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Poésie

Posts Tagged ‘crainte’

Par tous les moyens (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri,
ceux qui m’aiment dans ce monde.
Mais il ne va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur,
et tu me laisses libre.

De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul.
Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas.

Bien que je ne te nomme pas dans mes prières,
bien que je ne te retienne pas dans mon coeur,
ton amour pour moi attend encore mon amour.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Mon propre nom est une prison (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: SknijKunst
    
Mon propre nom est une prison, où celui que j’enferme pleure.
Sans cesse je m’occupe à en élever tout autour de moi la paroi;
et tandis que, de jour en jour, cette paroi grandit vers le ciel,
dans l’obscurité de son ombre je perds de vue mon ‚être véritable.
Je m’enorgueillis de cette haute paroi;
par crainte du moindre trou, je la replâtre avec de la poudre et du sable;
et pour tout le soin que je prends du nom, je perds de vue mon être véritable.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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LE DÉPART (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LE DÉPART

En face, l’océan de paix,
Fais démarrer l’esquif, ô Timonier.
Tu seras le compagnon éternel,
Accepte, accepte-moi sur ton giron,
Sur le chemin de l’infini s’allumeront
Les rayons de l’étoile polaire.

Délivreur, ton pardon, ta compassion
Seront les deniers de ce périple pérenne.
Que ce qui t’attache à la terre se dissolve ;
Le vaste univers m’accueille dans ses bras.
Que dans le coeur se fasse connaître
L’identité sans crainte du grand Inconnu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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VERBE ET MATIÈRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration
    
VERBE ET MATIÈRE

J’ai je n’ai pas
J’avais eu je n’ai plus
J’aurai toujours

Un béret Un cheval de bois Un
jeu de construction Un père
Une mère Les taches de soleil à
travers les arbres Le chant du
crapaud la nuit Les orages de
septembre.

J’avais je n’ai plus
Je n’aurai plus jamais

Le temps de grandir, de dési-
rer. L’eau glacée tirée du puits
Les fruits du verger Les veufs
frais dans la paille. Le grenier
La poussière Les images de
femmes dans une revue légère
Les gifles à l’heure du piano Le
sein nu de la servante.

Si j’avais eu
j’aurais encore

La fuite nocturne dans les
astres
La bénédiction de l’espace
L’adieu du monde à travers la
clarté La fin de toute crainte
de tout espoir L’aurore démas-
quée Tous les pièges détruits
Le temps d’avant toutes choses.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous m’avez dit, tel soir (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



 

Akzhan Abdalieva -   (4)

Vous m’avez dit, tel soir…

Vous m’avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l’une d’entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s’aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m’enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre coeur brûlait si tranquillement beau
Qu’en ce moment, j’aurais pu voir s’ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Akzhan Abdalieva

 

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Sans crainte (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles…

(Du Fu)


Illustration: Hua Yan

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Rumeur du monde (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



 

Remedios Varo Uranga_revelation mystique [1280x768]

Rumeur du monde

Écoute
autour de la maison
l’âpre rumeur du monde :
meurtres, massacres,
épouvante, incendie,
tyrannie et torture.

En d’autres lieux, dans d’autres cœurs
bien sûr !

Mais ne te crois ni agneau ni colombe.
Comme chacun
tu portes en toi le loup, le tigre
et la vipère,
en toi dans des ténèbres
où leur rage enchaînée
sourdement siffle et gronde.

Dans l’angoisse, la crainte
mais aussi l’espérance,
veille sur les remparts, en toi,
et prie pour que les chaînes ne se rompent.

(Jean Joubert)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Vivre d’amour (Sainte Thérèse de Lisieux)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Thérèse de Lisieux

Vivre d’amour,
c’est bannir toute crainte

(Sainte Thérèse de Lisieux)

 

 

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Doux Scepticisme du Coeur (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Doux Scepticisme du Coeur –
Qui sait – et ne sait pas –
Et tangue ainsi qu’une Flotille
De Parfums qu’assaille la neige –
Qui appelle et diffère le Vrai
De crainte que la Certitude fige
Comparée aux douleurs exquises
De la passion qui frémit de Peur –

(Emily Dickinson)

Illustration

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AU DÉSESPOIR (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



    

AU DÉSESPOIR

C’est toi que j’invoque ce soir,
Ô consolant, rassurant Désespoir,
De la douleur extrémité certaine,
Fin de la crainte au sommet de la peine!
Dans mes malheurs que tu viens à propos,
Combien me plaît ton austère figure,
Bon Désespoir, de la mort doux augure,
Désespoir, fourrier du repos.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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