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Poésie

Posts Tagged ‘paume’

Rupture (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

Carrie Vielle (15)

Rupture

J’effacerai le temps
J’effacerai les jours
Mais je sais qu’au retour
J’irai me questionnant

Voilà
J’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Parfois je les regarde, stupide
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

J’effacerai les places
J’effacerai les traces
Me faisant un espace
Dont tu seras absent

Encore une fois
Voilà
J’ai les mains vides
Et du creux de mes paumes arides
S’échappent fuyant entre mes doigts
Les restes d’un espoir pesant

J’effacerai les peines
J’effacerai les joies
Notre route bifurqua
Et chacun eut la sienne

Voilà j’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

(Esther Granek)

Illustration: Carrie Vielle

 

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Rien qu’un petit bonheur (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



Rien qu’un petit bonheur, Suzette,
Un petit bonheur qui se tait.
Le bleu du ciel est de la fête;
Rien qu’un petit bonheur secret.

Il monte! C’est une alouette
Et puis voilà qu’il disparaît;
Le bleu du ciel est de la fête.
Il chante, il monte, il disparaît.

Mais si tu l’écoutes, Suzette,
Si dans tes paumes tu le prends
Comme un oiseau tombé des crêtes,
Petit bonheur deviendra grand.

(Norge)


Illustration: Martine Gonnin

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Dès l’aube (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Dès l’aube
la grive donne le ton :
deux doigts de limonade
une écorce de citron

Elle dit
que c’est le printemps
et l’air à peine sucré
roule dans sa gorge

tandis qu’au ciel léger
s’accordent
paume contre paume
nuages et tourterelles

(Katell Antoine)

Illustration

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Ouvre-toi, paume du soir (Pascal Riou)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018




Ouvre-toi, paume du soir, laisse
sourdre la douleur
le voyage inachevable et l’impossible séjour.

Ainsi, l’été, va la bouche
au ruisselet prodigue.

(Pascal Riou)

 

 

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Bleu (Hadassa Tal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Bleu
(Extraits)

Un colibri
enflamme
les ombres bleues en secret
ne siffle qu’une fois
et sombre
à la renverse
devant moi

*

Les langues du vent sont douces sur les joues de l’oiseau

*

Dans la verdure d’un cyprès
le soleil verse
ses rayons

Un colibri rame sur une feuille de géranium
minuscule comme
pour se poser
dans la paume
d’un
enfant

(Hadassa Tal)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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NAISSANCE DE LA MER (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Ana Cruz cc

NAISSANCE DE LA MER

Au terme de ma course,
je me laisse tomber.
La terre vient à moi
comme une récompense.

La terre sur ma joue,
la terre sous mes paumes,
et je puis m’élargir
à lui cacher le ciel.

Un vaste écho de vagues
monte gonflé d’odeurs
et roule ses galets
à travers ma fatigue.

Un torrent taciturne
qui s’enfle sous les herbes
et prend la voix de l’homme
dont je porte le nom.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

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GÉODE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



GÉODE

poing fermé de la terre retenant
en sa paume l’oiseau blanc des cristaux.

(Jacques Lacarrière)

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Si tu ne me laisses pas tomber (Pierre Delanoë)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Hamidi Hadi  Berbahang

Si tu ne me laisses pas tomber

(Refrain)
Il disait, tu vois ce ciel
C’est un bout de toile grise
Il y a moins de soleil
Que dans le chœur d’une église

Il disait, je vais partir
Où le vent m’emportera
Ailleurs ne peut être pir’
Viens je t’emmène avec moi.

A la porte d’Italie
On commence le voyage
Un camion et une nuit
Et ce sont les lointains rivag’s
Nous ne sommes pas des manchots
On s’engag’ra sur des bateaux
On aura le monde entier
Si tu n’me laisses pas tomber
D’accord, on ne sait rien fair’
Mais à deux on peut tout faire
On arrive juste à point
Pour leur donner un coup de main
Des balayeurs aux présidents
Ils sont paumés les pauvres gens
On aura le monde entier
Si tu n’me laisses pas tomber.

(Refrain)
Il disait, tu vois ce ciel
C’est un bout de toile grise
Il y a moins de soleil
Que dans le chœur d’une église

Et puis le temps a passé
L’autre jour je l’ai croisé
Le regard au ras du sol
Il avait raté son envol
La fille qui tenait son bras
Ne venait pas de Canberra
Les espoirs de nos auror’s
N’avaient pas dépassé Saint-Maur
Moi je vois tous les pays
Dans les yeux de mes amours
Et ma foi s’en va la nuit
Parfois plus loin que Singapour
Je veux chanter pour tous les gens
Des balayeurs aux présidents
Pour tous ceux du monde entier
Si vous n’me laissez pas tomber.

Pour moi, le ciel n’est pas gris
Dans les yeux de mes amours
Chaque fleur de cette vie
Mérite qu’on fasse un détour
Et si je chante c’est pour toi,
Toi que je ne connais pas
Et que je rencontrerai
Si tu n’me laisses pas tomber

(Pierre Delanoë)

Illustration: Hamidi Hadi  Berbahang

 

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Franchement je te le dis (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018




    
Franchement je te le dis,
O mon ange :
Chimère et cherry brandy,
Rien ne change !

Là où les Grecs ne rencontrent
Que beauté,
En trous noirs pour moi la honte
Seule bée.

Sur l’onde ils kidnappaient celle
Dite Hélène,
Moi je n’ai qu’écume et sel
Sur les lèvres.

Sur mes lèvres un seul baume :
Le néant ;
La misère ouvre ses paumes,
Me narguant.

Oh, vraiment, suis-je marri ?
Bagatelles !
Bois ton vin, ange Mary,
Tes cocktails !

Franchement je te le dis,
O mon ange :
Chimère et cherry brandy,
Rien ne change.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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