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Poésie

Posts Tagged ‘or’

Maintenant (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2020



van gogh
Maintenant

Le soleil lourd
A la fin du jour
Brûle les champs de blé.

La brune qui avance
C’est le silence
Entre l’épervier et l’effraie.

A travers le voile
D’un or de gloire
Et d’un bleu fictif

Immensité
De ténèbres et de lumière.

***

Now

The heavy sun
Of the end of the day
Burns the cornfields.

The creeping dusk
Is the pause between
The hawk and the owl.

Through the veil
Of splendour of gold
And fictive blue:

Immensity
Of darkness and light.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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L’Aube (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



Un toit de maison puis l’étoile
au-dessus pâlissante
arrêtaient les regards d’un homme
qui se sentaient repris par le fin jeu des causes
plus bas les enseignes
dévoilaient leurs mots d’or
le bois, le fer, la pierre
imposaient leur présence
une fenêtre grande ouverte
montrait le mur d’ocre et l’armoire
et la main qui posait une cuiller de fer
sur la faïence d’une assiette
à l’ancien ébrèchement.

(Jean Follain)

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IMPRESSION DU MATIN (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



IMPRESSION DU MATIN

La Tamise nocturne dont l’or et l’azur
Se fondent dans la grisaille ;
Un chaland couvert de paille
Ocre s’y avance : le brouillard sur

Les ponts, jaunâtre et glacé, se faufile
Jusqu’aux maisons, leurs fronts
Ne sont plus qu’ombres et Saint-Paul rond
Comme une bulle flotte sur la ville.

Et voici qu’éclate le cri
De la vie qui s’éveille ; les rues s’agitent,
Pleines de chariots : c’est la fuite
Des oiseaux qui vont chanter sur les toits éblouis.

Mais une femme spectrale et seule,
Dont le jour baigne les cheveux blafards,
A la lueur des réverbères rôde sur le tard,
Ses lèvres étincellent, son coeur n’est qu’une meule.

***

IMPRESSION DU MATIN

The Thames nocturne of blue and gold
Changed to a Harmony in grey :
A barge with ochre-coloured hay
Dropt from the wharf : and chill and cold

The yellow fog came creeping down
The bridges, till the houses’ walls
Seemed changed to shadows and St. Paul’s
Loomed like a bubble over the town.

Then suddenly arose the clang
Of waking life; the streets were stirred
With country waggons: and a bird
Flew to the glistening roofs and sang.

But one pale woman all alone,
The daylight kissing her wan hair,
Loitered beneath the gas lamps’ flare,
With lips offlame and heart ofstone.

(Oscar Wilde)

 

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Tout un jour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

nature  a (2)

Tout un jour les humbles voix
d’invisibles oiseaux
l’heure frappée dans l’herbe sur une feuille d’or

le ciel à mesure plus grand

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Ainsi en est-il! (Shabkar)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020




Aurions-nous des provisions
pour cent ou mille ans,

Au seuil de la mort,
nous devrons tout abandonner.

Aurions-nous une garde-robe suffisante
pour nous vêtir cent ou mille ans,

Au seuil de la mort, nous serons nus.

Posséderions-nous cent
ou mille pièces d’or ou d’argent,

Au seuil de la mort,
nous aurons les mains vides.

Serions-nous entourés de cent
ou mille parents et amis,

Au seuil de la mort, nous serons seuls.
Ainsi en est-il!

(Shabkar)

Illustration: Jean-Louis David

 

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JE CHERCHE PAIX (Olivier De Magny)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2020




    
JE CHERCHE PAIX

Je cherche paix, et ne trouve que guerre,
Ores j’ai peur, ores je ne crains rien,
Tantôt du mal et tantôt j’ai du bien,
Je vole au ciel et ne bouge de terre.

Au cœur douteux l’espérance j’enserre,
Puis tout à coup je lui romps le lien,
Je suis à moi et ne puis être mien,
Suivant sans fin qui me fuit et m’enferre.

Je vois sans yeux, je cours sans déplacer,
Libre je suis et me sens enlacer
D’un poil si beau que l’or même il égale :

J’englace au feu, je brûle dedans l’eau,
Je ris en pleurs, et ronge mon cerveau,
Chantant toujours comme fait la cigale.

(Olivier De Magny)

 

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Eau-Couleur (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



Eau-Couleur

Liquide est le Pays de la Couleur; il est
dans l’aniline des bocaux de pharmacie.
Tout juste un regard, et je plane sur le vert
non pas le vert forêt, mais le vert d’outre-vert.

Et dessous la cloche le bleu est une baie.
Je voudrais y naître; je suis en train de naître.
Du jaune je traverse la lagune d’or.
La couleur est l’étant; le reste, bavardage

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Chanson de la maîtresse du boulanger (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020



 

Mon coeur connaît le boulanger
au torse comme un marbre antique
seul en cachette il travaille
pour me faire un pain de blandices
je suis au monde pour lui seul
lui seul sait voir dans mes yeux d’or.
Beau secret de la fleur de blé
secret tu dors
sauf en lui.

(Jean Follain)

 

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SONNET MADRIGAL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Anne-Marie Zilberman (28)

SONNET MADRIGAL

J’ai voulu des jardins pleins de roses fleuries,
J’ai rêvé de l’Eden aux vivantes féeries,
De lacs bleus, d’horizons aux tons de pierreries;
Mais je ne veux plus rien; il suffit que tu ries.

Car. roses et muguets, tes lèvres et tes dents
Plus que l’Éden, sont but de désirs imprudents,
Et tes yeux sont des lacs de saphirs, et dedans
S’ouvrent des horizons sans fin, des cieux ardents.

Corps musqués sous la gaze où l’or lamé s’étale,
Nefs, haschisch… j’ai rêvé l’ivresse orientale,
Et mon rêve s’incarne en ta beauté fatale.

Car, plus encor qu’en mes plus fantastiques vœux,
J’ai trouvé de parfums dans l’or de tes cheveux,
D’ivresse à m’entourer de tes beaux bras nerveux.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Banalité (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Alberto Quintero - (8)

Banalité

L’océan d’argent couvre tout
Avec sa marée incrustante.
Nous avons rêvé jusqu’au bout
Le legs d’un oncle ou d’une tante.

Rien ne vient. Notre cerveau bout
Dans l’Idéal, feu qui nous tente,
Et nous mourons. Restent debout
Ceux qui font le cours de la rente.

Etouffé sous les lourds métaux
Qui brûlèrent toute espérance,
Mon coeur fait un bruit de marteaux.

L’or, l’argent, rois d’indifférence
Fondus, puis froids, ont recouvert
Les muguets et le gazon vert.

(Charles Cros)

Illustration: Alberto Quintero

 

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