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Posts Tagged ‘souvenir’

BAGARRES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

BAGARRES

Je me bats le jour je me bats la nuit
batailles contre la mélancolie
cette vieille pieuvre toujours éveillée
qui me guette au coin des années
au coin des rues et des souvenirs
et lance son refrain mourir
alors que je veux vivre mille fois
que je veux aimer que je veux la joie
qu’il est temps enfin d’espérer
temps de croire temps de respirer

Je porte une flamme dans mon coeur
elle brûle c’est mon enfant ma soeur
c’est la vie qui sourit qui murmure
c’est le temps qui fuit pour que dure
le grand incendie toute la vie
sans remords sans mélancolie
dans l’univers qu’ont créé
les rêves et toute la vérité
seule vérité ma vérité lumière
pour aujourd’hui demain hier

(Philippe Soupault)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Je sue Je perle Je mouille (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration: Catherine Fortin
    
Je sue
Je perle
Je mouille
Suis-je une éponge marine
Un nuage dans le ciel
L’expiration d’un vieux cyclone
Le souvenir d’un baiser fougueux
Humide et chaud ?

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Qu’il neige sur la Ville (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



 

Qu’il neige sur la Ville

Qu’il neige sur la Ville et neige dans le coeur,
qu’il neige, ô lente neige, à travers notre songe,
qu’il neige sur l’oiseau, dans la main du veilleur
où l’ombre et la durée à l’infini s’allongent ;
qu’il neige sur le temps, sur la feuille et l’écorce,
qu’il neige sur la vie aux visages sans nom,
avec le chant du soir, l’oubli des jours à naître,
que sur les morts debout neigent tous les hivers.
Plus pauvre que le pauvre, ô neige pardonneuse,
qu’il neige du silence et neige sur l’esprit ;
ne sommes-nous ce peu qu’un peu de neige efface
et pourquoi tant de bruit pour un peuple qui passe ?
Pour reculer en nous les révélations,
qu’il neige avec le spleen, qu’il neige avec l’angoisse,
neige de l’absolu, qu’il neige sur la race,
qu’il neige sur moi-même ainsi que sur l’ami,
est-il un souvenir qui n’ait sa neige aussi ?
Qu’il neige sur les Rois, qu’il neige sur Marie,
douce neige, qu’il neige, ô bénédiction,
et que l’aurore soit, qu’il neige et qu’on oublie.
La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime,
qu’il neige, neige étrange, au creux de nos chagrins,
sur toute vanité, sur la vigne et la tombe,
je veux rester ici parmi les pèlerins
à contempler la neige avec le ciel qui tombe.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

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J’aperçus le souvenir de sa voix se percher (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

Ana Cruz   da

J’aperçus le souvenir de sa voix se percher
Mon corps berçait mes pensées
les fils télégraphiques s’enfuyaient

Le heurt d’un caillou sonna midi

(Philippe Soupault)

Illustration: Ana Cruz

 

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CHANT DES OBSCURS (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 657

CHANT DES OBSCURS

N’oubliez pas surtout les solitaires
Avec leurs fronts et leurs poings dédaignés.
Quand s’accomplit la folle cavalcade,
On les retrouve aux pieds de vos chevaux.

Il fut la joie. Il n’est plus que ravines,
Rides sans eau pour en faire des fleuves,
Et sans rameurs, sans rêves navigables,
Même le temps ne les reconnaît plus.

Cet amoureux enchâssant une perle
Dans un poème et croyant qu’une aurore
Se lèverait sur son geste magique :
L’autre la prit pour orner sa cravate.

Et celui-là qui jetait des fleurettes
Sur les tombeaux des enfants inconnus.
Le poing s’ouvrant pour demander l’aumône
S’est refermé sur des ronces cruelles.

Tout l’or du temps, tout l’ambre, tout le sable
Pour ces obscurs. Un flacon d’amour pur
Pour enivrer leur chaste souvenir,
Et pour leur mort un silence de vie.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Le grenier (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Le grenier

… Il est noir, l’escalier,
L’escalier qui monte au grenier,
au grenier où le plancher craque
C’est un endroit que l’on aime beaucoup.
La nuit s’y attarde ; on y trouve de tout :
Vieux livres, souvenirs, chapeaux à claque,
Et des rats sortant de leur trou.
On a peur ; il fait noir ; le plancher craque.
C’est bon d’être là, sous les tuiles,
seul et tranquille,
Pour avoir peur et pour penser.
La lucarne est garnie de vitres, bien ternes
avec des toiles d’araignées.
On l’ouvre sur la campagne moderne,
Quand on ne veut plus vivre avec le passé.

(Carlos Larronde)

Illustration

 

 

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Chapeau de paille (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Ce sera comme un souvenir
Aussi le laissé-je tel quel
le creux de mon chapeau de paille

(Tawara Machi)

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Inventer le retour du monde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2019




    
Inventer le retour du monde
après sa disparition.
Et inventer un retour vers ce monde
depuis notre disparition.
Et réunir les deux souvenirs
pour assembler tous les détails.
Il faut soumettre l’infini à des tests
pour voir s’il y résiste.

***

inventar el regreso del mundo
después de su desaparición.
E inventar un regreso a ese mundo
desde nuestra desaparición.
Y reunir las dos memorias,
para juntar todos los detalles.
Hay que ponerle pruebas al infinito,
para ver si resiste.

***

inventar o regresso do mundo
após o seu desaparecimento.
E inventar um regresso a esse mundo
a partir do nosso desaparecimento.
E reunir as duas memórias,
para juntar todos os detalhes.
É preciso pôr à prova o infinito
para ver se resiste.

***

创造世界的回归
在它的消失之后
且创造一个回归这个世界的机会
自从我们消失以后。
并把这两个记忆再联合
在所有它的细节上。
一个人必须顺从无限到检验
来看它是否抵抗。

***

To invent the return of the world
after its disappearance.
And to invent a return to this world
since our disappearance.
And to reunite the two memories
together in all its details.
One must submit infinity to tests
to see if it resists.

***

De terugkeer van de wereld uitvinden
na haar verdwijning.
En een terugkeer naar deze wereld uitvinden
vanaf onze verdwijning.
En beide herinneringen verenigen,
om alle details te verbinden.
Men dient de oneindigheid aan testen te onderwerpen,
om te zien of ze het uithoudt.

***

Die Rückkehr der Welt erfinden
nach ihrem Verschwinden.
Und eine Rückkehr zu dieser Welt erfinden
seit unserem Verschwinden.
Und beide Erinnerungen vereinen,
um alle Einzelheiten zusammenzuführen.
Man soll die Unendlichkeit auf die Probe stellen,
um zu sehen, ob sie es aushält.

***

दनियाु
की वापसी का आववष्कार करिे के लिए
इसके गायब होिे के बाद।
और इस दनु िया में वापसी का आववष्कार करिे के लिए
हमारे िापता होिे के बाद से।
और दो यादों को फिर से लमिािे के लिए
एक साथ इसके सभी वववरणों में।
एक परीक्षण के लिए अिंत प्रस्त
तु
करिा चाहहए
देखिा है फक क्या यह ववरोध करता है।

***

Inventare il ritorno del mondo
dopo la sua scomparsa.
E inventare il ritorno a questo mondo
fin dalla nostra scomparsa.
E raccogliere i due ricordi
per mettere insieme i suoi dettagli.
Bisogna mettere alla prova l’infinito
per vedere se resiste.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Ithaca 594
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Chinois Zhou Dao Mo / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Hindi Jyotirmaya Thakur / Italien Stanley Barkan – Luca Benassi /
Editions: POINTS

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Sonnet (René Ghil)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Dao Hai Phong     phong-two-trees

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l’été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire

Tragique d’un passé d’empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne songeant au vain soulas
Vers qui la ramille soupire.

Sous les hauts dômes végétants
Tous les sanglots sans ors d’étangs
Veillent privés d’orgueils de houle

Tandis que derrière leur soir
Un souvenir de Train qui roule
Au loin propage l’inespoir.

(René Ghil)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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Au milieu de la foule (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Au brusque souvenir de ta plaisanterie
je ris sous coupe
au milieu de la foule

(Tawara Machi)

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