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Poésie

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HIER FUT LA FIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
HIER FUT LA FIN

Hier fut la fin le chaos
l’indiscernable. Mais
de l’horreur naquit le passage entre
les blocs.
Vint le frisson
secouant les rafales
soubresauts de l’obscur.
S’avança le silence
ordonnateur inventeur
de pauses, d’oublis souverains.
Il fut permis de voir d’entendre
d’accéder aux cimes froides
où clame la clarté
où tout commence
avec la pointe et l’éclair
le rythme et la faux le secret
la fuite joyeuse des temps, le cruel
message à déchiffrer
puis à déchirer à jeter,
le peu à peu le bientôt
le jamais encore
l’ombre aux abois le peut-être
les lueurs
futures
le feu qui grandit
le souffle

porteur de la parole.

Mais c’est le souffle aussi
qui saura seul
éteindre tout
pour rendre à la Nuit
son empire.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Voyages de minuit (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Voyages de minuit.
Retours des abîmes qui concernent
le refuge d’être vivants, dans l’ombre,
au bord de l’abîme total.

On a essayé de se bander les yeux
ou d’accéder aux cécités provisoires que la vie nous accorde,
mais le pouvoir de la vision perfore tous les murs
et nous fige dans la haute mer muette.

Voyages de minuit.

Après quoi on peut voyager n’importe où,
et prendre dans la main la pensée
comme une petite lampe votive
dans ce temple dénudé.

***

Viajes de la medianoche.
Regresos de los abismos relativos
al refugio de estar vivos, en la sombra,
al borde del abismo total.

Hemos tratado de vendarnos los ojos
o acceder a las cegueras provisorias que la vida nos permite,
pero et goder de la visíon perfora cualquier mura
y nos planta en los piélagos callados.

Viajes de la medianoche.

Después se puede viajar a cualquier parte
y tomar en la mano el pensamiento
como una pequeña lámpara votiva
en este templo desnudo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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De flamme et d’azur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



    
De flamme et d’azur
Alouette au chant pur,
D’un bond, tu accèdes
À la plus haute fête!

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le nuage dans le couchant (Emmanuel Moses)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
le nuage dans le couchant n’est pas le nuage dans le couchant
l’étang noir n’est pas l’étang noir
celui que je suis n’est pas celui que je suis
ainsi nous accédons tous trois au néant
qui est le non-néant

(Emmanuel Moses)

 

Recueil: Figure rose
Traduction:
Editions: Flammarion

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La poésie (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
La poésie est pour moi la plus grande plénitude de vie à laquelle je puis accéder.
Je ne connais aucune expérience vitale de plus grande intensité.
La poésie est mon identité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et création
Traduction:
Editions:

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Avoir tout dit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



    
Avoir tout dit
et ne plus rien dire
Accéder enfin au chant
par le pur silence
T’ouvrant là
sans retenue
A l’appel d’un geai
Aux cris des cigales
Au pin jaillit de toi
te brisant les entrailles…

(François Cheng)

 

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La poésie (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
la poésie est une tentative risquée et visionnaire
d’accéder à un espace qui a toujours préoccupé l’homme :
l’espace de l’impossible,
qui parfois semble aussi l’espace de l’indicible.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres vives

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La poésie (Aldo Pellegrini)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



    

La poésie n’est rien d’autre que cette violente nécessité d’affirmer son être qui anime l’homme.
Elle s’oppose à la volonté de ne pas être qui guide les foules domestiquées
et à la volonté d’être par les autres qui se manifeste chez ceux qui exercent le pouvoir.

Les imbéciles vivent dans un monde artificiel et faux :
attachés au pouvoir qu’ils peuvent avoir sur autrui,
ils nient la pleine réalité de l’humain au bénéfice de schémas creux.

Le monde du pouvoir est un monde vide de sens, hors du réel.
La poésie est une mystique du réel.

Le poète cherche dans le mot, non pas un mode d’expression,
mais une manière de participer à la réalité.
Au moyen du verbe, le poète n’exprime pas le réel : il y participe.

La porte de la poésie n’a ni clef ni verrou :
elle se défend par sa qualité d’incandescence.
Seuls les innocents, accoutumés au feu purificateur,
peuvent ouvrir cette porte de leurs mains ardentes et accéder à la réalité.

La poésie prétend accomplir la tâche suivante :
que ce monde ne soit pas seulement habitable pour les imbéciles. »

(Aldo Pellegrini)

 

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Pour accéder à une vie nouvelle (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




    
Pour accéder à une vie nouvelle, à la Sainte-Brigide,
Il fallait traverser sa ceinture de paille tressée :
Les hommes devaient passer d’abord la jambe droite,

Puis le bras droit, l’épaule droite, la tête, enfin l’épaule,
Le bras et la jambe gauches. Les femmes l’enfilaient
De la tête jusqu’aux pieds, puis sortaient de ce cercle.

L’espace ouvert soudain par ces gestes
Etait plus ouvert, dans la chute des cerceaux
Chacun pouvait sentir encore la douceur

De l’air de février sur sa tête, imaginer la tresse
Qui vacillait en s’effilant comme glanes au vent
Ou un chardonneret survolant les labours.

***

On St Brigid ‘s Day the new life could be entered
By going through her girdle of straw rope:
The proper way for men was right leg first,

Then right arm and right shoulder, head, then left
Shoulder, arm and leg. Women drew it down
Over the body and stepped out of it.

The open they came into by these moves
Stood opener, hoops came off the world,
They could feel the February air

Still soft above their heads and imagine
The limp rope fray and flare like wind-borne gleanings
Or an unhindered goldfinch over ploughland.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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Trappe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Trappe

Il suffit de soulever la barre
pour vous faire accéder
à un autre niveau

Il suffit de descendre
au long de cette rampe
et l’on atteint le royaume des cavernes

Il suffit de grimper
au long de cette corde tendue
et le panorama jaillit dans la lumière

Il suffit de ramper au long
de ce tunnel pour atteindre
la liberté de l’autre côté des murailles

Il suffit de nager dans ce fleuve profond
pour que le sang de la jeunesse
irrigue à nouveau notre corps fané

(Michel Butor)

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