Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bouleau’

Couleurs simples (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



Fagnes  [800x600]

Couleurs simples

Ce dimanche ils avaient garé leurs voitures
A la lisière des Fagnes stoïques
Multicolores comme les pions d’un jeu d’aventure
Ils sautaient sur les passerelles un pied dans les sphaignes
Les rossolis dormaient encore et les pommes de pins anciennes
Et les bruyères des bouquets secs où se fourraient microscopiques
Des survivants anonymes
L’eau ruisselait sous la glace éclatée
Très bleu le ciel dans les buissons nus
Loin les bouleaux sauvaient leur peau
Les Fagnes avaient des cheveux blancs
Et tous ces gens les joues en feu
Sur la tourbe séculaire

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Treize vers (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

Treize vers

Enfin tu as prononcé le mot,
Non pas comme ceux qui ont un genou en terre,
Mais comme quelqu’un qui s’est arraché à la prison
Et qui voit l’ombre sainte des bouleaux
A travers l’arc-en-ciel de larmes involontaires.
Autour de toi le silence a chanté,
L’ombre s’est éclairée d’un soleil pur,
Le monde pour un instant s’est transformé,

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE BOULEAU (Louis Simpson)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




    
LE BOULEAU

Bouleau, tu me fais songer
A une chambre pleine des respirations,
Des mouvements et des murmures de l’amour.

Elle quitte ses chaussures ;
Elle dégrafe sa jupe ; les bras levés
Elle enlève une boucle d’oreille, puis l’autre.

C’est ainsi que le tronc blanc
Se divise en deux, et ses branches
Sont pâles et lisses.

***

BIRCH

Birch tree, you remind me
Of a room filled with breathing,
The sway and whisper of love.

She slips off her shoes ;
Ûnzips her skirt ; arms raised,
Ûnclasps an earring, and the other.

Just so the sallow trunk
Divides, and the branches
Are pale and smooth.

(Louis Simpson)

 

Recueil: Nombres et poussière
Traduction:
Editions: Atelier La Feugraie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Fete-mamans [800x600]

Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Sur le vent d’ouest humide que traverse doucement la pluie
Flotte venant des bouleaux et des bruyères une haleine
De vie invisible sur l’air invisible:
Du commencement perdu de la mémoire
Un souvenir d’au-delà du temps rappelle que l’amour
N’est pour rien d’autre;
Sinon un état de l’être
depuis longtemps oublié.

***

On wet west wind soft sift of rain
Wafts from birch and briar breath
Of invisible life on the invisible air:
From memory’s lost beginning
Recollection from beyond time reminds that love
Is for nothing other;
But a state of being
long forgotten.

(Kathleen Raine)

Illustration: Gilbert Garcin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Iris jaune sur le rivage (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Iris jaune sur le rivage,
Aile d’ambre et prunelle dorée,
Bouleau d’or vert, et, tout d’or sur l’étang,
Les brillants anneaux de soleil insaisissables,
Tu ne les verras pas, moi non plus, ce printemps,
Ni sur la baie l’eider qui se balance.
Gaspillé, tari, tout cet or.

***

Yellow iris by the shore,
Burnish of wing and golden eye,
Green gold birch and, gold on water,
Sun’s bright rings hand could not hold,
You will not see this spring, nor I,
Nor in the bay the rocking eider.
All wasted and all spent, that gold.

(Kathleen Raine)

Illustration: John Atkinson Grimshaw

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voici les heures où je me trouve (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



    
Voici les heures où je me trouve.
Vagues obscures, les prés voguent au vent,
l’écorce des bouleaux chatoie.
le soir bientôt les enveloppe.

Et je grandis en son silence et je voudrais
m’épanouir en de multiples branches
pour m’intégrer à toutes
en l’harmonie réalisée…

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quelqu’un peut-il me dire (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
Quelqu’un peut-il me dire
jusqu’où atteint ma vie ?
N’erré-je pas dans la tempête,
ne suis-je pas flot dans l’étang,
ne suis-je pas le pâle, blême
bouleau qui a froid au printemps ?

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Oder blues (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Oder blues

Le poisson de lune
le poisson du désespoir
l’ami des brumes
le sale petit poisson maudit
le douanier des dunes
qui file entre deux eaux
dans les herbiers du lac noir
ne doit être vu ni tard
ni tôt
par les fils de l’Oder
par les simples fils de l’Oder
marins sincères
comme le houblon.

Marika ne laisse pas Hans
pêcher les ondines qui dansent
quand est tombé le soir
sous la lune.
S’il en voit une
Hans ne t’aimerait plus
Hans se moquerait de toi.
Les poissons de lune
se changent en ondines.
Quand il a plu
les ondines dînent
sur la dune
– en robe d’écaille et de soie
pour cacher leur queue –
d’une soupe de poisson
avec des sardines
et des oeufs
de saumon.

Les ondines de fortune
volent les maris aux filles
pour les faire mourir dans l’année
quand la feuille du bouleau est fanée.
Les ondines pillent
leurs soeurs de la terre
en les torturant une à une
au bord de l’Oder.

Le vent du sud le vent bulgare
le vent frôleur de jarres
endort Marika aux berges du lac noir.
Hans se baigne. Une écaille luit
sous la lune
à minuit.
-J’en ai vu une!
-Hans ferme les yeux !
Hans ne te retourne pas !
Hans les anciens dieux
du Walhalla
ne pardonnent pas !
Hans hélas Hans hélas…
Dans la nuit hanséatique
les pieds dans les sables baltiques
semés d’ambre
devant Marika si lasse
et qui tremble
Hans est un roi de pierre déjà
roi surpris
tiré de l’onde
par les sirènes blondes
comme un grand esturgeon
de granit gris.

Tous les soirs
et tous les matins
image facile du destin
dans le port de Stettin
l’Oder où nagent les ondines
l’Oder meurt dans la haute mer.

(Armand Lanoux)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :