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Posts Tagged ‘ardent’

LA PAROLE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021




    
LA PAROLE

La parole est une statue immergée, un léopard
qui frémit en des taillis obscurs, une anémone
dans une chevelure. Parfois c’est une étoile qui
projette son ombre sur un torse.
La voici errante dans la clameur de la nuit,
aveugle et nue, mais vibrante de désir
comme un magnolia mouillé. Rapide est la bouche
qui effleure juste les rayons d’une autre lumière. Je
touche ses fines chevilles, ses cheveux ardents et je
vois une eau limpide dans la nacre d’une coquille.
Et c’est toujours un corps aimant et fugace
qui chante dans une mer musicale le sang des voyelles.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Ma perle est là dedans (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Tu retrouvais partout la vérité hideuse,
Jamais ce qu’ici-bas cherchaient tes vœux ardents,
Partout l’hydre éternelle qui te montrait les dents;
Et poursuivant toujours ta vie aventureuse,
Regardant sous tes pieds cette mer orageuse,
Tu te disais tout bas: « Ma perle est là dedans. »

(Alfred de Musset)


Illustration

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Si peu (Elie-Charles Flamand)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Si peu que tu respires le violent ardent…
Il te divulgue les berges crépitantes
Qui éclairent le vouloir des traces

(Elie-Charles Flamand)


Illustration

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Sensualité (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Sensualité

N’écoute plus l’archet plaintif qui se lamente
Comme un ramier mourant le long des boulingrins ;
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors,
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,

Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence
Viens humer le fumet-et mordre à pleines dents
A la banalité suave de la vie,
Et dormir le sommeil de la bête assouvie,
Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.

(Jean Moréas)

Illustration: Louis Courtat

 

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Mon amour c’est ma bien-aimée adorée (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2021



Illustration: Carole Cousseau

    

Mon amour c’est ma bien-aimée adorée
et ma bien-aimée est à adorer dans ma bien-aimée
et j’adore l’adorée, l’ardente, la toujours-adorée, la partout-odorante,
je l’adore, j’adore son odeur,
ce tout et ce non-tout éventés par ma bien-aimée partout et cette aimantation adorée
qui est son non-ventre adoré, adorant et amoureusement fabriqué en or fabriqué dans l’âge d’or fabriqué de mon Amour,
comme un grand vide troué dans un grand trou à vider jusqu’à la fin des âges.

(Ghérasim Luca)

 

Recueil: Ne pas détacher le vide du sol
Traduction:
Editions: Gallimard

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VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2020



Camille Claudel
    

VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL

Mettre le cap près du soleil…
Ian Curtis

Tu tournes sans relâche
jusqu’à enlacer l’univers
tu cherches

infiniment
cette seconde avant le contact
celle qui nous mène

à l’essentiel vertige
tu tournes et t’en retournes
en suspens continu

en volutes instables
toute une vie en bascule
pour ce seul tourbillon

qui te prend maintenant
ce lent tourbillon de langueur
cette ronde enfantine

qui fait vaciller les siècles
en drapé de nuit
douce et profonde

l’enroulement
l’étreinte
l’ardent abandon

jamais
tu n’interromps
le souffle du vivant

par effleurements
par torsades
par souvenirs renversés

tu avances
petite châtelaine de l’intensité
spontanément universelle

tu avances et tournes
promesse
des plus savants déséquilibres

par sinuosités
par accès de véhémence
par étourdissements

voici le temps
d’offrir toute ta lumière
fol amour

qui tout emporte
tu sombres
et prends les poissons du ciel

dans un flot d’onyx
tu écoutes
ce qui tournoie en toi

pour jaillir
hors de tous les sillons
labourer les nuages

pénétrer la parole
éclairer les atomes
nue

si sauvage et si nue
te laissant submerger
par l’impossible

sous l’emprise d’un amour
qui se déverse
sans fin dans l’amour

bienheureuse
par l’étendue
de ta seule consumation

sous l’emprise d’un tourment
de haute haleine
tu sens

palpiter l’invisible
possédée dépossédée
tu ramasses

les comètes errantes
pour en faire des fagots
allez

allez
entre dans la ronde
jusqu’à son point de rupture

allez
entre dans la ronde
pour recueillir la vie

jusque dans la mort
allez
trois petits tours encore

et puis t’en vas vers le silence

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Crépuscule du soir mystique (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

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Crépuscule du soir mystique

Le Souvenir avec le Crépuscule
Rougeoie et tremble à l’ardent horizon
De l’Espérance en flamme qui recule
Et s’agrandit ainsi qu’une cloison
Mystérieuse où mainte floraison —
Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
S’élance autour d’un treillis, et circule
Parmi la maladive exhalaison
De parfums lourds et chauds, dont le poison
–Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
Noyant mes sens, mon âme et ma raison,
Mêle, dans une immense pâmoison,
Le Souvenir avec le Crépuscule.

(Paul Verlaine)

 

 

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Amours clandestines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Amours clandestines

L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année
Et refleurissent les buissons
Qui embaumaient nos étreintes

Je perçais les secrets de ton regard
Distant et énigmatique
Je posais des baisers ardents
Sur tes lèvres de glace
Et caressais ta chair
Avec des gestes d’amour.

(Jean-Baptiste Besnard)

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AVEC un peu de soleil et du sable blond (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020


 


Cristina Pérez de Villar  Renacimiento1 [1024x768]

 

AVEC un peu de soleil et du sable blond
J’ai fait de l’or,
Dont le secret ardent n’est pas blotti
Au vain creuset des athanors :
Il tombait de mes doigts, avec le son
Que font
Les flûtes gaies;
Il coulait de mes doigts
Dans l’eau moirée
Des jeux venteux de messidor.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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Alanguie (Florence Foucart)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Tu t’étales
Alanguie
Sur ton lit d’herbes folles
Doux pétales
En guirlande
Fragiles sépales
En offrande
Du vertueux nectar
Enfoui
Au creux confidentiel
De l’intime calice
Ardent frisson
Délicate explosion
Du virginal bouton
Ebauche de débauche

(Florence Foucart)

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