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JE PASSAIS MES VACANCES… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2021



JE PASSAIS MES VACANCES…

Je passais mes vacances
Devant un rosier blanc.
Rose au coeur de la France.
Rosier au vent tremblant.

Une abeille s’y pose.
Les mésanges aussi,
Rose au coeur de la rose.
Fleur des jours sans souci.

Et puis la nuit s’y pose
— Les étoiles aussi —
Noire au coeur de la rose.
Et l’aube y pleure aussi.

Je passais mes vacances
Devant un rosier blanc.
Dans un pays de France
Dont je rêve souvent.

(Maurice Fombeure)

 

 

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L’année (Rosemonde Gérard)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



L’année

Janvier nous prive de feuillage ;
Février fait glisser nos pas ;
mars a des cheveux de nuage,
Avril, des cheveux de lilas ;

mai permet les robes champêtres ;
Juin ressuscite les rosiers ;
Juillet met l’échelle aux fenêtres,
Août, l’échelle aux cerisiers.

Septembre, qui divague un peu,
Pour danser sur du raisin bleu
S’amuse à retarder l’aurore ;

Octobre a peur ; Novembre a froid ;
Décembre éteint les fleurs ; et moi,
L’année entière je t’adore !

(Rosemonde Gérard)

Illustration

 

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Dans la maison (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Dans la maison

Enfoui dans la maison,
Au milieu de mes livres
Une odeur qui m’enivre
Vient de l’horizon

Les flammes du foyer
Dessinent un rosier
Je me lève soudain
Voir celui du jardin.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Un poète disait (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2021



Illustration: Louis Pierre Verwee
    
Un poète disait que, lorsqu’il était jeune,
il fleurissait des vers comme un rosier des roses.
Lorsque je pense à elle, il me semble que jase
une fontaine intarissable dans mon cœur.
Comme sur le lys Dieu pose un parfum d’église,
comme il met du corail aux joues de la cerise,
je veux poser sur elle, avec dévotion,
la couleur d’un parfum qui n’aura pas de nom.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Après l’hiver (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Après l’hiver

Tout revit, ma bien aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l’homme est meilleur.

En haut, d’où l’amour ruiselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.

L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du coeur monte aux yeux.

O douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.

L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit les astres bruire,
Et les abeilles le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »

L’air enivre ; tu reposes
A mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos coeurs !

Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, soeur jumelle
D’Eve et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il Suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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ELLE EST MORTE… (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
ELLE EST MORTE…

À cette source elle a bu.
Elle est morte – et la source n’a pas tari.
À ce miel elle a goûté.
Elle est morte – et le miel est resté aussi doux.
Sur ce rosier elle s’est penchée.
Elle est morte – et le rosier fleurit toujours.
Mais mon cœur, elle l’avait pris entre ses mains.
Elle est morte – et mon cœur repose dans sa tombe.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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JOURNAL PAGE 80 (Reiner Kunze)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020


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Illustration: Tineke Storteboom
    
JOURNAL PAGE 80

Les rosiers grimpants fleurissent,
comme si le paysage se vidait de son sang
comme s’il s’était ouvert les veines
comme s’il savait ce qui vient
Ils prétendront que le paysage ne peut pas
rester ainsi plus longtemps, que lui aussi
doit être pour ou contre.

***

TAGEBUCHBLATT 80

Die kletterrosen blühn, als verblute die
landschaft
Als habe sie sich die adern geöffnet
Als wisse sie, was kommt
Auch die landschaft, werden sie behaupten,
dürfe
nicht mehr nur sein, auch sie
müsse dafür sein oder dagegen.

***

DIARY PAGE 80

The climbing roses bloom,
as if the landscape bleeding to death.
As if it has opened its veins.
As if it knows what is to come.
Also, the landscape, they will claim,
may not anymore just be—
it, too, must be for or against.

***

DAGBOEKBLAD 80

De klimrozen bloeien, als bloedt het landschap leeg
Alsof het zijn aders geopend heeft
Alsof het weet, wat komt
Ook het landschap, zullen ze beweren, mag
niet langer zomaar zijn, ook het landschap
moet vóór of tegen zijn.

***

DIARIO PÁGINA 80

Florecen las rosas trepadoras,
como si se desangrase el paisaje.
Como si se hubiera abierto sus
Como si supiese lo que ha de venir.
También al paisaje,
exigirán que se le permita
no únicamente llegar a ser
sino, además, también
tener que estar a favor o en contra.

***

DIÁRIO PÁGINA 80

Florescem as rosas trepadeiras
como se a paisagem se dessangrasse.
Como se tivesse aberto dela
como se soubesse o que iria acontecer.
Também à paisagem
exigirão que se permita
não unicamente chegar a ser
mas, além disso, também
ter que estar favorável ou do contra.

***

JURNAL, PAGINA 80

Năpraznic trandafirii înfloresc, însângerând tot
câmpul
de parcă-ntreaga fire venele și le-ar tăia
presimțind ce-o să vină.
Desigur, veți spune, e-ndreptățit peisajul
să-și spună cuvântul și el, și poate să fie
pentru sau împotrivă.

***

PAGINA 80 DEL DIARIO

Le rose rampicanti fioriscono,
come se il paesaggio sanguinasse a morte.
Come avesse le vene aperte.
Come sapesse cosa deve accadere.
Anche il paesaggio, affermano,
potrebbe non essere più
anch’esso dovrebbe essere a favore o contro.

***

ΣΕΛ. ΗΜΕΡΟΛΟΓΙΟΥ `80

Τ’ αναρριχώμενα ρόδα ανθίζουν
καθώς το τοπίο αιμορραγεί
σαν να `χουν κοπεί οι φλέβες του
σαν να γνωρίζει τί επέρχεται
θα ονομάσουν το τοπίο δικό τους
δεν μπορεί πια απλά να υπάρχει
πρέπει να πάρει το μέρος του ενός
ή του άλλου.

***

***

DZIENNIK, STRONA 80

Pnące róże kwitną,
jakby krajobraz wykrwawiał się na śmierć.
Jakby otworzył sobie żyły.
Jakby wiedział, co nadciąga.
Również krajobraz, jak będą twierdzili,
nie powinien już tylko być —
on też musi być za albo przeciw.

***

日记第 80 页
攀援的玫瑰盛开,
仿佛这风景流血至死。
好像它打开了自己的血管。
好像它知道要发生什么。
而且, 这风景,它们会说,
不可能再只是生存——
它, 还,必须为了或反对什么

(Reiner Kunze)

 

Recueil: ITHACA 605
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Allemand / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Grec Manolis Aligizakis / Indi Jyotirmaya Thakur / Polonais Mirosław Grudzień Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou /
Editions: POINT

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À la claire fontaine m’en allant promener (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




À la claire fontaine
M’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baigné

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Sous les feuilles d’un chêne,
Je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche,
Le rossignol chantait.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire…
Moi je l’ai à pleurer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

J’ai perdu mon amie
Sans l’avoir mérité.
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusais…

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierais

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que ma douce amie
Fût encore à m’aimer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

(Anonyme XVIIIème siècle)

Illustration: Pierre Duchesne

 

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La maison du poète (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

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La maison du poète

Au bord d’un verger vert envahi d’herbe en fête
Se dressait le palais superbe du poète.

La maison était vieille au moins trois cent ans,
On entendait craquer ses poutres au printemps.

Les arbres se pressaient contre elle à s’étouffer,
Poiriers portant le nid mélodieux d’Orphée.

Mais les tuiles volaient au vent à tire-d’aile
– Fort bien, dit le poète: on verra mieux le ciel!

Quand il pleuvait, la pluie entrait comme chez elle
– Bon, c’est la porte aussi qu’emprunte l’hirondelle!

Les murs épais, dorés, ruisselaient de feuillages:
Vigne, lierre, rosiers pleins de lézards sans âge.

Au grenier résidait l’effraie, oiseau de nuit.
– C’est moi qui vis chez toi, Sagesse à l’oeil qui luit!

Deux chiens fous, un vieux puits, peu de pain dans la huche
– Mais du soleil au coeur plus que le miel en la ruche!

Depuis longtemps l’horloge s’était arrêtée
– Que l’heure loge ailleurs: pas le temps de compter!

Les cigales vibraient sans fin, de chaleur ivres,
Une plume fumait, dedans, les mots d’un livre.

Et le chant du poète en silence embaumait
La nature alentour ainsi qu’une fumée.

(Marc Alyn)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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LA CHANSON DE TESSA (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



    

Illustration: Jeanne Fonseca

LA CHANSON DE TESSA
Paroles: Jean Giraudoux, Musique: Maurice Jaubert (1935)

Reste ici bas mon coeur fidèle,
Si tu t’en vas la vie est ma peine éternelle
Si tu meurs, les oiseaux se tairont pour toujours.

Si tu es froide, aucun soleil ne brûlera.
Au matin la joie de l’aurore
Ne lavera plus mes yeux.

Tout autour de la tombe
Les rosiers épanouis
Laisseront pendre et flétrir leurs fleurs.
La beauté mourra avec toi
Mon seul amour.

Si je meurs, les oiseaux ne se tairont qu’un jour,
Si je meurs, pour une autre un jour tu m’oublieras.
De nouveau la joie de vivre
Alors lavera tes yeux
Au matin tu verras
La montagne illuminée
Sur ma tombe t’offrir mille fleurs.
La beauté revivra sans moi
Mon seul amour!

(Jean Giraudoux)

 

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