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Poésie

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Près du feu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Près du feu

La braise couve sous la cendre
Un bel oiseau de feu
Qui s’envolera
Plumes rouges et jaunes

Il s’enivre d’air
Et a faim de bois
Il dévorerait la forêt
Le feu est gai
Mais l’incendie est cynique

Sang vif
Flammes épanouies
Le feu lèche la bûche
Avant de la mordre
Il l’enveloppe
D’une caresse agressive

Je regarde le bond d’or des flammes
Des papillons soufre et écarlates
Battent des ailes
En se les brûlant
Des serpents colorés y grouillent
Et sifflent

Le feu ne vit que le temps d’une combustion.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Ton Corps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2021



Ton Corps

Ton corps sent la terre et la feuille
Quand il enlace la campagne
Tu dénoues tes cheveux
Qui retombent sur les collines
Et sur le village assis
Au bord de la route

Tes mains empoignent l’ombre
Pour l’écarter du sol
Avant de les poser
Pour posséder le monde

Entre tes doigts le soleil
Fait chanter les couleurs
Sur les fleurs de ta robe
Transparente comme un ruisseau
Et tes hanches font tanguer l’horizon

Voix de rire
Main de caresse
Seins gonflés à l’extrême
Ton corps se donnera
Ta chevelure enfante de l’or
Et dans ton décolleté
Plongent le regard du jour
Et l’ardeur de mes mains.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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DITES! DITES! (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



DITES! DITES!

Ah ! dites, dites
Où sont passés les troglodytes?

Où sont passés les troglodytes?
Où sont passés les Mohicans?
Et Blériot avec son biplan ?
Et l’Arabie pas Séoudite ?

Où sont passés les fiacres
Qu’étaient couverts de nacre?
Et les cochers boiteux
Qui devenaient le Diable en moins de deux?

Où sont passées les Amazones
Qui n’avaient qu’un sein comme bouclier?
Où est parti le puits de Dôme ?
Que sont devenus les Alliés ?

La guerre de Cent Ans ? Celle de Soixante-Dix ?
Et celle de Trente Ans?
Et Vercingétorix
Mon ancêtre, mon Gaulois,
Où donc est-il passé avec ses guêtres et ses oies?

Où sont passés les habitants
Des cavernes du bon vieux temps
Qui s’éclairaient modestement
Au moyen de vers luisants ?

Où sont passés les Thermopyles?
Où sont passés les Thermidors ?
Et les Anglais qu’ont pris la pile
Quand Jeanne d’Arc était en or ?

Et Léontine la femme à Léon ?

Et ce monsieur Napoléon
Qui donnait son foie
A tous les soldats
Et faisait semblant d’être là
Même quand il était dans les draps
Avec la Joséphine extra?

Et Samson? Et Dalila ?

Ah ! dites, dites
Y’en a des choses qui existent.

Moi, je veux bien. Moi, je vous crois.
Mais faut vraiment avoir la Foi!

(René de Obaldia)


Illustration: Johann Heinrich Wilhelm Tischbein

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ODE A L’ODALISQUE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Adrien Henri Tanoux (3) [1280x768]

ODE A L’ODALISQUE

L’intimité est graduée à traits de feu par la persienne
Ta nudité flotte vers moi sur l’or de ce radeau
C’est chez nous que le soleil a tendu son réseau
On attendait ces cables d’or pour que l’ancienne
Mine mît à jour mille et une nuits à l’heure
Nous admirons le tracé de ce plan de bonheur

Doigts d’ombre faites chanter ces cordes de lumière
Des versets de soleil enluminent la chambre
Et tout ce que n’a su exprimer le poème
Devient sur toi beauté plus claire

La persienne a filtré le paysage immense
Et même la poussière est devenue or pur
Nous sommes décidés à garder ce trésor

Pour toute notre vie
Nous avons fait provision d’or
Pour éblouir très vite
Les mirages d’horreur
Se dressant à l’improviste
Devant l’homme distrait

On a beau dire quel beau corps d’ambre
Les lèvres sont là et les bouts des seins
Pour tout rendre tendre

Et les yeux pleins de colorants d’humeur créatrice
Où sont en suspens comme paillettes
Des pigments qui savent raviver
La tache blême attaquant le monde
Des yeux pour tenir la beauté
Résolument devant soi sans faiblesse

Vase de la canéphore blessée à mort
Ou verre de cristal dans la main du mourant
Nous n’avons jamais eu qu’un bonheur sans défense

La triste nature morte
La vie du solitaire
Qui tient dans un seul verre
Et tout l’amer à boire
Se brise en mille éclats
Et danse autour de nous
Yeux follets feux bijoux

Les multiples pans de pénombre
Sont assemblés par ces soudures d’or
Par ces épingles d’or est retenue
Cette atmosphère de soie sombre

De l’obscur au clair ton éclat est au point
Des feux noirs des feux d’or dans tes yeux c’est la fête
Du jour qui danse avec la nuit
Les rayons de soleil sortant des mains des ombres
Les barreaux d’or du jour sciés distraitement
Dans tes trésors vont s’embellir
Quand la conscience s’accroît
S’accroît d’autant l’inconscient
C’est la sagesse de ta beauté
C’est la beauté de ta sagesse
C’est la promesse de tes yeux
La révélation de ton corps
C’est ton silence et tes aveux
C’est le bonheur toujours double
C’est l’amour toujours amoureux
De ce qu’il sait et qu’il ignore
De ce qu’il a et qu’il implore
Plus de lumière et d’ombre encore
C’est la sagesse avide de l’amour

(Ernest Delève)

Illustration: Adrien Henri Tanoux

 

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Devoirs (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021


 

Retrouver un fil d’or
dans la maison mortuaire
garder intact en mémoire
le hameau d’argile
regarder avec miséricorde
les travaux minutieux
épouser un corps
un soir de fête
en hommage à la vérité nue
sont les tâches qu’elle se donne
avec ses yeux éblouis.

(Jean Follain)

 

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Vacances (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2021



 

Nikolay Butkovskiy 023

Vacances

Tiède est le vent
Chaud est le temps
Fraîche est ta peau
Doux, le moment

Blanc est le pain
Bleu est le ciel
Rouge est le vin
D’or est le miel

Odeurs de mer
Embruns, senteurs
Parfums de terre
D’algues, de fleurs

Gai est ton rire
Plaisant ton teint
Bons, les chemins
Pour nous conduire

Lumière sans voile
Jours à chanter
Millions d’étoiles
Nuits à danser

Légers, nos dires
Claires, nos voix
Lourd, le désir
Pesants, nos bras

Tiède est le vent
Chaud est le temps
Fraîche est ta peau
Doux, le moment

Doux le moment…
Doux le moment…

(Esther Granek)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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Qui es-tu, lecteur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021



Rabindranath Tagore

    

Qui es-tu, lecteur, toi qui, dans cent ans, liras mes vers?
Je ne puis t’envoyer une seule fleur de cette couronne printanière,
ni un seul rayon d’or de ce lointain nuage.

Ouvre tes portes et regarde au loin.
Dans ton jardin en fleurs,
cueille les souvenirs parfumés
des fleurs fanées d’il y a cent ans.

Puisses-tu sentir, dans la joie de ton coeur,
la joie vivante qui, un matin de printemps, chanta,
lançant sa voix joyeuse par delà cent années.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil:Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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Ô femme (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021



Illustration: Théodore Chassériau
    
Ô femme tu n’es pas seulement le chef-d’oeuvre de Dieu,
tu es aussi celui des hommes : ceux-ci te parent de la beauté de leurs coeurs.
Les poètes tissent tes voiles avec les fils d’or de leur fantaisie;
les peintres immortalisent la forme de ton corps.
La mer donne ses perles, les mines leur or,
les jardins d’été leurs fleurs pour t’embellir et te rendre plus précieuse.
Le désir de l’homme couvre de gloire ta jeunesse.
Tu es mi-femme et mi-rêve.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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CHÂTEAUX EN ESPAGNE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



CHÂTEAUX EN ESPAGNE

Je rêve de marcher comme un conquistador,
Haussant mon labarum triomphal de victoire,
Plein de fierté farouche et de valeur notoire,
Vers des assauts de ville aux tours de bronze et d’or.

Comme un royal oiseau, vautour, aigle ou condor,
Je rêve de planer au divin territoire,
De brûler au soleil mes deux ailes de gloire
À vouloir dérober le céleste Trésor.

Je ne suis hospodar, ni grand oiseau de proie ;
À peine si je puis dans mon coeur qui guerroie
Soutenir le combat des vieux Anges impurs ;

Et mes rêves altiers fondent comme des cierges
Devant cette Ilion éternelle aux cent murs,
La ville de l’Amour imprenable des Vierges !

(Emile Nelligan)


Illustration: Marie-Pierre Kuhn

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LA JOUEUSE DE CITHARE (Li Duan)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2021




    
LA JOUEUSE DE CITHARE

Résonne la cithare,
chevilles aux grains d’or.
Ses mains blanches
scintillent sur les cordes.
Pour attirer le regard de Zhoulang
à dessein elle se trompe…

(Li Duan)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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