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Poésie

Posts Tagged ‘marier’

Les mensonges (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



    
Les mensonges

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une vache
Qui dansait sur la glace
A la Saint Jean d’été
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une grenouille
Qui faisait la patrouille
Le sabre au côté
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
Ah j’ai vu un loup
Qui vendait des choux
Sur la place Labourée
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une anguille
Qui coiffait sa fille
Pour s’aller marier
Compère vous mentez.

(Anonyme XVIIIème siècle)

 

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Absence (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018


 

Le métal fond pour se marier à l’air
et la consolation
abandonne un homme
caressant l’encolure
d’un cheval de labour
qui regarde
un horizon au froid plumage.
On voit un filet de fumée
une feuille qui s’envole
seul l’homme est obligé de sentir la durée.

(Jean Follain)

 

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VA DANSER ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Joseph Matar
    
VA DANSER !

Au mois d’août, en fauchant le blé,
On crevait de soif dans la plaine;
Le corps en feu, je suis allé
Boire à plat ventre à la fontaine :
L’eau froide m’a glacé « les sangs ».
Et je meurs par ce tendre automne
Où l’on danse devant la tonne
Durant les beaux jours finissants…

J’entends les violons… Marie !
Va, petiote que j’aimais bien ;
Moi, je n’ai plus besoin de rien !…
Va-t’en danser à la frairie,
J’entends les violons… Marie !…

Veux-tu bien me sécher ces pleurs?
Les pleurs enlaidissent les belles !
Mets ton joli bonnet à fleurs
Et ton devantier en dentelle :
Rejoins les jeunesses du bourg
Au bourg où l’amour les enivre ;
Car, si je meurs, il te faut vivre…
Et l’on ne vit pas sans amour !

Entre dans la ronde gaiement ;
Choisis un beau gâs dans la ronde,
Et donne-lui ton cœur aimant
Qui resterait seul en ce monde…
Oui, j’étais jaloux cet été
Quand un autre t’avait suivie ;
Mais on ne comprend bien la vie
Que sur le point de la quitter…

Après ça, tu te marieras…
Et, quand la moisson sera haute,
Avec ton homme au rude bras,
Moissonnant un jour côte à côte
Vous viendrez peut-être à parler,
Emus de pitié grave et sobre,
De Jean qui mourut en Octobre
D’un mal pris en fauchant les blés…

(Gaston Couté)

 

 

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INVITE A L’ÉTERNITÉ (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
INVITE A L’ÉTERNITÉ

T’en viendras-tu ma douce enfant
Dis-moi me viendras-tu rejoindre
Dans la vallée d’ombre profonde
Qui n’est que nuit et que ténèbres
Où le sentier bientôt se perd
Où le soleil oublie le jour
Où lumière et vie sont absentes
Douce enfant dis t’en viendras-tu

Là où les rocs se font torrents
Les plaines mers tumultueuses
Les monts caverneuses noirceurs
Où la vie pâlit comme un rêve
Enfant viendras-tu partager
La triste non-identité
Où nos parents vivants nos soeurs
Nous oublient et sont oubliés

Dis-moi me viendras-tu rejoindre
Dans cette étrange mort vécue
Pour vivre morte être la même
Mais sans vie sans foyer ni nom
A la fois être et ne pas être —
Avoir été n’être plus — voir
Passer des ombres et le ciel
En haut en bas de toutes parts

Veux-tu gagner ce pays d’ombres
Où les visages s’entr’ignorent
Où le présent raison éteinte
Avec le passé ne fait qu’un
Dis-moi douce enfant veux-tu vivre
Pour unir les vivants aux morts
Alors viens nous sommes mariés
A une même éternité

***

AN INVITE TO ETERNITY

Wilt thou go with me sweet maid
Say maiden wilt thou go with me
Through the valley depths of shade
Of night and dark obscurity
Where the path hath lost its way
Where the sun forgets the day
Where there’s nor light nor life to see
Sweet maiden wilt thou go with me

Where stones will turn to flooding streams
Where plains will rise like ocean waves
Where life will fade like visioned dreams
And mountains darken into caves
Say maiden wilt thou go with me
Through this sad non-identity
Where parents live and are forgot
And sisters live and know us not

Say maiden wilt thou go with me
In this strange death of life to be
To live in death and be the same
Without this life or home or name
At once to be and not to be —
That was and is not — yet to see
Things pass like shadows and the sky
Above below around us lie

The land of shadows wilt thou trace
And look — nor know each other’s face
The present mixed with reason gone
And past and present all as one
Say maiden can thy life be led
To join the living with the dead
Then trace thy footsteps on with me
We’re wed to one eternity

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Dans ma valise (Kamal Zerdoumi)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration
    
Dans ma valise
la tombe de ma mère
les quartiers de mon enfance
un peu de cette terre
qui apaise mon errance
l’eucalyptus et l’hibiscus
pour exorciser
le marronnier et le platane
et leur tristesse qui damne
Dans ma valise
Les sourires et les voix
de la poignée de vivants
qui comptent pour moi
et figent le temps
la fin du vertige
marier passé et présent
Afrique et Europe
un même continent

(Kamal Zerdoumi)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

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Toi si fragile (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Klaus Kampert
    
Toi si fragile

Toi si fragile enfin tu te ressembles
comme ce mot léger, si pur qu’il tremble
et se refuse à la bouche, à l’oreille
et va mourir, écume sur la grève.

Tu ressentais cela quand, dès l’enfance,
tu mariais la cerise et la fraise
et n’osais pas manger tant de beauté.

Tremble ta voix comme feuille d’automne.
Des dieux ténus se penchent sur ta vie.

Tu ne peux plus déchirer une lettre
par peur d’entendre un long cri de souffrance.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Notre amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Notre amour —
Nous devrions marier ses forêts
À l’air qui se brise en elles —
Fouille les montagnes et les plaines qui
S’étreignent autour d’eux

Notre amour — escalier qui monte et descend
Tout en splendeur et en révélation

Nous devrions éclairer nos orbites
Éclairer l’espace
Avec ses légendes
Nous devrions écouter les lointains en nous
Et leurs déserts arides
Voir ce que ne peut voir le ciel

(Adonis)

 

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TANT ET TANT IL M’ENNUYE TANT (Pierre Guédron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Illustration: Giovanni Bellini
    
TANT ET TANT IL M’ENNUYE TANT

Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant
Mon père ma mariée
Que je n’estois qu’un enfant

A un vieillard ma donnée
Qui a plus de soixante ans
Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant.

Et moi qui n’en ay que quinze
Passerai-je ainsi mon temps
Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant.

Vous qui estes en presence
Je vous supplie jugez en
Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant.

Mirayie rendre nonnette
En quelque j’olly couvent
Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant.

Ou que j’aye en mariage
Celluy la que j’aime tant
Tant et tant il m’ennuye
Tant et tant il m’ennuye tant.

***

It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.
My father had me married
When I was but a child,

Gave me to an old man
Who is over sixty.
It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.

And I who am only fifteen,
Will I spend my time thus?
It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.

You who are present,
I beg you judge this.
It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.

I shall go off to be a young nun
In some pretty convent.
It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.

Or I shall have in marriage
He whom I so love.
It causes me such great displeasure
Oh, such great displeasure it causes me.

***

So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!
Mein Vater hat mich vereh‘licht,
Als nur ein Kind ich war.

Einem Alten er mich gab,
Der ist weit über sechzig Jahr‘!
So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!

Und ich bin doch erst fünfzehn,
Soll verbring‘n ich so meine Zeit?
So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!

Ihr, Ihr seid allhier,
Ich fleh‘ Euch an, schaut her!
So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!

Sollt‘ ich mich machen zum Nönnchen,
In einem schönen Kloster?
So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!

Oder sollt‘ ich geh‘n zur Hochzeit,
Mit dem, den ich lieb‘ doch so sehr?
So sehr verdrießt es mich,
So sehr verdrießt es mich, so sehr!

(Pierre Guédron)

 

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Le blason du beau tétin (Clément Marot)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Le blason du beau tétin
(Extrait)

Tétin refait, plus blanc qu’un œuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
Toi qui fait honte à la rose
Tétin plus beau que nulle chose,
Tétin dur, non pas tétin voire
Mais petite boule d’ivoire
Au milieu duquel est assise
Une fraise ou une cerise
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gage qu’il en est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge,
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller
Tétin gauche, tétin mignon,
Toujours loin de son compagnon,
Tétin qui portes témoignage
Du demeurant du personnage,
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir :
Mais il se faut bien contenir
D’en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô tétin, ni grand ni petit,
Tétin mûr, tétin d’appétit,
Tétin qui nuit et jour criez
«Mariez moi tôt, mariez !»
Tétin qui t’enfles, et repousses
Ton gorgias de deux bons pouces :
A bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t’emplira,
Faisant d’un tétin de pucelle,
Tétin de femme entière et belle.

(Clément Marot)

 

 

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Nous ne vieillirons pas (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Nous ne vieillirons pas
mon ami
je le jure
si nous faisons du temps
le jardin de nos rives
si nous suivons les pas de l’été
dans les fleurs
si nous marions nos mains
aux fontaines prodigues
si chaque jour nouveau
est un nouveau voyage
et le beau partage du fruit
pour nos lèvres

Nous ne vieillirons pas
l’eau est née pour la source
nous sommes nés pour vivre

(Jean-Pierre Siméon)

 

 

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