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Poésie

Posts Tagged ‘(Alain Borne)’

La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021


Réussite_Malinowsky

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.
Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.
Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,
Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.
Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

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Tant d’oiseaux (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2021


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Tant d’oiseaux
Qu’on dirait de l’eau en pluie
un goutte-à -goutte d’ailes
une giboulée de plumes
une averse de griffes.
L’orage opaque éteint le ciel
et son tonnerre est de cris.
Qu’importe qu’importe
puisque ce cauchemar n’est pas un rêve
puisque ces griffes sont réelles
et que c’est réellement qu’il faudra mourir.

(Alain Borne)

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Je vais t’aimer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Edvard Munch  -393945

Je vais t’aimer
je vais ne plus rien vouloir
dans mes yeux que ton visage
je vais ne supporter mes mains
que caressant ton corps
je vais n’accepter l’espace
que si tu l’occupes
je vais n’être rien
qu’à l’instant de te posséder
je vais
mourir interminablement je vais
vivre si tu vis contre moi
et quand ton plaisir viendra
comme les fleurs rouges sur le printemps vert
au sommet de ta chair je cueillerai
le bouquet de ta joie
afin d’y enfouir mon visage
et y mêlant mon bonheur devenir
un vivant ivre de vie
et crier que vivre est bon
lorsque vivre est vivre
lorsque vivre
est réunir nos deux sangs
lorsque vivre
est te traverser et te devenir
et ne savoir même plus que je te suis.

(Alain Borne)

Illustration: Edvard Munch

 

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020




    

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myositis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain,
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin.

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La plaidoirie de la brûlure (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018


Matteo-Voyageur-de-I-Infini-45686

Je me couche dans la poussière, les yeux fermés
La nuit sera totale, tant que l’aube
Et le grand jour de ta chair
Ne passeront pas au-dessus de moi
Comme un vol de soleils.

(Alain Borne)

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TE DÉVÊTIR (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Anna Razumovskaya  1600_629

Te dévêtir
aller vers encore plus de lumière et de brûlure
alors que tu m’aveugles déjà
et que tout de moi se calcine.

Et pourtant
il faut bien après cent chevauchées
que les nues de ma foudre
descendent vers la terre.

Il faut bien que je tombe
adorer tes genoux
et toucher la tiédeur scandaleuse
de ce nid de soleils.

(Alain Borne)

Illustration: Anna Razumovskaya

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Aucun bonheur aucun malheur (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Aucun bonheur
aucun malheur
la pierre tranquillisée n’attend plus rien
passent les fleuves.
passent les sangs.

Le rire dans la pâleur humaine
s’est hissé mille fois.

Les larmes mille fois
ont relayé les mers.

et le soleil
tente d’user de son plomb d’or
le lasso qui le tient.

La pierre est là tranquille
grande envie grand exemple
grande promesse sûre.

Mais qui
mais qui quand même
ôtera de mon coeur
cette pierre qui le devient ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Fidèle à quel nuage (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Fidèle à quel nuage
à quelle eau sourde
à quel sang fade ?

Un lit se dresse
un ciel s’éveille
un oiseau luit.

Je vis de rêve
je rêve d’îles
je lie avril.

Je vois une ombre
et je me couche
sous son sable.

Portez mes yeux
plus loin que moi
mes sûrs amis.

Si vous m’aimez
pleurez déjà
de mon passage.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Froide l’âme froide (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017



    

Froide
l’âme froide
ne sera par dépaysée
quand l’ange noir écartera
sur le vide les rideaux du fruit.

Que quelqu’un
prenne en pitié le désert
prenne en pitié
le sable teint.

Le sang de la colombe
tombe plus vite que sa neige.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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