Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘immense’

Les dents du monde (Nils Tern)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

Elles mordent à coup sûr
bouche immense
les dents du monde

(Nils Tern)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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Enfants aux petits pas (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

enfants aux petits pas
et aux rêves immenses

(Andrée Chedid)

 

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LE CHEVAL BLEU (Norge)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



LE CHEVAL BLEU

On ne voit pas clairement pourquoi ce cheval bleu est si mélancolique,
mais il est très mélancolique, sans aucun doute.
On ne voit pas clairement pourquoi ce cheval bleu va connaître bientôt une joie immense,
mais il va la connaître, sans aucun doute.
Le fond du tableau fait penser à une grande pluie qui s’éloigne.

(Norge)


Illustration: Marc Franz

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L’aube paisible (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    

L’aube paisible

L’harmonieux silence erre au fouillis des branches
Et dans l’immense paix d’un matin du dimanche,
Calme extatiquement,
Rien qu’un envol de cloche au fond du firmament.

L’aurore a suspendu sa luisante mantille
Sur le potager bleu où, traînant sa coquille,
S’attarde l’escargot
Zébrant d’argent mouillé les feuilles des pavots.

Les lierres enlacés aux murs qui les étayent,
Répandent leur parfum qu’exaspéra la nuit,
Et les pêchers s’éveillent
Déployant leur fraîcheur où l’abeille bruit.

Un chat muettement, plissant ses yeux de jade,
Glisse à travers les haricots et les salades.
Calme extatiquement,
Le vieux jardin repose au mol égouttement

Des cloches dans l’espace. Et parmi sa glycine,
La maison qu’un trait rose au bord du ciel dessine,
Sur le verger dormant
Ouvre, aux frais angélus, portes et contrevents.

(Marie Dauguet)

 

 

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Les Baux (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos

    
Les Baux

J’aime les vieux manoirs, ruines féodales
Qui des rocs escarpés dominent les dédales ;
J’aime du haut des tours de leur sombre prison
A voir se dérouler un immense horizon :

J’aime, de leur chapelle en parcourant les dalles,
A lire les ci-gît couronnés de blason.
Et qui gardent encore la trace des sandales
Des pèlerins lointains venus en oraison.

Parmi ces noirs châteaux, gigantesques décombres
Dont les murs crénelés jettent au loin leurs ombres,
Aux champs de la Provence est le donjon des Baux :

Là, chaque nuit encore, enlacés par les Fées,
Dans une salle d’armes aux gothiques trophées,
Dansent les chevaliers sortis de leurs tombeaux.

(Louise Colet)

 

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La cloche dans la brume (Émile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
La cloche dans la brume

Écoutez, écoutez, ô ma pauvre âme ! Il pleure
Tout au loin dans la brume ! Une cloche ! Des sons
Gémissent sous le noir des nocturnes frissons,
Pendant qu’une tristesse immense nous effleure.

À quoi songiez-vous donc ? à quoi pensiez-vous tant ?…
Vous qui ne priez plus, ah ! serait-ce, pauvresse,
Que vous compariez soudain votre détresse
À la cloche qui rêve aux angélus d’antan ?…

Comme elle vous geignez, funèbre et monotone,
Comme elle vous tintez dans les brouillards d’automne,
Plainte de quelque église exilée en la nuit,

Et qui regrette avec de sonores souffrances
Les fidèles quittant son enceinte qui luit,
Comme vous regrettez l’exil des Espérances

(Émile Nelligan)

 

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VOYAGEURS EN EREWHON* (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration
    
VOYAGEURS EN EREWHON*

Tu ouvres ta
Robe sur le lit
Poussiéreux où personne
N’a dormi depuis des années
Une chouette gémit sur le toit
Tu dis mon
Chéri mon
Chéri
Dans la lumière fumante de la vieille lampe
A pétrole tes épaules tes seins tes fesses
Sont comme des fleurs de pêcher
D’énormes étoiles lointaines écartées
Derrière la vitre fêlée
Immenses animaux immortels
Chacun un oeil
Te regardent
Ouvrir ton corps
Nuit sans fin
Forêt sans fin
Maison abandonnée toute une vie
Dans la forêt dans la nuit
Personne n’arrivera jamais
A cette maison
Seule
Dans le monde noir
Au pays des yeux

* Erewhon : anagramme de «nowhere», littéralement : «nulle part».
Titre d’un célèbre roman de Samuel Butfer (N.d.T.).

(Kenneth Rexroth)

 

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Tu es donc Je suis (Satish Kumar)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017


 



    
Être, c’est appartenir
à un immense réseau de relations.
Et ce réseau ne se limite pas à l’espèce humaine:
il englobe toutes les formes de vie.

Tu es
donc
Je suis

(Satish Kumar)

 

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CHANT DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Illustration: Odilon Redon
    
CHANT DU SOIR

Le soir, quand nous allons par les sentiers obscurs,
Se lèvent devant nous nos formes blêmes.

Quand la soif nous saisit,
Nous buvons les eaux pâles de l’étang,
La douceur de notre triste enfance.

Las à mourir, nous reposons sous l’arche d’un sureau,
Les yeux au vol des mouettes grises.

Des nuages de printemps montent sur la sombre ville
Qui tait les temps plus illustres des moines.

Quand j’ai pris tes mains étroites dans les miennes,
Tu ouvris doucement tes yeux immenses.
Tout est passé depuis longtemps.

Mais quand l’âme est visitée d’une harmonie obscure
Tu apparais à l’ami, toute blanche dans son paysage automnal.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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DERNIER POÈME (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
DERNIER POÈME

Tu es née sur un ordre de la lumière
qui partage avec toi ses richesses
comme le feu partage son or avec la nuit,
pourtant pleine jusqu’aux montagnes.

Ton corps s’éclaire de l’intérieur
comme la moisson ou comme la rivière
lorsque la clarté se suspend encore
au couchant coupé soudain du jour.

Il ne faut pas que tu aies peur
dans l’immense bagne de l’horizon
puisque ton coeur peut battre à l’aise
derrière mes doigts tendus sur toi.

L’amour nous donne alors la force
de poursuivre l’aventure du soleil
à la seule lueur de nos veines
entre des murs qui nous serrent à la gorge.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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