Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘limpide’

Marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Marines

1

Sirène énigmatique
Et égérie des marins
Tu tiens tout un port dans ta main
Avec tous les navires
Voiles et cheminées
En instance de départ
Amarres bientôt larguées.
Tu refermes la main sur la rade
Et la mer s’éloigne
En agitant le ciel
Tandis que les oiseaux donnent des coups de bec
A la brise du large.
Une ombre de paix se déploie sur la muraille.
Sirène énigmatique
Et égérie des marins
La vague déjà froide te flatte le bas du corps
Tu la chevauches et elle t’enlace
Tu redeviens la fille de l’écume.

2

Beauté délicate
Sous la lumière de la lampe
Et près d’un feu généreux
Tu écoutes l’ombre s’avancer
Et tu finis par la toucher.

Dans le luxe du printemps
Où le jour limpide
Eclaire un horizon de moissons.
Un sang juvénile coule en toi
Et ton regard s’imprègne
Tantôt du vert du feuillage
Tantôt du bleu de la mer
Quand tu foules le sable ravi
Où sautillent de joyeuses vagues
Ou que tu traverses une forêt

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Herbert James Draper

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la vie, dans le mystère limpide (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019




    
Dans la vie, dans le mystère limpide
tu peux avancer

et même au pays des ombres

tu peux chanter
ou retrouver la mélodie
brisée
du vivant.

Cela parle au fond de toi
comme une source, cela chante.

Il faut écouter.

Il ne faut par forcer l’écoute.
Cela écoute aussi.

Le poème du vivant.

Éclat de lumière.
Souffle de voix.
Il vibre au diapason de l’univers.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le palais (Wang Po)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Le palais n’est plus visité que le matin par les vapeurs du rivage
et le soir par la pluie qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement
en se mirant dans les eaux limpides.
Combien d’automnes ont déjà passé sur ce palais ?…
Le jeune roi qui l’habitait a contemplé comme nous ce grand fleuve
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme elle chante (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Carry_Akroyd_Suffolk

Comme elle chante
Dans ma voix,
L’âme longtemps murmurante
Des fontaines et des bois !

Air limpide du paradis,
Avec tes grappes de rubis,
Avec tes gerbes de lumière,
Avec tes roses et tes fruits ;

Quelle merveille en nous à cette heure !
Des paroles depuis des âges endormies
En des sons, en des fleurs,
Sur mes lèvres enfin prennent vie.

Depuis que mon souffle a dit leur chanson,
Depuis que ma voix les a créées
Quel silence heureux et profond
Naît de leurs âmes allégées !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’eau est si claire (Rigyû)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



L’eau est si claire et limpide
qu’il s’en est rincé la bouche

(Rigyû)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

La Source (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Victor Karlovich Shtemberg X8IHE

La source

Une eau vive étincelle en la forêt muette,
Dérobée aux ardeurs du jour ;
Et le roseau s’y ploie, et fleurissent autour
L’hyacinthe et la violette.

Ni les chèvres paissant les cytises amers
Aux pentes des proches collines,
Ni les pasteurs chantant sur les flûtes divines,
N’ont troublé la source aux flots clairs.

Les noirs chênes, aimés des abeilles fidèles,
En ce beau lieu versent la paix,
Et les ramiers, blottis dans le feuillage épais,
Ont ployé leur col sous leurs ailes.

Les grands cerfs indolents, par les halliers mousseux,
Hument les tardives rosées ;
Sous le dais lumineux des feuilles reposées
Dorment les Sylvains paresseux.

Et la blanche Naïs dans la source sacrée
Mollement ferme ses beaux yeux ;
Elle songe, endormie ; un rire harmonieux
Flotte sur sa bouche pourprée.

Nul oeil étincelant d’un amoureux désir
N’a vu sous ces voiles limpides
La Nymphe au corps de neige, aux longs cheveux fluides
Sur le sable argenté dormir.

Et nul n’a contemplé la joue adolescente,
L’ivoire du col, ou l’éclat
Du jeune sein, l’épaule au contour délicat,
Les bras blancs, la lèvre innocente.

Mais l’Aigipan lascif, sur le prochain rameau,
Entr’ouvre la feuillée épaisse
Et voit, tout enlacé d’une humide caresse,
Ce corps souple briller sous l’eau.

Aussitôt il rit d’aise en sa joie inhumaine ;
Son rire émeut le frais réduit ;
Et la Vierge s’éveille, et, pâlissant au bruit,
Disparaît comme une ombre vaine.

Telle que la Naïade, en ce bois écarté,
Dormant sous l’onde diaphane,
Fuis toujours l’oeil impur et la main du profane,
Lumière de l’âme, ô Beauté !

(Leconte de Lisle)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elévation (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Elévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

(Charles Baudelaire)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’Irrémédiable (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


ty-02081_1

Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l’azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu’a tenté l’amour du difforme,
Au fond d’un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres!
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres;

Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d’un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d’un gouffre dont l’odeur
Trahit l’humide profondeur,
D’éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu’eux;

Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle;

– Emblèmes nets, tableau parfait
D’une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu’il fait!

Tête-à-tête sombre et limpide
Qu’un cœur devenu son miroir!
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
– La conscience dans le Mal!

(Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

DÉSERTEUSES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Carmen Tyrrell  Caryatide  rl

DÉSERTEUSES

Un temple ambré, le ciel bleu, des cariatides.
Des bois mystérieux ; un peu plus loin, la mer…
Une cariatide eut un regard amer
Et dit : « C’est ennuyeux de vivre en ces temps vides. »

La seconde tourna ses grands yeux froids, avides,
Vers Lui, le bien-aimé, l’homme vivant et fier
Qui, venu de Paris, peignait d’un pinceau clair
Ces pierres, et ce ciel, et ces lointains limpides.

Puis la troisième et la quatrième : « Comment
Retirer nos cheveux de cet entablement ?
Allons ! nous avons trop longtemps gardé nos poses ! »

Et toutes, par les prés et les sentiers fleuris,
Elles coururent vers des amants, vers Paris ;
Et le temple croula parmi les lauriers roses.

(Charles Cros)

Illustration: Carmen Tyrrell

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POÈME D’AUTOMNE (Liu Yuxi)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



cigogne [800x600]

POÈME D’AUTOMNE

Depuis toujours à l’approche de l’automne
On s’attriste de la solitude
Pour moi, l’automne est plus radieux que le printemps
Une cigogne sillonne le ciel limpide
Au-dessus des nuages
Son lyrisme file jusqu’aux cieux émeraude

(Liu Yuxi)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :