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Poésie

Posts Tagged ‘galoper’

Le Temps (Martial Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le Temps

On dit que le temps arrange tout, il suffit de l’attendre.
Mais qu’il est donc lent, le temps de l’attente.
L’attente de l’ami, qu’on a pas vu depuis longtemps.
L’attente des secours, quand survient l’accident.
L’attente de la guérison, quand s’éternise la souffrance.
L’attente du soleil, quand tarde le printemps.
L’attente de la compassion, quand dure l’indifférence.
L’attente du pardon, pour une lointaine offense.

Pourtant, il suffit qu’on l’oublie, le temps.
Quand arrive l’ami qu’on attendait depuis longtemps.
Que se réveillent les souvenirs d’antan.
Et qu’on déroule les histoires du bon vieux temps.
Il en profite pour nous échapper et galoper, le temps.
Et quand vient le temps d’aller voir où en est le temps,
On s’aperçoit qu’il a filé comme le vent, le temps.
Et qu’on ne peut le rattraper, le temps.

On a parfois envie de l’emprisonner dans les bons moments.
Mais lent ou rapide, on ne peut l’arrêter de passer, le temps.
Puis quand vient le temps de disposer de notre temps,
On voudrait arrêter, histoire de regarder passer le temps.
Mais on se lasse vite à ne faire que regarder passer le temps.
Alors on proposera à un ami, à qui il ne reste que peu de temps,
De l’accompagner jusqu’au bout de son temps.
On répondra à l’enfant qui nous demande un peu de temps,
Que pour lui, on a tout notre temps.
En espérant que, quand il ne nous restera que peu de temps,
Quelqu’un aura pour nous, un peu de temps.

(Martial Nouveau)

 

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Griot de ma race (Ndèye Coumba Diakhaté)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Ndèye Coumba Diakhaté
    
Griot de ma race

Je suis griot de ma race :
Poète, troubadour;
Je chante très haut ma race, mon sang,
Qui clame qui je suis.

Je suis… bois d’ébène,
Que ne consume le feu lent du mensonge.
Je suis… la latérite rouge du sang farouche de mes ancêtres.

Je suis… la brousse inviolée,
Royaume des singes hurleurs.

Pas le Nègre des bas quartiers,
Relégué dans la fange fétide, la suie qui colle;
Là-bas, dans la ville grise, qui accable, qui tue.

Je suis… qui tu ignores :
Soleil sans leurre; pas de néon hypocrite.
Je suis… le clair de lune serein, complice des ébats nocturnes,

Je suis le sang qui galope, se cabre d’impatience
Dans le dédale de mes artères. Je suis qui tu ignores.
Je crache sur l’esprit immonde.

Et voici que je romps les chaînes,
Et le silence menteur
Que tu jetas sur moi.

(Ndèye Coumba Diakhaté)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Mer douce (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



Mer douce

La mer caresse le rivage
Qui a des contours de visage
Humain et ferme ses paupières
Sur d’éblouissantes lumières
Alors que des hordes de nuages
Galopent à travers les plages.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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FRÔLEE, TU ES PLUS DOUCE QU’UN VIOLON (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020



Illustration: Pierrette Lilot
    
FRÔLEE, TU ES PLUS DOUCE QU’UN VIOLON

Frôlée, tu es plus douce qu’un violon
Que font vibrer des doigts ensorcelés
Et qui veut encore, encore chanter,
Chanter, s’il se peut, toute la soirée,
Et toute la nuit jusqu’au point du jour.
Et l’artiste joue, frémissant il joue
Comme un cheval roux qui trotte ou galope —
Le violon gémit : ah ! joue, maître, joue.

(Mihai Beniuc)

 

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Mon petit cheval (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2020




    
Mon petit cheval

Mon petit cheval la la
Mon petit cheval la la
Dans les prés, dans les bois
Galopant et galopette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cheval de bois

Mon petit mouton la la
Mon petit mouton la la
Dans les prés, dans les bois
Sautillant et sautillette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit mouton de bois

Mon petit cabri la la
Mon petit cabri la la
Dans les prés, dans les bois
Bondissant et bondissette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cabri de bois

Mon petit canard la la
Mon petit canard la la
Dans les prés, dans les bois
Dandinant et dandinette
(ou balançant et balancette)
Dans les prés, dans les bois
Mon petit canard de bois

(Suzanne François)

 

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Rondeau des antilopes (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau des antilopes

Les belles antilopes
Des savanes galopent
Mais les lions salivent
Une tendre escalope
C’est meilleur qu’une endive !

Jusqu’à Tananarive
Et de Brive aux Maldive
En Asie, en Europe
Ils chassent ils poursuivent
Les belles antilopes

Sans cesse elles s’esquivent
Jamais ils n’y arrivent
Et les lions invectivent
Tandis qu’au loin galopent
Les belles antilopes

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans une larme du temps (Rivka Basman)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
Dans une larme du temps
Comme il est dur
De sertir
Un sourire,
Une mélodie
Se couvre
De nuages
Le chemin
Du berceau.
Seul le bleu, ce bleu-là,
Galope
Sur un faon
Et veut percer de part en part
Le brouillard
Et le
Temps

Un désert verdoyant
Est-il impossible ?
Je suis un désert verdoyant,
Mon aridité fleurit,
Mes étoiles éteintes
M’illuminent par le regard,
Parmi les sables
Je vois des traces
Éparpillées –
Qui donc les découvrira ?
Permettez-moi de demander encore
Est-ce qu’un désert
Peut verdir ?

Il arrive parfois
Que même une abeille
Oublie son gîte et son travail
Et reste la dernière
Sur un arbre
À cause d’un lilas en fleur,
La grande nuit ne l’effraie pas
Qui tourbillonne avec l’ailleurs.
Alentour il n’y a personne,
Elle seulement,
Amoureuse
Jusqu’à la mort
En fleur.

(Rivka Basman)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA NUIT D’AUBE (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


 

Laura Harris - Tutt'Art@ -

LA NUIT D’AUBE

Une rose a percé la pierre de la neige
Une rose a percé la pierre de l’hiver
Galopez dans le ciel, chevaux blancs des cortèges
Une rose a percé la pierre de la neige

Une rose a tremblé sur la paille, à l’auberge
L’ange au gantelet noir roule sous les sapins
Une rose a tremblé, plus frileuse qu’un cierge
La neige lacérait le ciel ultramontain.

Édifice du temps un enfant vous renverse
Une rose, une lampe une larme au matin.
Il suffit d’un baiser qui réchauffe la neige
Et notre rose à nous brûle déjà ta main.

(Luc Bérimont)

Illustration: Laura Harris

 

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Maintenant que je vieillis (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Christiane Vleugels 6

PRUDERIE

Maintenant que je vieillis,
Que mon sang se glace,
Je me surprends, parfois, à parler de vertu,
A médire des jeunes gens sensuels.
puissance de l’habitude,
Et de l’exemple des vieilles gens!
Pensais-tu ainsi, autrefois.
Lorsque le printemps te chassait par les rues.
Et te faisait galoper vers l’amour,
Comme une bête en rut ?

(André Spire)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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NUIT CITADINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



NUIT CITADINE

Sur le pavé humide,
Des chevaux galopant
Des autobus grondant,
Et des phares rapides
Par les vitres glissant
Vivement éclairant
Maintes pièces sordides.

Des tic-tac obsédants,
Des silences pleurant,
Et la nuit pluvieuse
Au dehors, et poisseuse…
Je ne sais rien… La pluie…
Depuis des jours, des ans,
Toujours la même vie,
Les tic-tac obsédants,
Les silences pleurant
D’un temps privé de vie…

(George Bacovia)

Illustration

 

 

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