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Poésie

Posts Tagged ‘cheval’

Tu fais jaillir (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



tu fais jaillir ? jambe ? floraison
de poissons sources mil et millets
d’accords obscurs plus claire et sonore
que les rayonnements qui t’abreuvent

flanc parfait comme une paume ouverte
prairie en herbe de lune neuve
un plein carré de lande splendide
lorsque la mer change de cheval

(Bernard Manciet)

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QUAND L’HIVER (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Alexeї Kondratievitch Savrassov
    
QUAND L’HIVER

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

Un vieux cheval au loin tire un traîneau grinçant
Sous la neige un chemin dont je suis le passant.

Dans le dernier recoin de ciel illuminé
Un bouquet de lueurs tristement s’est fané.

Voici qu’un blanc désert s’étend à l’horizon
Au loin je vois semés quelques toits de maisons;

Là-bas un hameau dort, enfoui sous la neige,
La maison juive où les sentiers vont en cortège.

Simple maison, pourtant les fenêtres sont larges,
Moi l’aîné des enfants je revois mon village ;

Voilà mon cercle étroit, petit monde tranquille
Une fois par quinzaine on se rend à la ville

Et l’on rêve en silence à de plus vastes plaines,
Pistes, routes là-bas, enneigées et lointaines.

Les pleurs cachés au fond des coeurs comme des gemmes
Ou des grains attendant vainement qu’on les sème.

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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POURSUITE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



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POURSUITE

La rouille mord
à même un fer de lance
des chevaux demeurent silencieux
cependant qu’on poursuit
un seul homme
qui court par des dédales
et des ruines
car il n’a jamais pu
s’habituer à ce temps.

(Jean Follain)

Illustration

 

 

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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ÂGE (Jacob Glatstein)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
ÂGE

Mince et transparent
L’amour des années de vieillesse
Se meut, mal assuré
Sur la chair comme à cheval.
Tu te mets à compter, à épargner ta force
Tu sens te percer chaque jour
Qui t’est destiné.

Tu regrettes n’avoir pu qu’entrevoir
Tant de couchers de soleil
Et des fleurs, des arbres, des herbes.
Crissent en toi les épines du chant
Tu foules la vie comme verre
Et les ombres pour toi prennent un sens profond.
Tu reçois un sourire froid comme une offrande
Et tu deviens avare
De la divine profusion du temps.

(Jacob Glatstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHEVAL BLEU (Dora Teitelboïm)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
CHEVAL BLEU

Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Plus loin et plus loin,
File encore, file
Au galop,
Franchis
Les jours tels des fleuves profonds,
Les nuits, ces abîmes, sans
Pourtant m’y précipiter.
Il est triste, il est décharné
Ton cavalier.
Traces perdues,
Les vents – rênes dénouées,
Les lampes au loin – éteintes,
Les épis de la vie, – battus,
Mon rêve – une étoile
Déjà brillée sur mes épaules,
Et la bouche aux paroles blanches –
Des dents brisées.
Cheval bleu, cheval de feu
Plus vite, plus vite,
Frappe de tes sabots les pierres,
Vole par la flamme et l’épée,
Dans la nuit, que tes étincelles
Allument les étoiles sur la terre.

(Dora Teitelboïm)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur le bord du chemin (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Sur le bord du chemin
Fleurissait une mauve:
Le cheval l’a mangée!

(Bashô)

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Moineau mon bébé Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2019



    

(Kobayashi Issa)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Retouche à l’adieu (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Retouche à l’adieu

en fin de jour à long halage
l’ortie ranime le canal
le soleil touche l’eau
son odeur de cheval fait trembler la haie d’ombre
de rive à l’autre un couple se sépare
poussiéreux de tilleul et sur un même signe

un oiseau roule en larme sur la joue du ciel

(Daniel Boulanger)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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LA TERRE DE L’ÉTÉ (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Laetitia Plinguet  femme cheval

LA TERRE DE L’ÉTÉ

Cheval, cheval, beau cheval qui t’avances
Tu ne verras jamais ce que je vois
Pour caresser les cheveux de l’enfance
Je suis venu la flamme à chaque doigt.

Je dis des mots, je m’éclaire à leur huile
Et mon regard brûle sans consumer
Je porte en moi l’incendie de la ville
Et dans la ville une femme à sauver
Une alouette, une torche tranquille
Fille de feu qui persiste à rêver.

L’air est empli de soldats, de murailles
De soubresauts, de galops effarés
Une étincelle aux sabots de l’orage
Et ma poitrine éclate de mitraille
Et mon seul souffle embrase la forêt.

Je dis des mots pour la martre et la loutre
Je dis des mots pour la soif et l’étang

Je parle en moi pour écarter les poutres
Et les cheveux du front de mon enfant
Mon bel enfant plus bleu que mille routes
Plus pur en moi que l’arbre dans le vent

Cheval, cheval, beau cheval qui m’écoutes
Cheval, cheval, dis-moi que tu comprends.

(Robert Sabatier)

Illustration: Laetitia Plinguet

 

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