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LE PAVILLON DE LA TRISTESSE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 poésie 7

LE PAVILLON DE LA TRISTESSE

Jour et nuit, les plus jolies femmes de l’Empire y dansent.
Les chants les plus joyeux y retentissent.

Lorsque l’ivresse a terrassé tout le monde,
je cesse de boire, je prends mon pinceau, de l’encre d’or,
et j’écris une poésie mélancolique
dont les caractères ressemblent aux corps vermeils
qui jonchent le marbre de la salle.

(La Flûte de Jade)

 

 

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L’Offrande (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



L’Offrande

POUR lui prouver que je l’aime plus que moi-même,
Je donnerai mes yeux à la femme que j’aime.

Je lui dirai d’un ton humble, tendre et joyeux :
« Ma très chère, voici l’offrande de mes yeux. »

Je donnerai mes yeux qui virent tant de choses.
Tant de couchants et tant de mers et tant de roses.

Ces yeux, qui furent miens, se posèrent jadis
Sur le terrible autel de l’antique Eleusis,

Sur Séville aux beautés pieuses et profanes,
Sur la lente Arabie avec ses caravanes.

J’ai vu Grenade éprise en vain de ses grandeurs
Mortes; parmi les chants et les lourdes odeurs.

Venise qui pâlit, Dogaresse mourante,
Et Florence qui fut la maîtresse de Dante.

J’ai vu l’Hellade où pleure un écho de syrinx,
Et l’Egypte accroupie en faoe du grand Sphinx,

J’ai vu, près des flots sourds que la nuit rassérène,
Ces lourds vergers qui sont l’orgueil de Mytilène.

J’ai vu des îles d’or aux temples parfumés,
Et ce Yeddo, plein de voix frêles de mousmés.

Au hasard des climats, des courants et des zones,
J’ai vu la Chine même avec ses faces jaunes…

J’ai vu les îles d’or où l’air se fait plus doux,
Et les étangs sacrés près des temples hindous,

Ces temples où survit l’inutile sagesse…
Je te donne tout ce que j’ai vu, ma maîtresse !

Je reviens, t’apportant mes ciels gris ou joyeux.
Toi que j’aime, voici l’offrande de mes yeux.

(Renée Vivien)

Illustration: Ernest Biéler

 

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L’automne (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



L’automne
Sa mémoire effeuillée

Son sourire d’enfant triste

Son or brûlé
au vif de sa mort

(Georges Bonnet)

 

 

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l’Or (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017


coeuror_1

Sans ceci – rien n’existe –
Tout autre Trésor est
Tel le gazouillis d’un Oiseau –
Ouï face à la Mer –

Je n’avais cure – de gagner
Un moindre que le Tout –
Car ceci ne les incluait-il pas –
Comme coutures – la Pelote ?

J’aimerais qu’il y ait un moyen
De subdiviser mon Coeur –
Cela amplifierait – la Gratitude –
Sans diminuer – l’Or –

(Emily Dickinson)

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GELS, L’UN APRÈS L’AUTRE (László Marsall)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




GELS, L’UN APRÈS L’AUTRE

Gels, l’un après l’autre,
en cohorte blanche ;
l’épaule des faibles
comme un bretzel craque.

Où loger sans toi ?
— mon âme frissonne.
Là, tu m’es foyer
que l’aurore enflamme.

Ôte de mes yeux
le plat froid d’hiver,
nourris-moi d’amour
que je ne sois ombre.

Laisse mettre un toit
sur la tour d’aimer —
dégrafe ta jupe
de ta hanche d’or.

(László Marsall)

Illustration

 

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Les mots du poète (Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Les mots du poète conservent du sens
même lorsqu’ils sont détachés des autres
et plaisent isolés,
comme de beaux sons.
On dirait des paroles lumineuses,
de l’or, des perles, des diamants et des fleurs.

(Joubert)

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CHANSON DE MESSIDOR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



CHANSON DE MESSIDOR

Dame ! vois-tu les grands blés d’or
Sous les couchants de Messidor
Saillir longs et droits de la glèbe.
Ils ne sont pas encor si longs
Que les flots de tes cheveux blonds
Où je cache mon front d’éphèbe.

Dame ! écoute la voix du vent
Dont l’aile caresse en rêvant
Une par une chaque tige.
Elle est moins vibrante d’émoi
Que ta chanson qui fait en moi
Courir des frissons de vertige.

Dame ! regarde voltiger
Les abeilles en l’air léger
Et se reposer sur les roses.
Leur miel plein d’arôme est moins doux
Que le baiser pris à genoux
Sur tes lèvres fraîches écloses.

Dame ! en ton geste noble et lent
Cueille un coquelicot sanglant
Pour l’épingler sur ta poitrine.
Il est moins rouge que mon coeur
Quand ton rictus aigre et moqueur
Le met en doute ou le chagrine…

(Gaston Couté)

Illustration

 

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VALSE MYSTIQUE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



coeurs-volants

VALSE MYSTIQUE

Le soir, quand paraît la première étoile,
Les cœurs de tous ceux qui sont morts d’amour
Viennent vers la terre et fendent le voile
Qui les cache aux yeux des vivants, le jour.
Alors, dans la nuit brune et fantastique,
Leur sang meurtri pleut et retombe en pleurs
Sur l’herbe, troublant la mélancolique
Chanson de sanglots du vent dans les fleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils accourent tous !… le cœur du poète
Et de son amante aux yeux langoureux,
Le cœur de l’éphèbe à la blonde tête,
Le cœur torturé des vieux amoureux,
Le cœur de la vierge aimante et pudique,
Le cœur de la femme aux baisers trompeurs,
Ils accourent tous !… pris d’un nostalgique
Besoin de revoir le val des douleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Ils tournent noyés dans des flots d’extase,
Parmi des parfums lourds et capiteux
Tandis que la lune au front de topaze
Etincelle au fond du ciel nébuleux ;
Et leur tourbillon noir et magnétique
Poursuit son chemin, semant des lueurs
D’or en fusion dans la magnifique
Splendeur de l’espace aux vagues pâleurs.
Et les cœurs en peine, et les pauvres cœurs
Dansent dans les airs la valse mystique !…

Mais, sitôt que perce un clair rayon d’aube
Et qu’un chant d’oiseau bruit dans le vallon,
Leur essaim léger au loin se dérobe
Et plus rien !… alors, plaintifs, ils s’en vont,
Pour rentrer, passer sous le grand portique
D’azur diaphane enlacé de fleurs
D’opale où le Dieu calme et pacifique
Dénombre, un par un, le troupeau des cœurs.
Et le lendemain, tous les pauvres cœurs
Reviennent danser la valse mystique.

(Gaston Couté)

 

 

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Automnale (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Automnale

Tout fait silence au loin sous ta calme automnale…
Nature, rêves-tu quelque futur essor?
Pourquoi ne dis-tu rien — triste comme la mort
As-tu perdu de tout l’espérance finale?

Non ! dans les grands taillis tu fais des rêves d’or,
Plutôt que d’exprimer une plainte banale.
Puis tu resplendiras d’aube matutinale
Quand, après les beaux jours, viendront des jours encor…

Et c’est pourquoi souvent j’ai passé dans ta crèche,
Et, sentant sous mes pieds crier ta feuille sèche,
J’ai même quelquefois uni mon rêve au tien.

Et pourtant… c’est étrange… Oh ! dis-moi, je t’en prie,
Qu’il est beau ton regret, belle ta rêverie?
Dis-moi. Car j’ai si peur qu’elle ne rêve… à rien !

(Bernard de Louvencourt)

 

 

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L’autre (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



L’autre

Tu es celui
Et tu es moi
Qui s’est guéri
Par la lumière
Tu es cela
D’or et de fée
Vivant réel
Sous le soleil
Tu es ici
Autre départ
Le jeu cruel
Absent dès l’aube
Tu es sans toi
– Mais le soleil

(André Velter)

Illustration: Daniel Siguier

 

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