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Posts Tagged ‘colibri’

Le colibri (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

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Le colibri

Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d’herbes fines,
Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l’açoka rouge, aux odeurs divines,
S’ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d’amour dans la coupe rose,
Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l’a parfumée !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Bleu (Hadassa Tal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Bleu
(Extraits)

Un colibri
enflamme
les ombres bleues en secret
ne siffle qu’une fois
et sombre
à la renverse
devant moi

*

Les langues du vent sont douces sur les joues de l’oiseau

*

Dans la verdure d’un cyprès
le soleil verse
ses rayons

Un colibri rame sur une feuille de géranium
minuscule comme
pour se poser
dans la paume
d’un
enfant

(Hadassa Tal)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire (Pentti Vihtori Holappa)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Nous sommes parvenus à un point étrange de notre histoire,
à cet éclair fulgurant où la perfection se matérialise,
où l’ère glaciaire abat son poing sur l’hémisphère.
J’écris l’apocalypse et je la vois se réaliser.
Dans ma poitrine, à l’endroit du cœur, quelque chose
bouge pourtant comme un colibri énervant ses ailes.
Je le nomme amitié, je l’appelle amour.
Il guette une branche où s’envoler.

(Pentti Vihtori Holappa)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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L’EXCLAMATION (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

L’EXCLAMATION

Immobile
non sur la branche
dans l’air
non dans l’air
dans l’instant
le colibri

(Octavio Paz)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Colibri (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
colibri
ailes si rapides
qu’on ne voit que leur lumière.

même vol que l’abeille.

il avance il recule.
parfois sommet des Andes :
un point.

si rapide qu’il semble, en vol,
se séparer de lui-même.

derrière le colibri l’air
agite de petits personnages de vent —
plus loin la tempête
forme une montagne.

immobile.
Mais le violon, lui non plus, n’a pas bougé
depuis trois siècles.

ce coeur
battant vite
dans l’air.

au coeur du monde
sans poids.

loin
sort de son vol.
sort de lui-même.
fleurit.

sort de sa lumière.

danse à la perfection.
dans la grâce.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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DICTUM : APRÈS UN LONG VOYAGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

DICTUM : APRÈS UN LONG VOYAGE

Laurier-rose et rose. Moellon
de l’autre air terrestre — où le colibri
vole dans l’ombre
du faucon. Et à travers chaque mur, la terre d’août
s’ouvrant,
comme une pierre qui fend
ce mur de soleil.

Montagnes. Puis les lumières
de la ville
au-delà de la montagne. La ville qui s’étend
de l’autre côté
de la lumière.

Nous rêvons
que nous ne rêvons pas. Nous veillons
aux heures du sommeil
et dormons alors que le silence
nous épie. L’été
tient sa promesse
en la violant.

(Paul Auster)

Illustration

 

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LES RAISONS (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



LES RAISONS

— dis-moi pourquoi tu vis
— pour caresser un doute
aussi doux qu’un puma
âgé d’un quart de lune

— dis-moi pourquoi tu aimes
— parce que la brebis est un silex
le silex un genou de fée
la fée un mot pendu par la nageoire

— dis-moi pourquoi tu changes
— mais non je multiplie l’azur
comme un hareng se multiplie entre les vagues
et je divise l’horizon
comme on divise un colibri
entre deux mille enfants aveugles

— dis-moi pourquoi tu meurs
— il faut que la serrure et l’alouette
le livre et la cascade
apprennent
à se tromper

(Alain Bosquet)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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Le Vent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Le Vent – heurta comme un Homme las –
Et moi, en Hôte – «Entrez»
Dis-je hardiment – alors pénétra
Dedans ma Résidence

Un Visiteur Rapide – ailé –
A qui offrir un Fauteuil
Eût été aussi fol qu’à l’Air
Avancer un Sofa –

Nul Os pour L’assembler –
Sa Voix était comme l’Envol
D’innombrables Colibris à la fois
D’un sublime Buisson –

Sa Physionomie – une Houle –
Ses Doigts, sur Son passage
Faisaient une musique – un trémolo
D’airs soufflés dans du Verre –

Voltigeant – Il fit sa visite –
Puis tel un Homme timide
Heurta de nouveau – tout agité –
Et ce fut la solitude –

***

The Wind – tapped like a tired Man –
And like a Host – « Come in »
I boldly answered – entered then
My Residence within

A Rapid – footless Guest –
To offer whom a Chair
Were as impossible as hand
A Sofa to the Air –

No Bone had He to bind Him –
His Speech was like the Push
Of numerous Humming Birds at once
From a superior Bush –

His Countenance – a Billow –
His Fingers, as He passed
Let go a music – as of tunes
Blown tremulous in Glass –

He visited – still flitting-
Then like a timid Man
Again, He tapped – ’twas flurriedly –
And I became alone –

(Emily Dickinson)

Illustration: William Bouguereau

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Le Désert (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration: Douanier Rousseau

    

Le Désert

Le désert ! le désert dans son immensité,
Avec sa grande voix, sa sauvage beauté ;
Ses pics touchant les deux, ses savanes, ses ondes,
Cataractes roulant sous des forêts profondes ;
Ses mille bruits, ses cris, ses sourds rugissements,
Gigantesque concert de tous les éléments !

Le désert ! le désert ! quand l’aube orientale
Se lève, et fait briller les trésors qu’il étale :
Quand du magnolia le bouton parfumé
S’ouvre sous les baisers de quelque insecte aimé ;
Quand la liane en fleurs, odorant labyrinthe,
Enlace le palmier d’une amoureuse étreinte ;
Et que, s’éjouissant sous ces légers lambris,
Escarboucles vivants chantent les colibris !

Le désert d’Amérique avec toutes ses grâces,
Lorsque d’aucun mortel il ne gardait les traces,
Et qu’avec ses grands bois, ses eaux, ses mines d’or
Aux regards de Colomb il s’offrit vierge encore.

Ah ! qui ne la rêva cette belle nature ;
Qui n’eût voulu quitter ce monde d’imposture,
Ce monde où tout grand cœur finit par s’avilir,
Pour courir au désert, vivant, s’ensevelir ?
Pour chercher dans l’Éden de Paul et Virginie
L’ineffable bonheur que la terre dénie,
Vœu de paix et d’amour par chaque cœur conçu,
Et qui s’évanouit, hélas! toujours déçu !

Voilà souvent quel est mon rêve
Dans ces instants d’ennui profond.
Où le désespoir comme un glaive
Reste suspendu sur mon front.

Le désert, le désert m’appelle,
Pourquoi ces chaînes à mes pas ?
Oiseaux voyageurs, sur votre aile
Pourquoi ne m’emportez-vous pas ?

Il faut à mon âme engourdie
Un nouveau monde à parcourir ;
Il faut une sphère agrandie
Au poète qui va mourir !…

(Louise Colet)

 

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Pourquoi oiseau-mouche? (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017



Illustration
    
Pourquoi oiseau-mouche?
Je suis oiseau chasse-mouche,
tue-mouche,
mange-mouche,
comme tant d’autres.

UN COLIBRI

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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