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Poésie

Posts Tagged ‘vaillant’

L’Oreille cassée (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019




    
L’Oreille cassée
Le vivant, le vrai

Nos visages ravagés de rides se souviennent des sillons de larmes
et notre colonne vertébrale se voûte sous le poids des tristesses passées.

Un corps vivant ne reste pas longtemps vierge et lisse;
la santé, la joie de vivre n’excluent pas les coups ;

bien au contraire, nous n’existons que de souffrances vaillantes contre l’adversité ;
les bons organismes présentent une tête burinée, un corps las et courageux,
une puissance dévastée, mais toujours debout.

Avant le premier coup de corne,
comment savoir si le torero se conduit avec courage ?

Il n’y a de vrai vivant que déchiré.
Les cicatrices renforcent.

Il n’y a de vérité que falsifiée.
Le faux plaide pour le vrai.

Il n’y a de bonté que tentée.

Quelle vertu sans tribulations ?
Il n’y a de bon système que cassé.
Si tout marche, rien ne marchera.

Chaque épreuve me précipite au devant de ce fétiche :
il n’y a de vrai dieu que blessé.

(Michel Serres)

 

Recueil: Hergé mon ami
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Des mots plus vaillants (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Que dit-il (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

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Dans mes rêves (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Geneviève Peyrade
    
Dans mes rêves, est-ce toi, que j’ai vue, chantante,
Passer sur la Neva, quitter la capitale?
Toi, qui as détourné l’effroi secret du coeur,
Vaillante comme un homme et douce comme une vierge ?

Comme un chant infini, tu as rallié les neiges
Et répété les mots précoces du printemps.
Étoile, tu marohais dans les rayons du jour
Vers moi, illuminant les places et les rues.

Oui, je te chante, oui! Mais ta lumière brève
A disparu soudain dans les brumes lointaines.
Je scrute du regard les pays mystérieux —
Et je ne te vois pas, et Dieu se fait attendre.

Mais tu viendras — l’ombre vermeille refermera
Le cercle mystérieux qui tarde à se mouvoir.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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L’eau de l’hiver (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2017



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l’eau de l’hiver fond bleu de lumière
la vie soudain en petite tenue
vaillante
à coup de questions et de vieux silences

(Nicole Brossard)

Illustration

 

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Le petit grillon (Paul Vincensini)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2016



Le petit grillon

Le petit grillon qui garde la montagne
A bien du mérite croyez-moi
Quand de partout
Coucous et hiboux font ou
Coucou coucou
ou ouh ouh ouh ouh
A d’autres coucous
ou d’autres hiboux
qui font à tout coup
ou coucou coucou
ou ouh ouh ouh ouh
Toute toute toute la nuit
Le petit grillon vaillant
a bien du mérite
Et qu’est-ce qui le retient
Dites-le moi
messieurs
De se croiser les bras
et de dormir longtemps
Sa tête
Entre ses deux yeux.

(Paul Vincensini)

 

 

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Tu n’es aucun des autres (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2015



 

Tu n’es aucun des autres

N’espère rien de ce que t’ont laissé
Écrit tous ceux qu’implore ton effroi;
Tu n’es aucun des autres et tu te vois
Centre du labyrinthe qu’ont tramé
Tes pas. Jésus, Socrate à l’agonie
Ne te sauveront pas, ni le vaillant
Siddharta d’or qui, au jour déclinant,
Dans un jardin à la mort a dit oui.
Poussière aussi est le mot que ta main
Vient d’écrire, le verbe prononcé
Par ta bouche. L’Hadès est sans pitié
Et la nuit divine n’a pas de fin.
Ta matière est le temps, cet incessant.
Tu n’es que chaque solitaire instant.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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