais de la vie passante, de l’étincelante rumeur de vivre.
Il faut du temps pour atteindre à l’innocence du jour.

Il faut du temps pour parvenir à la simplicité d’une langue.
Il faut du temps pour apprendre,
et plus encore de temps pour rire de ce qu’on vient d’apprendre.

Rire de son savoir comme de son ignorance.
Rire comme le printemps dans les yeux,
comme l’enfance dans la voix,
comme la pluie dans les livres.

Car il pleut dans les livres.
Une pluie fine glisse sur les pages, tombe sur le coeur.
Dans ce livre la pluie chantait au bout de mes doigts,
tambourinait sur le papier, rafraîchissait la chambre.

Dans ce livre la pluie portait le nom d’une femme,
éclairante dans sa voix, juste dans son coeur : Nella. Nella Bielski

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Mais sous vos lettres (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Illustration: Natasha Wescoat   
    
Mais sous vos lettres
Nella
sous vos lettres je sais bien
ce qui est
et que c’est tout
ou presque
Ce qu’il y a sous vos lettres
c’est ce qui est parfois
entre un homme et une femme
c’est une rivière
et c’est un arbre aussi
planté entre l’homme et la femme
grandi en un seul souffle
abondant souverain
il porte le joli nom de
charme

Je vous écris au pied de cet arbre
souvent aussi je n’écris pas
et c’est sans importance
je dors ou bien je lis

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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