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SOUCOUPES DU CIEL (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
SOUCOUPES DU CIEL

Tu commenças de naître à ton propre destin
Par sa nuit nuptiale, en ta mère adorée,
Étroitesse et touffeur du ventre vénéré
D’où, doré de désir, en ce monde tu vins

Pour aimer la splendeur parfaite de son sein,
Sa tiède plénitude – ô tournesols si tendres,
Soucoupes qui du ciel pour toi semblent descendre
À ta langue portant le nectar le plus fin.

Par le lait maternel tu devins grand et beau.
D’une tête plus haut que ta mère, et plus haut
Que ces filles au bal à ta danse soumises,

Et tu aimes chacune, et te plaît l’éventail
De leur robe attirant l’odeur et le nectar
Des soucoupes du ciel qui te furent promises.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne suis pas arrivé (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
Je ne suis pas arrivé
Ton corps va, vient, s’élève
Tombe – Une nuit
Se perd entre tes seins. Ce pli ?
Non…
Je ne suis pas arrivé. Un dé de tristesse
Roule du haut des épaules – supplication
Je ne suis pas arrivé. Je ne suis pas arrivé
Ton croissant de lune ? Que dis-tu ? Nos lèvres. Ville
De nos secrets ? Nous ne sommes pas arrivés
Nous ne sommes pas arrivés

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Te souviens-tu ? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Te souviens-tu ? Nous nous sommes rencontrés, séparés
Le soleil était jaune comme le wars
Le vent asphyxié
Sans te frôler, j’ai imaginé tes seins
Tes reins, tes hanches et plus bas
L’étoile du nombril
L’idée de redevenir enfant
Rendait ses traits à mon visage
Et à mon âge ses premiers chagrins

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Tu veux savoir (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




Tu veux savoir si le désir …
Jamais il ne me quitte,
Lui, qui chaque jour s’invite
Et vers elle, me pousse et m’inspire…
Comme ces matins où dans sa couche,
Je me coule et où renaît l’espoir…
Comme à ses sorties de douche,
Quand j’approche mes doigts,
Jaloux des mille perles d’eau,
Qui, avant moi, lui caressent la peau.

Ode au désir qui jamais ne me quitte,
Quand, derrière elle, silencieux
Ma bouche sur son cou s’invite,
Quand elle ferme les yeux…
Quand ma main cherche le chemin
De ses reins, le chemin de ses seins.

Ode au désir
Qui en elle était enfoui,
Rassuré par mes envies.
Ode au désir
Voilà qu’en elle, il renaît,
Voilà que tu l’as réveillé…

(Bernard Bertrand)

Illustration: Ekaterina More

 

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Nourrisson (Bertrand Delporte)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Alexandre de Riquer 7t7

Nourrisson
sur le sein
de sa mère:

– Bach:
Réveille-toi, mon âme!

En l’église,
L’orgue

synchronise.

(Bertrand Delporte)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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LES DEUX CORTEGES (Joséphin Soulary)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Corinna Wagner_paintings_GERMANY (14) [1280x768]

LES DEUX CORTEGES

Deux cortèges se sont rencontrés à l’église.
L’un est morne : il conduit le cercueil d’un enfant ;
Une femme le suit, presque folle, étouffant
Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L’autre, c’est un baptême ! au bras qui le défend
Un nourrisson gazouille une note indécise :
Sa mère lui tendant le doux sein qu’il épuise,
L’embrasse tout entier d’un regard triomphant !

On baptise, on absout, et le temple se vide.
Les deux femmes, alors, se croisant sous l’abside,
Echangent un coup d’œil aussitôt détourné ;

Et – merveilleux retour qu’inspire la prière –
La jeune mère pleure en regardant la bière,
La femme qui pleurait sourit au nouveau-né !

(Joséphin Soulary)

Illustration: Corinna Wagner

 

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Court est le printemps (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2019



Illustration: Hans Baldung
    
Court est le printemps,
Qu’y a-t-il dans la vie
Qui soit immortel ?
Et j’autorisai sa main
Sur la rondeur de mes seins

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Une livre de chair (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



Une livre de chair

Parfois je prends tes sandales
Et je marche vers toi

Parfois je revêts ta robe
Et j’ai tes seins et j’ai ton ventre

Alors je me vois sous ton masque
Et je me reconnais.

(Paul Eluard)

 

 

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Que de jours passés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Que de jours passés
A guetter le battement des paupières
Sur une joie qu’on a humiliée

Le soleil en restera assombri
Malgré le chant des oiseaux
Et le chœur des vagues

J’aurais beau te prendre la main
Dans la boue du chemin
Et te serrer dans mes bras

J’aurais beau plonger ma main
Dans ton corsage du dimanche
Pour apaiser ton cœur
Qui bat fiévreusement
Sous un sein ferme.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Francine Van Hove

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S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ? (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (7) [1280x768]

S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ?
Si l’objet que je touche allait vivre soudain,
si du sable montaient d’étranges créatures
et passaient cette porte où je suis attendu :
ceux d’hier dans mes yeux,
dans mon sang, les gestes que je trace
et le son de ma voix,
ceux d’hier par l’esprit et moi-même
au sein des apparences,
dans un tonnerre d’âmes et d’éclairs
à la rencontre de Dieu ?

(Géo Libbrecht)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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