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LES PERLES DE JADE (Tchan-Tiou-Lin)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



 jade perles 8

 

LES PERLES DE JADE

J’ai vu passer la première épouse du grand Mandarin Lo-Wang-Li ;
elle se promenait à cheval près du lac,
dans l’allée où la lune blanchit les feuilles de saule.

En se promenant elle a laissé tomber de son cou quelques perles de jade ;
un homme, qui se trouvait là, les a ramassées et s’est enfui très joyeux.

Mais moi, je n’ai pas ramassé de perles,
parce que je regardais seulement le beau visage de la jeune femme,
plus blanc que la lune dans les feuilles de saule,
et je m’en suis allé en pleurant.

(Tchan-Tiou-Lin)

 

 

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NUIT CITADINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



NUIT CITADINE

Sur le pavé humide,
Des chevaux galopant
Des autobus grondant,
Et des phares rapides
Par les vitres glissant
Vivement éclairant
Maintes pièces sordides.

Des tic-tac obsédants,
Des silences pleurant,
Et la nuit pluvieuse
Au dehors, et poisseuse…
Je ne sais rien… La pluie…
Depuis des jours, des ans,
Toujours la même vie,
Les tic-tac obsédants,
Les silences pleurant
D’un temps privé de vie…

(George Bacovia)

Illustration

 

 

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CHANSON DU CAVALIER (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

cavalier 1

CHANSON DU CAVALIER

Cordoue
Lointaine et solitaire.

Cheval noir, grande lune,
Des olives en ma sacoche.
Bien que j’en sache les chemins
Jamais je n’atteindrai Cordoue.

Par la plaine, par le vent
Cheval noir, lune rouge.
La mort est là me regardant
Du haut des tours de Cordoue.

Ah ! qu’il est long le chemin.
Ah ! mon valeureux cheval.
Ah ! que la mort m’attende
Jusqu’à ce que je sois à Cordoue.

Cordoue
Lointaine et solitaire.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

 

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Ce jour-là rappelle-toi (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



ce jour-là

rappelle-toi
les langoureux conciliabules
des tourterelles de Ville-sur-Tourbe

le silence méditatif
du cheval des romanichels

et l’histoire embrouillée du vent

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Deux tas gris (Jean-Paul Vaillant)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Deux tas gris hurlent sur le tertre vert.
Nos chevaux hennissent. Nous passons impassibles.
Les deux tas ne nous ont pas vus.

(Jean-Paul Vaillant)

Illustration: Otto Dix

 

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LA GROTTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
LA GROTTE

Plus près, bien plus près, mais encore
dans un autre temps que le nôtre
l’instant aux traces demeurées
depuis 35.000 ans de la grotte Chauvet,
période glaciaire, près du 45e parallèle,
homo spiritualis petits groupes humains
plongés dans l’immédiateté animale
portés par sa vigueur herbivore, carnivore
confondus aux puissances animales
à leur explosion leur présent
mammouths aurochs lions chevaux
saisis en pleine course en piétinements
leur énergie leurs crinières leurs yeux,
concision du trait, implosion de l’humain,
plaquée sur le silence rupestre
une main qui dessine y invente le souffle

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Ecarte-toi écarte-toi (Issa)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019



Petit moineau
écarte-toi écarte-toi
maître cheval passe

(Issa)

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Le cheval s’est détaché (Kooku)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019



Le cheval s’est détaché
on entend des cris d’effroi

(Kooku)


Illustration

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LA MÉSANGE (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

LA MÉSANGE

Les soldats s’en vont lentement
Dans la nuit trouble de la ville.
Entends battre mon cœur d’amant.
Ce cœur en vaut bien plus de milles
Puisque je t’aime éperdument.

Je t’aime éperdument, ma chère,
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière,
Puisque l’Amour est mon envie,
Mon soleil et ma vie entière.

Écoute-le battre mon cœur !
Un régiment d’artillerie
En marche, mon cœur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie,
Écoute-le, petite sœur.

Petite sœur je te prends toute
Tu m’appartiens, je t’appartiens,
Ensemble nous faisons la route,
Et dis-moi de ces petits riens
Qui consolent qui les écoute

Un tramway descend vitement
Trouant la nuit, la nuit de verre
Où va mon cœur en régiment
Tes beaux yeux m’envoient leur lumière
Entends battre mon cœur d’amant.

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval.
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus sa vision étrange.

Ses yeux c’était tes jolis yeux,
Son plumage ta chevelure,
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls, tous deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque-là.
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat.
Au bel oiseau j’ai dit « Je t’aime ! »

(Guillaume Apollinaire)

 

 

 

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Si ton âne ne va pas assez vite (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



    

Si ton âne ne va pas assez vite,
il ne sert à rien de l’appeler cheval.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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