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Poésie

Posts Tagged ‘tendu’

Camélia (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Dans l’air vibre la corde
Silence tendu silence rompu
Chute mate d’une fleur de camélia

(Sôseki)

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Du dos de l index (Jean-Hughes Malineau)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2022



Illustration: ArbreaPhotos
    

du dos de l index
Caresser le cou tendu
D’un chaton qui ronronne

(Jean-Hughes Malineau)

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HOSPES COMESQUE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2022



Illustration: Ernest Pignon-Ernest
    
HOSPES COMESQUE

Corps, portefaix de l’âme, en qui peut-être croire
Serait plus vain, cher corps, que de ne t’aimer pas;
Coeur sans fin transmuté dans ce vivant ciboire;
Bouche toujours tendue aux plus récents appâts.

Mers où l’on peut voguer, sources où l’on peut boire;
Froment et vin mêlés au rituel repas;
Alibi du sommeil, douce cavité noire;
Inséparable terre offerte à tous nos pas.

Air qui m’emplis d’espace et m’emplis d’équilibre;
Frissons au long des nerfs; spasmes de fibre en fibre;
Yeux sur l’immense vide un peu de temps ouverts.

Corps, mon vieux compagnon, nous périrons ensemble.
Comment ne pas t’aimer, forme à qui je ressemble,
Puisque c’est dans tes bras que j’étreins l’univers ?

(Marguerite Yourcenar)

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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Ah, élan du souffle (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



Dans l’Ouvert, toutes choses se révèlent présences
Leur voie n’est point écoulement-épuisement
Présence à présence, elles se suscitent et s’élèvent
Transformant la marche droite et horizontale
En fumée bleue de l’accueil. Corps ailés tendus
Vers le clair et le haut, mouvement même du Tao

Ah, élan du souffle, pur jaillissement, chant!

(François Cheng)

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Carrières d’automne (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Carrières d’automne

sur lesquelles descend un printemps lunaire
qui nimbe de candeur chaque découpure,
éclats de pin, éclaboussure
aveuglante de filets tendus, de débris,

elle reviendra, reviendra sur le gel,
la bonté d’une main,
et franchira le ciel lointain
la chiourme lumineuse qui nous saccage.

***

Cave d’autunno

su cui discende la primavera lunare
e nimba di candore ogni frastaglio,
schianti di pigne, abbaglio
di red stese e schegge,

ritornerà ritornerà sul gelo
la bontà d’una mano,
varcherà il cielo lontano
la ciurma luminosa che ci saccheggia.

(Eugenio Montale)

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Elle passe (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Les seins tendus
comme des piquets de tente,
elle passe
sans accepter mon visage.

(Jean Breton)


Illustration: Alexander Sulimov

 

 

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Oublie ce coeur (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



    

Oublie ce coeur
qui cherche à sortir de ton corps,
douloureusement,
impossiblement tendu
vers cet autre coeur.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Cause de détresse (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 

Cause de détresse

Ton corps est aussi tendu que celui d’un chat
Qui traque sa proie.
Tes pensées tourbillonnent comme des branches de saule,
Prisonnières des vents d’automne.
Ton âme est aussi lourde que la tourbe
Nouvellement extraite de la tourbière.
Ton coeur est aussi sombre que la terre
Détrempée par les pluies d’hiver.

Comprends d’abord la cause de ta détresse.
Ensuite seulement pourras-tu guérir.

(Pensées celtiques)

Illustration

 

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REFUGE D’OISEAUX NOCTURNES (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
REFUGE D’OISEAUX NOCTURNES

Là-haut il est un pin tordu;
aux aguets écoutant l’abîme
le tronc tendu comme un ressort.

Refuge d’oiseaux nocturnes
aux petites heures il retentit
d’un battement d’ailes rapides.

Il a aussi son nid, mon coeur,
suspendu dans le noir, une voix;
lui aussi est à l’écoute, la nuit.

***

RIFUGIO D’UCELLI NOTTURNI

In alto c’è un pino distorto;
sta intente ed ascolta l’abisso
col fusto piegato a balestra.

Rifugio a ucelli notturni,
nell’ora più alta risuona
d’un battere d’ali veloce.

Ha pure un suo nido il mie cuore
sospeso nel buio, una voce;
sta pure in ascolto , la netto.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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