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Poésie

Posts Tagged ‘se déplacer’

Le rêve (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019


 


Brad Kunkle  Second-Sleep_lrg_web

 

Le rêve est une jument
qui au loin nous emporte
sans jamais se déplacer

(Adonis)

Illustration: Brad Kunkle

 

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LE FRÉMISSEMENT EST EN RETARD (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



    

LE FRÉMISSEMENT EST EN RETARD

Le frémissement de la chevelure dense
et fraîche devant la fenêtre
est en retard — le nuage
se déplace d’un millimètre —
il interdit à ces envols
de nous ombrager.
ta voix par ricochet.

***

RITARDA IL FREMITO

Ritarda il fremito della chioma
fitta e fresca davanti
alla finestra — la nuvola
si sposta di un millimetro
—vieta a questi volidi oscurarci.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Timide (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Timide, la timide
Jeune fille de mon coeur,
Dans la lueur du feu
Se déplace l’air songeur.

Elle apporte les plats,
Et les met sur l’étagère.
J’irais bien, elle et moi,
Dans une île de la mer.

Elle apporte les bougies,
Et les rideaux éclaire,
Timide à contre-jour
Et timide dans le noir;

Et timide comme un lièvre,
Serviable et timide.
Je volerais, elle et moi,
Dans une île de la mer.

(William Butler Yeats)


Illustration: Edouard Manet

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Les poissons (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Les poissons vivent
dans les cavernes de l’eau

qu’en se déplaçant
ils ouvrent et obstruent.

(Gérard Le Gouic)

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L’ESCARGOT (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2018



 

L’ESCARGOT

L’escargot se déplace
dans une continue
création de son corps,
s’invente et se rejoint.

Il glisse avec aisance
dans le tunnel sans fin
de son identité.
On le dit peu rapide,

sans voir que le précède
son image future,
et qu’il avait en lui
la route qu’il emprunte.

(Axel Toursky)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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EUX DEUX (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

allumettes

EUX DEUX

Si vous faites se toucher deux allumettes, la flamme
commencée se gonfle comme une voile,
Le trait noir sur lequel elle se déplace
En se déformant les unit.

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui se sont croisés,
Et maintenant ne s’écartent pas l’un de l’autre.

Mais dans le ventre de la femme il y a déjà un enfant.

À chaque fois que l’homme s’approche d’elle, vivre
Se trouble
Comme s’il fallait repousser ce que c’est,
Être seul.

(Ariane Dreyfus)

 

 

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Grand Maître des absences (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



Nul ne sait, combien ce qu’il refuse,
l’Invisible, nous domine, quand
notre vie à l’invisible ruse
cède, invisiblement.

Lentement, au gré des attirances
notre centre se déplace pour
que le coeur s’y rende à son tour
lui, enfin Grand Maître des absences.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Cyn McCurry

 

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Nous courons (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
« Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, (Alice et la Reine Rouge) se mirent à courir.
Ce qu’il y avait de plus curieux, c’est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place :
elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien.

« Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ? » pensait la pauvre Alice, tout intriguée.(…)

– Mais voyons, s’exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n’avons pas bougé de sous cet arbre !
Tout est exactement comme c’était !

– Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?

– Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée,
on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps,
comme nous venons de le faire.

– On va bien lentement dans ton pays !
Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit », dit la reine.
« Si tu veux te déplacer, tu dois courir au moins deux fois plus vite ! »

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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J’avais cessé de nommer (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
J’avais cessé de nommer.
J’étais le lieu seulement comme d’une avancée végétale.

La proie d’un moutonnement vert, argenté sur ses crêtes par les jeunes feuilles,
et qui venait à moi, en marche vers moi.

Il n’y avait colline ni pente ni prairie ni bocage.
Une masse fluide coulait vers moi, m’immergeant lentement.

La fine pluie qui se déplaçait en nuages bas, de l’est,
en abolissant tout recul de quelque importance, en noyant les confins, même proches,
rendait d’autant plus immédiat et instant ce qui m’entourait.

La tiédeur humide de l’air accusait encore la continuité, le continu, mettait tout en contact.
Une lumière irréelle, opaline et dorée, baignait, c’est bien le mot, toutes choses.

Je fus un temps sous l’effet de cette instance en marche, sans nommer, ni presque percevoir.
En proie seulement. Envahi. Bienheureux. Délivré.
N’étant pas plus, mais cela.
Et de la sorte venant moi-même à moi comme du dehors, me rejoignant peu à peu.

Quand ce fut fini, quand j’eus en quelque sorte regagné mes limites, mes fonds,
quand de nouveau je me reconnus, je reconnus aussi ce qui était venu… et qui s’était évanoui.

(Roger Munier)

 

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Et que furent les roses (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
et que furent les roses. Du parfum? pour que
j’oublie ….ou la pure Musique gravissant précairement

le crépuscule
mais il y a quelque chose de plus mûrement
enfantin,de plus beau que toi presque.

Mais sinon des fleurs,dis-moi doucement qui

sont ces habituées des rêves à demi-souriant
gravement sur de calmes visages,se déplaçant purement
d’un pas assourdi,quoique assez fièrement aussi —

ne sont-elles pas des dames,les dames de mes rêves
touchant justement les roses par qui vivent blanchement
leurs doigts?
ou mieux,
des reines, des reines riant légèrement
couronnées de couleurs lointaines,

pensant beaucoup
à rien et que l’aube préfère toucher
sur les ruisseaux penchés,près des saules votives?

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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